CETATEXT000046018485 J1_L_2022_06_00021PA06097 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/46/01/84/CETATEXT000046018485.xml Texte CAA de PARIS, 8ème chambre, 30/06/2022, 21PA06097, Inédit au recueil Lebon 2022-06-30 CAA de PARIS 21PA06097 8ème chambre excès de pouvoir C M. HO SI FAT KEMPF M. Frank HO SI FAT Mme BERNARD Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2020 par lequel le ministre de l'économie, des finances et de la relance et le ministre de l'intérieur ont prononcé, pour une durée de six mois, le gel de ses fonds, instruments financiers et ressources économiques en application des articles L. 562-2 et suivants du code monétaire et financier. Par un jugement n° 2103047/4-2 du 27 septembre 2021, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Procédure devant la Cour : Par une requête enregistrée le 29 novembre 2021, M. A... C..., représenté par Me Kempf, demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 2103047/4-2 du 27 septembre 2021 du tribunal administratif de Paris ; 2°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2020 par lequel le ministre de l'économie, des finances et de la relance et le ministre de l'intérieur ont prononcé, pour une durée de six mois, le gel de ses fonds, instruments financiers et ressources économiques en application des articles L. 562-2 et suivants du code monétaire et financier ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ; - il est entaché d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance du principe du contradictoire ; - il est entaché d'une erreur de fait dès lors que les agissements reprochés ne sont pas établis ; - il est entaché d'une erreur de droit, le PKK ne pouvant être regardé comme une organisation terroriste pour l'application des dispositions de l'article L. 562-2 du code monétaire et financier ; de surcroît les ministres se sont fondés sur ses seules fonctions pour prendre la mesure de gel de ses fonds et ressources économiques ; - l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que les agissements reprochés ne sauraient être qualifiés d'actes facilitant ou incitant à commettre des actes de terrorisme. Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés. La requête a été communiquée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, qui n'a pas présenté de mémoire en défense. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la Constitution ; - le règlement (CE) n° 2580/2001 du Conseil du 27 décembre 2001 ; - la position commune 2001/931/PESC du Conseil du 27 décembre 2001 ; - le code monétaire et financier ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - la décision n° 2015-524 QPC du 2 mars 2016 du Conseil constitutionnel ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Ho Si Fat, président-assesseur, - les conclusions de Mme Bernard, rapporteure publique, - et les observations de Me Gauthier, avocat de M. C.... Considérant ce qui suit : 1. Par un arrêté du 9 décembre 2020, publié au Journal officiel de la République française le 1er décembre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance et le ministre de l'intérieur ont, en application de l'article L. 562-2 et suivants du code monétaire et financier, décidé pour une période de six mois le gel des fonds et ressources économiques de M. A... C..., de nationalité turque au motif que l'intéressé joue un rôle d'entremetteur, de conseiller et de collecteur de fonds au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation au sein de laquelle il exerce, sur le plan national et européen, des fonctions de cadre depuis 2016, de telles activités étant de nature à faciliter la concrétisation des actions terroristes du PKK et l'intéressé devant être regardé comme facilitant et incitant à la commission d'actes de terrorisme et entrant ainsi dans le champ d'application de l'article L. 562-2 du code monétaire et financier. Par une requête enregistrée le 12 février 2021, M. C... a demandé l'annulation de l'arrêté litigieux au tribunal administratif de Paris. Par le jugement n° 2103047/4-2 du 27 septembre 2021 dont il relève appel, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. Sur le bien-fondé de l'arrêté contesté: 2. En premier lieu, M. C... n'apporte en cause d'appel aucun élément nouveau ou déterminant au soutien de son moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté du 9 décembre 2020 contesté. Dès lors, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux point 3 du jugement n° 2103047/4-2 du 27 septembre 2021. 3. En second lieu, aux termes de l'article L. 562-2 du code monétaire et financier : " Le ministre chargé de l'économie et le ministre de l'intérieur peuvent décider, conjointement, pour une durée de six mois, renouvelable, le gel des fonds et ressources économiques : / 1° Qui appartiennent à, sont possédés, détenus ou contrôlés par des personnes physiques ou morales, ou toute autre entité qui commettent, tentent de commettre, facilitent ou financent des actes de terrorisme, y incitent ou y participent (...) ". Aux termes de l'article L. 562-1 du même code : " Pour l'application du présent chapitre, on entend par : / 1° "Acte de terrorisme": les actes définis au 4° de l'article 1er du règlement (UE) n° 2580/2001 du Conseil du 27 décembre 2001 concernant l'adoption de mesures restrictives spécifiques à l'encontre de certaines personnes et entités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ; (...) ". Ces dispositions renvoient elles-mêmes à la définition qui figure à l'article 1er, paragraphe 3, de la position commune 2001/931/PESC, aux termes duquel : " Aux fins de la présente position commune, on entend par "acte de terrorisme", l'un des actes intentionnels suivants, qui, par sa nature ou son contexte, peut gravement nuire à un pays ou à une organisation internationale, correspondant à la définition d'infraction dans le droit national, lorsqu'il est commis dans le but de : /
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.