CAA de Marseille, 8ème chambre - formation à 3, 23/04/2019, 17MA04628 - 17MA04629
CETATEXT000038466861 J6_L_2019_04_000001704628 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/38/46/68/CETATEXT000038466861.xml Texte CAA de MARSEILLE, 8ème chambre - formation à 3, 23/04/2019, 17MA04628 - 17MA04629, Inédit au recueil Lebon 2019-04-23 CAA de MARSEILLE 17MA04628 - 17MA04629 8ème chambre - formation à 3 excès de pouvoir C M. GONZALES FRÖLICH ; FRÖLICH ; FRÖLICH Mme Samira TAHIRI M. ANGENIOL Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
I. Le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler la délibération relative à l'aménagement du temps de travail du personnel communal adoptée le 25 février 2015 par le conseil municipal de la commune de Beaucaire ainsi que la décision née du silence gardé par le maire de la commune sur le recours gracieux qu'il a formé le 21 avril 2015 contre cette délibération.
Par un jugement n° 1502383 du 5 octobre 2017, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
II. Le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs a également demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler la délibération relative à l'aménagement du temps de travail du personnel communal adoptée le 21 janvier 2016 par le conseil municipal de la commune de Beaucaire ainsi que la décision née du silence gardé par le maire de la commune sur le recours gracieux qu'il a formé le 16 mars 2016 contre cette délibération.
Par un jugement n° 1602163 du 5 octobre 2017, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
Procédures devant la Cour :
I. Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2017 sous le n° 17MA04628, et un mémoire enregistré le 13 avril 2018, le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs, représenté par Me B..., demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Nîmes n° 1502383 du 5 octobre 2017 ;
2°) d'annuler la délibération relative à l'aménagement du temps de travail du personnel communal adoptée le 25 février 2015 par le conseil municipal de la commune de Beaucaire ainsi que la décision née du silence gardé par le maire de la commune sur son recours gracieux formé le 21 avril 2015 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Beaucaire la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que : * son secrétaire général justifie de sa qualité à agir et le syndicat dispose d'un intérêt à agir ; * la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où elle n'a pas fixé, après consultation du comité technique, un cycle de travail, ni déterminé les modalités de travail et de repos des agents ; * elle est également entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne se réfère à aucun cycle de travail ; * elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle remet en cause le bénéfice de congés supplémentaires au prétexte de l'illégalité de leur attribution ; * elle est également entachée d'erreur de fait, s'agissant du nombre de jours fériés et du nombre de jours de congés payés annuels dont bénéficient les agents et conduit à méconnaître les articles 1er et 4 du décret du 25 août 2000.
Par un mémoire enregistré le 1er février 2018, la commune de Beaucaire, représentée par Me C..., conclut au rejet de la requête du syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs et à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que : * la requête est irrecevable dès lors qu'elle se borne à reprendre la demande de première instance ; * les moyens soulevés par le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 janvier 2019, la clôture de l'instruction a été prononcée le même jour.
II. Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2017 sous le n° 17MA04629, et un mémoire enregistré le 13 avril 2018, le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs, représenté par Me B..., demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Nîmes n° 1602163 du 5 octobre 2017 ;
2°) d'annuler la délibération relative à l'aménagement du temps de travail du personnel communal adoptée le 21 janvier 2016 par le conseil municipal de la commune de Beaucaire ainsi que la décision née du silence gardé par le maire de la commune sur le recours gracieux formé le 16 mars 2016 contre cette délibération ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Beaucaire la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que : * son secrétaire général justifie de sa qualité à agir et le syndicat dispose d'un intérêt à agir ; * le jugement est entaché d'une omission à statuer s'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 3133-2 du code du travail ; * la délibération attaquée est fondée sur la délibération du 25 janvier 2015 qui est illégale ; en effet, cette dernière délibération n'a pas fixé, après consultation du comité technique, un cycle de travail, ni n'a déterminé les modalités de travail et de repos des agents ; elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle remet en cause le bénéfice de congés supplémentaires au prétexte de l'illégalité de leur attribution, et d'erreur de fait, s'agissant du nombre de jours de congés payés annuels dont bénéficient les agents ; elle a été prise en méconnaissance des articles 1er et 4 du décret du 25 août 2000, dans la mesure où elle soumet la durée annuelle de travail effectif au calcul du nombre d'heures manquantes au début de chaque année en fonction du calendrier de l'année en cours et procède à une répartition quotidienne sur les jours travaillés dans l'année ; * la délibération méconnaît l'article L. 3133-2 du code du travail ; * elle viole le principe d'égalité et est entachée d'erreur de fait.
Par un mémoire enregistré le 1er février 2018, la commune de Beaucaire, représentée par Me C..., conclut au rejet de la requête du syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs et à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que : * la requête est irrecevable dès lors qu'elle se borne à reprendre la demande de première instance ; * les moyens soulevés par le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 janvier 2019, la clôture de l'instruction a été prononcée le même jour.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu : * la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; * la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; * la loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 ; * le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ; * le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ; * le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique : * le rapport de Mme Tahiri, * les conclusions de M. Coutel, rapporteur public, * et les observations de Mme A... représentante du syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs.
Considérant ce qui suit :
À la suite du rapport d'observations définitives du 27 juin 2014 établi par la chambre régionale des comptes Languedoc Roussillon, par délibération de son conseil municipal du 25 février 2015, la commune de Beaucaire a décidé de supprimer le caractère chômé de la journée du 2 novembre, de fixer à 1 607 heures la durée annuelle de travail effectif du personnel communal, de recalculer en début de chaque année le nombre d'heures manquantes pour atteindre la durée légale annuelle de travail et de majorer, pour 2015, la durée journalière de travail initialement fixée à 7h15 de 4,27 minutes sur une base de 219,50 jours travaillés. Par délibération de son conseil municipal du 21 janvier 2016, elle a décidé de majorer, pour 2016, la durée journalière de travail de 3 minutes et 16 secondes sur une base de 220 jours travaillés.
Le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs fait appel des jugements du 5 octobre 2017 par lesquels le tribunal administratif de Nîmes a rejeté ses demandes d'annulation des délibérations du 25 février 2015 et du 21 janvier 2016 ainsi que des décisions rejetant les recours gracieux qu'il a formés à l'encontre de ces délibérations.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Beaucaire :
Sur la régularité du jugement n° 1602163 du 5 octobre 2017 :
Sur le bien-fondé des jugements :
En ce qui concerne la délibération du 25 février 2015 :
S'agissant de sa légalité en tant qu'elle supprime le caractère chômé du 2 novembre :
S'agissant de sa légalité en tant qu'elle fixe à 1 607 heures la durée annuelle de travail effectif du personnel communal :
Aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'État et dans la magistrature : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine (...) Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées (...) ". Aux termes de l'article 4 du décret du 25 août 2000 : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. Les horaires de travail sont définis à l'intérieur du cycle, qui peut varier entre le cycle hebdomadaire et le cycle annuel de manière que la durée du travail soit conforme sur l'année au décompte prévu à l'article 1er. / Des arrêtés ministériels pris après avis des comités techniques ministériels compétents définissent les cycles de travail auxquels peuvent avoir recours les services.
Ces arrêtés déterminent notamment la durée des cycles, les bornes quotidiennes et hebdomadaires, les modalités de repos et de pause. (...) ".
S'agissant de sa légalité en tant qu'elle fixe la durée journalière de travail effectif du personnel communal au titre de l'année 2015 :
En ce qui concerne la délibération du 21 janvier 2016 :
Sur les frais liés à l'instance :
D É C I D E :
Article 1er : La délibération du 25 février 2015 en tant, d'une part, qu'elle ne détermine pas les bornes quotidiennes et hebdomadaires de la durée de travail du personnel communal ainsi que les modalités de repos et de pause applicables au cycle de travail des agents concernés et en tant, d'autre part, qu'elle majore de 4,27 minutes la durée journalière de travail au titre de l'année 2015 ainsi que, dans la même mesure, la décision rejetant le recours gracieux formé contre cette délibération le 21 avril 2015 par le syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs sont annulés.
Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Nîmes n° 1502383 du 5 octobre 2017 est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes et les conclusions de la commune de Beaucaire tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au syndicat CGT des territoriaux de Beaucaire, de " Terre d'Argence " et environs et à la commune de Beaucaire.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2019, où siégeaient : * M. Gonzales, président, * M. d'Izarn de Villefort, président assesseur, * Mme Tahiri, premier conseiller.
Lu en audience publique le 23 avril 2019.
N° 17MA04628,17MA04629 2 36-07-01-03 Fonctionnaires et agents publics. Statuts, droits, obligations et garanties. Statut général des fonctionnaires de l'État et des collectivités locales. Dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale (loi du 26 janvier 1984).