CAA de Marseille, 4ème chambre, 13/05/2025, 24MA01492
CETATEXT000051630822 J6_L_2025_05_00024MA01492 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/51/63/08/CETATEXT000051630822.xml Texte CAA de MARSEILLE, 4ème chambre, 13/05/2025, 24MA01492, Inédit au recueil Lebon 2025-05-13 CAA de MARSEILLE 24MA01492 4ème chambre plein contentieux C M. DUCHON-DORIS CABINET JEAN DEBEAURAIN M. Stéphen MARTIN Mme BALARESQUE Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Marseille de désigner un expert en vue de déterminer l'origine des désordres constatés dans l'arrière pièce du local commercial dont il est propriétaire à Manosque, et de condamner la commune de Manosque et la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération à réparer les conséquences dommageables de cet état de fait, après expertise, par l'allocation d'une somme de 50 000 euros en réparation de ses préjudices, et par la réalisation de travaux destinés à y remédier.
Par un jugement n° 2107275 du 16 avril 2024, le tribunal administratif de Marseille a rejeté les demandes de M. A....
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. A..., représenté par Me Bérenger, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2107275 du 16 avril 2024 du tribunal administratif de Marseille ;
2°) d'annuler la décision du 28 juin 2021 de la commune de Manosque ainsi que la décision implicite de la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération portant rejet de ses demandes indemnitaires ;
3°) à titre principal, de désigner avant-dire droit un expert en vue notamment de constater les désordres, déterminer l'origine et les causes des fuites affectant son local, et de préciser la nature et la date d'implantation des canalisations traversant la voute historique, les travaux à réaliser et tous éléments sur l'imputabilité des dommages et sur les préjudices subis ;
4°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Manosque et la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices subis, et de leur enjoindre de procéder aux travaux nécessaires afin de faire cesser les dommages et les troubles subis dans la jouissance de son bien ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Manosque et de la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, la commune de Manosque, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et demande à la Cour de mettre à la charge du requérant la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2025, la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération, représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de la société SAUR à la garantir de toute éventuelle condamnation prononcée à son encontre, et à ce que soit mis à la charge du requérant le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
Par un mémoire, enregistré le 23 janvier 2025, la société SAUR, représentée par Me de Angelis, conclut au rejet de la requête, au rejet des conclusions d'appel en garantie de la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération, et à ce que soit mis à la charge de la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération ou de tout succombant le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
Un courrier du 9 janvier 2025 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et leur a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close, dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.
Par une ordonnance du 27 février 2025, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
Ses demandes ayant été rejetées, il a saisi le tribunal administratif de Marseille lequel, par un jugement du 16 avril 2024 dont il relève appel dans la présente instance, a rejeté ses demandes tendant à titre principal à la désignation d'un expert ou, à titre subsidiaire, à la condamnation de la commune de Manosque et de la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation de ses préjudices, et à ce qu'il leur soit enjoint de procéder aux travaux nécessaires afin de faire cesser les dommages.
Au demeurant, alors qu'il est constant que deux canalisations du réseau public d'assainissement traversent la pièce voutée, l'acte authentique précise que l'immeuble objet de la vente n'est grevé par aucune servitude. De plus, la pièce voutée n'est pas davantage mentionnée sur le titre du 20 juillet 1930 retranscrit à la conservation des hypothèques, produit en cause d'appel par la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération, qui porte sur l'immeuble dont il s'agit, sur la parcelle alors cadastrée section G n° 148, titre qui se borne à évoquer un bien " comprenant uniquement une maison ". M. A... n'apporte pas plus la preuve de ce qu'il détiendrait un titre de propriété sur le local situé sous la voie publique par la production d'une attestation de surface établie le 5 novembre 2020, au seul motif que son rédacteur conclut à l'existence d'une " surface utile brute ou commercialisable " de 39,31 m², dont 6,81 m² au titre d'une pièce voutée aveugle dite " voute historique ", proche de la surface de 46 m² mentionnée dans l'acte authentique du 28 mai 2019, dès lors que cette dernière valeur porte sur la seule surface cadastrale de la parcelle sur laquelle est édifié l'immeuble, sans aucune autre précision sur les surfaces du bâti lui-même.
Pour le même motif, cette preuve n'est pas davantage apportée par l'extrait du cadastre napoléonien de 1824, ni par l'état de sections des propriétés non bâties et bâties. Dans ces conditions, M. A..., qui n'établit pas être propriétaire de l'élément de la construction dans lequel des désordres seraient survenus à raison, selon ses affirmations, d'infiltrations et fuites d'eau résultant tant de la présence de deux canalisations défectueuses d'évacuation des eaux usées, que de fuites provenant de la rue de l'Île qui la surplombe, ne justifie d'aucun intérêt à agir dans le cadre d'une action tendant à la réparation de dommages ayant affecté le local dont il s'agit. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée du défaut d'intérêt à agir, doit être accueillie.
Sur les conclusions d'appel en garantie de la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération :
Sur les frais liés au litige :
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Les surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A..., à la commune de Manosque, à la communauté d'agglomération Durance Luberon Verdon agglomération et à la société SAUR.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2025, où siégeaient :
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 13 mai 2025.
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