JURITEXT000007066836 CXRXAX1994X10X06X00329X000 JURI texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/06/68/JURITEXT000007066836.xml ARRET Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 12 octobre 1994, 93-83.341, Publié au bulletin 1994-10-12 Cour de cassation Cassation 93-83341 Bulletin criminel 1994 N° 329 p. 802 CHAMBRE_CRIMINELLE Cour d'appel de Pau (chambre correctionnelle), 1993-06-08 1993-06-08 Président : M. Le Gunehec Avocat général : M. Libouban. Rapporteur : Mme Ferrari. CASSATION sur le pourvoi formé par : - le procureur général près la cour d'appel de Pau, contre l'arrêt de ladite cour d'appel, chambre correctionnelle, du 8 juin 1993, qui a relaxé André et Philippe X... du chef d'infraction à la police de la chasse et débouté la partie civile de sa demande. LA COUR, Vu le mémoire produit ; Sur le moyen unique de cassation pris de la violation des articles L. 224-1 et R. 228-5 du Code rural, de l'arrêté ministériel du 5 septembre 1990, défaut de motifs et manque de base légale : Vu lesdits articles ; Attendu que aux termes de l'article L. 224-1 du Code rural, le ministre chargé de la Chasse prend des arrêtés pour prévenir la destruction ou favoriser le repeuplement des oiseaux ou de toutes espèces de gibier ; Attendu qu'il ressort de l'arrêt attaqué qu'André et Philippe X... ont, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, participé à une battue au chevreuil sur un territoire interdit de chasse par l'arrêté ministériel du 5 septembre 1990, pris en application de l'article L. 224-1 du Code rural, pour prévenir la destruction et favoriser le repeuplement des ours des Pyrénées ; qu'ils sont poursuivis pour avoir contrevenu à cet arrêté, infraction réprimée par l'article R. 228-5 du même Code ; Attendu que pour accueillir l'exception régulièrement soulevée par les prévenus, prise de l'illégalité de l'arrêté ministériel, fondement de la poursuite, et les relaxer de la contravention reprochée, l'arrêt attaqué relève que l'ours figure sur la liste des mammifères protégés, établie par voie d'arrêté réglementaire en application de la loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature ; que les juges énoncent qu'en raison de la spécificité de cette loi, l'ours ne peut pas être assimilé à du gibier même protégé ; qu'ils en déduisent que l'arrêté ministériel du 5 septembre 1990 ne pouvait pas se fonder sur l'article L. 224-1 du Code rural qui ne concerne que les espèces de gibier ; Mais attendu qu'en statuant ainsi, alors que constituent du gibier, au sens de la législation sur la chasse, les animaux sans maître, appartenant à une espèce non domestique, fût-elle protégée, vivant à l'état sauvage, la cour d'appel a méconnu le sens et la portée du texte ci-dessus rappelé ; Que la cassation est dès lors encourue ; Par ces motifs : CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt de la cour d'appel de Pau, en date du 8 juin 1993 et pour qu'il soit à nouveau jugé conformément à la loi : RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Riom. CHASSE - Protection du gibier - Mesures de protection et de repeuplement - Gibier - Définition - Ours des Pyrénées. PROTECTION DE LA NATURE ET DE L'ENVIRONNEMENT - Protection de la faune - Mesures de protection et de repeuplement - Gibier - Définition - Ours des Pyrénées L'article L. 224-1 du Code rural habilite le ministre chargé de la Chasse à prévenir, par voie d'arrêté, la destruction de toutes espèces de gibier et à favoriser leur repeuplement. Constituent du gibier, au sens de la législation sur la chasse, les animaux sans maître, appartenant à une espèce non domestique, fût-elle protégée, vivant à l'état sauvage. Encourt dès lors la cassation, l'arrêt qui a accueilli l'exception d'illégalité de l'arrêté ministériel du 5 septembre 1990, interdisant, sur le fondement du texte précité, la chasse sur certains territoires des Pyrénées-Atlantiques pour prévenir la destruction et favoriser le repeuplement des ours des Pyrénées, au motif que l'ours, en raison de la protection spécifique dont il bénéficie, ne peut pas être assimilé à du gibier.
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.