CETATEXT000047533224 JG_L_2023_04_000000472601 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/47/53/32/CETATEXT000047533224.xml Texte Conseil d'État, , 12/04/2023, 472601, Inédit au recueil Lebon 2023-04-12 Conseil d'État 472601 Excès de pouvoir C ECLI:FR:CEORD:2023:472601.20230412 Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 31 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A... D..., Mme F... E..., et Mme B... C... demandent au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet du 31 janvier 2023 née du silence gardé par la Première ministre sur leur demande d'abrogation du décret n° 2022-1097 du 30 juillet 2022 relatif aux mesures de veille et de sécurité sanitaire maintenues en matière de lutte contre la covid-19 ; 2°) de suspendre l'exécution du décret n° 2022-1097 du 30 juillet 2022 relatif aux mesures de veille et de sécurité sanitaire maintenues en matière de lutte contre la covid-19 ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 10 546,67 euros au titre des frais de traduction, de 10 000 euros hors taxes au titre des frais d'avocat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens. Elles soutiennent que : - la condition d'urgence est satisfaite dès lors que Mme D... est interdite d'exercer son activité professionnelle et que Mmes E... et C... seront interdites d'exercer à compter respectivement des 28 et 20 mai 2023, à l'expiration de leur certificat de rétablissement en cours de validité ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision et du décret contestés ; - le décret contesté a été adopté en application de dispositions d'une loi inconventionnelle, à savoir la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, dont les articles 12 à 19 prévoient l'obligation pour les soignants de la vaccination contre la covid-19 ; - cette obligation est contraire au droit de consentir à un traitement médical, au droit au respect de l'intégrité physique, et au droit au respect de la vie privée et familiale en ce que, en premier lieu, l'efficacité et l'innocuité des vaccins est toujours en cours d'évaluation, de sorte que les risques associés à la vaccination ne sont pas, à ce jour, pleinement connus, en deuxième lieu, les personnes concernées par l'obligation vaccinale n'ont pas la possibilité de s'y opposer, sauf à renoncer définitivement à leur activité professionnelle et, en dernier lieu, il ressort de recommandations édictées à l'époque par le ministre des solidarités et de la santé qu'il est explicitement recommandé de ne pas recueillir le consentement écrit des patients ; - elle est contraire au droit de ne pas subir de discriminations à raison du sexe et de l'état de santé en ce que, d'une part, il est démontré que les femmes subissent des effets secondaires de la vaccination contre la covid-19 dans des proportions plus significatives que les hommes et, d'autre part, l'état de santé de certains soignants sujets à l'obligation vaccinale s'oppose à l'indication d'une telle vaccination ; - elle est contraire à la liberté d'entreprendre en ce que les personnes sujettes à l'obligation vaccinale ne peuvent plus exercer leur activité professionnelle, sauf à disposer d'un certificat de rétablissement, valable seulement quatre mois ; - l'ensemble de ces ingérences constitue des atteintes excessives et disproportionnées aux droits et libertés fondamentaux mis en cause en ce que l'obligation vaccinale n'est ni adaptée, ni nécessaire, ni proportionnée. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution, et notamment son Préambule ; - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; - le code de la santé publique ; - la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ; - le décret n° 2022-1097 du 30 juillet 2022 ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.