CETATEXT000041903249 JG_L_2020_05_000000440538 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/41/90/32/CETATEXT000041903249.xml Texte Conseil d'État, , 18/05/2020, 440538, Inédit au recueil Lebon 2020-05-18 Conseil d'État 440538 Plein contentieux C ECLI:FR:CEORD:2020:440538.20200518 Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en premier lieu, d'annuler la décision en date du 11 février 2020 par laquelle le paiement de sa solde a été suspendu et d'enjoindre à la ministre des armées de lui restituer la rémunération dont il a été privé du fait de cette décision lors de la période allant du 22 janvier au 30 avril 2020, en deuxième lieu, de suspendre les effets de cette décision, en troisième lieu, d'enjoindre à la ministre des armées de se prononcer sur l'attribution d'un nouveau congé de longue durée pour maladie, en quatrième lieu, de lui enjoindre de faire cesser les faits de harcèlement moral dont il est victime et de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, enfin, en cinquième lieu, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par une ordonnance n° 200186 du 24 avril 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a rejeté cette demande. Par une ordonnance du 11 mai 2020, enregistrée le 12 mai 2020 au secrétariat du Conseil d'Etat, la présidente de la cour administrative d'appel de Marseille a transmis au juge des référés du Conseil d'Etat la requête d'appel par laquelle M. B... demande : 1°) d'annuler l'ordonnance du 24 avril 2020 ; 2°) d'annuler la décision en date du 11 février par laquelle le paiement de sa solde a été suspendu ; 3°) à titre principal, de faire droit à ses conclusions aux fins d'injonction de première instance, à titre subsidiaire qu'il soit enjoint à la ministre des armées de lui octroyer une aide sociale d'urgence d'un montant de 6 000 euros pour lui permettre de faire face aux besoins de sa famille dans le cadre de la crise sanitaire liée à l'épidémie de COVID 19 ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la condition d'urgence est remplie, car du fait de la suspension du paiement de sa solde, il se trouve, avec sa famille, dans une situation de grande précarité, compte tenu des charges incompressibles qui sont les siennes, comme l'atteste le fait que son compte bancaire est débiteur, à hauteur d'un montant qui dépasse celui de son découvert autorisé ; - il est porté atteinte à plusieurs de ses droits fondamentaux, notamment celui de mener une vie familiale normale, le droit au travail, le droit au respect de la dignité de la personne humaine, le droit ne pas être soumis au harcèlement moral, le droit à la santé et le droit à ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants ; - la décision de suspendre le paiement de sa solde a été prise en méconnaissance de la circulaire interministérielle du 30 janvier 1989 relative à la protection sociale des fonctionnaires et stagiaires de l'Etat, faute que cette décision ait été précédée d'une mise en demeure comme le requiert cette circulaire ; - cette décision est intervenue au motif qu'il ne se serait indûment pas rendu, le 22 janvier 2020, à une convocation à un examen de santé préalable à la prolongation de son congé de longue durée pour maladie, alors qu'il avait apporté les justificatifs nécessaires, notamment des certificats médicaux indiquant qu'il ne pouvait se rendre, pour des motifs de santé, ni dans un lieu trop éloigné de son domicile, ni dans une enceinte militaire ; - il n'a pas été informé sans délai des motifs de cette décision, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations du public avec l'administration ; - il est victime de faits de harcèlement moral depuis plusieurs années, dont la décision de suspendre sa solde est la dernière illustration. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la défense ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.