CETATEXT000049963711 J4_L_2024_07_00024NT01670 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/49/96/37/CETATEXT000049963711.xml Texte CAA de NANTES, Juge unique, 12/07/2024, 24NT01670, Inédit au recueil Lebon 2024-07-12 CAA de NANTES 24NT01670 Juge unique suspension sursis C SEDILLOT RICHARD M. Olivier GASPON Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 6 avril 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision du 14 décembre 2022 de l'autorité consulaire française à Lomé (Togo) refusant de délivrer à C... un visa de long séjour en qualité de mineure à scolariser. Par un jugement n° 2306776 du 8 avril 2024, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision implicite de la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France et a enjoint au ministre de faire délivrer le visa de long séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement. Procédure devant la cour : Par une requête enregistrée le 5 juin 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative. Il soutient que : - contrairement à ce qu'a estimé le tribunal administratif, la décision contestée n'a pas été prise en méconnaissance de l'intérêt supérieur de la jeune C... et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, l'intéressée ne se trouvant pas dans une situation d'isolement au Togo au regard notamment de ses attaches familiales et de sa scolarisation ; - l'intéressée, qui ne justifie pas de circonstances particulières liées notamment à sa scolarité, n'est pas éligible à la délivrance d'un visa en qualité de mineure à scolariser ; - il existe un risque de détournement de l'objet du visa, compte tenu du caractère complaisant de la délégation de l'autorité parentale établie au profit de Mme B..., laquelle fait apparaître un projet d'établissement de la jeune C... en France et un projet d'adoption déguisée et alors que ni l'abandon par sa mère ni le décès de son père ne sont établis ; - Mme B... ne dispose pas de ressources suffisantes pour prendre en charge la jeune C... ; - la décision contestée n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - cette décision n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; - cette décision n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2024, Mme B..., représentée par Me Sédillot, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit enjoint au ministre de délivrer le visa sollicité dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à ce que soit mise à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle fait valoir que les moyens invoqués par le ministre ne sont pas fondés. Vu : - la requête n° 24NT01669 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a demandé l'annulation du jugement n° 2306776 du 8 avril 2024 du tribunal administratif de Nantes ; - les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. Gaspon a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.