Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 15 mai 2019 et le 11 juin 2019 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société laboratoire AbbVie SAS demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 février 2019 relatif à l'expérimentation pour l'incitation à la prescription hospitalière de médicaments biologiques similaires délivrés en ville, en ce qu'il étend l'expérimentation au groupe adalimumab; 2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la condition de l'urgence est remplie dès lors que l'arrêté litigieux préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts économiques et financiers; - il existe un doute sérieux quant à la légalité l'arrêté contesté ; - l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de procédure en ce que les dispositions contestées sont justifiées par la seule recherche d'économies à court terme et qu'il méconnait, de ce fait, les dispositions de l'article L. 162-31-1 du code de la sécurité sociale sur lesquelles il se fonde ; - l'arrêté attaqué fausse les règles de la concurrence et porte une atteinte disproportionnée aux principes d'égalité de traitement et de liberté du commerce et de l'industrie au regard de l'objectif d'intérêt général invoqué ; - l'arrêté attaqué méconnaît le principe de liberté de prescription des médecins, dès lors qu'il comporte une incitation financière à la prescription des médicaments biologiques similaires de nature à influencer considérablement le choix du médecin prescripteur ; - l'arrêté contesté place les établissements hospitaliers en situation de méconnaître les règles de la commande publique en rompant le principe d'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique; Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2019, la ministre des solidarités et de la santé conclut au rejet de la requête. Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et que les moyens soulevés ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la commande publique ; - le code de la santé publique ; - le code de la sécurité sociale, notamment ses articles L.162-31-1 et R. 162-50-1 à R. 162-50-14 ; - l'arrêté du 27 avril 2017 relatif aux majorations applicables aux tarifs des actes et consultations externes des établissements de santé publics et des établissements de santé privés ; - l'arrêté du 3 août 2018 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées pour la protection de l'environnement soumises à déclaration au titre de la rubrique 2910 ; - l'arrêté du 12 avril 2019 fixant la liste des établissements retenus dans le cadre de l'extension au groupe adalimumab de l'expérimentation pour l'incitation à la prescription hospitalière de médicaments biologiques similaires délivrés en ville ; - le code de justice administrative. Après avoir convoqué à une audience publique, d'une part, la société laboratoire AbbVie SAS et, d'autre part, la ministre des solidarités et de la santé et le ministre de l'action et des comptes publics ; Vu le procès-verbal de l'audience publique du 12 juin 2019 à 14 heures 30 au cours de laquelle ont été entendus : - Me Molinié, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, avocat de la société laboratoire AbbVie SAS; - les représentants de la société laboratoire AbbVie SAS ; - les représentants de la ministre des solidarités et de la santé ; et à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction.
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.