CETATEXT000046561309 J4_L_2022_11_00020NT04000 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/46/56/13/CETATEXT000046561309.xml Texte CAA de NANTES, 2ème chambre, 14/11/2022, 20NT04000, Inédit au recueil Lebon 2022-11-14 CAA de NANTES 20NT04000 2ème chambre excès de pouvoir C Mme BUFFET SELARL VEVE & ASSOCIES M. Yann LE BRUN Mme BOUGRINE Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : L'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf a demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler l'arrêté du 5 mars 2019 par lequel le préfet de la Manche a instauré des mesures de protection sur le territoire des îles Saint-Marcouf ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de la transition écologique et solidaire a rejeté son recours hiérarchique contre cet arrêté. Par un jugement n° 1901757 du 14 octobre 2020, le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande. Procédure devant la cour : Par une requête, enregistrée 14 décembre 2020, l'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf, représentée par Me Vève, demande à la cour : 1°) d'annuler ce jugement du 14 octobre 2020 ; 2°) d'annuler l'arrêté du 5 mars 2019 du préfet de la Manche ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - l'arrêté contesté est entaché d'un vice d'incompétence : seul le ministre en charge des pêches maritimes, et non le préfet de la Manche, était compétent, en vertu de l'article R. 411-15 du code de l'environnement, pour instaurer des mesures de protection du biotope sur l'île du Large, celle-ci appartenant au domaine public maritime ; - il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il intègre l'île du Large dans le périmètre de protection du biotope ; - il est entaché d'illégalité en ce qu'il instaure des mesures de protection de biotope non-nécessaires et disproportionnées ; - il méconnaît le principe général d'égalité des citoyens devant la loi, et plus particulièrement le principe d'égalité des usagers du domaine public, en ce qu'il prévoit des conditions d'accostage et de débarquement différents entre elle et le Groupe ornithologique normand sur l'île du Large, alors que leurs activités respectives ont les mêmes effets sur la faune et la flore et sont, en outre, justifiées, toutes les deux, par des considérations d'intérêt général. Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, la ministre de la transition écologique conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé. Par une ordonnance du 13 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 août 2021 à 12 heures. Le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires a produit un mémoire en défense le 11 août 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'environnement ; - le code général de la propriété des personnes publiques ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. B... ; - les conclusions de Mme Bougrine, rapporteure publique ; - et les observations de Me Vève, représentant l'association des Amis de l'Ile du Large Saint-Marcouf. Considérant ce qui suit : 1. Par un arrêté du 5 mars 2019, le préfet de la Manche a instauré des mesures de protection des îles Saint-Marcouf afin de garantir l'équilibre biologique des milieux et la conservation des biotopes nécessaires à la reproduction, à l'alimentation, à la croissance, au repos et à la survie de plusieurs espèces d'oiseaux maritimes et d'une espèce végétale protégées. L'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf a formé un recours auprès du ministre de la transition écologique contre cet arrêté. Le silence gardé par le ministre sur ce recours a fait naître une décision implicite de rejet à l'expiration d'un délai de deux mois. L'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf relève appel du jugement du 14 octobre 2020 par lequel le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté et de la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique. Sur le bien-fondé du jugement attaqué : En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée à la demande de première instance : 2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er des statuts de l'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf : " L'Association (...) a pour but d'assurer la réhabilitation, la sauvegarde et l'ouverture au public de l'île du Large Saint-Marcouf, définie au cadastre comme suit AH n° 1 à 8 ". L'arrêté préfectoral du 5 mars 2019 qui instaure des mesures de protection des biotopes sur les parties situées au-dessus du niveau des plus hautes mers des deux îles composant l'archipel Saint-Marcouf, interdit, notamment, d'accoster et de débarquer sur l'île du Large entre le 1er avril et le 31 juillet, sauf dérogation et autorisations préalables. Dès lors, l'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf justifie d'un intérêt à demander l'annulation de cet arrêté. 3. En second lieu, aux termes de l'article 9 des statuts de l'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf : " (...) / Le Président représente l'Association en justice, tant en demande qu'en défense. / (...) ". Aucune autre stipulation ne réserve à un autre organe le pouvoir de décider d'engager une action en justice au nom de l'association. Ainsi, le président de l'association avait qualité pour former au nom de celle-ci, un recours pour excès de pouvoir contre l'arrêté du 5 mars 2019 du préfet de la Manche portant protection de biotope des Îles Saint-Marcouf. 4. Il résulte de tout ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée à la demande de première instance présentée par l'association des Amis de l'île du Large Saint-Marcouf doit être écartée. En ce qui concerne la légalité de l'arrêté préfectoral du 5 mars 2019 : 5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public maritime naturel de L'Etat comprend : / (...) 3° Les lais et relais de la mer : /
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.