CAA de Paris, 8ème chambre, 10/07/2020, 19PA01224
CETATEXT000042114021 J1_L_2020_07_000001901224 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/42/11/40/CETATEXT000042114021.xml Texte CAA de PARIS, 8ème chambre, 10/07/2020, 19PA01224, Inédit au recueil Lebon 2020-07-10 CAA de PARIS 19PA01224 8ème chambre plein contentieux C M. LAPOUZADE MARCIANO Mme Aude COLLET Mme BERNARD Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société France Pac Environnement a demandé, à titre principal, l'annulation de la décision du 3 octobre 2017 par laquelle la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Grand Est lui a infligé une amende de 12 000 euros pour avoir manqué à son obligation de vigilance en ce qui concerne le respect, par la société Neo Concept Habitat, de ses obligations de déclaration de détachement de trois salariés et de désignation d'un représentant de l'entreprise prestataire sur le territoire français et, à titre subsidiaire, de réduire le montant de cette amende au moins de moitié.
Par un jugement n° 1719250/3-1 du 26 février 2019, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2019, la société France Pac Environnement, représentée par Me B..., demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Paris n° 1719250/3-1 du 26 février 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 3 octobre 2017 par laquelle la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Grand Est lui a infligé une amende de 12 000 euros pour avoir manqué à son obligation de vigilance en ce qui concerne le respect, par la société Neo Concept Habitat, de ses obligations de déclaration de détachement de trois salariés et de désignation d'un représentant de l'entreprise prestataire sur le territoire français ;
3°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de cette amende au moins de moitié ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2019, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
Par décision du 3 octobre 2017, la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Grand Est a infligé à la société France Pac Environnement une amende de 2 000 euros par salarié concerné et par manquement constaté, soit un montant total de 12 000 euros, suite à la méconnaissance de son obligation de vigilance en tant que donneur d'ordre ou maître d'ouvrage concernant la vérification du respect par son sous-traitant des déclarations préalables et désignations précitées. La société France Pac Environnement relève appel du jugement du tribunal administratif de Paris n° 1719250/3-1 du 26 février 2019 rejetant sa demande dirigée contre la décision du 3 octobre 2017.
Sur le bien-fondé du jugement :
II. - L'employeur mentionné au I du présent article désigne un représentant de l'entreprise sur le territoire national, chargé d'assurer la liaison avec les agents mentionnés à l'article L. 8271-1-2 pendant la durée de la prestation ". Aux termes de l'article L. 1262-4-1 du même code : " I. - Le donneur d'ordre ou le maître d'ouvrage qui contracte avec un prestataire de services qui détache des salariés, dans les conditions mentionnées aux articles L. 1262-1 et L. 1262-2, vérifie auprès de ce dernier, avant le début du détachement, qu'il s'est acquitté des obligations mentionnées aux I et II de l'article L. 1262-2-1. A défaut de s'être fait remettre par son cocontractant une copie de la déclaration mentionnée au I de l'article L. 1262-2-1, le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre adresse, dans les quarante-huit heures suivant le début du détachement, une déclaration à l'inspection du travail du lieu où débute la prestation ".
Aux termes de l'article R. 1263-12 du même code : " Le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre qui contracte avec un employeur établi hors de France demande à son cocontractant, avant le début de chaque détachement d'un ou de plusieurs salariés, les documents suivants : a) Une copie de la déclaration de détachement effectuée sur le télé-service " SIPSI " du ministère chargé du travail, conformément aux articles R. 1263-5 et R. 1263-7 ; b) Une copie du document désignant le représentant mentionné à l'article R. 1263-2-1 ". Aux termes de l'article L. 1264-2 du même code : " II. - La méconnaissance par le maître d'ouvrage de l'obligation mentionnée au II de l'article L. 1262-4-1 est passible d'une amende administrative, dans les conditions prévues à l'article L. 1264-3, lorsque l'un des sous-traitants directs ou indirects de ses cocontractants ou l'une des entreprises exerçant une activité de travail temporaire ne s'est pas acquitté de l'obligation mentionnée au I de l'article L. 1262-2-1.
La méconnaissance par l'entreprise utilisatrice de l'obligation mentionnée au IV de l'article L. 1262-2-1 est passible d'une amende administrative dans les conditions prévues à l'article L. 1264-3 ". Aux termes de l'article L. 1264-3 du même code : " (...) Le montant de l'amende est d'au plus 2 000 € par salarié détaché et d'au plus 4 000 € en cas de réitération dans un délai d'un an à compter du jour de la notification de la première amende. Le montant total de l'amende ne peut être supérieur à 500 000 €. Pour fixer le montant de l'amende, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur ainsi que ses ressources et ses charges. (...) ".
Sur les conclusions à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société France Pac Environnement est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société France Pac Environnement et à la ministre du travail.
Copie en sera adressée au directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail du Grand Est.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2020, à laquelle siégeaient :
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juillet 2020.
Le président de la formation de jugement, J. LAPOUZADE La République mande et ordonne à la ministre du travail en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
5 N° 19PA01224 66-032 Travail et emploi. Réglementations spéciales à l'emploi de certaines catégories de travailleurs.