CAA de Nantes, 1ère chambre, 20/05/2025, 24NT02243
CETATEXT000051646758 J4_L_2025_05_00024NT02243 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/51/64/67/CETATEXT000051646758.xml Texte CAA de NANTES, 1ère chambre, 20/05/2025, 24NT02243, Inédit au recueil Lebon 2025-05-20 CAA de NANTES 24NT02243 1ère chambre plein contentieux C M. le Pdt. QUILLÉVÉRÉ SARL BONDIGUEL & ASSOCIES M. Anthony PENHOAT M. BRASNU Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes de prononcer, à titre principal, la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017 et, à titre subsidiaire, d'en prononcer la réduction.
Par un jugement n° 2202392 du 29 mai 2024, le tribunal administratif de Rennes a prononcé un non-lieu à statuer à concurrence du dégrèvement d'un montant de 1 440 euros, prononcé en cours d'instance par l'administration et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024 et un mémoire enregistré le 3 février 2025, ce dernier non communiqué, M. B..., représenté par la Selarl Bondiguel et Associés - Me Poirrier-Jouan, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;
2°) de prononcer la décharge sollicitée des impositions restant en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2025, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
B... une indemnité transactionnelle d'un montant brut de 100 000 euros, l'intéressé déclarant pour sa part être satisfait irrévocablement et intégralement de ses droits, quelle qu'en soit la nature, et renoncer à toute instance ou action à l'encontre de la société Ufifrance Patrimoine, de ses ayants-droits et de toute société du groupe auquel elle appartient. La somme de 71 288,66 euros a été exonérée d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016 en application du 3° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts. Le dossier fiscal de M. B... a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de l'année 2017 et l'administration a constaté qu'il n'avait pas déclaré l'indemnité transactionnelle de 100 000 euros.
Elle lui a adressé une demande de renseignements relative à l'objet de ce versement à laquelle il n'a pas répondu. Le service a alors adressé à M. B... une première proposition de rectification le 6 novembre 2020, annulée et remplacée par une seconde proposition de rectification du 5 février 2021, l'informant, selon la procédure de rectification contradictoire, de son intention de soumettre cette indemnité à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017. M. B... n'a pas répondu à cette proposition de rectification mais a formé, une fois l'imposition supplémentaire mise en recouvrement, une réclamation, rejetée par le service le 7 novembre 2021. M. B... a présenté une nouvelle réclamation le 22 décembre 2021 qui a été également rejetée le 17 mars 2021.
M. B... a demandé au tribunal administratif de Rennes de prononcer, à titre principal, la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017 et, à titre subsidiaire, d'en prononcer la réduction. Par un jugement n° 2202392 du 29 mai 2024, le tribunal administratif de Rennes a prononcé un non-lieu à statuer à concurrence du dégrèvement d'un montan1 440 euros, prononcé en cours d'instance par l'administration et rejeté le surplus de sa demande. M. B... relève appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande.
Sur la régularité du jugement attaqué :
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
B... indique avoir subis du fait du fait de la rupture de son contrat de travail et que ce versement vise à éviter les aléas et les coûts liés à une procédure, en prévoyant en contrepartie que M. B... renonce irrévocablement à toute action de quelque nature que ce soit à l'encontre de son employeur, il ressort également de ce protocole, d'une part, que M. B... reconnaît expressément que l'indemnité le " remplit " irrévocablement et intégralement de ses droits quelle qu'en soit la nature, notamment en matière de salaires, accessoires de salaires, heures supplémentaires, avantages en nature, primes, éventuel remboursement de frais, indemnités et dommages-intérêts de toutes sortes et quel qu'en soit le fondement et, d'autre part, que le versement de cette somme ne saurait valoir reconnaissance, même implicite, de responsabilité de l'employeur dans l'exécution et la rupture du contrat de travail.
Dans ces conditions, compte tenu des termes de ce protocole, en se bornant à faire valoir que la somme globale de 100 000 euros est directement liée à la contestation des modalités de rupture de son contrat de travail et doit être qualifiée dans sa globalité d'indemnité de licenciement, le requérant ne saurait être regardé comme justifiant de ce que le versement de la somme en cause aurait, fût-ce pour partie, correspondu à la réparation d'un préjudice autre que la perte de revenus. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a estimé que l'indemnité transactionnelle en litige constituait un revenu imposable.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mai 2025.
Le rapporteur A. PENHOATLe président G. QUILLÉVÉRÉ La greffière H. DAOUD La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 N° 24NT02243