← France

JURITEXT000007028635

JURITEXT000007028635 CXCXAX1992X04X01X00127X000 JURI texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/02/86/JURITEXT000007028635.xml ARRET Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 22 avril 1992, 90-14.598, Publié au bulletin 1992-04-22 Cour de cassation Cassation partielle. 90-14598 Bulletin 1992 I N° 127 p. 85 CHAMBRE_CIVILE_1 Cour d'appel de Poitiers, 1989-11-08 1989-11-08 Président :M. Viennois, conseiller le plus ancien faisant fonction Avocat général :M. Lupi Avocats :la SCP Desaché et Gatineau, M. Boullez, la SCP Masse-Dessen, Georges et Thouvenin. Rapporteur :M. Fouret . Attendu que des désordres ont affecté les volets des logements vendus par la société civile immobilière Les Petits Champs (la SCI) dans les immeubles qu'elle avait fait construire ; que l'arrêt attaqué a déclaré la SCI, ainsi que la société Loubat, fabricant et fournisseur des volets et l'entreprise Morillon, qui les avait installés, responsables in solidum à l'égard des acquéreurs de certains logements ; qu'il a mis hors de cause la société mutuelle d'assurances des collectivités locales (SMACL) auprès de laquelle la SCI avait souscrit, par application de l'article L. 242-1 du Code des assurances, une assurance " dommages-ouvrage " qui garantissait, outre les dommages visés à l'article 1792 du Code civil, ceux relevant de la garantie biennale de bon fonctionnement visés à l'article 1792-3 du même Code ; qu'il a réparti par moitié entre la société Loubat et l'entreprise Morillon la charge définitive des désordres ; qu'il a constaté qu'aucune condamnation ne pouvait être prononcée contre l'entreprise Morillon, en état de règlement judiciaire, et a condamné la société Loubat à garantir la SCI à hauteur de 50 % des sommes qu'elle était condamnée à payer aux acquéreurs des logements, en réparation de leur préjudice ; Sur le premier moyen, pris en ses quatre branches : Attendu que la SCI Les Petits Champs reproche à la cour d'appel d'avoir mis hors de cause la SMACL alors, selon le moyen, d'une part, qu'elle a relevé d'office un moyen de droit sans avoir invité au préalable les parties à présenter leurs observations ; alors, de deuxième part, que l'assurance " dommages-ouvrage " souscrite par un vendeur d'immeuble au profit " du souscripteur et des propriétaires successifs ", en application des dispositions de l'article L. 242-1 du Code des assurances, constitue une assurance pour compte dont le souscripteur est fondé à invoquer le bénéfice en qualité d'assuré, même après transmission de l'immeuble à un tiers ; alors, de troisième part, que si les actions en garantie attachées à la chose se transmettent de plein droit à l'acquéreur, le vendeur ne perd pas la faculté de les exercer dans la mesure où elles présentent pour lui un intérêt direct et certain ; qu'en prononçant la mise hors de cause de la SMACL dont la SCI, comme les acquéreurs eux-mêmes, réclamaient la garantie, la cour d'appel a violé l'article 1646-1 du Code civil ; et alors, de quatrième part, qu'elle a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 242-1 du Code des assurances et 1134 du Code civil en ne recherchant pas si les copropriétaires qui demandaient également en cause d'appel l'application à leur profit de la police " dommages-ouvrage " souscrite pour leur compte, ne pouvaient pas en bénéficier ; Mais attendu que la cour d'appel a retenu à bon droit que, sauf le cas de subrogation, le vendeur d'un immeuble après achèvement n'est plus fondé, après la vente, à invoquer le bénéfice de l'assurance de dommages qu'il a souscrite en exécution des prescriptions de l'article L. 242-1 du Code des assurances ; que, par suite, la SMACL, auprès de laquelle la SCI ne justifiait pas avoir souscrit, en outre, l'assurance prévue par l'article L. 241-1 du même Code, n'était pas tenue de garantir la responsabilité encourue par celle-ci, en sa qualité de vendeur après achèvement, à l'égard des acquéreurs successifs ; que, par ce seul motif, et sans encourir les griefs du moyen, la cour d'appel a légalement justifié sa décision ; que le moyen n'est donc fondé en aucune de ses branches ; LE REJETTE ; Mais sur le second moyen, pris en ses deux branches : Vu les articles 1203 et 1147 du Code civil ; Attendu qu'il résulte du premier de ces textes que chacun des responsables d'un même dommage doit être condamné à le réparer en totalité, sans qu'il y ait lieu de tenir compte du partage de responsabilité auquel il est procédé entre eux et qui n'affecte pas l'étendue de leurs obligations envers la partie lésée ; Attendu qu'après avoir retenu que les fautes commises par la société Loubat frères et l'entreprise Morillon avaient concouru à la réalisation du dommage, et avoir procédé, entre ces dernières, à un partage de responsabilité par moitié, l'arrêt attaqué a accueilli à hauteur de la moitié de la condamnation prononcée contre la SCI en faveur des acquéreurs des logements le recours en garantie formé par celle-ci contre la société Loubat frères ; Qu'en statuant ainsi, la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations et a violé les textes susvisés ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il a condamné la société Loubat frères à garantir la SCI Les Petits Champs à concurrence de 50 % des sommes mises à la charge de celle-ci, l'arrêt rendu le 8 novembre 1988, entre les parties, par la cour d'appel de Poitiers ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Bordeaux 1° ASSURANCE DOMMAGES - Assurance dommages-ouvrage - Vente de l'ouvrage par l'assuré - Vente après achèvement - Effet 1° Le vendeur d'un immeuble après achèvement n'est plus fondé après la vente, sauf subrogation, à invoquer le bénéfice de l'assurance de dommages qu'il a souscrite en exécution des prescriptions de l'article L. 242-1 du Code des assurances. 2° SOLIDARITE - Effets - Effets à l'égard des créanciers - Obligation pour le tout - Partage de responsabilité entre chacun des responsables - Absence d'influence 2° Il résulte de l'article 1203 du Code civil que chacun des responsables d'un même dommage doit être condamné à le réparer en totalité sans qu'il y ait lieu de tenir compte du partage de responsabilité auquel il est procédé entre eux, et qui n'affecte pas l'étendue de leurs obligations envers la partie lésée. A RAPPROCHER : (1°). Chambre civile 1, 1991-10-15 , Bulletin 1991, I, n° 270, p. 179 (rejet).<br/> Code civil 1203, 1147 Code des assurances L242-1

🔗 Vers la source officielle

Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.