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JURITEXT000007032239

JURITEXT000007032239 CXCXAX1994X05X04X00194X000 JURI texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/03/22/JURITEXT000007032239.xml ARRET Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 31 mai 1994, 92-12.548, Publié au bulletin 1994-05-31 Cour de cassation Cassation. 92-12548 Bulletin 1994 IV N° 194 p. 155 CHAMBRE_COMMERCIALE Cour d'appel de Lyon, 1991-12-19 1991-12-19 Président : M. Bézard . Avocat général : Mme Piniot. Avocats : M. Le Prado, Mme Roué-Villeneuve. Rapporteur : M. Le Dauphin. Sur le moyen unique, pris en sa deuxième branche : Vu l'article 1134, alinéa 2, du Code civil ; Attendu que, dans les contrats à exécution successive dans lesquels aucun terme n'a été prévu, la résiliation unilatérale est, sauf abus sanctionné par l'alinéa 3 du même texte, offerte aux parties ; Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société Etablissements Gabriel et compagnie (la société), qui avait une activité industrielle à Lyon, a créé, en 1972, un restaurant d'entreprise dont elle a confié la gestion à M. X... à compter du 24 avril 1975, pour une durée indéterminée ; que par lettre du 23 novembre 1989 la société a informé M. X... du prochain transfert de l'entreprise à Reyrieux et lui a notifié que de ce fait le contrat de concession serait " caduc " ; que M. X..., soutenant que la résiliation de ce contrat était abusive, a demandé la condamnation de la société au paiement de dommages-intérêts ; Attendu que pour accueillir la demande, l'arrêt retient que l'article 12 du contrat litigieux prévoyait plusieurs cas de rupture ; que la société prétend se trouver dans la troisième hypothèse, c'est-à-dire la fermeture de ses établissements, mais qu'il s'agit d'un transfert et non d'une fermeture de l'entreprise ; qu'ainsi, en prenant unilatéralement la décision de supprimer, à l'occasion d'un simple transfert de locaux, et hors des cas de rupture prévus au contrat, le restaurant d'entreprise concédé à M. X..., la société a rompu abusivement la convention conclue avec ce dernier ; Attendu qu'en statuant ainsi, alors que l'abus de droit imputé à la société ne pouvait résulter du seul fait que la résiliation était intervenue en dehors des cas prévus au contrat, la cour d'appel a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur la première branche du moyen : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 19 décembre 1991, entre les parties, par la cour d'appel de Lyon ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Grenoble. CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résolution et résiliation - Résiliation unilatérale - Contrat conclu pour une durée indéterminée - Contrat à exécution successive - Résiliation en dehors des cas prévus au contrat - Abus résultant de ce seul fait (non) . Dans les contrats à exécution successive ne prévoyant aucun terme, la résiliation unilatérale est, sauf abus, offerte aux parties. Dès lors, une société ayant confié à son cocontractant la gestion d'un restaurant d'entreprise pour une durée indéterminée, encourt la cassation l'arrêt qui déclare abusive la résiliation unilatérale de ce contrat au motif qu'elle a été décidée hors des cas de rupture prévus audit contrat, alors que l'abus de droit imputé à la société ne pouvait résulter du seul fait que la résiliation était intervenue en dehors des cas prévus au contrat. A RAPPROCHER : Chambre commerciale, 1989-11-14, Bulletin 1989, IV, n° 286, p. 193 (cassation).<br/> Code civil 1134 al. 2

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