CETATEXT000050979682 JG_L_2025_01_000000500313 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/50/97/96/CETATEXT000050979682.xml Texte Conseil d'État, Juge des référés, 13/01/2025, 500313, Inédit au recueil Lebon 2025-01-13 Conseil d'État 500313 Juge des référés Excès de pouvoir C ECLI:FR:CEORD:2025:500313.20250113 Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... C... demande au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) de suspendre l'exécution du décret du 9 octobre 2024 du ministre de l'intérieur rapportant le décret de naturalisation du 30 avril 2021 ; 2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la condition d'urgence est satisfaite dès lors que, d'une part, travaillant dans la fonction publique, le retrait de sa nationalité française entraîne l'obligation pour son employeur de mettre fin à son contrat de travail, ce qui le prive de ressources et, d'autre part, l'absence de documents d'identité ne lui permet plus de se rendre en Mauritanie rendre visite à son épouse et finaliser sa demande de regroupement familial sans encourir de risques ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ; - la décision contestée est entachée d'irrégularité en ce qu'elle ne comporte pas la signature du Premier Ministre, ni celle du ministre de l'intérieur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration ; - elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que la fraude, au sens de l'article 27-2 du code civil, n'est pas caractérisée en ce que, en premier lieu, il s'est marié postérieurement à l'entretien d'assimilation, en deuxième lieu, il a déclaré son union à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et à la préfecture de la Gironde quelques semaines après son mariage, en troisième lieu, en l'absence de réponse de la préfecture, il a effectué plusieurs diligences pour s'assurer de la bonne prise en compte de son mariage par l'administration et, en dernier lieu, le ministère de l'intérieur, de par leurs échanges, était nécessairement informé du changement de sa situation personnelle et il ne peut, par suite, lui être reproché d'avoir délibérément omis de déclarer son union ; - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle retient que la circonstance qu'il se soit marié à l'étranger modifie l'appréciation portée sur la condition de résidence fixée par l'article 21-16 du code civil, alors que, en premier lieu, le centre de ses intérêts personnels et professionnels se trouve en France, en deuxième lieu, il entendait, dès la célébration de son mariage, continuer de mener sa vie privée et familiale sur le territoire français et, en dernier lieu, le retrait du décret est manifestement disproportionné eu égard, d'une part, à l'absence de motifs d'intérêt général le justifiant et, d'autre part, à la gravité des faits qui lui sont reprochés ; - elle est manifestement disproportionnée dès lors qu'elle a pour conséquence de le rendre apatride, en ce que son statut de réfugié, reconnu avant l'octroi de la nationalité française, s'oppose à ce qu'il effectue des démarches auprès des autorités mauritaniennes pour recouvrer sa nationalité ; - elle méconnaît les dispositions de l'article 27-2 du code civil en ce que, d'une part, le délai de deux ans à compter de la publication au Journal officiel pour rapporter un décret portant naturalisation était expiré et, d'autre part, même à supposer qu'il s'agisse d'une décision obtenue par mensonge ou par fraude, le délai à compter de la découverte de celle-ci reste de deux ans et était donc dépassé. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code civil ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.