CETATEXT000047411319 JG_L_2023_03_000000472440 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/47/41/13/CETATEXT000047411319.xml Texte Conseil d'État, , 29/03/2023, 472440, Inédit au recueil Lebon 2023-03-29 Conseil d'État 472440 Excès de pouvoir C ECLI:FR:CEORD:2023:472440.20230329 Vu les procédures suivantes : I. Sous le n° 472440, par une requête, enregistrée le 26 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association " Lanceur d'alerte " demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) d'annuler les énonciations du ministre de l'intérieur et des outre-mer exprimées le 21 mars 2023 relatives aux participants à une manifestation non déclarée et relayées sur son compte " Twitter " officiel ; 2°) de suspendre la consigne donnée aux forces de l'ordre de procéder à l'interpellation de participants à des manifestations non déclarées ; 3°) d'enjoindre au ministre de publier un démenti quant à l'existence d'un délit de participation à une manifestation non déclarée dans un délai de 24 heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1'500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. L'association soutient : - qu'elle justifie d'un intérêt à agir ; - que la condition d'urgence est satisfaite, eu égard en particulier au contexte social et politique actuel ; - que les déclarations du ministre, par les effets notables qu'elles produisent, portent une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester. II. Sous le n° 472447, par une requête, enregistrée le 27 mars au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. D... B... et M. A... B..., demandent au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) de suspendre la consigne verbale du ministre de l'intérieur et des outre-mer exprimée le 21 mars 2023 d'interpellation des participants à une manifestation non déclarée ; 2°) d'enjoindre au ministre de publier un démenti quant à l'existence d'un délit de participation à une manifestation non déclarée dans un délai de 24 heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; 3°) de les admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1'000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que: - la condition d'urgence est satisfaite ; - les déclarations du ministre portent une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester. III. Sous le n° 472469, par une requête, enregistrée le 27 mars au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. C... E... demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de prendre toutes mesures utiles à l'effet de diffuser une rectification de sa consigne " Être dans une manifestation non déclarée c'est un délit, qui mérite une interpellation ", sous astreinte de 200 euros par jour de retard ; 2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 150 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que: - requête est recevable ; - la condition d'urgence est satisfaite ; - les déclarations du ministre, par les effets qu'elles produisent, portent une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester, de réunion et d'expression. Vu les autres pièces des dossiers ; Vu : - la Constitution, notamment son Préambule ; - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code pénal ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.