JURITEXT000019312596 JURI texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/19/31/25/JURITEXT000019312596.xml ARRET Cour d'appel de Reims, 11 juin 2008, 07/01022 2008-06-11 Cour d'appel de Reims 646 07/01022 CT0173 Conseil de prud'hommes de Reims 2007-01-31 REIMS ARRÊT No du 11 / 06 / 2008 AFFAIRE No : 07 / 01022 CC / GP René X... C / SA EPERDIS Formule exécutoire le : à : COUR D'APPEL DE REIMS CHAMBRE SOCIALE ARRÊT DU 11 JUIN 2008 APPELANT : d'un jugement rendu le 31 Janvier 2007 par le Conseil de Prud'hommes de REIMS, section encadrement Monsieur René X...... 51100 REIMS Représenté par la SCP BRUN, avocats au barreau de REIMS, INTIMÉE : SA EPERDIS Route de Cumières 51530 DIZY Représenté par Me Jean François KLATOVSKY, avocat au barreau de PARIS, COMPOSITION DE LA COUR lors du délibéré : Madame Claire CHAUX, Président Monsieur Bertrand SCHEIBLING, Conseiller Madame Christine ROBERT, Conseiller GREFFIER lors des débats : Mademoiselle Valérie BERGANZONI, Adjoint administratif assermenté faisant fonction de greffier DÉBATS : A l'audience publique du 30 Avril 2008, où l'affaire a été mise en délibéré au 11 Juin 2008, sans opposition de la part des conseils des parties et en application des dispositions des articles 939 et 945-1 du code de procédure civile, Madame Claire CHAUX, conseiller rapporteur, a entendu les avocats des parties en leurs explications, puis ce magistrat en a rendu compte à la cour dans son délibéré. ARRÊT : Prononcé publiquement par mise à disposition de l'arrêt au Greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile, et signé par Madame Claire CHAUX, Président, et par Mademoiselle Valérie BERGANZONI, Adjoint administratif assermenté faisant fonction de greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. FAITS, PROCEDURE ET MOYENS DES PARTIES Monsieur X...René a été engagé par la SA EPERDIS le 2 mai 1989 en qualité de responsable administratif et comptable. Sa rémunération mensuelle brute s'élevait en son dernier état à la somme de 3202 €. Par courrier du 4 juin 2004, il était licencié pour faute lourde pour les motifs suivants : " Après avoir respecté le délai légal de réflexion et procédé à des enquêtes internes poussées, nous avons décidé de rompre votre contrat de travail pour faute lourde. Cette notification sera rétroactive à la date de la mise à pied conservatoire soit du 11 mai 2004 au matin. Les motifs en sont :- Faux et usage de faux en écritures privées,- Escroquerie envers votre employeur : par ex : établissement de chèque en votre faveur non valorisable, d'écritures virtuelles en faveur d'un autre collaborateur.- Actes illégaux répétitifs prenant intérêt pour vous même : par ex : solde illégal de compte de participation et de plan épargne.- Actes comptables et financiers erronés répétitifs en votre faveur : par ex : demande d'acompte hors accord d'entreprise répétitive mélangeant des comptes de l'entreprise et des opérations débit / crédit répétitives, acomptes personnels sur les comptes d'autres collaborateurs-Abus de confiance global. Consternés de cette attitude et de ces actes techniquement professionnels délibérés, nous ne pouvons que constater une volonté de nuire à l'entreprise par des actes dissimulés inadmissibles. Compte tenu de votre fonction, de votre autonomie et degré de responsabilité telles qu'exprimées dans votre contrat de travail, du degré de confiance dont vous jouissiez, il apparaît révoltant et honteux d'agir de la sorte, abusant de cette confiance professionnelle. A ce jour, nous constatons un débit sur votre compte en notre faveur de 2257, 05 € " Contestant le bien fondé de cette décision, Monsieur X...saisissait le Conseil de Prud'hommes de REIMS lequel par décision du 31 janvier 2007, retenait que le licenciement était intervenu pour faute grave et-condamnait la SA EPERDIS à payer à Monsieur X...la somme de 2889, 45 € au titre de la participation de l'exercice 2004,- le déboutait du surplus de ses demandes et le condamnait au paiement des sommes dues à la SA EPERDIS pour un montant de 15 057, 05 €,- ordonnait la compensation financière des sommes susvisées et condamnait Monsieur X...au paiement de la somme de 12 167, 60 €. Il interjetait appel de cette décision, demandant à la Cour : - de dire que son licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse et en conséquence de condamner la Société EPERDIS à lui verser les sommes suivantes : * 32 020 € à titre de dommages et intérêts, * 16 263, 30 € d'indemnité conventionnelle de licenciement, * 9 757, 99 € d'indemnité compensatrice de préavis, * 975, 79 € au titre des congés payés y afférents,- de condamner la Société EPERDIS à lui payer les sommes de : * 3277, 33 € à titre de rappel de salaire sur la prime de bilan pour l'année 2004, * 9760 € de rappel sur indemnités de congés payés, * 2889, 45 € au titre de la participation pour l'année 2004,- de débouter la Société EPERDIS de sa demande reconventionnelle,- de la condamner à lui payer la somme de 3 000 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Il fait valoir : - que la société EPERDIS, qui a la charge de la preuve, ne démontre pas en quoi il aurait commis l'une ou l'autre des infractions qui lui sont reprochées, ni qu'il aurait agi avec l'intention de nuire ;- qu'il établit avoir perçu tous les ans depuis l'année 2000 une prime de bilan laquelle, relevant d'un usage de l'entreprise, revêt un caractère obligatoire,- qu'en outre, au jour de la rupture du contrat de travail, la Société restait redevable de 30, 5 jours de congés payés qu'il n'avait pas pu prendre,- que l'employeur a reconnu lui devoir la somme de 2889, 45 € au titre de la participation 2004,- que si la Cour venait à accueillir la demande reconventionnelle de la Société EPERDIS, elle serait contrainte de constater qu'il est redevable de la somme de 2257, 05 €, expressément mentionnée dans la lettre de licenciement. La SA EPERDIS demande à la Cour de confirmer le jugement rendu le 31 janvier 2007, sauf en ce qu'il a requalifié le licenciement pour faute lourde en licenciement pour faute grave, de dire que le licenciement prononcé pour faute lourde est justifié, de débouter l'appelant de toutes ses demandes tendant à ce qui lui soient versées ses indemnités de rupture, d'autoriser la compensation financière entre les sommes dues par l'appelant à la SA EPERDIS, 15 057, 05 € et le montant de sa participation au titre de l'année 2004, et de le condamner à rembourser la somme de 12 167, 60 € et ce avec exécution provisoire. Elle fait valoir : - qu'il est établi que Monsieur X...a, à l'insu de la Direction et en dehors des cas légaux, procédé à des déblocages de participation et qu'il s'est livré pour ce faire à des malversations par le biais de faux en écritures et usage, escroquerie et abus de confiance,- qu'elle reconnaît lui devoir la somme de 2889, 45 € au titre de la participation 2004,- que la Cour ne pourra que rejeter la demande présentée au titre de la prime de bilan, l'appelant ne rapportant pas la preuve qu'il s'agit d'un usage dans l'entreprise et ce d'autant que cette prime n'est pas versée à l'ensemble du personnel ou à une catégorie de personnel mais en fonction du mérite et de l'investissement du salarié dans la réalisation du chiffre d'affaires. MOTIFS DE LA DECISION Sur le licenciement : Sur les acomptes de participation : En sa qualité de chef comptable, Monsieur X...avait accès à tous les comptes de la société et gérait en interne la participation, qui est bloquée pendant une durée de 5 ans et dont le déblocage par anticipation n'est prévu que dans certains cas limitativement prévus par la loi. Si Monsieur X...ne conteste pas s'être consenti des acomptes sur participation, il ne peut cependant prétendre avoir agi avec l'autorisation de sa Direction, puisque Monsieur Z..., ancien directeur du magasin et Monsieur A..., directeur comptable et ancien supérieur hiérarchique de Monsieur X..., affirment n'avoir jamais été informés de tels agissements. Il ressort des pièces versées au dossier que le 1er février 2001, Monsieur X...s'est fait débloquer, sans motif légal, ses réserves de participation acquises au titre des exercices 96, 97, 98, 99 et 2000 pour un montant de 33 330, 25 francs soit 5081, 16 €. Le 18 juillet 2001, il s'est de nouveau fait débloquer, sans motif légal, sa participation acquise au titre de l'exercice 2000 / 2001 pour un montant de 20192, 06 francs soit 3078, 26 € pour rembourser deux autres acomptes, un d'un montant de 1158, 61 € le 12 juin 2001 et un autre de 1911, 25 € le 16 juillet
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.