CETATEXT000049404949 JG_L_2024_04_000000492851 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/49/40/49/CETATEXT000049404949.xml Texte Conseil d'État, Juge des référés, 09/04/2024, 492851, Inédit au recueil Lebon 2024-04-09 Conseil d'État 492851 Juge des référés Excès de pouvoir C SCP LYON-CAEN, THIRIEZ ECLI:FR:CEORD:2024:492851.20240409 Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 22 mars 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la Fédération française des motards en colère demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) de suspendre l'exécution du décret n° 2023-974 du 23 octobre 2023, modifiant des dispositions du code de la route et du décret n° 2021-1062 du 9 août 2021, relatives à la mise en place du contrôle technique des véhicules motorisés à deux ou trois roues et quadricycles à moteur, et dérogeant temporairement aux articles R. 323-14 et R. 323-18 du code de la route ; 2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 octobre 2023 relatif au contrôle technique des véhicules motorisés à deux ou trois roues et quadricycles à moteur ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - elle justifie d'un intérêt à agir ; - la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'entrée en vigueur le 15 avril 2024 de l'article 43 de l'arrêté du 23 octobre 2023 relatif au contrôle technique des véhicules motorisés à deux ou trois roues et quadricycles à moteur présente un caractère difficilement réversible en ce que des contrôles techniques seront opérés avant l'intervention de l'annulation potentielle des dispositions au fond ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées ; - le décret n° 2023-974 du 23 octobre 2023 et l'arrêté du 23 octobre 2023 sont entachés d'irrégularité dès lors qu'ils ne sont pas contresignés, d'une part, par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, alors qu'ils poursuivent un objectif de sécurité routière, et, d'autre part, par le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle ou, à tout le moins, par le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat et du tourisme ; - ils sont entachés d'irrégularité dès lors que la consultation organisée en application de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement s'est déroulée sans que la " note de présentation précisant notamment le contexte et les objectifs " du projet poursuivi par le gouvernement n'ait été mise à disposition du public ; - ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à leurs effets, qui sont contraires à l'objectif poursuivi d'amélioration de la sécurité routière et de baisse des nuisances sonores et des émissions de particules, en ce que, en premier lieu, ils sont dépourvus d'utilité, en deuxième lieu, des mesures alternatives peuvent être adoptées, en troisième lieu, ils risquent d'accroître les dangers liés à la pratique de la moto et, en dernier lieu, ils créent une charge financière supplémentaire pour les ménages. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution, et notamment son préambule ; - la directive 2014/45/UE du Parlement européen et du Conseil du 3 avril 2014 ; - le code de l'environnement ; - le code de la route ; - le code des transports ; - le décret n° 2022-1080 du 29 juillet 2022 ; - le décret n° 2023-664 du 26 juillet 2023 ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.