JURITEXT000007067487 CXRXAX1990X10X06X00340X003 JURI texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/06/74/JURITEXT000007067487.xml ARRET Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 11 octobre 1990, 90-82.819, Publié au bulletin 1990-10-11 Cour de cassation Rejet 90-82819 Bulletin criminel 1990 N° 340 p. 858 CHAMBRE_CRIMINELLE Cour d'appel de Rennes (chambre correctionnelle), 1990-02-13 1990-02-13 Président :M. Le Gunehec Avocat général :M. Galand Rapporteur :Mme Ract-Madoux REJET du pourvoi formé par : - le procureur général près la cour d'appel de Rennes, contre l'arrêt de ladite cour d'appel, chambre correctionnelle, en date du 13 février 1990, qui a relaxé X... Rino du chef de refus de restituer son permis de conduire. Vu le mémoire produit ; Sur le moyen unique de cassation pris de la violation de l'article L. 18, alinéa 3, du Code de la route et de détournement de pouvoir ; Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué que Rino X... a été poursuivi pour avoir refusé de restituer son permis de conduire à l'agent de l'autorité, chargé de l'exécution d'un arrêté préfectoral pris en application de l'article L. 18, alinéa 3, du Code de la route et suspendant à la suite d'un excès de vitesse ledit permis pour une durée d'1 mois ; qu'avant toute défense au fond, il a soulevé une exception tirée de l'illégalité de l'arrêté susvisé au motif que le préfet ne pouvait prendre qu'une mesure de sûreté, à condition de statuer sur-le-champ et dans le but de mettre hors d'état de nuire un conducteur dangereux ; Attendu que pour accueillir cette exception et relaxer le prévenu, la cour d'appel, après avoir relevé que l'arrêté portait l'indication de la vitesse constatée lors des faits et de la vitesse autorisée : " 171/130 km/h ", énonce qu'il s'est écoulé un délai de 6 jours entre la date des faits et celle de l'arrêté ; qu'elle en déduit que ce délai établit qu'il n'y avait pas urgence à statuer ; Attendu qu'en l'état de ces énonciations et alors qu'aucune justification relative à l'urgence ne figurait dans l'arrêté litigieux, la cour d'appel, qui était compétente pour apprécier la légalité d'un acte administratif assorti d'une sanction pénale et n'a nullement excédé ses pouvoirs, a justifié sa décision sans encourir les griefs allégués au moyen, lequel doit dès lors être écarté ; Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ; REJETTE le pourvoi. LOIS ET REGLEMENTS - Arrêté préfectoral - Légalité - Motivation - Urgence CIRCULATION ROUTIERE - Permis de conduire - Suspension - Suspension administrative - Arrêté préfectoral - Légalité - Motivation Ne sont pas réguliers au regard de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979, relative à la motivation des actes administratifs, les arrêtés préfectoraux de suspension de permis de conduire, pris en application de l'article L. 18, alinéa 3, du Code de la route, qui ne comportent aucune motivation quant à l'urgence, ou qui ne précisent pas le montant de la vitesse autorisée, ni celui de la vitesse constatée. Justifie dès lors sa décision la cour d'appel qui, après avoir constaté l'illégalité de tels arrêtés, relaxe les prévenus poursuivis du chef de refus de restitution de permis de conduire
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.