CETATEXT000039017825 JG_L_2019_08_000000433129 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/39/01/78/CETATEXT000039017825.xml Texte Conseil d'État, Juge des référés, 20/08/2019, 433129, Inédit au recueil Lebon 2019-08-20 Conseil d'État 433129 Juge des référés Excès de pouvoir C SCP ZRIBI, TEXIER ECLI:FR:CEORD:2019:433129.20190820 Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 30 juillet et 18 août 2019 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) d'ordonner la suspension du décret du 29 mai 2019 du président de la République qui a mis fin à ses fonctions de directeur de l'Etablissement national des invalides de la marine ; 2°) d'enjoindre à l'Etat de le réintégrer dans ses fonctions dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision porte gravement atteinte à sa situation professionnelle, à son honneur et à sa réputation et qu'elle entraîne une perte de rémunération substantielle ; - l'urgence commande sa réintégration dans l'intérêt des personnels et du fonctionnement de l'institution ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité tant externe qu'interne de la décision contestée ; - les dispositions de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ont été méconnues dans la mesure où il n'a pu avoir accès à l'intégralité de son dossier préalablement à la mesure prise en considération de sa personne ; - elle est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que, s'agissant d'une sanction disciplinaire déguisée, la procédure disciplinaire, en particulier le droit d'accès à l'intégralité de son dossier, a été méconnue ; - cette sanction disciplinaire déguisée n'est pas motivée ; - la décision attaquée est entachée d'incompétence négative dans la mesure où le président de la République, qui n'a pas procédé en l'espèce à un examen personnel et complet de son dossier, s'est estimé tenu de suivre les recommandations du rapport d'enquête et les avis des ministres de tutelle ; - la sanction disciplinaire déguisée est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure ; - la décision attaquée a été prise en violation des dispositions notamment de l'article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, dès lors que ses " interlocuteurs " n'ont cessé de se référer à ses opinions personnelles. Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2019, la ministre des solidarités et de la santé conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - la loi du 22 avril 1905, et notamment son article 65 ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ; - le décret n° 2010-1009 du 30 août 2010 ; - le décret n° 2010-1035 du 1er septembre 2010 ; - le code de justice administrative ; Après avoir convoqué à une audience publique, d'une part, M. B... et d'autre part, le Premier ministre et la ministre des solidarités et de la santé ; Vu le procès-verbal de l'audience publique du 19 août 2019 à 14 heures 30 au cours de laquelle ont été entendus : - Me Texier, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, avocat de M. B... ; - les représentants de M. B...; - les représentants de la ministre des solidarités et de la santé ; - les représentants de la ministre de la transition écologique et solidaire ; et à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction. Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.