CETATEXT000051532522 J5_L_2025_04_00022NC02153 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/51/53/25/CETATEXT000051532522.xml Texte CAA de NANCY, 2ème chambre, 24/04/2025, 22NC02153, Inédit au recueil Lebon 2025-04-24 CAA de NANCY 22NC02153 2ème chambre autres C M. AGNEL HMS AVOCATS Mme Hélène BRODIER Mme MOSSER Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, d'une part, d'annuler la décision du président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de la région Grand Est du 7 octobre 2020 prononçant son licenciement pour suppression de poste et, d'autre part, de condamner la CCI à lui verser une somme totale de 45 000 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'illégalité de cette décision. Par un jugement n° 2002512 du 3 juin 2022, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande. Procédure devant la cour : Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 12 août 2022 et 30 mars 2023, Mme B..., représentée par Me Bellanger de la Selarl HMS Avocats, demande à la cour : 1°) d'annuler ce jugement du 3 juin 2022 ; 2°) d'annuler cette décision du 7 octobre 2020 ; 3°) d'enjoindre à la CCI de région Grand Est de la réintégrer dans un emploi équivalent à celui qu'elle occupait avant son licenciement, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; 4°) de condamner la CCI de région Grand Est à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation de son préjudice professionnel et économique et celle de 5 000 euros en réparation du préjudice moral et de ses troubles dans les conditions d'existence ; 5°) de mettre à la charge de la CCI de région Grand Est une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : S'agissant de la régularité du jugement : - la minute du jugement ne comporte pas toutes les signatures prévues par l'article R. 741-7 du code de justice administrative ; S'agissant de la légalité de la décision en litige : - elle est entachée d'incompétence de son signataire, en l'absence de délégation de signature régulière et préalablement publiée ; - elle est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des CCI, dès lors qu'il n'est pas justifié du mandat habilitant le directeur général de la CCI de région à conduire l'entretien préalable ; - elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que les membres de la commission paritaire régionale se sont vu transmettre les informations prévues par les dispositions de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des CCI avant d'émettre leur avis, ni que ces informations répondent aux exigences de cet article ; - elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la délibération de l'assemblée générale de la CCI du 22 juin 2020 approuvant la suppression de son emploi : cette délibération a été rendue sans qu'il ne soit justifié que le quorum était atteint ; elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas justifié que la convocation des membres a respecté l'article 2.1.2.1 du règlement intérieur ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que les difficultés budgétaires et économiques ne sont pas établies ; - l'obligation de reclassement a été méconnue, tant dans sa dimension externe qu'interne, tandis que les recherches devaient être poursuivies durant toute la procédure de licenciement. Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, la CCI de région Grand Est, représentée par Me Bender de la Selarl Orion Avocats et Conseils, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B... en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la requérante ne saurait utilement remettre en cause le formalisme de la délibération de l'assemblée générale de la CCI ; - les autres moyens soulevés par la requérante et dirigés contre la décision du 7 octobre 2020 ne sont pas fondés ; - Mme B... ne justifie d'aucun préjudice résultant de son licenciement ; - elle ne justifie pas avoir subi un préjudice moral résultant de son licenciement, ni d'un préjudice moral distinct. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de commerce ; - la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ; - le décret n° 2016-425 du 8 avril 2016 portant création de la CCI de région ACAL modifié par le décret n° 2017-1451 du 6 octobre 2017 portant nouvelle dénomination de la CCI en CCI de région Grand Est ; - l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel administratif de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie, des chambres de commerce et d'industrie et des groupements consulaires ; - le règlement intérieur provisoire de la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de Mme Brodier, - les conclusions de Mme Mosser, rapporteure publique, - les observations de Me Tastard, avocat de Mme B..., - les observations de Me Condello, avocate de la CCI de région Grand Est. Considérant ce qui suit : 1. Engagée par la chambre de commerce et d'industrie de Reims et Epernay à partir du 30 novembre 1998 sous contrat à durée déterminée puis sous contrat à durée indéterminée à compter du 1er mars 2001, Mme B... y occupait en dernier lieu un emploi de " gestionnaire GRC et Data " depuis le 1er avril 2018. A la suite d'une décision de la CCI de Marne-en-Champagne de restructurer ses services pour faire face au contexte économique et financier, l'assemblée générale de la CCI de région Grand Est a validé la suppression de treize postes au sein de cette chambre territoriale, parmi lesquels le poste de Mme B.... Celle-ci a été convoquée à un entretien préalable en vue de son licenciement le 9 septembre 2020. Puis, après avis émis par la commission paritaire régionale le 28 septembre 2020, le président de la CCI de région Grand Est a, par une décision du 7 octobre 2020, prononcé le licenciement de l'intéressée avec prise d'effet à l'issue du délai de préavis de deux mois. Mme B... relève appel du jugement du 3 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision ainsi que les conclusions à fin d'indemnisation qu'elle avait également présentées. Sur la régularité du jugement : 2. Il ressort des pièces versées au dossier de première instance que la minute du jugement attaqué a été signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier. Par suite, Mme B... n'est pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article R. 741-7 du code de justice administrative ont été méconnues. Sur les conclusions à fin d'annulation : 3. Aux termes de l'article 33 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie, ci-dessus visé : " La cessation de fonctions de tout agent titulaire ne peut intervenir que dans les conditions suivantes : (...), 5) Pour suppression d'emploi, après avis de la commission paritaire compétente ". En ce qui concerne la légalité externe : 4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 711-32 du code de commerce : " VI. Les actes de délégation sont accordés par le président de la chambre de commerce et d'industrie de région, après autorisation de son assemblée générale. Ils précisent la durée de la délégation, qui ne peut excéder celle de la mandature, ainsi que son périmètre. / Ils sont publiés dans les conditions prévues au règlement intérieur de la chambre ". L'article 39 du règlement intérieur, applicable à la date de la décision en litige, prévoit que " l'ensemble des délégations de signature du président est d'abord porté à la connaissance du bureau de l'assemblée générale. / A cette fin, un tableau de ces délégations est tenu à jour et publié sur l'intranet de la chambre. Il est également annexé au présent règlement intérieur et transmis à l'autorité de tutelle pour information. / Le tableau est mis à disposition du personnel et des tiers ". 5. D'une part, la CCI de région Grand Est a produit le tableau du 2 mars 2020, signé par le président de l'établissement, portant délégations de signature et de pouvoir. Il en ressort que le président de la CCI a confié une délégation de signature permanente à M. D... C..., directeur général de la CCI, à l'effet d'adopter " tous actes et représentations concernant l'ensemble des directions et services " (point 1.1.) et que s'agissant des ressources humaines, la délégation de signature vaut pour tout le personnel et pour tous les actes et procédures en matière de licenciement (point 3.1.1.). Contrairement à ce que soutient la requérante, cet acte constitue, indépendamment de sa forme, la délégation de signature requise par l'article R. 711-32 du code de commerce. 6. D'autre part, et conformément aux mentions qui y figurent, ce tableau est réputé avoir été annexé au règlement intérieur de la CCI de région. Par ailleurs, la CCI justifie que ce tableau était disponible sur le réseau intranet de l'établissement public au plus tard à la date du 8 septembre 2020, soit avant la décision contestée. Ces modalités de publication sont conformes à ce que prévoit l'article 39 du règlement intérieur de la CCI de région cité ci-dessus. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait. 7. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie dans sa version applicable au litige, relatives à l'entretien préalable : " Suite à la délibération de l'Assemblée générale, les agents dont le poste est menacé sont convoqués par lettre recommandée avec demande d'avis de réception (...) à un entretien individuel avec le Président de la CCI employeur ou son représentant ". 8. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 ci-dessus que le directeur général de la CCI de région Grand Est avait qualité pour représenter le président de la CCI lors de l'entretien individuel dont Mme B... a bénéficié le 9 septembre 2020 conformément aux dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que son entretien individuel aurait été conduit par une personne ne représentant pas le président de la CCI de région Grand Est ne peut qu'être écarté. 9. En troisième lieu, aux termes des dispositions applicables de l'article 35-1 du statut du personnel, relatives à la réunion de la commission paritaire : " Dans le délai de huit jours ouvrés qui suit le ou les entretiens individuels (...), le Président de la Commission Paritaire adresse aux membres de cette commission une convocation comprenant un ordre du jour et les documents relatifs à la réunion qui a pour objet : - une information sur les moyens que la CCI employeur a examinés pour éviter les suppressions de postes tels que notamment : (...) ; - une information sur les aides et mesures d'accompagnement apportées aux agents susceptibles d'être licenciés pour faciliter leur réemploi sur des postes équivalents telles que bilan de compétence, actions de formation et de validation des acquis de l'expérience, prestation d'une cellule d'accompagnement des démarches de recherche d'emploi, etc. (...) ; - une information sur le coût et les modalités de mise en œuvre des mesures envisagées. / (...) / Au vu de ces informations, la Commission Paritaire rend deux avis : - un avis sur les démarches, propositions et actions entreprises pour éviter les licenciements, - un avis sur les mesures individuelles de licenciement envisagées. / Le relevé de décisions établi à l'issue de cette réunion est transmis à (aux) agent(
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