CAA de TOULOUSE, 3ème chambre, 24TL02003
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Le centre de santé So Clinic Mas Argelliers Montpellier a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande d'autorisation de placement de ses salariés en position d'activité partielle. Ce centre de santé a également demandé au tribunal administratif d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer l'autorisation sollicitée et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande.
Par un jugement n° 2201396 du 23 mai 2024, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, le centre de santé So Clinic Mas Argelliers Montpellier, représenté par Me Raynal, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 23 mai 2024 ;
2°) d'annuler la décision du 20 janvier 2022 du préfet de l'Hérault ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer l'autorisation sollicitée et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2026, le ministre du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
Par une ordonnance du 6 février 2026, la clôture d'instruction a été fixée au 5 mars 2026 à 12 heures.
Vu les autres pièces de ce dossier.
Vu :
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
L'employeur perçoit une allocation financée conjointement par l'Etat et l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage. Une convention conclue entre l'Etat et cet organisme détermine les modalités de financement de cette allocation. Le contrat de travail des salariés placés en activité partielle est suspendu pendant les périodes où ils ne sont pas en activité. (...) ". Aux termes de l'article R. 5122-1 de ce code : " L'employeur peut placer ses salariés en position d'activité partielle lorsque l'entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre temporairement son activité pour l'un des motifs suivants : 1° La conjoncture économique ; 2° Des difficultés d'approvisionnement en matières premières ou en énergie ; 3° Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ; 4° La transformation, restructuration ou modernisation de l'entreprise ; 5° Toute autre circonstance de caractère exceptionnel. ".
En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le centre appelant ait engagé une quelconque action en justice pour obtenir réparation du préjudice subi du fait du débauchage allégué de ses salariés. Enfin, les pièces du dossier ne permettent pas d'exclure que ces démissions puissent être la conséquence des conditions de travail proposées par le centre appelant rendant prévisible l'événement ayant perturbé son fonctionnement normal. Ainsi, le centre de santé So Clinic Mas Argelliers Montpellier ne démontre pas avoir été confronté à des circonstances de caractère exceptionnel justifiant que ses salariés soient autorisés à être placés en position d'activité partielle. Dès lors, pour ce seul motif, le préfet de l'Hérault a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, légalement rejeter la demande du centre appelant d'autorisation de placement en activité partielle de ses salariés fondée sur le 5° de l'article R. 5122-1 du code du travail.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
DÉCIDE :
Article 1er : La requête du centre de santé So Clinic Mas Argelliers Montpellier est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié au centre de santé So Clinic Mas Argelliers Montpellier et au ministre du travail et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2026 à laquelle siégeaient :
M. Romnicianu, président, M. Bentolila, président-assesseur, Mme Beltrami, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2026.
La rapporteure, K. Beltrami Le président, M. Romnicianu La greffière, R. Brun La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 N° 24TL02003