Conseil d'État, 9ème - 10ème chambres réunies, 494856
Vu la procédure suivante :
La société Déclic Intérim a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos de 2013 à 2016 ainsi que des pénalités correspondantes, et la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante résultant de la mise en demeure du 31 janvier 2018 valant commandement de payer. Le directeur départemental des finances publiques du Cantal a soumis d'office au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, les réclamations de la même société, en date des 14 août 2019 et 23 novembre 2020, tendant à la décharge des cotisations d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019 ainsi que des pénalités correspondantes, et à la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes résultant des mises en demeure des 31 juillet 2019 et 15 octobre 2020 valant commandements de payer. Par un jugement n°s 1900505, 2000676, 2100371 du 12 juillet 2022, ce tribunal a rejeté ses demandes.
Par un arrêt n° 22LY02571 du 4 avril 2024, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel formé par la société Déclic Intérim contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 juin et 4 septembre 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Déclic Intérim demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
Après avoir entendu en séance publique :
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Maître Haas, avocat de la société Déclic Intérim ;
Dans le cadre de contrôles sur pièces, l'administration fiscale a également remis en cause ce régime d'exonération pour les exercices ultérieurs et assujetti la société Déclic Intérim à des cotisations d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019 et adressé à cette société, en vue du recouvrement de ces impositions, des mises en demeure de payer datées des 31 janvier 2018, 31 juillet 2019 et 15 octobre 2020. Par un jugement du 12 juillet 2022, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté les demandes de la société Déclic Intérim tendant à la décharge des cotisations d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos de 2013 à 2019 et de l'obligation de payer les sommes correspondantes résultant des mises en demeure des 31 janvier 2018, 31 juillet 2019 et 15 octobre 2020.
La société Déclic intérim se pourvoit en cassation contre l'arrêt du 4 avril 2024 par lequel la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel qu'elle a formé contre ce jugement.
Aux termes du II de ce même article, dans sa rédaction applicable au litige pour les exercices clos de 2011 à 2015 : " Pour bénéficier de l'exonération mentionnée au I, l'entreprise doit répondre aux conditions suivantes : (...) / b) L'entreprise emploie moins de dix salariés bénéficiant d'un contrat de travail à durée indéterminée ou d'une durée d'au moins six mois à la date de clôture du premier exercice et au cours de chaque exercice de la période d'application du présent article ; si l'effectif varie en cours d'exercice, il est calculé compte tenu de la durée de présence des salariés en cause pendant l'exercice (...) ". L'article 15 de la loi de finances pour 2016 a porté l'effectif mentionné par ces dernières dispositions à onze salariés.
D E C I D E : -------------- Article 1er : L'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 4 avril 2024 est annulé.
Article 2 : L'affaire est renvoyée à la cour administrative d'appel de Lyon.
Article 3 : L'Etat versera à la société Déclin Intérim la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société Déclic Intérim et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré à l'issue de la séance du 4 juin 2025 où siégeaient : M. Rémy Schwartz, président adjoint de la section du contentieux, présidant ; M. Bertrand Dacosta, Mme Anne Egerszegi, présidents de chambre ; M. Vincent Daumas, M. Nicolas Polge, M. Olivier Yeznikian, Mme Rozen Noguellou, conseillers d'Etat ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d'Etat en service extraordinaire et M. Réda Wadjinny-Green, maître des requêtes-rapporteur.
Rendu le 18 juin 2025.
Le président :
Signé : M. Rémy Schwartz Le rapporteur :
Signé : M. Réda Wadjinny-Green La secrétaire :
Signé : Mme Nathalie Planchette La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :