CAA de Paris, 8ème chambre, 10/07/2020, 19PA00309
CETATEXT000042113970 J1_L_2020_07_000001900309 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/42/11/39/CETATEXT000042113970.xml Texte CAA de PARIS, 8ème chambre, 10/07/2020, 19PA00309, Inédit au recueil Lebon 2020-07-10 CAA de PARIS 19PA00309 8ème chambre excès de pouvoir C M. LUBEN M. Ivan LUBEN Mme BERNARD Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'union départementale des associations familiales (UDAF) de l'Aveyron, agissant pour le compte de Mme C... A... épouse D..., bénéficiant d'une mesure de curatelle renforcée et hébergée au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Rulhe Nord à Villefranche-de-Rouergue, a demandé à la commission départementale d'aide sociale de l'Aveyron d'annuler la décision du 17 mai 2018 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aveyron lui a indiqué que, conformément au règlement départemental d'aide sociale, la déduction de la mutuelle ne pouvait être prise en compte qu'à hauteur de 80 euros par mois pour les personnes âgées, que les frais pharmaceutiques restaient à leur charge, et que la taxe foncière et la taxe d'habitation ne pouvaient être déduites que la première année suivant l'admission en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.
Par une décision du 5 octobre 2018, la commission départementale d'aide sociale de l'Aveyron a rejeté son recours tendant à l'annulation de la décision du 17 mai 2018 du président du conseil départemental de l'Aveyron.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2019, et des nouveaux mémoires, enregistrés le 20 janvier 2019 et le 29 juillet 2019, l'union départementale des associations familiales (UDAF) de l'Aveyron, agissant pour le compte de Mme C... A... épouse D..., bénéficiant d'une mesure de curatelle renforcée et hébergée au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Rulhe Nord à Villefranche-de-Rouergue, demande à la Cour :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2018 par laquelle la commission départementale d'aide sociale de l'Aveyron a confirmé la décision du 17 mai 2018 du président du conseil départemental de l'Aveyron et a rejeté son recours ;
2°) d'annuler la décision du 17 mai 2018 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aveyron lui a indiqué que, conformément au règlement départemental d'aide sociale, la déduction de la mutuelle ne pouvait être prise en compte qu'à hauteur de 80 euros par mois pour les personnes âgées, que les frais pharmaceutiques restaient à leur charge, et que la taxe foncière et la taxe d'habitation ne pouvaient être déduites que la première année suivant l'admission en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.
Elle soutient que c'est à tort que le président du conseil départemental de l'Aveyron, par sa décision du 17 mai 2018, et la commission départementale d'aide sociale de l'Aveyron, par sa décision du 5 octobre 2018, n'ont pas déduit des ressources de Mme D..., bénéficiaire de l'aide sociale, au titre des dépenses exclusives de tout choix de gestion, les frais de mutuelle en intégralité, les frais de santé restant à charge non inclus dans les prestations fournies par 1'établissement, la taxe foncière et l'assurance multirisque du bien détenu en usufruit qui incombent obligatoirement à l'usufruitier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2019, le président du conseil départemental de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par l'union départementale des associations familiales de l'Aveyron ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
Par le courrier contesté du 17 mai 2018, notifié le 28 mai 2018, le président du conseil départemental de l'Aveyron a répondu à l'UDAF de l'Aveyron que, conformément au règlement départemental d'aide sociale, la déduction de la mutuelle ne pouvait être prise en compte qu'à hauteur de 80 euros par mois pour les personnes âgées, que les frais pharmaceutiques restaient à leur charge, et que la taxe foncière et la taxe d'habitation ne pouvaient être déduites que la première année suivant l'admission en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Mme D..., assistée par l'UDAF de l'Aveyron, son curateur, a demandé à la commission départementale d'aide sociale de l'Aveyron d'annuler la décision du 17 mai 2018 du président du conseil départemental de l'Aveyron.
Par la décision attaquée du 5 octobre 2018 dont l'UDAF de l'Aveyron relève appel, la commission départementale d'aide sociale de l'Aveyron a rejeté sa requête.
Toutefois les modalités de calcul de la somme mensuelle minimum laissée à la disposition du bénéficiaire de l'aide sociale sont déterminées par décret. La retraite du combattant et les pensions attachées aux distinctions honorifiques dont le bénéficiaire de l'aide sociale peut être titulaire s'ajoutent à cette somme. " ; aux termes de l'article R. 132-1 du même code : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux. " ; aux termes de l'article R. 231-6 du même code : " La somme minimale laissée mensuellement à la disposition des personnes placées dans un établissement au titre de l'aide sociale aux personnes âgées, par application des dispositions des articles L. 132-3 et L. 132-4 est fixée, lorsque l'accueil comporte l'entretien, à un centième du montant annuel des prestations minimales de vieillesse, arrondi à l'euro le plus proche.
Dans le cas contraire, l'arrêté fixant le prix de journée de l'établissement détermine la somme au-delà de laquelle est opéré le prélèvement de 90 % prévu audit article L. 132-3. Cette somme ne peut être inférieure au montant des prestations minimales de vieillesse. ".
Par suite, l'UDAF de l'Aveyron n'est pas fondée à soutenir que le règlement départemental d'aide sociale de l'Aveyron serait entaché d'illégalité sur ce point et qu'ainsi le président du conseil départemental de l'Aveyron, en se fondant sur ce règlement départemental d'aide sociale pour estimer que, conformément au règlement départemental d'aide sociale, la déduction des frais d'acquisition de la mutuelle santé ne pouvait être prise en compte qu'à hauteur de 80 euros par mois pour les personnes âgées, aurait entaché sa décision contestée du 17 mai 2018 d'une erreur de droit.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de l'UDAF de l'Aveyron est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... A... épouse D..., à l'union départementale des associations familiales de l'Aveyron en sa qualité de curateur de Mme D..., au président du conseil départemental de l'Aveyron et au ministre des solidarités et de la santé.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2020, à laquelle siégeaient :
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2020.
Le président de la formation de jugement, I. B...
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
5 N° 19PA00309 04-02-05 Aide sociale. Différentes formes d'aide sociale. Aide médicale.