CETATEXT000047423245 J2_L_2023_04_00022LY01898 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/47/42/32/CETATEXT000047423245.xml Texte CAA de LYON, 4ème chambre, 06/04/2023, 22LY01898, Inédit au recueil Lebon 2023-04-06 CAA de LYON 22LY01898 4ème chambre excès de pouvoir C M. ARBARETAZ CAP-AVOCATS Mme Agathe DUGUIT-LARCHER M. SAVOURE Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure M. B... a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler les arrêtés du 5 février 2020 par lesquels la préfète de l'Allier, d'une part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et, d'autre part, l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours. Par jugement n° 2000404 du 4 mars 2020, la magistrate désignée par le président du tribunal a rejeté les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire sans délai, la fixation du pays de destination, l'interdiction de retour et l'assignation à résidence. Par jugement n° 2000404 du 31 mars 2022, le tribunal, statuant en formation collégiale, a rejeté sa demande dirigée contre le refus de titre de séjour. Procédure devant la cour Par une requête enregistrée le 18 juin 2022, M. B..., représenté par Me Presle, demande à la cour : 1°) d'annuler ce jugement du 31 mars 2022 et le refus de titre de séjour ; 2°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier, dans le délai de trente jours, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation après remise d'une autorisation provisoire de séjour sous deux jours ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il soutient que : - le refus de titre de séjour a été adopté avant que son épouse ne soit convoquée le 4 juin 2021 par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ; - l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII est insuffisamment motivé ; - son état de santé justifie que lui soit délivré un titre de séjour en qualité d'étranger malade ; - le refus de titre de séjour méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation. La préfète de l'Allier à laquelle la requête a été communiquée n'a pas présenté d'observations. M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mai 2022. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Le rapport de Mme Duguit-Larcher, première conseillère, ayant été entendu au cours de l'audience publique ; Considérant ce qui suit : 1. M. A... B..., ressortissant géorgien né le 2 novembre 1959, est entré irrégulièrement en France, le 16 mars 2018. Après le rejet définitif de sa demande d'asile en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile, le 25 janvier 2019, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 25 février 2019, dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 21 mai 2019. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, le 4 décembre 2019. Par décisions du 5 février 2020, la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence. Par un jugement du 4 mars 2020, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire sans délai, la fixation du pays de destination, l'interdiction de retour et l'assignation à résidence et renvoyé à une formation collégiale du tribunal l'examen des conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour. Par un arrêt du 4 février 2021, la cour administrative d'appel de Lyon a annulé le jugement en tant qu'il a rejeté les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire sans délai, la fixation du pays de destination, l'interdiction de retour et l'assignation à résidence au motif que l'obligation de quitter le territoire français n'était pas motivée en droit. Par un jugement du 31 mars 2022, dont M. B... relève appel, le tribunal a rejeté les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour. 2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de la décision contestée : " (...) la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié (...) ". Aux termes de l'article R. 313-22 du même code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 visé ci-dessus : " (...) un collège de médecins (...) émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.