CETATEXT000045082478 J2_L_2022_01_00020LY02617 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/45/08/24/CETATEXT000045082478.xml Texte CAA de LYON, 3ème chambre, 26/01/2022, 20LY02617, Inédit au recueil Lebon 2022-01-26 CAA de LYON 20LY02617 3ème chambre plein contentieux C M. TALLEC CDMF-AVOCATS AFFAIRES PUBLIQUES Mme Bénédicte LORDONNE M. DELIANCOURT Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Grenoble de condamner le comité des œuvres sociales (COS) de Meylan et la commune de Meylan à lui verser solidairement la somme de 75 616,19 euros en réparation des préjudices subis du fait des conséquences onéreuses de la résiliation d'un contrat de prévoyance santé et de l'absence de garantie retraite. Par un jugement n° 171167 du 30 juin 2020, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette demande. Procédure devant la cour Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 2 septembre 2020 et 28 octobre 2021, M. B... A..., représenté par la Selarl CDMF Avocat-Affaires publiques, agissant par Me Tissot, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures : 1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 30 juin 2020 ; 2°) de condamner le comité des œuvres sociales (COS) de Meylan et la commune de Meylan à lui verser solidairement la somme de 66 540,90 euros en réparation des préjudices subis du fait des conséquences onéreuses de la résiliation d'un contrat de prévoyance santé et de l'absence de garantie retraite ; 3°) de mettre une somme de 2 500 euros à la charge solidaire du COS de Meylan et la commune de Meylan, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - le COS de Meylan doit être regardé comme agissant au nom et pour la compte de la commune de Meylan dans le cadre du contrat de mandat de gestion exclusif conclu avec la commune ; la juridiction administrative est ainsi compétente pour connaître du litige relatif à l'exécution de ce contrat de droit public ; - en application de la théorie du mandat, il détient une action à l'encontre de la commune pour les fautes commises par le COS, son mandataire, dans la gestion des contrats d'assurance qu'il a souscrits au nom et pour le compte de la collectivité et au bénéfice de ses adhérents ; - le COS de Meylan a manqué à son obligation contractuelle d'information lors de l'abandon de la garantie relative aux compléments retraite en 2006 en l'absence d'information sur cette modification particulièrement substantielle du champ des garanties souscrites ; il a subi un préjudice pour avoir été privé du complément de retraite initialement souscrit et avoir été empêché de souscrire une nouvelle complémentaire " retraite " ; il a subi de ce fait une perte de complément de retraite de 2 398,459 euros bruts par an ; il est ainsi fondé à réclamer au regard de son espérance de vie, une indemnité de 54 924,711 euros. - la mobilisation de la clause de résiliation de plein droit insérée au contrat collectif de prévoyance et d'assurance maladie conclu avec la compagnie Adrea Mutex s'imposait dès le 1er janvier 2012, le COS de Meylan n'a résilié ce contrat que le 31 décembre 2014 ; ce retard traduit un manquement du COS de Meylan à son obligation contractuelle de contrôle de la bonne exécution des termes du contrat de prévoyance collective souscrit à l'origine et est constitutif d'une faute ; la circonstance qu'il n'était pas partie au contrat de prévoyance collective ne fait pas obstacle à ce qu'il invoque à son profit la stipulation pour autrui contenue dans cette convention ; cette carence l'a contraint au versement de cotisations exorbitantes sur les années 2012, 2013 et 2014, dont il est fondé à demander le remboursement, pour un montant de 11 616,19 euros ; Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2021, le comité des œuvres sociales (COS) de Meylan, représenté par Me Kummer, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la demande est irrecevable en l'absence de demande préalable dirigée contre le COS de Meylan ; - subsidiairement, il n'agit pas pour son compte propre mais pour le compte de la commune de Meylan ; - le requérant ne justifie pas avoir souscrit une garantie complément retraite ; - le COS n'est pas responsable de la majoration des cotisations de l'intéressé, et n'a pas commis de faute, en particulier de défaut d'information, qui engagerait sa responsabilité. Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2021, la commune de Meylan, représentée par Me Mollion, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la juridiction administrative est incompétente pour connaître du litige ; - le COS ne répond pas aux critères de l'association transparente ; il jouit d'une autonomie complète dans le contrat conclu avec la mutuelle concernée, de sorte que la responsabilité de la commune ne peut être engagée ; - subsidiairement, le COS n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité ; - la responsabilité de la commune ne saurait être engagée dès lors qu'elle n'a aucune obligation en la matière ; - le requérant ne justifie, au titre de la majoration de cotisation prévoyance depuis 2012, pas d'un préjudice certain ; - la perte alléguée de complément retraite, hypothétique, n'est pas indemnisable. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; - le décret n° 2011-1474 du 8 novembre 2011 ; - le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique : - le rapport de Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère, - les conclusions de M. Samuel Deliancourt, rapporteur public, - les observations de Me Tissot, pour M. A..., ainsi que celles de Me Mollion pour la commune de Meylan. Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.