CETATEXT000050932260 J4_L_2024_12_00024NT03368 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/50/93/22/CETATEXT000050932260.xml Texte CAA de NANTES, Juge unique, 23/12/2024, 24NT03368, Inédit au recueil Lebon 2024-12-23 CAA de NANTES 24NT03368 Juge unique excès de pouvoir C YARROUDH-FEURION M. le Pdt. Guy QUILLÉVÉRÉ Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2024 par lequel le préfet de la C... a prononcé le renouvellement de son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement n° 2416819 du 26 novembre 2024, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête. Procédure devant la cour : Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2024 et un mémoire enregistré le 14 décembre 2024, M. B... représenté par Maître Louis Yarroudh-Fleurion, demande à la cour de : - prononcer en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, le sursis à exécution de ce jugement du 26 novembre 2024 ; - de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; - de condamner le préfet à lui verser une somme de 1000 euros au titre des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative ; - en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, de décider que la décision à intervenir sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue. M. B... soutient que : - le jugement du tribunal administratif est irrégulier dès lors que le premier juge a omis de répondre à certains moyens et en a dénaturé d'autres, tant en droit, qu'en fait ; la magistrate désignée n'a pas tenu compte de la pièce n° 3 intitulée " pièces de personnalité " de laquelle elle devait déduire qu'il n'est pas célibataire mais nourrit une relation maritale avec Mme D..., depuis le mois de mai 2024 ; il a fourni en première instance, un certificat de l'association " La Grande Famille C... " précisant qu'il bénéficie d'un accompagnement et des aides des jeunes sortant de l'aide sociale à l'enfance en application de l'article 224-11 du code de l'action sociale et des familles ; il établit les craintes dont il fait état en cas d'éloignement par la production d'un article de presse dont il n'a pas été tenu compte par la magistrate désignée ; - il y a lieu de prononcer le sursis à exécution du jugement, dont l'exécution l'exposerait à un risque élevé d'atteinte à son intégrité psychologique et somatique, et rendrait impossible son retour en France où il est parfaitement intégré ; - le renouvellement de l'assignation à résidence est arbitraire et non fondé en droit et ne tient pas compte de sa situation actuelle ; - il se prévaut d'un arrêt de la CEDH du 12 novembre 2024 qui sanctionne le Danemark pour avoir procédé à l'expulsion d'un requérant en considérant que cette expulsion avait un impact trop fort sur la vie privée ou familiale de ce dernier, peu importe qu'il fût délinquant et alors au demeurant qu'il est pour sa part, parfaitement intégré en France ; - le préfet de la C... n'a pas correctement évalué sa situation et se contente d'évoquer des éléments obsolètes sans les réactualiser ; en l'absence de toute nouvelle audition lors du renouvellement de la mesure d'assignation à résidence, sa situation n'a pas été actualisée pas davantage que les éléments de sa personnalité ; - l'arrêté contesté n'est pas suffisamment motivé et n'a pas fait l'objet d'un examen de sa situation personnelle ; - cet arrêté porte une atteinte manifeste et disproportionnée au regard des dispositions des articles 3 et 8 de la CEDH, et L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; - à la date de la présente requête, il a été jugé et condamné par le tribunal correctionnel des Sables d'Olonne, le 16 juin 2022 ; il n'y a eu depuis aucune récidive de sorte que la menace à l'ordre public n'est plus d'actualité, ni établie à ce jour ; - il n'existe aucune perspective raisonnable d'exécution de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire puisque le préfet de la C... ne prouve aucunement qu'il existe des vols réguliers à destination de la Côte d'ivoire ; le préfet ne produit pas de laisser passer consulaire ; - le préfet de la C... ne justifie ni ne prouve qu'il entend se soustraire à la mesure d'éloignement de sorte que la directive retour dans son application stricte et restrictive ne trouve pas à s'appliquer ; l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit. Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024 le préfet de la C... conclut au rejet de la requête. Le préfet soutient que la demande de sursis à exécution du jugement est irrecevable et que la décision portant renouvellement de son assignation à résidence ne lui porte aucun préjudice difficilement réparable. Vu : - la requête n° 2403335 enregistrée le 28 novembre 2024 par laquelle M. B... a demandé l'annulation du jugement n° 2416819 du 26 novembre 2024 du tribunal administratif de Nantes ; - les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. La clôture de l'audience publique a été fixée à l'issue de l'audience publique au 16 décembre 2024 à 11 h
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.