CETATEXT000042569205 J1_L_2020_11_000001803450 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/42/56/92/CETATEXT000042569205.xml Texte CAA de PARIS, 7ème chambre, 24/11/2020, 18PA03450, Inédit au recueil Lebon 2020-11-24 CAA de PARIS 18PA03450 7ème chambre plein contentieux C M. JARDIN CABINET NATAF & PLANCHAT M. Alexandre SEGRETAIN Mme STOLTZ-VALETTE Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : M. B... C... a demandé au Tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser la somme de 200 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'inconstitutionnalité de dispositions législatives. Par un mémoire distinct, M. C... a demandé au Tribunal, à l'appui de sa requête, de transmettre au Conseil d'Etat, en vue de son renvoi au Conseil constitutionnel, la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article préliminaire du code de procédure pénale, en ce qu'elles autoriseraient, selon une jurisprudence de la Cour de cassation, à ne pas verser au dossier de la procédure pénale une pièce dans son intégralité. Par un jugement n° 1804992/1-1 du 24 octobre 2018, le Tribunal administratif de Paris a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. C... et rejeté sa demande. Procédure devant la Cour : Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2018, M. C..., représenté par la SCP Nataf et Planchat, demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1804992/1-1 du 10 octobre 2018 du Tribunal administratif de Paris ; 2°) de condamner l'Etat à lui verser 200 000 euros en réparation du préjudice invoqué ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - une action en responsabilité du fait d'une loi anticonstitutionnelle ressort de la compétence des juridictions administratives ; - l'article préliminaire du code de procédure pénale, tel qu'interprété par la Cour de cassation dans sa jurisprudence, méconnaît le respect des droits de la défense, protégé par l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; - la responsabilité de l'Etat est engagée du fait que la jurisprudence de la Cour de cassation est la cause du refus, qui lui a été opposé, de verser au dossier de sa procédure pénale une pièce dans son intégralité, caractérisant un préjudice estimé à 200 000 euros. Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2019, la garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête. Elle soutient que : - la juridiction administrative est incompétente pour connaître de sa demande indemnitaire à raison d'actes intervenus au cours d'une procédure judiciaire ; - la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée dès lors que l'interprétation de la loi n'a pas été préalablement déclarée contraire à la Constitution. Par un mémoire distinct, enregistré le 31 octobre 2018, M. C... demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1804992/1-1 du 24 octobre 2018 du Tribunal administratif de Paris en tant qu'il a refusé de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité portant sur la conformité de l'article préliminaire du code de procédure pénale aux droits et libertés garantis par la Constitution ; 2°) de transmettre cette question au Conseil d'Etat. Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2019, la garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la demande de transmission présentée par M. C.... Elle soutient que : - la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions indemnitaires relatives à des actes de la procédure judiciaire ; - la disposition attaquée n'est pas applicable au litige ; - la question posée est dépourvue de caractère sérieux. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la Constitution, notamment son Préambule et son article 61-1, - l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, modifiée par la loi organique n° 2009-1523 du 10 décembre 2009, portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, notamment ses articles 23-1 à 23-3, - le code de procédure pénale, - le décret n° 2008-310 du 3 avril 2008, - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. D..., - et les conclusions de Mme Stoltz-Valette, rapporteur public. Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.