CETATEXT000046965738 JG_L_2023_01_000000469784 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/46/96/57/CETATEXT000046965738.xml Texte Conseil d'État, Juge des référés, 05/01/2023, 469784, Inédit au recueil Lebon 2023-01-05 Conseil d'État 469784 Juge des référés Plein contentieux C SCP BORE, SALVE DE BRUNETON, MEGRET ; SCP PIWNICA, MOLINIE ECLI:FR:CEORD:2023:469784.20230105 Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rennes, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au département du Finistère de lui proposer un accompagnement comportant l'accès à un hébergement et un soutien financier, ainsi que de lui octroyer une mesure de protection " jeune majeur ", et ce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2206049 du 5 décembre 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a enjoint au département du Finistère de procéder au réexamen de la demande de renouvellement du contrat de jeune majeur de M. A... dans un délai de huit jours et de lui assurer, dans un délai de quarante-huit heures, une prise en charge. Par une requête et deux nouveaux mémoires, enregistrés le 19 décembre 2022 et le 3 janvier 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le département du Finistère demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) de rejeter les conclusions présentées en première instance par M. A.... Il soutient que : - le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a estimé à tort que les conditions posées à l'article L. 521-2 du code de justice administrative étaient réunies ; - du fait du comportement de M. A... et des circonstances dans lesquelles il a perdu son emploi et son logement, le refus qui a été opposé à sa demande de prise en charge par l'aide sociale à l'enfance ne saurait être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ; - la situation d'urgence invoquée par l'intéressé résulte de ses seuls agissements, qui ont conduit à sa condamnation pénale ainsi qu'à sa perte d'emploi et de logement ; - M. A... étant désormais titulaire d'un contrat d'apprentissage auprès d'une boulangerie à Landerneau et ayant refusé la récente proposition d'hébergement faite par le département, il ne saurait être regardé comme ne disposant pas de ressources suffisantes au sens de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles ni comme justifiant d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par un mémoire en défense et un nouveau mémoire, enregistrés les 2 et 3 janvier 2023, M. A... conclut au rejet de la requête et à ce que soient mise à la charge du département des Bouches-du-Rhône une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et une somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution, et notamment son Préambule ; - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ; - la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ; - le code de l'action sociale et des familles ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991; - la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 ; - le décret n° 2022-1125 du 5 août 2022 ; - le code de justice administrative ; Après avoir convoqué à une audience publique, d'une part, le département du Finistère, et d'autre part, M. A... ; Ont été entendus lors de l'audience publique du 4 janvier 2023, à 10 heures 30 : - Me Molinié, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, avocat du département du Finistère ; - Me Mégret, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, avocat de M. A... ; à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction ; Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.