Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 28 mai et 14 juin 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Sanofi Aventis France demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) d'ordonner la suspension de l'exécution, d'une part, de l'arrêté ministériel du 19 avril 2021 relatif a` l'expérimentation pour l'incitation a` la prescription hospitalière de médicaments biologiques délivrés en ville et, d'autre part, de l'arrêté ministériel du 19 avril 2021 relatif a` l'efficience et la pertinence de la prescription hospitalière de médicaments biologiques délivrés en ville, en tant que ces deux arrêtés s'appliquent a` la spécialité Toujeo dans la classe ATC (anatomique, thérapeutique et chimique) A10AE04 insuline glargine ; 2°) d'enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la relance économique et au ministre des solidarités et de la santé, dans un délai de cinq jours, de diffuser, ou faire diffuser par les agences régionales de santé, une information précise et non équivoque aux établissements de santé´ sur cette suspension ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La société Sanofi Aventis France soutient que : - le Conseil d'Etat est compétent en premier et dernier ressort pour connaître de sa requête ; - la requête est recevable ; - la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les arrêtés contestés, qui visent à inciter à la prescription, de préférence à la spécialité Toujeo 300 unité par ml, des médicaments biosimilaires de Lantus 100 unités par ml, portent une atteinte grave et immédiate non seulement à ses intérêts économiques eu égard à leur effet sur la commercialisation de la spécialité Toujeo, mais également à l'intérêt public qui s'attache, d'une part, à la santé des patients, compte tenu tant de la réduction du risque d'hypoglycémies nocturnes sévères attachée spécifiquement à cette spécialité que des inconvénients que présente la transition des patients vers un traitement différent, et, d'autre part, à l'exécution de la décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux du 31 décembre 2019 rendue sur sa requête, qui a annulé des arrêtés ayant en substance la même portée que les arrêtés contestés, alors au surplus que les effets produits par les mesures contestées risquent d'être épuisés a` la date a` laquelle il sera statué sur sa demande au fond ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés contestés ; - ils sont entachés de détournement de pouvoir dès lors qu'ils ont pour objet de faire échec aux effets de l'annulation décidée par le Conseil d'Etat statuant au contentieux dans sa décision du 31 décembre 2019 ; - ils méconnaissent l'autorité absolue de la chose jugée par le Conseil d'Etat dans cette même décision ; - ils méconnaissent le principe de non-rétroactivité des actes administratifs en ce qu'ils fixent les modalités des dispositifs d'incitation financière au titre de l'année 2020 pour la classe ATC insuline glargine, alors qu'ils ont été édictés le 19 avril 2021 et publiés le 2 mai suivant et que cette rétroactivité n'est prévue par aucune des dispositions législatives applicables ; - ils sont entachés d'erreur de droit en ce qu'ils qualifient la spécialité Toujeo de médicament référent et spécialité biologique de référence pour inciter à lui substituer la prescription, en qualité de spécialités efficientes, des spécialités biosimilaires de Lantus, alors qu'une telle qualification est subordonnée à une condition d'équivalence thérapeutique qui n'est pas respectée ; - ils sont entachés d'erreur de fait en ce qu'ils regardent ces spécialités comme médicalement substituables, alors que leur absence de biosimilarité est établie ; - ils sont entachés d'erreur de droit et de méconnaissance du champ d'application des dispositions législatives relatives à l'efficience de la prescription en ce qu'ils qualifient les spécialités biosimilaires de Lantus 100 unités par ml de spécialités efficientes, alors qu'une telle qualification doit prendre en compte, non seulement le prix du médicament mais l'ensemble de son bilan médico-économique, et que Toujeo 300 unités par ml est au regard de ce critère le traitement à base d'insuline glargine le plus efficient ; - ils portent une atteinte disproportionnée au libre jeu de la concurrence sur le marché des médicaments remboursables en ville. Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2021, le ministre des solidarités et de la santé conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite, et qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des arrêtés contestés. La requête a été communiquée au ministre de l'économie, des finances et de la relance économique qui n'a pas produit d'observations. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de la sécurité sociale ; - le code de justice administrative ; Après avoir convoqué à une audience publique, d'une part, la société Sanofi Aventis France, et d'autre part, le ministre de l'économie, des finances et de la relance économique et le ministre des solidarités et de la santé ; Ont été entendus lors de l'audience publique du 16 juin 2021, à 10 heures 30 : - les représentants de la société Sanofi Aventis France ; - les représentants du ministre des solidarités et de la santé; à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction. Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.