← France

Arrêté du 16 janvier 2024 relatif aux programmes de dépistages organisés des cancers

Article 1 Les programmes de dépistages organisés du cancer du sein, du cancer colorectal et du cancer du col de l'utérus constituent des programmes de santé au sens de l'article L. 1411-6 du code de la santé publique. Article 2 La direction générale de la santé assure le pilotage stratégique des programmes de dépistages organisés des cancers. Les organismes d'assurance maladie assurent le pilotage de la mise en œuvre des invitations et de relances à participer à ces dépistages. L'Agence nationale de santé publique réalise l'évaluation épidémiologique de la performance des programmes. L'Institut national du cancer, chargé de coordonner les actions de lutte contre le cancer, fournit l'expertise nécessaire aux programmes de dépistage organisé des cancers en s'appuyant notamment sur les professionnels des centres régionaux de coordination des dépistages des cancers. Les programmes de dépistages organisés des cancers mentionnés à l'article 1er sont mis en œuvre par des centres régionaux de coordination des dépistages des cancers, ainsi que par les organismes d'assurance maladie. Les programmes de dépistage sont pilotés au niveau régional par les agences régionales de santé en lien avec le directeur coordinateur de gestion du risque de l'assurance maladie et le directeur de l'association régionale des caisses de mutualité agricole. Les missions des acteurs mentionnés aux précédents alinéas sont fixées par les cahiers des charges joints en annexes I et II du présent arrêté. Article 3 I. - Dans le cadre des programmes de dépistages organisés des cancers mentionnés à l'article 1er et dans le respect des dispositions du règlement (UE) du 27 avril 2016 et de la loi du 6 janvier 1978 susvisés, des traitements de données à caractère personnel sont mis en œuvre par : 1° Les organismes d'assurance maladie pour l'envoi aux assurés sociaux d'invitations et de relances à participer aux dépistages mentionnés à l'article 1er ; 2° Les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers pour l'exercice de leurs missions ; 3° L'Agence nationale de santé publique pour l'évaluation épidémiologique de l'impact des programmes de dépistages organisés des cancers mentionnés à l'article 1er ; 4° L'Institut national du cancer pour l'évaluation organisationnelle et opérationnelle de la performance des programmes de dépistages organisés des cancers mentionnés à l'article 1er. Ces traitements de données sont mis en œuvre pour l'exécution d'une mission d'intérêt public, conformément au e du 1 de l'article 6 du règlement (UE) du 27 avril 2016 susvisé, et pour les motifs d'intérêt public mentionnés au i du 2 de l'article 9 du même règlement. II. - Les personnes dont les données sont traitées reçoivent les informations prévues aux articles 13 et 14 du même règlement, et en particulier l'information selon laquelle le droit d'opposition ne s'applique pas tel que prévu au IV. Ces informations sont disponibles sur les sites internet de chacun des responsables de traitement mentionnés au I. Les personnes concernées reçoivent également l'information selon laquelle les informations relatives aux traitements de leurs données sont disponibles sur ces sites internet lors de l'envoi des invitations et relances à participer aux dépistages organisés mentionnés à l'article 1er. III. - Les personnes dont les données sont traitées peuvent exercer leurs droits d'accès, de rectification et d'effacement des données, ainsi que leurs droits à la limitation du traitement et d'opposition, prévus respectivement aux articles 15, 16, 17, 18 et 21 du même règlement, auprès de chacun des responsables de traitements mentionnés au I. IV. - En application du e du 1 de l'article 23 du même règlement, le droit d'opposition prévu à l'article 21 de ce règlement ne s'applique pas au traitement de données mis en œuvre par les organismes d'assurance maladie pour l'envoi aux personnes éligibles d'invitations à participer aux dépistages mentionnés à l'article 1er. Une fois invitées, les personnes peuvent refuser de participer au programme et de recevoir des relances pour une durée limitée au cycle d'invitation définie pour chaque programme. Elles peuvent ainsi s'opposer au traitement de leurs données mis en œuvre par les organismes d'assurance maladie pour l'envoi de ces relances. Ce droit d'opposition s'exerce auprès de l'organisme d'assurance maladie de rattachement. V. - Les caractéristiques et modalités de mise en œuvre des traitements mentionnés au I sont précisées en annexe I. Article 4 Les conditions de mise en œuvre du programme de dépistage organisé du cancer du sein sont précisées par les cahiers des charges joints en annexes I, II et III du présent arrêté. Article 5 Les conditions de mise en œuvre du programme de dépistage organisé du cancer colorectal sont précisées par les cahiers des charges joints en annexe I, II et IV du présent arrêté. Article 6 Les conditions de mise en œuvre du programme de dépistage organisé du cancer du col de l'utérus sont précisées par les cahiers des charges joints en annexes I, II et V du présent arrêté. Article 8 Le présent arrêté sera publié au Journal officiel de la République française. Article LEGIARTI000049026257 ANNEXES ANNEXE I CAHIER DES CHARGES RELATIF À L'ORGANISATION GÉNÉRALE DES DÉPISTAGES ORGANISÉS DES CANCERS Table des matières I. - Pilotage stratégique national II. - Pilotage et coordination au niveau régional III. - Stratégie d'invitation et de relance IV. - Lutte contre les inégalités de santé et actions d'Aller-Vers V. - Suivi de la population VI. - Dérogations au cahier des charges VII. - Evaluation du programme VIII. - Le système d'information des dépistages IX. - Traitements de données à caractère personnel I. - Pilotage stratégique national Le pilotage stratégique des programmes nationaux des dépistages organisés des cancers est sous la responsabilité de la direction générale de la santé. Elle l'exerce en lien avec la direction de la sécurité sociale, les organismes d'assurance maladie, l'Institut national du cancer (INCa) et l'Agence nationale de santé publique (ANSP). L'INCa, chargé de coordonner les actions de lutte contre le cancer, fournit l'expertise nécessaire aux programmes de dépistage organisé des cancers en s'appuyant notamment sur les professionnels des CRCDC. L'INCa élabore les documents et modèles nationaux pour les supports d'information utilisés dans le cadre des programmes. II. - Pilotage et coordination au niveau régional Le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS), en lien avec le directeur coordonnateur régional de la gestion du risque de l'assurance maladie (DCGDR) et le directeur de l'association régionale des caisses de mutualité sociale agricole (ARCMSA), pilote les programmes de dépistage organisé des cancers dans sa région. Il fixe les orientations régionales en matière de dépistage organisé. La mise en œuvre opérationnelle des dépistages organisés des cancers, notamment en matière de suivi des personnes dépistées, est confiée à un centre régional de coordination des dépistages des cancers, chargé de l'organisation des programmes à l'échelle de la région en appui de l'agence régionale de santé. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers est une entité régionale unique constituée d'une structure régionale et, le cas échéant, de sites territoriaux. L'agence régionale de santé conventionne avec le centre régional de coordination des dépistages des cancers afin de fixer les modalités de déclinaison opérationnelle du cahier des charges, les orientations régionales et les modalités de financement. Cette convention précise les objectifs et les moyens du dispositif régional ainsi que les droits et obligations de chaque partie. III. - Stratégie d'invitation et de relance L'assurance maladie organise et pilote la mise en œuvre des invitations à participer aux dépistages organisés des cancers. Elle est chargée d'inviter les personnes éligibles aux différents programmes de dépistage organisé. Les modalités d'invitation et d'information des personnes sont spécifiques à chacun des dépistages et ce en fonction notamment des modalités d'entrée dans le dispositif, ou de la réalisation du dépistage par un professionnel de santé ou non. Ces modalités sont précisées dans les annexes dédiées à chacun des dépistages. La définition de la liste des personnes éligibles, à inviter, est conforme aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Cette définition est effectuée à partir des données individuelles des assurés dont dispose l'assurance maladie, en s'appuyant sur les référentiels nationaux mis à disposition par l'INCa. Les personnes concernées sont invitées à solliciter un professionnel de santé, notamment leur médecin traitant, en cas de doute sur leur éligibilité aux dépistages organisés. L'assurance maladie prévoit une nouvelle invitation des personnes exclues temporairement du dispositif et des personnes dont les examens diagnostiques auront permis d'écarter un cancer. L'invitation précise les modalités par lesquelles une personne invitée peut signaler à son organisme d'assurance maladie qu'elle n'est pas concernée de manière temporaire ou définitive par le dépistage compte-tenu de symptômes, d'examens antérieurs, ou d'antécédents personnels ou familiaux. Les caisses d'assurance maladie prennent en compte les refus exprimés par les personnes à participer aux programmes de dépistage organisé des cancers dans le cadre des relances effectuées. Dans le ciblage de ses invitations, l'assurance maladie prend également en compte la participation potentielle d'une partie de la population cible à des études de recherche ou expérimentations et l'existence de dispositifs de dépistage particuliers déployés dans certains territoires. Les dispositifs dérogatoires initiés avant le 1er janvier 2024 sont également pris en compte. A cette fin, les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) transmettent aux organismes d'assurance maladie les données d'identification des personnes concernées. En cas de questions relatives aux invitations à participer aux dépistages organisés des cancers, les personnes concernées peuvent s'adresser directement aux organismes d'assurance maladie dont ils relèvent. Modalités d'invitation et de relance Les invitations et relances à participer aux dépistages organisés des cancers peuvent combiner courrier postal et canaux dématérialisés, pour les personnes disposant d'un compte en ligne sécurisé leur permettant d'échanger avec leur organisme d'assurance maladie. Les personnes ne disposant pas d'un compte en ligne sécurisé reçoivent leurs invitations et leurs relances par voie postale. Les personnes éligibles peuvent obtenir à tout moment leur invitation. Information L'information des assurés afférente aux parcours d'invitation est prise en charge par les organismes d'assurance maladie, au titre de leur mission d'invitation. Les modèles de lettres d'invitation et de relance sont élaborés sur préconisation de l'INCa. Les supports d'information comportant des explications sur les avantages et les inconvénients du dépistage, et permettant ainsi une décision éclairée de la personne sont joints ou associés à tout envoi d'une invitation ou relance postale ou sont accessibles à partir des invitations ou relances dématérialisées. L'assurance maladie met à disposition des médecins traitants la liste des patients éligibles et non dépistés. IV. - Lutte contre les inégalités de santé et actions d'aller-vers Le directeur général de l'agence régionale de santé définit et pilote la stratégie régionale de lutte contre les inégalités de santé en matière de dépistage et de prévention des cancers. Sous la coordination de l'ARS, le CRCDC mène des actions d'aller-vers collectives, en lien avec les organismes d'assurance maladie et les autres acteurs locaux. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers, seul ou en partenariat : - produit des diagnostics territoriaux en vue d'identifier les territoires, les populations à cibler et les besoins spécifiques de la région ; - identifie des partenariats susceptibles de participer aux opérations d'aller vers les publics cibles déterminés par les diagnostics territoriaux ; - propose à l'ARS une démarche opérationnelle en matière d'aller-vers ; - participe aux actions d'aller-vers envisagées auprès de groupes de populations cibles, avec les partenaires identifiés ; - évalue les actions qu'il mène en termes de réduction des inégalités d'accès et de recours au dépistage et/ou de réduction des inégalités de santé. Les organismes d'assurance maladie mettent à disposition des acteurs les données nécessaires à l'élaboration, à la conduite et à l'évaluation de ces actions collectives. En complément, les organismes d'assurance maladie conduisent des actions d'aller-vers individuelles, notamment des appels téléphoniques de relance (« appels sortants ») pour les personnes n'ayant pas réalisé leur dépistage après plusieurs relances. Ces appels sont prioritairement orientés vers les personnes éloignées du système de soins. Les organismes d'assurance maladie mettent en place un dispositif permettant, le cas échéant, de conduire à la prise de rendez-vous chez un professionnel de santé. V. - Suivi de la population Les modalités de suivi des personnes dépistées font l'objet d'un référentiel et de modèles établis par l'INCa, en lien avec les professionnels de santé concernés, les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers et l'Agence nationale de santé publique. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers est responsable du suivi des personnes dépistées. Concernant le dépistage du cancer du col de l'utérus, le suivi concerne toutes les personnes ayant réalisé un test de dépistage spontanément ou à la suite d'une invitation. Au titre de ce suivi, il est chargé de recueillir, d'enregistrer et de traiter les données relatives : - en cas de besoin aux symptômes, examens antérieurs et antécédents médicaux à partir des informations transmises par les professionnels de santé et les structures de soins, par les personnes concernées et par les organismes d'assurance maladie ; - aux comptes rendus des examens de dépistage/suivi médical et des examens diagnostiques ; - à l'entrée dans une filière de soins des personnes dont le dépistage serait positif, afin de s'assurer du suivi effectif et de les relancer le cas échéant. Il est également chargé de l'envoi de courriers de suivi ou de rappel aux personnes restées sans examen complémentaire consécutif à un dépistage positif. Une copie du courrier est adressée au professionnel de santé chargé du suivi de ces patients. Les organismes d'assurance maladie mettent à disposition des acteurs les données nécessaires au suivi des personnes. Ces données sont constituées pour les trois dépistages des fichiers administratifs contenant les informations nécessaires à l'identification des populations concernées. Pour le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, ces données sont complétées par les fichiers des actes contenant les informations relatives à la réalisation d'un acte de dépistage ou de suivi et des fichiers des professionnels de santé du territoire du CRCDC. VI. - Dérogations au cahier des charges La mise en œuvre ou l'expérimentation de modalités de dépistage organisé dérogeant au présent cahier des charges nécessite une autorisation de la direction générale de la santé et de la direction de la sécurité sociale, après avis de l'INCa et le cas échéant, de la CNAM, de la Caisse centrale de mutualité sociale agricole (CCMSA) et de l'Agence nationale de santé publique. Les demandes émanant des CRCDC doivent avoir obtenu l'accord préalable de l'ARS. Les projets peuvent notamment avoir pour objet d'expérimenter et d'évaluer des améliorations éventuelles des programmes ou de permettre des adaptations locales, en cas d'impossibilité de mettre en œuvre les dispositions prévues dans le cahier des charges. VII. - Evaluation du programme L'INCA et l'Agence nationale de santé publique, en lien avec les organismes d'assurance maladie et les CRCDC, sont chargés de l'évaluation de l'impact et de la performance des programmes de dépistage, notamment de : - l'évaluation épidémiologique de la performance des programmes par l'Agence nationale de santé publique ; - l'évaluation organisationnelle et opérationnelle des programmes par l'INCa ; - la réalisation d'enquêtes et d'études ad hoc par l'Agence nationale de santé publique et l'INCa ; - l'identification et la documentation des situations d'alerte et des points de vigilance par l'Agence nationale de santé publique et l'INCa. Le directeur général de la santé, responsable du pilotage stratégique des programmes, en coordination avec la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM), la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA), l'INCa et l'Agence nationale de santé publique, peut saisir les deux agences sur des questions d'évaluation. L'évaluation de la performance des programmes de dépistage organisé des cancers et leur évaluation épidémiologique sont réalisées par l'Agence nationale de santé publique qui produit les indicateurs nécessaires. Ces indicateurs sont décrits dans les guides d'évaluation des programmes nationaux publiés par l'Agence nationale de santé publique sur son site. Ils ont trait à la participation, la performance des tests, au suivi des individus dépistés et aux cancers et lésions précancéreuses dépistées. Ils sont considérés comme définitifs une fois la validation effectuée par l'Agence nationale de santé publique dans le cadre de l'évaluation du programme. Les CRCDC s'assurent du recueil des données relatives au parcours des personnes dépistées, notamment des résultats des examens de dépistage et des examens complémentaires réalisés, et adressent à l'Agence nationale de santé publique les informations pseudonymisées et nécessaires au calcul des indicateurs de qualité et épidémiologiques des programmes nationaux. Les organismes d'assurance maladie mettent à disposition de l'Agence nationale de santé publique les données agrégées et les données individuelles de santé pseudonymisées, notamment celles relatives aux invitations et relances des personnes, nécessaires au calcul des indicateurs de qualité du programme national, selon les modalités et les mesures de sécurité prévues conjointement avec l'Agence nationale de santé publique. Un identifiant commun permet l'appariement des données de l'assurance maladie aux données individuelles de santé pseudonymisées transmises par les CRCDC. VIII. - Le système d'information des dépistages Le système d'information des programmes de dépistage comprend, au niveau de chaque centre régional de coordination, un logiciel métier régional unique intégrant une base de données régionale unique, associé à un outil comptable. Le système d'information doit remplir plusieurs fonctions : Une fonction « métier » : - assurer la mise en œuvre et le suivi des programmes de dépistage des cancers auprès des populations cibles (suivi, retour d'informations) ; - garantir la qualité de l'information existante (contrôle qualité des données) ; - identifier les inégalités face au dépistage (géocodage, caractérisation des trajectoires de prise en charge) ; - assurer le partage d'informations entre les acteurs de santé concernés afin d'assurer la continuité des soins. Une fonction « technique » : - assurer l'interopérabilité avec les autres systèmes d'information, sur la base de référentiels nationaux et de normes d'échanges et dans le respect des exigences relatives à la protection des données ; - garantir la sécurisation des transmissions (messagerie et flux sécurisés) ainsi que la sécurisation et la confidentialité du stockage et de l'utilisation des bases de données. Une fonction « pilotage et évaluation » : - transmettre aux pilotes régionaux et nationaux ainsi qu'à l'Agence nationale de santé publique et à l'INCa les données et résultats d'analyses produits par les centres ; - échanger et analyser des données par interface avec d'autres systèmes d'information comme les outils informatiques des professionnels impliqués dans le dépistage, ou les registres des cancers. L'INCa et l'Agence nationale de santé publique assurent la collecte des données auprès des centres régionaux de coordination des dépistages des cancers et des régimes d'assurance maladie. Des documents informatiques interopérables sont déployés au niveau national en vue de recueillir et de faciliter la transmission des données des professionnels de santé et structures de soins vers les centres régionaux des dépistages des cancers. Ceci concerne en particulier les résultats des examens de dépistage et en particulier : - les résultats des cytologies, tests HPV, colposcopies examens diagnostiques complémentaires de cancers du col de l'utérus, dont l'anatomocytopathologie ; - les comptes-rendus et fiches d'interprétation des mammographies et examens diagnostiques complémentaires de cancers du sein, dont l'anatomocytopathologie ; - les comptes-rendus de coloscopies et examens diagnostiques complémentaires des cancers du côlon et du rectum, dont l'anatomocytopathologie. Les guides ou référentiels correspondants portant sur la transmission des informations des professionnels, des structures de soins et de l'assurance maladie vers les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers sont élaborés sous la responsabilité de l'INCa avec les acteurs régionaux et nationaux, dont l'Agence nationale de santé publique. IX. - Traitements de données à caractère personnel

  1. Organismes d'assurance maladie Les organismes d'assurance maladie sont, au sens du paragraphe 7 de l'article 4 du RGPD, responsables des traitements de données à caractère personnel mis en œuvre pour : - l'élaboration et le pilotage des invitations et relances à participer aux dépistages organisés ainsi que certaines actions dites d'« aller-vers » ; - la transmission aux médecins traitants déclarés de la liste des personnes éligibles à participer aux dépistages organisés. Les organismes d'assurance maladie traitent ainsi notamment : - des données d'identification et de contact des personnes concernées par les dépistages organisés des cancers et des professionnels de santé intervenant dans le cadre de ces mêmes dépistages ; - des données relatives aux dates d'invitations et de relances effectuées dans le cadre de ces mêmes dépistages ; - des données relatives à la consommation de soins et aux actes médicaux effectués dans le cadre des dépistages organisés des cancers ; - des données pseudonymisées relatives aux résultats des examens de dépistage, pour l'évaluation réalisée par l'Agence nationale de santé publique.
  2. Les CRCDC Les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers sont, au sens du paragraphe 7 de l'article 4 du RGPD, responsables des traitements de données à caractère personnel mis en œuvre pour : - le suivi et l'accompagnement des personnes dépistées ; - la réalisation de la seconde lecture des mammographies dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein. Les CRCDC traitent ainsi : - des données d'identification et de contact de la population cible transmises par les organismes d'assurance maladie via les fichiers populationnels ; - pour le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, des données d'identification et de contact des professionnels de santé - gynécologues, médecins généralistes, sages-femmes, biologistes médicaux et infirmiers dans le cadre de protocoles de coopération - et des données relatives aux actes médicaux transmises par les organismes d'assurance maladie ; - pour les trois dépistages organisés, de données de nature médicale transmises par les professionnels de santé ou les personnes dépistées. Celles-ci peuvent comporter des éléments relatifs aux antécédents médicaux, aux symptômes et aux résultats des examens.
  3. L'INCa L'INCa est, au sens du paragraphe 7 de l'article 4 du RGPD, responsable des traitements de données à caractère personnel mis en œuvre dans le cadre : - de la plateforme de données en cancérologie, qui est un entrepôt de données de santé constitué à fins de recherche, d'étude ou d'évaluation ; - du dispositif informatique national élaboré par l'INCa pour collecter les données relatives au dépistage organisé du cancer du col de l'utérus et permettre le suivi des personnes dépistées par les CRCDC ; - de l'évaluation organisationnelle et opérationnelle des programmes. L'INCa traite ainsi des données relatives au suivi et au parcours des personnes dépistées, notamment des résultats des dépistages et éventuels examens complémentaires.
  4. L'Agence nationale de santé publique L'Agence nationale de santé publique est, au sens du paragraphe 7 de l'article 4 du RGPD, responsable des traitements au sens du règlement (UE) 2016/679 à l'égard des traitements relatifs à l'évaluation de la performance épidémiologique des programmes. L'Agence nationale de santé publique dispose notamment des données relatives aux invitations et relances des personnes qui lui sont transmises par les organismes d'assurance maladie. Elle dispose également des données relatives au suivi et au parcours des personnes dépistées, notamment des résultats des dépistages et éventuels examens complémentaires. Article LEGIARTI000049026259 ANNEXE II CAHIER DES CHARGES RELATIF À L'ORGANISATION RÉGIONALE DES DÉPISTAGES ORGANISÉS DES CANCERS Première partie. - Missions du centre régional de coordination des dépistages des cancers I. - La mise en œuvre du dispositif et la contribution au pilotage national et régional II. - Les relations avec la population III. - Le suivi de la population IV. - Les relations avec les professionnels de santé V. - La gestion du système d'information régional VI. - L'évaluation du dispositif VII. - Assurance qualité du dispositif VIII. - Recherche et expérimentations Deuxième partie. - Les moyens du centre régional de coordination des dépistages des cancers I. - Typologie des fonctions et compétences pour assurer les missions du centre régional de coordination des dépistages des cancers II. - Le système d'information régional III. - Assurances IV. - Le financement du centre régional de coordination des dépistages des cancers V. - Transmission des éléments administratifs, financiers et des données pseudonymisées Troisième partie. - La démarche d'amélioration de la qualité du centre régional de coordination des dépistages des cancers Un centre régional de coordination des dépistages des cancers est une entité régionale unique constituée d'une structure régionale et, le cas échéant, de sites territoriaux. L'agence régionale de santé (ARS) conventionne avec le centre régional de coordination des dépistages des cancers pour fixer les modalités de déclinaison opérationnelle du cahier des charges, les orientations régionales et les modalités de financement. Cette convention précise les objectifs et les moyens du dispositif régional ainsi que les droits et obligations de chaque partie. Les sites territoriaux ne disposent pas de personnalité juridique. Chaque centre est doté d'un nom d'usage : DÉPISTAGE DES CANCERS, Centre de coordination, Région. Une identité graphique, comprenant la police de caractère, homogène sur le territoire national, fixée par l'Institut national du cancer (INCa) est associée à ce nom d'usage, et doit être appliquée à l'ensemble des courriers et des supports de communication du centre. Première partie. - Missions du centre régional de coordination des dépistages des cancers Le pilotage du centre régional de coordination des dépistages des cancers et les fonctions administratives sont assurés à un échelon régional. Les missions déployées sur les territoires sont coordonnées régionalement. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers est responsable des missions suivantes et de leur déclinaison opérationnelle :
  5. La mise en œuvre du dispositif et la contribution au pilotage national et régional : - respect des cahiers des charges ; - appui aux ARS et aux instances nationales ; - tableaux de bord de pilotage (indicateurs) ; - réponses aux enquêtes ; - gestion administrative et financière ; - gouvernance des dispositifs régionaux et territoriaux.
  6. Les relations avec la population : - information, sensibilisation en utilisant les outils mis à disposition par l'INCa ; - actions de lutte contre les inégalités sociales et territoriales ; - coordination des actions menées par les sites territoriaux.
  7. Le suivi de la population tel que défini par le référentiel de l'INCa : - recueil et enregistrement des examens réalisés, de leurs résultats et du suivi ; - transmission des données relatives aux résultats et examens ; - relances en l'absence de suivi connu et gestion des perdus de vue.
  8. Les relations avec les professionnels de santé : - coordination des actions mises en œuvre par les sites territoriaux ; - mobilisation et animation du réseau ; - information et formation des professionnels ; - retour d'informations personnalisé sur les programmes et sur leur pratique ; - coordination entre première et seconde lectures des mammographies.
  9. La gestion du système d'information du dépistage régional : - interfaces avec les autres systèmes d'information et intégration des fichiers ; - mise à jour des bases ; - administration et sécurité des bases ; - conservation et archivage des données ; - respect des obligations relatives à la protection des données et notamment issues du règlement général sur la protection des données (RGPD) et de la loi informatique et libertés (LIL).
  10. L'évaluation régionale des programmes de dépistages organisés, la valorisation des données issues des programmes, la vigilance sanitaire du dispositif et la contribution à l'évaluation nationale du programme via la transmission régulière de données : - collecte et contrôle qualité des données ; - valorisation des données du dispositif ; - rôle d'alerte sanitaire.
  11. L'assurance qualité du dispositif : - déploiement de la démarche qualité de type labellisation ; - respect des référentiels ; - contrôle qualité et retour sur les pratiques des professionnels.
  12. La contribution à l'évolution continue du dispositif à travers la coordination ou la participation à des études ou l'expérimentation d'innovations techniques, scientifiques ou organisationnelles : - participation aux études, aux enquêtes et aux appels à projets sur les dépistages ; - expérimentation des innovations techniques et scientifiques ; - expérimentation d'organisations innovantes. En fonction des spécificités et des besoins de la région, et selon les programmes de dépistage, les missions peuvent être soit portées par la structure régionale du centre régional, soit réalisées par un des sites territoriaux, celui-ci assurant alors cette mission pour l'ensemble de la région. Dans tous les cas, les sites territoriaux sont chargés d'appuyer la structure régionale dans le pilotage et la mise en œuvre de ses missions. I. - La mise en œuvre du dispositif et la contribution au pilotage national et régional Le centre régional de coordination des dépistages des cancers contribue à la mise en œuvre des programmes de dépistage dans la région, conformément aux cahiers des charges nationaux relatifs aux dépistages organisés et aux référentiels nationaux. Chaque CRCDC s'inscrit dans une démarche qualité de type labellisation. Il appuie l'agence régionale de santé pour la définition des orientations et le pilotage régional des programmes de dépistage organisé des cancers. Il apporte un appui au pilotage régional et national des programmes par la participation à des groupes de travail, notamment ceux animés par l'INCa, par le recueil et la transmission d'indicateurs et données de suivi via notamment les tableaux de bord de pilotage, et par la réponse aux études et enquêtes ad hoc des institutions nationales et régionales. Il anime le dispositif en associant les professionnels et les acteurs concourant aux programmes. Il est chargé d'assurer la gouvernance de ses sites territoriaux. Il est responsable de la gestion administrative et financière optimale et garantissant la qualité de ses missions. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers se dote a minima des instances suivantes pour l'appuyer dans la mise en œuvre des programmes : - un conseil d'administration ou une assemblée générale, responsable du centre et de la mise en œuvre des programmes de dépistage en prenant en compte les axes stratégiques régionaux. Cette instance réunit les représentants des différents sites du centre régional de coordination des dépistages des cancers et des comités techniques ou collèges qu'elle a constitués, des représentants des usagers, des collectivités territoriales et des principaux acteurs professionnels et territoriaux concourant aux programmes de dépistage dans la région ; - un comité technique par programme dédié à l'animation et aux échanges avec les parties prenantes professionnelles et réunissant a minima des représentants des professionnels de santé libéraux et hospitaliers concernés et des usagers ; - un collège réunissant l'ensemble des médecins salariés de l'entité (centre régional et sites territoriaux) est réuni pour échanger sur le fonctionnement des programmes sur la région, en assurer la mise en œuvre harmonisée et cohérente, et proposer des pistes d'amélioration. Dans les départements et régions d'outre-mer, l'organisation des instances susvisées est adaptée à la particularité des territoires. II. - Les relations avec la population Le centre régional de coordination des dépistages des cancers contribue, en conformité avec la communication nationale, et en l'adaptant au contexte local si nécessaire, à la sensibilisation de la population concernée à la démarche de dépistage. Il participe à délivrer une information loyale, claire et appropriée sur les programmes de dépistage organisé permettant une décision libre et éclairée des personnes sur le choix de participer ou non. Les supports et messages d'information et de communication mis à la disposition de la population sont élaborés par l'INCa. Toute modification ou adaptation locale doit se faire avec l'accord formel de l'INCa. La modification est sollicitée par le CRCDC avec le soutien de l'ARS. Le message véhiculé par les actions de communication locales doit être homogène, sans ambiguïté, et conforme à la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. L'information fournie doit être précise et accessible pour tous et aborder les enjeux du dépistage, les bénéfices attendus, ainsi que les limites et les éventuels effets délétères. Elle doit s'appuyer sur des données scientifiques, y compris celles relatives aux inconvénients potentiels des dépistages. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers participe, en lien avec les partenaires et acteurs locaux, notamment les médecins traitants, à l'information sur la prévention des risques, les facteurs de protection des cancers et le dépistage des cancers, dans une approche intégrée de parcours de santé. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers mène, en lien avec les partenaires, acteurs locaux et acteurs institutionnels, des actions de lutte contre les inégalités d'accès et de recours au dépistage, notamment par la sensibilisation des populations ciblées dans le cadre d'actions d'aller-vers. Sous la coordination de l'ARS, le CRCDC mène des actions d'aller-vers collectives, en lien avec les organismes d'assurance maladie et les autres acteurs locaux. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers, seul ou en partenariat : - produit des diagnostics territoriaux en vue d'identifier les territoires, les populations à cibler et les besoins spécifiques de la région ; - identifie des partenariats susceptibles de participer aux opérations d'aller vers les publics cibles déterminés par les diagnostics territoriaux ; - propose à l'ARS une démarche opérationnelle en matière d'aller-vers ; - participe aux actions d'aller-vers envisagées auprès de groupes de populations cibles, avec les partenaires identifiés ; - évalue les actions qu'il mène en termes de réduction des inégalités d'accès et de recours au dépistage et/ou de réduction des inégalités de santé. Les régimes et caisses d'assurance maladie mettent à disposition des acteurs les données nécessaires à l'élaboration, à la conduite et à l'évaluation de ces actions collectives. III. - Le suivi de la population Le centre régional de coordination des dépistages des cancers assure sa mission de suivi de la population dans le cadre du référentiel établi au niveau national par l'INCa. Il est responsable du suivi des personnes dépistées. Concernant le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, le suivi concerne toutes les personnes ayant réalisé un test de dépistage spontanément ou à la suite d'une invitation. Le CRCDC est chargé en cas de besoin de recueillir, enregistrer et traiter les données relatives aux symptômes, examens antérieurs et antécédents médicaux, à partir des informations transmises par les professionnels de santé et les structures de soins, par les personnes concernées et par les régimes d'assurance maladie. Au titre de ce suivi, il est chargé de recueillir, d'enregistrer et de traiter les données relatives : - en cas de besoin aux symptômes, examens antérieurs et antécédents médicaux à partir des informations transmises par les professionnels de santé et les structures de soins, par les personnes concernées et par les régimes d'assurance maladie ; - aux comptes rendus des examens de dépistage/suivi médical et des examens diagnostiques ; - à l'entrée dans une filière de soins des personnes dont le dépistage serait positif, afin de s'assurer du suivi effectif et de les relancer le cas échéant. Il est chargé de transmettre les résultats de seconde lecture des mammographies aux personnes concernées ainsi qu'aux médecins qu'elles auraient identifiés. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers établit une collaboration avec les registres des cancers de sa région. Le CRCDC et les registres de sa région se transmettent annuellement les données nécessaires à la réalisation de leurs missions. Les informations transmises par le centre régional de coordination des dépistages des cancers concernent exclusivement les personnes dont le diagnostic final est celui de cancer ou de lésions précancéreuses, domiciliées dans les départements couverts par ces registres. Il est également chargé de l'envoi d'un rappel aux personnes restées sans examen complémentaire consécutif à un dépistage positif et aux professionnels de santé concernés. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers n'utilise que les modèles nationaux de courriers élaborés par l'INCa, selon les préconisations d'utilisation de ce dernier. IV. - Les relations avec les professionnels de santé Le centre régional de coordination des dépistages des cancers est chargé de mobiliser les médecins traitants et autres spécialistes ou professionnels de santé autour des enjeux de la démarche de dépistage dans un cadre organisé, en collaboration avec les représentants régionaux des professionnels. Il participe, dans le respect des préconisations nationales, à l'information des professionnels de santé sur les programmes de dépistage organisé (stratégies de dépistage en fonction des niveaux de risques, intervalles de dépistage, bénéfices, limites et risques, données épidémiologiques, innovations techniques et scientifiques, etc.). Le CRCDC est chargé de recueillir, enregistrer et traiter, à partir des informations transmises par les caisses d'assurance maladie, par les personnes concernées et les professionnels de santé ou les structures de soins, les données relatives à l'identification des professionnels de santé intervenant dans le programme, notamment des médecins traitants. Il assure le recueil et met en place des modalités de transmission des résultats de dépistage et des éventuels examens réalisés (radiologie, anatomo-cytopathologie, biologie, gastroentérologie, gynécologie, etc.) en complément de l'action des professionnels de santé. Les professionnels de santé et les structures de soins saisissent et transmettent leurs données de manière automatisée selon les modalités mises en place par le centre régional de coordination des dépistages des cancers, et lorsqu'ils existent via les infrastructures et systèmes d'information développés et mis à disposition par l'INCa. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers assure également le recueil de certaines données des documents médicaux du dossier communicant en cancérologie si nécessaire. Il coordonne, en cohérence avec les pilotes nationaux des programmes, la formation des professionnels de santé (procédures de dépistage, place et rôle de ces professionnels notamment auprès de la population concernée et des personnes dépistées, organisation et fonctionnement, résultats et actualités des programmes aux niveaux régional et national) et la mise à disposition d'informations et d'outils établis par le niveau national pour faciliter leur pratique de dépistage et de prévention. Ces actions de formation se font en lien avec les organismes de formation professionnelle ainsi qu'avec les représentants régionaux des professionnels de santé concernés. La formation est adaptée aux conditions d'exercice du professionnel de santé impliqué. Il participe à la diffusion des référentiels, protocoles et recommandations de bonnes pratiques des professionnels impliqués. V. - La gestion du système d'information régional Le centre régional de coordination des dépistages des cancers est responsable de la constitution et de la gestion des bases de données régionales. A ce titre, il doit assurer l'interface avec les systèmes d'information permettant de recueillir les données nécessaires pour constituer, consolider et mettre à jour les données de l'ensemble de la population ciblée par le dispositif des dépistages organisés et d'en assurer le suivi. Cette interface est indispensable pour permettre au centre régional de remplir ses missions, auprès de la population, des professionnels de santé, ainsi que pour assurer la veille, l'évaluation et les études attendues sur les programmes. Ces bases de données sont élaborées à partir des informations et données obtenues auprès des : - organismes d'assurance maladie : ces données sont constituées pour les trois dépistages des fichiers administratifs contenant les informations nécessaires à l'identification des populations concernées. Pour le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, ces données sont complétées par les fichiers des actes contenant les informations relatives à la réalisation d'un acte de dépistage ou de suivi et des fichiers des professionnels de santé du territoire du CRCDC ; - professionnels de santé ou les structures de soins impliqués dans les programmes, notamment les résultats des examens de dépistage ou de diagnostic réalisés et les données permettant le suivi des personnes ; - personnes concernées. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers est chargé de l'administration, de la mise à jour et de la sécurité de ces bases de données. La dématérialisation des données de santé doit permettre de faciliter l'échange et le partage des données ainsi que leurs traitements. Le système d'information s'appuie sur les éléments décrits dans le cadre d'interopérabilité des systèmes d'information de santé (CI-SIS) pour assurer les échanges entre les acteurs du dépistage, notamment entre les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers, et avec les structures de soin œuvrant dans le domaine de la cancérologie (oncogénétique, registres, etc.), les professionnels de santé, les usagers, les différents organismes d'assurance maladie, l'INCa, l'Agence nationale de santé publique (ANSP). Le système d'information doit répondre aux exigences de la politique générale de sécurité des systèmes d'information de santé (PGSSI-S) qui fixe le cadre de la sécurisation des systèmes d'information de santé notamment une messagerie sécurisée de santé, un accès au répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), une compatibilité au dossier médical partagé (DMP) et à mon espace santé et la capacité d'utilisation des documents de prise en charge du dossier communicant de cancérologie (DCC) utiles dans les missions du centre régional de coordination des dépistages des cancers. Des référentiels nationaux, expressions de besoins ou normes d'échanges sont élaborés par l'INCa afin de préciser les modalités de transmission ainsi que le type et le contenu des fichiers nécessaires à la création et à l'alimentation des bases de données des centres régionaux de coordination des dépistages des cancers. Ces référentiels précisent les bornes d'âges de suivi des personnes concernées conformément aux recommandations en vigueur. Les professionnels de santé ou les structures de soins, saisissent et transmettent leurs données au centre régional de coordination des dépistages des cancers ; cette transmission est réalisée de manière automatisée à l'aide des infrastructures et systèmes d'information disponibles, notamment ceux mis à disposition par le CRCDC et l'INCa lorsqu'ils existent. Des modalités de transmission particulières peuvent être définies et faire l'objet d'une convention signée entre professionnels ou organismes d'assurance maladie d'une part et centre régional de coordination des dépistages des cancers d'autre part. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers analyse les données permettant de cibler les actions à mener sur les différents territoires (notamment par le géocodage), en interface, le cas échéant avec les opérateurs mandatés par l'agence régionale de santé, notamment l'observatoire régional de santé. VI. - L'évaluation du dispositif Le centre régional de coordination des dépistages des cancers contribue à l'évaluation régionale et nationale par la collecte et le contrôle qualité des données validées par les médecins du centre régional de coordination des dépistages des cancers, à leur échelon d'intervention avant transmission à l'Agence nationale de santé publique et à l'INCa. L'Agence nationale de santé publique a accès aux données de santé pseudonymisées recueillies par le centre régional de coordination et de dépistage des cancers pour le suivi et l'évaluation. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers peut participer à la valorisation des données recueillies et produites dans le dispositif organisé, par des études, articles ou projets avec les partenaires régionaux, territoriaux et nationaux, en lien notamment avec les professionnels de santé impliqués et les sociétés savantes. Il est attendu que l'exploitation des données contribue à l'amélioration des actions de dépistage. Il a un rôle d'alerte sanitaire des pilotes régionaux et nationaux, par le suivi régulier des indicateurs et données recueillies, en cas d'anomalies ou de difficultés dans la mise en œuvre des programmes. VII. - Assurance qualité du dispositif Dans le cadre de cette mission, le centre régional de coordination des dépistages des cancers s'inscrit dans la démarche d'assurance qualité coordonnée par l'INCa (référentiel, procédure d'évaluation et modalités de suivi). Il s'engage à respecter la politique d'assurance qualité du dispositif définie par l'INCa pour chacun des dépistages à travers les référentiels nationaux. Il s'inscrit dans une démarche qualité de type labellisation. Il veille à la qualité des pratiques et de l'organisation de la coordination régionale des dépistages des cancers et au respect des référentiels nationaux et des protocoles régionaux. Il est responsable de l'harmonisation et de l'amélioration des pratiques médicales par le contrôle qualité des professionnels de santé impliqués dans le dispositif, et de leur matériel si nécessaire, et de l'évaluation des pratiques (respect des procédures, du cahier des charges, de la réglementation, des obligations de formation). Le centre régional de coordination des dépistages des cancers s'assure que les professionnels et acteurs concourant au dépistage se conforment aux cahiers des charges généraux et aux cahiers des charges relatifs à chaque programme. En cas de non-respect du cahier des charges, il communique ses observations à l'agence régionale de santé et à l'échelon régional des différents régimes d'assurance maladie. Il effectue un retour d'informations personnalisé régulier aux professionnels de santé impliqués dans le programme de dépistage organisé concernant leur pratique et les résultats obtenus en les mettant en perspective avec les données territoriales ou nationales. Le retour sur la pratique fait l'objet de référentiels nationaux établis par l'INCa, en lien avec les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers. VIII. - Recherche et expérimentations Le centre régional de coordination des dépistages des cancers contribue aux études sur les dépistages. Il peut également mener, de manière optionnelle, des expérimentations d'innovations techniques et scientifiques dans les programmes de dépistage et répondre à des appels à projets. Il peut également mener des expérimentations d'organisations innovantes du dispositif de dépistage organisé, notamment pour optimiser les interfaces avec les autres acteurs et partenaires ou améliorer l'efficacité du dispositif (prise en compte des personnes à risque aggravé de cancers). Ces actions peuvent concerner tout ou partie du territoire régional et nécessiter des demandes de dérogation auprès de la direction générale de la santé. D'autres modalités de réalisation des dépistages en dehors du cahier des charges des programmes peuvent être mises en place, expérimentées et évaluées par les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers. Dès lors que le projet amène à s'écarter des dispositions prévues dans le cahier des charges, celui-ci doit obtenir avec le soutien de l'ARS une autorisation de la direction générale de la santé et de la direction de la sécurité sociale, après avis de l'INCa et le cas échéant, de la CNAM, de la CCMSA et de l'agence nationale de santé publique. Deuxième partie. - Les moyens du centre régional de coordination des dépistages des cancers I. - Typologie des fonctions et compétences pour assurer les missions du centre régional de coordination des dépistages des cancers Les fonctions identifiées, sans nécessairement correspondre à des postes individualisés, pour mettre en œuvre les missions du centre régional de coordination des dépistages des cancers sont les suivantes : - direction du centre régional de coordination des dépistages des cancers pour assurer l'encadrement du personnel, la gestion financière du centre régional de coordination, et la gestion financière des activités de la structure régionale ; - médecin coordinateur des dépistages pour assurer la responsabilité médicale des programmes de dépistage au niveau de la structure régionale et des sites territoriaux, notamment le suivi des personnes dépistées. Ce médecin doit justifier d'une expérience en santé publique attestée par un diplôme en santé publique ou par une expérience professionnelle d'au moins deux ans en santé publique ; - chargé de suivi des personnes dépistées ; - chargé de projet en santé publique pour transmettre les messages sur les dépistages organisés auprès des professionnels de santé et acteurs impliqués dans les programmes, animer et promouvoir les actions de lutte contre les inégalités, notamment des actions d'aller-vers, à l'appui de connaissances scientifiques, épidémiologiques, paramédicales et en santé publique ; - chargé de communication pour diffuser les messages sur les dépistages et relayer l'information auprès de la population ciblée ; - qualiticien pour assurer le respect de la politique d'assurance qualité attendue dans les programmes de dépistage organisé, coordonner la procédure de labellisation du centre régional de coordination et former et informer son personnel ; - secrétaire pour assurer la saisie de données, la gestion des courriers, l'organisation des secondes lectures (planning et installation), la coordination des activités et événements du centre régional de coordination ; - informaticien pour assurer la gestion, l'installation et la maintenance du matériel informatique, des logiciels et des serveurs du centre régional de coordination des dépistages des cancers, l'assistance, le support technique et la formation du personnel. Cette fonction peut être externe, interne ou mutualisée ; - data manager pour assurer l'intégration des données dans le système d'information du centre régional de coordination, l'analyse et le contrôle qualité des données recueillies, et l'exploitation des bases de données aux fins d'évaluation et d'études. Cette fonction peut être externe, interne ou mutualisée ; - attaché de recherche pour identifier et mener les projets d'études et d'expérimentation sur les programmes de dépistage, à l'appui de connaissances scientifiques, techniques et épidémiologiques (optionnel) ; - un délégué à la protection des données afin de s'assurer de la conformité de l'utilisation des données au RGPD et à la Loi Informatique et Libertés. Cette fonction peut être externe, interne ou mutualisée. La répartition des fonctions entre la structure régionale et les sites territoriaux est adaptée selon la taille et la configuration régionale, et le portage effectif, en tout ou partie, des différentes missions selon les sites et le programme de dépistage concerné. Le centre veille à ce que les compétences médicales nécessaires à certaines missions soient prises en compte, y compris au niveau territorial. Le personnel du centre régional de coordination des dépistages des cancers s'engage à suivre les formations organisées au niveau régional ou national. II. - Le système d'information régional Le logiciel métier du centre régional doit permettre : - la constitution et la gestion des fichiers de la population cible, à partir des données transmises par les différents régimes d'assurance maladie ; - l'intégration des résultats des examens antérieurs et antécédents médicaux vis-à-vis des programmes de dépistage des cancers ; - la transmission et le recueil pour l'ensemble de la population ciblée des résultats des tests de dépistage et examens complémentaires et le suivi des personnes dépistées ; - la constitution d'annuaire et la gestion des contacts avec les médecins traitants, les autres spécialistes ou professionnels de santé impliqués et les laboratoires, les centres de radiologie et acteurs du dispositif ; - la réalisation des opérations de sensibilisation et d'information de la population et des acteurs locaux ; - l'édition de courriers de suivi ; - l'enregistrement de données concernant l'ensemble de la population ciblée permettant l'évaluation du dispositif, selon les localisations et les indicateurs définis par l'ANSP ; - le retour d'information aux professionnels de santé impliqués dans le dépistage concernant l'activité et les résultats liés aux programmes ; - l'analyse de données afin de cibler et prioriser les actions à mener dans les différents territoires, notamment par le géocodage des bases, et la réalisation des évaluations régionales ; - la sécurité, la sauvegarde et l'archivage des données collectées ; - garantir le droit d'opposition au traitement des résultats par les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers. L'outil comptable du centre régional doit permettre : - une gestion optimale des moyens financiers ; - l'établissement d'un budget prévisionnel et d'un budget réalisé ; - une comptabilité analytique permettant une ventilation par localisation ; - l'établissement de l'ensemble des documents réglementaires attendus au regard du statut juridique choisi. III. - Assurances Chaque praticien assurant une action spécifique dans les programmes de dépistage organisé coordonnés par le centre régional de coordination des dépistages des cancers doit être assuré en responsabilité civile professionnelle de manière individuelle et prévenir son assureur qu'il participe au programme. Cette responsabilité individuelle de leurs actes concerne également les praticiens qui assurent des prestations pour lesquelles ils reçoivent des honoraires du centre régional de coordination des dépistages des cancers. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers doit être assuré, outre les assurances légalement obligatoires couvrant les locaux et l'ensemble du personnel, pour l'ensemble des risques liés à l'organisation du dépistage (non transmission ou erreur de transmission du résultat, erreur d'imputation d'un résultat). Les médecins coordinateurs doivent être assurés par le centre régional de coordination des dépistages des cancers ou par leur employeur pour l'ensemble de leurs missions (cette assurance s'ajoutant à leur propre assurance en responsabilité civile individuelle). IV. - Le financement du centre régional de coordination des dépistages des cancers Les financements concernant la coordination des programmes de dépistages organisés des cancers sont alloués aux centres régionaux de coordination des dépistages des cancers. Les dépenses des centres régionaux sont notamment financées par une dotation de l'ARS. Cette dotation peut être complétée par d'autres financements. Les règles d'allocation budgétaire du centre régional de coordination des dépistages des cancers dans l'organisation régionale tiennent compte à la fois : - des frais fixes (coûts structurels et coûts d'organisation indépendants du niveau de participation, incluant une part des ressources humaines intervenant dans les missions transversales) ; - des coûts variables liés à l'activité (notamment en fonction de la taille de la population cible et de la participation aux programmes) ; - des missions complémentaires. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers dispose d'un budget unique. Le budget est établi selon un budget type dont le format est fixé par les financeurs du programme. Il est établi dans un objectif d'efficience. A cet effet, l'ARS communique chaque année au centre régional des indicateurs de gestion cibles dont il devra tenir compte dans l'élaboration du budget. L'objectif de la gestion du centre régional est de tendre vers ces indicateurs cibles. Le centre régional de coordination des dépistages des cancers établit la ventilation des crédits entre la structure régionale et les sites territoriaux. V. - Transmission des éléments administratifs, financiers et des données pseudonymisées Différents acteurs interviennent dans l'élaboration et la mise en œuvre des programmes de dépistage : - en tant que pilotes et/ou financeurs des programmes de dépistage organisé des cancers, la direction générale de la santé ainsi que les agences régionales de santé sont légitimes à recevoir des données financières des centres régionaux de coordination ; - en tant que pilote régional de la politique de santé, les agences régionales de santé doivent avoir connaissance des données financières et d'activité produites par les centres régionaux de coordination. L'INCa et l'Agence nationale de santé publique doivent obtenir les données nécessaires à la réalisation de leurs évaluations. Ces données peuvent comporter des données à caractère personnel et peuvent être transmises, selon les besoins de l'INCa et de Santé publique France par les CRCDC sous une forme agrégée ou individuelle. Afin d'assurer ces évaluations, les données produites par les centres régionaux de coordination doivent être consolidées de manière homogène et standardisée, notamment conformément aux guides d'évaluation de l'Agence nationale de santé publique et aux référentiels de l'INCa. A. - Données financières Documents budgétaires et comptables concernés : - budget prévisionnel ; - budget réalisé ; - état de consommation ; - arrêtés de comptes ; - comptes annuels N-1 ; - rapport annuel financier Destinataires : ces données intéressent les financeurs (régionaux et nationaux) ainsi que les pilotes nationaux. Référentiel(s) : ces données sont renseignées à l'appui du fichier national Apacche et conformément aux règles comptables liées au statut juridique de chaque centre. Périodicité : annuelle. B. - Données d'activité (données agrégées) Les données d'activité produites par les centres régionaux de coordination sont transmises sous forme agrégée à la direction générale de la santé, à l'ARS, à l'INCa et à l'ANSP. Dans le cadre de leur mission de recherche et d'expérimentation, les centres régionaux de coordination peuvent produire des analyses et études complémentaires sur tout ou partie de leur territoire. Les données d'activité alimentent :
  13. Le rapport d'activité représentant l'ensemble des actions et résultats des centres régionaux de coordination Référentiel(s) formalisant la remontée des données : rapport d'activité annuel type élaboré par l'INCa, guides des formats de données élaborés pour chaque programme par l'ANSP. Le rapport d'activité est transmis à l'ARS ainsi qu'à l'INCa et à l'ANSP. Périodicité : annuelle.
  14. Le pilotage et le suivi des centres dans le cadre de la démarche de labellisation Référentiel(s) formalisant la remontée des données : dossier de labellisation et tableaux de bord définis par l'INCa. Périodicité : définie par l'INCa.
  15. En tant que de besoin, les enquêtes et études identifiées par les pilotes régionaux et nationaux Référentiel(s) : périmètres des études, enquêtes ou alertes sanitaires. Périodicité : selon les besoins. C. - Le rapport annuel d'activité type Le rapport d'activité annuel des centres régionaux de coordination est destiné aux institutions à l'échelon national (direction générale de la santé, INCa et ANSP) et à l'échelon régional (agence régionale de santé). Il est conforme au rapport type établi par l'INCa, est mis en ligne sur son site internet et comprend trois parties : - les informations générales sur le centre régional de coordination (informations administratives et données locales) ; - les données concernant les missions confiées au centre régional de coordination conformément au cahier des charges ; - les données relatives à chacun des programmes de dépistage organisé. Ces données comprennent notamment un état des lieux du parc mammographique, de la première lecture et de l'organisation de la seconde lecture. Ce rapport d'activité annuel mentionne également une synthèse régionale des expérimentations portées par le CRDC dans le cadre des appels à projets de l'INCa. Sa structuration tient compte des informations qui seront à fournir dans le cadre de la démarche qualité. Les informations et les données renseignées dans les différents chapitres alimenteront les indicateurs suivants : - suivi de l'activité ; - gestion financière ; - organisation du centre régional de coordination ; - efficacité des actions correctrices mises en œuvre. Troisième partie. - La démarche d'amélioration de la qualité du centre régional de coordination des dépistages des cancers Les centres régionaux de coordination des dépistages organisés des cancers s'engagent dans une démarche d'amélioration continue de la qualité. Les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers sont tenus de s'engager dans une démarche qualité de type labellisation afin de garantir l'adéquation de la réalisation de leurs missions avec le cahier des charges national et l'assurance qualité des programmes de dépistage organisé. Dans ce cadre, le rapport d'activité annuel de chaque centre régional de coordination des cancers est adressé chaque année à l'INCa. La démarche qualité s'appuie sur plusieurs types d'indicateurs visant à évaluer l'activité, la gestion financière, l'organisation et les process du centre régional de coordination, ainsi que l'efficacité des actions correctrices mises en œuvre. Ces indicateurs sont recueillis à travers le rapport d'activité annuel type et les tableaux de bord. Dans le cadre de cette démarche, le résultat de l'évaluation des centres est accompagné si besoin de préconisations. La convention de financement conclue entre l'agence régionale de santé et le centre régional de coordination des dépistages des cancers tient compte de ce résultat. Elle peut être le support de mise en œuvre des préconisations qui en sont issues. Article LEGIARTI000049026261 ANNEXE III CAHIER DES CHARGES DU PROGRAMME DE DÉPISTAGE ORGANISÉ DU CANCER DU SEIN Introduction I. - Population cible A. - Critères d'inclusion des personnes dans le programme B. - Critères d'exclusion provisoires ou définitifs II. - Modalités d'invitation et de relance A. - Invitation B. - Stratégie de relance C. - Constitution et mise à jour de la liste des radiologues III. - Rôle du radiologue et des autres professionnels de santé concernés IV. - Organisation du dépistage et des lectures A. - Organisation de la première lecture B. - Résultats après première lecture C. - Organisation de la seconde lecture D. - Cas particulier : les mammographies pratiquées dans les unités mobiles V. - Transmission des résultats et suivi A. - Mammographie négative (ou « négativée ») en première lecture et négative en deuxième lecture B. - Mammographie négative et échographie suspecte C. - Mammographie suspecte après première ou deuxième lecture D. - Mammographie positive en première lecture E. - Mammographie positive en seconde lecture F. - Cas particulier des mammographies BI-RADS ACR 3 après bilan de diagnostic (immédiat ou différé) G. - Clichés techniquement insuffisants VI. - Assurance qualité du programme de dépistage organisé au niveau régional (en complément de la seconde lecture) A. - Contrôle de qualité des installations de mammographie B. - Retour d'information des CRCDC aux radiologues C. - Suivi et indicateurs régionaux d'évaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein ANNEXE
  16. - Caractéristiques et performances des installations de mammographie ANNEXE
  17. - La classification Bi-Rads (breast imaging reporting and data system) de l'ACR (american college of radiology) des images mammographiques infracliniques ANNEXE
  18. - L'utilisation des systèmes de mammographie numérique dans le dépistage organisé du cancer du sein Introduction Le dépistage du cancer du sein est proposé tous les deux ans aux personnes de 50 à 74 ans inclus, asymptomatiques et à risque moyen de développer un cancer du sein. L'examen de dépistage comporte un examen clinique et une mammographie comprenant deux incidences par sein. La mammographie fait l'objet d'une deuxième lecture en l'absence d'anomalie suspecte à la première lecture ou après bilan immédiat. Seules les installations de mammographie numérique sont autorisées à participer au programme de dépistage organisé. I. - Population cible A. - Critères d'inclusion des personnes dans le programme Le dépistage du cancer du sein par la mammographie est proposé à toutes les personnes de 50 à 74 ans inclus, asymptomatiques et à risque moyen de développer un cancer du sein ; l'intervalle entre deux examens est de deux ans. L'existence d'un symptôme clinique suspect découvert au moment du dépistage par le radiologue ne justifie pas d'exclure la personne du programme de dépistage organisé (contrairement aux cas où la personne est adressée pour le diagnostic et le bilan d'un symptôme clinique suspect). Ces cas rentrent dans le cadre des dépistages positifs. Une procédure de diagnostic sera alors effectuée immédiatement. Ces cas doivent être dénombrés et faire l'objet d'un suivi par le centre régional de coordination des dépistages des cancer (CRCDC) du département de résidence principale de la personne. Le programme prévoit un entretien permettant d'adapter la mammographie au contexte (par exemple, réalisation d'incidences d'Eklund). Le port de prothèses, des antécédents de chirurgie plastique, des antécédents chirurgicaux pour lésion bénigne, des antécédents de traumatisme ne sont pas des causes d'exclusion. Ces éléments devront être notés sur la fiche d'interprétation, en particulier à l'intention du second lecteur. Les difficultés d'analyse (densité, calcifications diffuses) ou la densification du conjonctif liée à la prise d'un traitement hormonal substitutif (THS) ne sont pas des causes d'exclusion. Les personnes ayant eu une mammographie normale il y a moins d'un an et qui ne signalent aucune symptomatologie mammaire sont invitées par le radiologue à revenir à une date ultérieure lorsqu'elles recevront une prochaine invitation. Il est recommandé de ne pas exclure systématiquement les personnes qui auraient eu un examen précédent effectué en dehors du cadre du programme de dépistage organisé entre 12 et 24 mois auparavant, ou sans en connaître la date précise. B. - Critères d'exclusion provisoires ou définitifs Les personnes adressées par leur médecin à un cabinet de radiologie pour un symptôme (masse, inflammation, écoulement anormal, signe cutané ou mamelonnaire, adénopathie axillaire) en dehors de signes non spécifiques (mastodynies ou galactorrhée banale) bénéficieront d'emblée d'une mammographie de diagnostic. Si le résultat du bilan de diagnostic s'avère négatif, ces personnes pourront être intégrées dans le programme pour leur prochaine mammographie. Il en est de même pour les personnes adressées pour la surveillance d'une image très probablement bénigne (BI-RADS ACR 3) : elles pourront réintégrer le programme deux ans après leur dernière mammographie complète, en dehors des cas où un cancer a été détecté pendant la surveillance. Si, lors de la surveillance, une relecture comparative ou un avis complémentaire font reclasser l'image en BI-RADS ACR 2 avant le terme de la surveillance, la personne pourra également réintégrer le programme deux ans après sa dernière mammographie complète. Les personnes en cours de traitement ou après traitement d'un cancer du sein, et les personnes à risque aggravé (selon les recommandations de la HAS) doivent bénéficier d'un suivi personnalisé. Toutefois, si certaines de ces personnes répondent à l'invitation et qu'il apparaît qu'elles n'ont aucun suivi ou que leur suivi est inadapté, et si une mammographie est adaptée, celle-ci peut être réalisée dans le cadre du programme. Le dépistage peut être l'occasion de leur conseiller un suivi adapté et d'en avertir leur médecin traitant. A défaut, et s'il apparaît qu'elles ne s'y soumettront pas, leur exclusion du programme ne doit pas être systématique. Ces cas devront être dénombrés. Le radiologue s'engage à fournir au centre régional de coordination des dépistages des cancers les informations concernant ces personnes après s'être assuré de leur accord et les informe de leurs droits au regard du traitement de leurs données. II. - Modalités d'invitation et de relance A. - Invitation Les personnes éligibles sont personnellement invitées par l'organisme du régime d'assurance maladie auquel elles sont affiliées à réaliser le dépistage tous les deux ans. L'assurance maladie détermine la liste des personnes éligibles à inviter et réalise les invitations à partir des bases et des informations transmises par les personnes elles-mêmes. Des étiquettes figurent sur l'invitation afin de faciliter la première lecture en centre d'imagerie médicale, sécuriser l'organisation de la seconde lecture des mammographies par les CRCDC et afin de permettre sa mission de suivi des personnes dépistées. L'une d'elle au moins, comporte la civilité, le nom de naissance, le nom d'usage, le ou les prénom(s), la date de naissance, l'adresse complète, le numéro d'affiliation à un régime de sécurité sociale de la personne invitée (NIR), sous la forme de codes à barres ou data matrix (conformes aux normes en vigueur). Lorsque la réalisation d'une mammographie dans le cadre du dépistage organisé est prescrite par un professionnel de santé, ce dernier informe les personnes concernées. B. - Stratégie de relance Les personnes éligibles au dépistage, n'ayant pas réalisé l'examen de dépistage à la suite de l'invitation sont personnellement relancées par l'organisme du régime d'assurance maladie auquel elles sont affiliées. Deux relances sont effectuées, dans un délai maximal de 12 mois. En cas de non réalisation du dépistage, la personne est à nouveau invitée deux ans après l'envoi de l'invitation. C. - Constitution et mise à jour de la liste des radiologues Pour participer au dépistage organisé du cancer du sein, chaque radiologue doit avoir signé la convention ad hoc avec l'assurance maladie et s'engage à respecter le présent cahier des charges. La liste des radiologues agréés pour le programme de dépistage organisé est établie par l'assurance maladie et mise à la disposition des assurés. Sont intégrés à la liste les radiologues ayant attesté de la signature de la convention. Chaque CRCDC recueille auprès des radiologues de sa région qui participent au programme de dépistage organisé les informations concernant leur formation spécifique au dépistage et celle de leurs manipulateurs, telles que définies dans le cahier des charges de ces formations. Le CRCDC vérifie que leur(s) installations(s) a (ont) fait l'objet d'un contrôle de qualité externe depuis moins de 6 mois par un organisme de contrôle de qualité externe agréé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Pour figurer sur cette liste, chaque radiologue s'engage : - à réaliser annuellement au minimum 500 mammographies ; - à transmettre au CRCDC les mammographies de dépistage qui relèvent d'une double lecture ; - à transmettre au CRCDC les résultats des examens qu'ils ont réalisés et les données nécessaires au suivi des personnes dépistées et à l'évaluation du programme. Il utilise notamment pour cela la fiche d'interprétation définie au niveau national. Celle-ci peut être transmise de manière dématérialisée. Il doit en outre se soumettre à la réglementation en vigueur en matière de contrôle de qualité des installations de mammographie (cf. paragraphe VI) et posséder une installation répondant aux caractéristiques minimales rappelées en annexe 1 de la présente annexe III. L'obligation individuelle de réaliser au minimum 500 mammographies par an s'applique à tout radiologue quel que soit son mode d'exercice : secteur privé libéral, praticiens hospitaliers (PH), professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH), médecins attachés, exerçant en établissements de santé privés habilités à assurer le service public hospitalier (PSPH) ou dans des centres de lutte contre le cancer (CLCC), médecins remplaçants. Chaque radiologue répondant aux critères ainsi définis signe préalablement à son entrée dans le dépistage une convention ad hoc avec l'assurance maladie (AM). La liste des radiologues participant au programme, actualisée tous les 6 mois, est diffusée par la Caisse primaire d'assurance maladie aux médecins généralistes, aux gynécologues ainsi qu'à l'Institut national du cancer (INCa). Elle est systématiquement jointe à tout envoi d'une invitation postale et accessible à partir des invitations ou relances dématérialisées, et figure sur un site internet de l'assurance maladie. En ce qui concerne l'obligation de réaliser annuellement au moins 500 mammographies, des cas particuliers peuvent être examinés par le CRCDC (installations récentes, situations géo-démographiques particulières), sous réserve que toutes les conditions de qualité et de formation requises soient respectées et qu'au moins 300 mammographies soient réalisées la première année, le radiologue s'engageant à assister aux deuxièmes lectures pour atteindre un seuil de 500 mammographies annuelles lues. Les chefs de clinique et les remplaçants entrent également dans ce cas particulier. En cas de non-respect du cahier des charges, une exclusion momentanée ou définitive de la liste peut être prononcée, en particulier pour les radiologues qui ne se soumettraient pas aux contrôles de qualité externes semestriels ou qui tomberaient sous le coup d'une décision de police sanitaire de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Le cas échéant, le CRCDC signale cette exclusion à la direction de la coordination de la gestion du risque de l'assurance maladie. La convention ad hoc signée par un radiologue dans un département est valable pour tous les départements et tous les sites sur lesquels il exerce sous réserve que les installations radiologiques y soient contrôlées et en état de conformité. III. - Rôle du radiologue et des autres professionnels de santé concernés Lorsqu'une personne se présente avec une invitation pour une mammographie de dépistage dans le programme, le radiologue et le cas échéant tout autre professionnel de santé concerné (gynécologue, médecin traitant, sage-femme) vérifie qu‘elle ne présente pas de motifs d'inéligibilité pour ce programme de dépistage organisé. S'il a connaissance d'une mammographie chez la personne il y a moins d'un an, et en l'absence de symptomatologie mammaire, il lui est recommandé de différer la mammographie. Si la date de la dernière mammographie permet de prévoir qu'à la date de l'invitation le délai de deux ans sera dépassé, le professionnel de santé peut réaliser ou faire réaliser cette mammographie de manière anticipée. S'il apparaît qu'elles n'ont aucun suivi ou que leur suivi est inadapté ou si une mammographie est indiquée, celle-ci peut être réalisée dans le cadre du programme de dépistage organisé. Lorsque l'examen clinique réalisé à l'occasion d'un dépistage révèle un symptôme clinique suspect, la personne ne doit pas être exclue du programme, contrairement aux cas des personnes adressées au radiologue pour diagnostic et bilan d'une lésion cliniquement patente. Il est nécessaire de rappeler régulièrement aux médecins et aux radiologues d'informer les personnes concernées par une exclusion provisoire ou définitive, que ces données médicales seront transmises au CRCDC dans le cadre de leur mission de suivi. Les actions de communication vers les professionnels doivent rappeler qu'en dehors de ces causes d'exclusion le fait de réaliser des mammographies de dépistage en dehors du programme prive les personnes concernées de l'Assurance qualité du programme et notamment de la double lecture et du suivi de leurs résultats par les CRCDC. IV. - Organisation du dépistage et des lectures Les conditions de réalisation de la mammographie en première lecture font l'objet d'un référentiel national élaboré par l'INCa, en lien avec les professionnels concernés. Il y est précisé la composition des examens de dépistage et des bilans de diagnostic. Le référentiel comprend la fiche d'interprétation définie au niveau national et qui doit être utilisée dans les échanges avec le CRCDC. Cette fiche peut être transmise de manière dématérialisée. Pour cette première lecture : - il est recommandé que des installations de mammographie numérique DR (digital radiography) soient utilisées dans le cadre du programme de dépistage organisé ; - le premier lecteur interprète les clichés sur console d'interprétation ; - la lecture sur écran de films numérisés secondairement n'est pas autorisée ; - la classification à utiliser est celle proposée par l'American College of Radiology (ACR) dans la deuxième édition française du BI-RADS

(2)mammographique, traduction de la 4e édition mammographique du Breast Imaging Reporting and Data System (BI-RADS). En termes d'annonce : en cas d'observation d'anomalies (imagerie ou examen clinique), le radiologue en informe la personne concernée, lui indique que cela ne permet toutefois pas à ce jour de poser un diagnostic de certitude et la prépare au temps d'annonce de confirmation du diagnostic. Il l'incite à consulter son médecin traitant/médecin prescripteur de l'examen, pour envisager les suites à donner et les bilans complémentaires à réaliser, le cas échéant contacte le médecin par téléphone (avant l'envoi d'un courrier) et obtient, lorsque c'est possible, un rendez-vous pour la personne dans un délai court. Le CRCDC doit veiller au respect de ce référentiel et notamment à l'utilisation adéquate de la fiche d'interprétation dont dépend l'évaluation du programme. A. - Organisation de la première lecture Les personnes munies de leur invitation (par courrier postal ou dématérialisée), émise par l'organisme du régime d'assurance maladie auquel elles sont affiliées, se rendent chez le radiologue de leur choix parmi ceux qui figurent sur la liste des radiologues jointe à leur invitation. En cas de perte, d'oubli ou de non présentation de l'invitation, le radiologue vérifie l'éligibilité de la personne. Il peut s'agir d'un radiologue d'un autre département. Dans ce cas, le traitement des dossiers de dépistage (saisie des résultats et envoi des courriers) et la deuxième lecture des mammographies doivent être faits dans le CRCDC du département de résidence principale de la personne. Ces situations demandent une vigilance particulière car elles compliquent les formalités administratives et la circulation des dossiers, avec risque de perte des clichés ou d'allongement des délais de remise des résultats et de diagnostic. B. - Résultats après première lecture Si le résultat de la mammographie est négatif (classement BI-RADS ACR 1 ou 2, cf. annexe 2), le CRCDC reçoit du radiologue les clichés, le compte-rendu et la fiche d'interprétation. Le radiologue fournit à la personne une information orale sur son interprétation des clichés et lui confirme qu'une deuxième lecture sera réalisée. S'agissant d'un acte inscrit à la classification commune des actes médicaux (CCAM), le radiologue doit établir un compte-rendu qui parviendra à la personne concernée avec les mammographies (après la deuxième lecture). Le radiologue explique à la personne oralement les résultats après la première lecture et lui remet un compte rendu provisoire écrit qu'il pourra éventuellement compléter en fonction des résultats de la seconde lecture et du bilan complémentaire qu'il pourrait être amené à faire en conséquence. La fiche d'interprétation sera archivée par le CRCDC. Elle n'est pas destinée à la personne et ne peut remplacer le compte-rendu. Si le radiologue a jugé utile de faire une échographie, celle-ci ne fait pas partie du bilan de diagnostic, quel que soit son résultat, la mammographie « normale » ne doit pas être reclassée. Elle doit donc être soumise à la double lecture comme les autres mammographies normales. Le CRCDC reçoit la mammographie ainsi que les clichés supplémentaires, l'échographie, les comptes rendus et la fiche d'interprétation dûment renseignée afin d'organiser cette deuxième lecture. Dans le cas d'une échographie suspecte, la deuxième lecture a pour unique objectif de vérifier s'il n'y a pas d'anomalie suspecte sur la mammographie et si les clichés sont techniquement suffisants. Elle n'a pas pour objectif de vérifier l'échographie ou la conduite à tenir proposée. Il est conseillé que ces dossiers soient vus rapidement en seconde lecture pour ne pas gêner la prise en charge des anomalies détectées. Si les résultats de la mammographie avant bilan sont positifs, le radiologue réalise « extemporanément » les examens complémentaires nécessaires (bilan de diagnostic immédiat) pour le classement définitif de l'image. Le radiologue ne peut pas, en particulier, classer des micro-calcifications sans cliché de profil et sans agrandissements ou une masse sans avoir fait d'échographie. Le CRCDC reçoit du radiologue : 1. Si le bilan de diagnostic immédiat n'a pas confirmé l'anomalie ou a permis au premier lecteur de la caractériser comme bénigne (classement final BI-RADS ACR 1 ou 2) : les clichés et les examens du bilan de diagnostic, les comptes-rendus et la fiche d'interprétation complétée. Une seconde lecture sera réalisée. 2. Si le bilan de diagnostic immédiat confirme l'anomalie (classement final BI-RADS ACR 3,4 ou 5) : la fiche d'interprétation avec les conclusions du bilan de diagnostic et la conduite à tenir préconisée selon qu'il s'agit d'une image nécessitant une surveillance ou d'une image indéterminée ou suspecte nécessitant une vérification histologique. Un cliché mettant en évidence l'anomalie, destiné à être archivé au CRCDC à des fins de recherche et d'évaluation, peut être joint à ces conclusions. S'il s'agit d'une image indéterminée ou suspecte, le radiologue oriente la personne, en concertation avec ses médecins, vers une prise en charge, comme cela se fait habituellement en pratique clinique, si possible, et selon les recommandations en vigueur, dans le cadre de la concertation pluridisciplinaire. 3. Dans les cas où le radiologue découvre une anomalie suspecte à l'examen clinique chez une personne qui lui est adressée pour une mammographie de dépistage dans le cadre du programme, qu'il y ait ou non une anomalie radiologique, il doit faire le bilan de diagnostic nécessaire et orienter la personne en concertation avec ses médecins vers une prise en charge adaptée. Il remplit la fiche d'interprétation et adresse ses conclusions au CRCDC du lieu de résidence principale de la personne. Ces cas ne doivent pas être exclus du programme, ils permettent d'évaluer l'apport de l'examen clinique dans le dépistage. Dans les cas où l'examen clinique fait au moment du dépistage est anormal, la mammographie peut être classée selon le BI-RADS de l'ACR pour rester dans la logique de l'évaluation du programme (même si en principe la classification BI-RADS est réservée aux images radiologiques infracliniques). Dans tous les cas, il importe que les conclusions du compte-rendu soient conformes à celles de la fiche d'interprétation qui est le seul document utilisé pour le suivi du programme et que la conduite à tenir recommandée par le radiologue soit conforme au classement BI-RADS définitif des images observées. Si la personne refuse les examens complémentaires, le radiologue en informe le CRCDC ainsi que le médecin de la personne en insistant sur la nécessité de pratiquer ce bilan de diagnostic. Dans ce cas, le radiologue premier lecteur peut classer BI-RADS ACR 0 et envoyer au CRCDC la fiche sur laquelle il fera figurer ses recommandations pour des examens complémentaires et éventuellement un cliché montrant l'anomalie. Le CRCDC engagera une procédure de suivi conformément au référentiel de l'INCa. Le CRCDC envoie un courrier immédiat à la personne pour lui expliquer que le premier lecteur ne peut donner de résultat fiable du dépistage sans ce bilan, que son examen est en attente, et qu'il est dans son intérêt de faire ce complément d'examen dans les meilleurs délais. Le CRCDC envoie aussi un courrier au médecin expliquant le refus de la personne. Le médecin doit tout mettre en œuvre pour informer la personne de la nécessité de pratiquer ces examens, sauf en cas d'impossibilité de la retrouver. Si la personne persiste dans son refus, la mammographie restera classée BI-RADS ACR 0. La mammographie sera rendue à la personne avec un compte rendu signalant la nécessité de faire des examens complémentaires, et le médecin recevra un courrier confirmant le refus de la personne malgré l'information reçue, auquel sera jointe une copie du compte-rendu. Le passage de la mammographie en seconde lecture n'est pas obligatoire mais il est recommandé, si la personne n'exige pas la récupération immédiate de ses mammographies. Le traitement de ces rares dossiers se fera en étroite collaboration avec le médecin et la personne, un contact personnalisé est indispensable, chaque situation de refus étant particulière. C. - Organisation de la seconde lecture 1. Objectif L'objectif de la seconde lecture est la détection de cancers non repérés en première lecture, sans pour autant générer un nombre élevé de faux positifs. Il n'appartient pas au second lecteur de demander une échographie pour des seins denses normaux si le premier lecteur ne l'a pas jugée utile. De même il ne lui est pas demandé de donner un avis sur les échographies réalisées par le premier lecteur. Cette seconde lecture ne concerne que les clichés jugés normaux ou bénins : - mammographies classées (BI-RADS ACR 1 ou 2) d'emblée par le premier lecteur ; - mammographies classées BI-RADS ACR 1 ou 2 après un bilan de diagnostic immédiat ; - mammographies classées BI-RADS ACR 1 ou 2 pour lesquelles une échographie a été pratiquée, quel que soit le résultat de l'échographie. Les mammographies classées BI-RAD ACR 3,4 ou 5 en première lecture ne passent pas en deuxième lecture. Le CRCDC du lieu de résidence principale de la personne réceptionne les clichés et les fiches d'interprétation et organise les secondes lectures centralisées. L'organisation de la seconde lecture mise en place par le CRCDC doit tenir compte des particularités géographiques et de la taille de la population cible (nombre de lecteurs, nombre de séances de lecture). 2. Critères qualité Les deuxièmes lecteurs sont des radiologues volontaires ayant reçu une formation spécifique, réalisant au moins 500 mammographies par an pour l'ensemble de leur exercice et s'engageant à en lire au minimum 1 500 par an de plus en tant que deuxième lecteur. Cette donnée sera vérifiée au bout de deux ans de participation aux deuxièmes lectures, puis annuellement. Les deuxièmes lecteurs doivent être des radiologues en activité. Dans des cas particuliers, ils peuvent être des seconds lecteurs expérimentés qui viennent de cesser leur activité, à condition qu'ils lisent au moins 2 000 mammographies en tant que second lecteur et que cette activité de seconde lecture fasse l'objet d'une analyse annuelle et comparée avec les autres seconds lecteurs par le CRCDC. 3. Organisation Les séances de seconde lecture sont rémunérées par les CRCDC dans les conditions fixées par convention dans le respect des réglementations sociales et fiscales. Une mammographie ne peut être lue par un même radiologue en tant que premier puis deuxième lecteur. La centralisation de la deuxième lecture permet d'offrir aux radiologues seconds lecteurs des conditions de confort leur permettant de focaliser tout leur temps sur la lecture. Le CRCDC doit offrir l'assistance d'un secrétariat et être équipée d'un ou plusieurs négatoscopes à enrouleur aux normes et faisant l'objet d'une maintenance technique. L'organisation doit permettre des échanges entre les radiologues à titre de formation continue et à des radiologues premiers lecteurs d'assister aux secondes lectures pour parachever leur formation. Elle permet à des seconds lecteurs de se rencontrer au centre de lecture pour réaliser un consensus sur les mammographies posant problème. Pour des raisons déontologiques, le second lecteur est rendu anonyme, en particulier vis-à-vis de la personne et de son ou de ses médecins, le cas échéant de la sage-femme initiatrice de la mammographie. Le CRCDC met à disposition du second lecteur la mammographie et toutes les incidences complémentaires éventuellement pratiquées par le premier lecteur et les résultats du bilan de diagnostic si celui-ci a été pratiqué et a permis de « négativer » l'examen (classement final du premier lecteur BI-RADS ACR 1 ou 2), avec un ou des documents démonstratifs, ainsi que les bilans antérieurs le cas échéant. Le second lecteur dispose de la fiche d'interprétation remplie par le premier lecteur et devra la renseigner à son tour. Une troisième lecture n'est pas prévue dans le cadre du programme. La décentralisation des secondes lectures dans des centres de radiologie n'est acceptée que sur expérimentation dans le cadre d'appel à projets de l'INCa et dérogation expresse de la direction générale de la santé. D. - Cas particulier : les mammographies pratiquées dans les unités mobiles La justification de l'utilisation d'une unité mobile repose notamment sur l'éloignement de certaines parties du département de tout cabinet de radiologie. Il permet de favoriser l'accès à la mammographie de dépistage pour toutes les personnes. Le présent cahier des charges s'applique aux unités mobiles en ce qui concerne le contrôle de qualité des matériels, la formation des manipulateurs ainsi que l'organisation de la double lecture. En l'absence de radiologue, le dispositif doit rester exceptionnel du fait de l'impossibilité d'interpréter les clichés extemporanément, de réaliser des incidences complémentaires si besoin, et de réaliser des examens de diagnostic immédiat en cas de mammographie positive. Toutefois, ce dispositif peut être accepté dans certaines régions sous réserve de la justification géographique locale et à condition qu'un médecin, nécessairement formé à la radioprotection, soit présent pour interroger la personne et l'examiner, et sous réserve que l'unité mobile soit soumise aux mêmes exigences de contrôle de qualité que les autres mammographes. En l'absence d'un radiologue dans l'unité mobile, la première lecture des clichés est réalisée en différé au centre de lecture par un radiologue faisant partie du groupe des seconds lecteurs. Ce lecteur devra rédiger un compte-rendu écrit. Si cette mammographie de dépistage est négative (BI-RADS ACR 1 ou 2), elle doit bénéficier d'une seconde lecture auprès d'un second lecteur différent du premier, exactement dans les mêmes conditions qu'une mammographie réalisée sur un site fixe. Si la mammographie de dépistage est positive (BI-RADS ACR 0-3-4 ou 5), la personne et son médecin traitant et le cas échéant le gynécologue ou la sage-femme qui aura prescrit la mammographie de dépistage seront avertis, la mammographie remise à la personne et le bilan de diagnostic sera fait en différé auprès d'un radiologue selon le choix de la personne. Si le bilan de diagnostic confirme l'anomalie, le résultat doit être transmis au CRCDC avec la fiche d'interprétation du bilan de diagnostic différé et éventuellement un cliché montrant l'anomalie. Si le bilan de diagnostic innocente l'image (classement définitif du premier lecteur BI-RADS ACR 1 ou 2), le dossier doit revenir vers le CRCDC pour une seconde lecture. La deuxième lecture doit donc être organisée dans les mêmes conditions que celles définies pour les sites fixes pour toutes les mammographies normales ou bénignes ou normalisées après bilan. Les mammographies réalisées dans l'unité mobile doivent être identifiables dans la base de données du CRCDC et faire l'objet d'une évaluation annuelle spécifique. Si les conditions énoncées ci-dessus ne sont pas respectées, le dispositif d'unité mobile doit faire l'objet d'une démarche spécifique de demande de dérogation auprès de la direction générale de la santé. V. - Transmission des résultats et suivi Après la deuxième lecture, les mammographies de dépistage sont rendues aux personnes avec leur compte-rendu définitif. Les personnes sont invitées à les rapporter lors de l'examen suivant. Les clichés ne doivent donc pas être archivés au CRCDC. Le retour des clichés et du compte-rendu du premier lecteur aux personnes se fait préférentiellement par envoi postal direct à la personne dépistée. Il peut se faire (essentiellement en zone urbaine) par l'intermédiaire du cabinet de radiologie où a été réalisée la mammographie. Dans ce cas, si la personne n'est pas venue récupérer ses films, une relance postale peut lui être adressée par le radiologue. Sinon, le CRCDC devra se charger de leur acheminement postal. Le CRCDC se chargera des divers courriers au professionnel de santé qui aura prescrit la mammographie de dépistage, et veillera à ce qu'il soit bien informé que la mammographie a été réalisée et qu'il ait connaissance des résultats. Le ou les professionnels concernés reçoivent systématiquement un courrier les informant des résultats. Les modèles nationaux, normés, de suivi et de résultats et les documents d'information d'accompagnement sont fournis par l'Institut national du cancer. La fiche d'interprétation est archivée par le CRCDC pendant la durée prévue par l'article R. 1112-7 du code de la santé publique. A. - Mammographie négative (ou « négativée ») en première lecture et négative en deuxième lecture Ceci correspond au cas suivant : après la deuxième lecture, la mammographie est : - normale (BI-RADS ACR 1) ; - avec des anomalies bénignes (BI-RADS ACR 2) qui n'entraînent ni examen complémentaire, ni surveillance ; - négativée en première lecture pour des anomalies qui se sont révélées BI-RADS ACR 1 ou 2 après examens complémentaires effectués en bilan de diagnostic immédiat, et confirmée normale ou bénigne en seconde lecture. La mammographie et le compte-rendu du premier lecteur sont envoyés par le CRCDC à la personne dans un délai n'excédant pas 15 jours après la réalisation de la mammographie. Ce courrier lui précise qu'elle sera invitée à nouveau dans deux ans et lui recommande cependant de consulter sans délai si elle découvre une anomalie entre-temps. Un courrier est adressé au (
  1. x)médecin(
  2. s)qu'elle a désigné(s). B. - Mammographie négative et échographie suspecte Si une échographie avant bilan de diagnostic immédiat a montré une anomalie pour laquelle le premier lecteur a orienté la personne, en concertation avec ses médecins vers une prise en charge, et que le second lecteur ne voit pas non plus d'anomalie mammographique, la mammographie reste classée BI-RADS ACR 1 ou 2 et le CRCDC engage une procédure de suivi. L'échographie avant bilan de diagnostic immédiat ne fait pas partie du bilan de diagnostic. Ces cas restent des « dépistages négatifs avec échographie positive ». Ces cas doivent être évalués séparément puisque le dépistage (mammographie et examen clinique) reste négatif. On rappelle que le passage en seconde lecture des mammographies est impératif pour que les résultats de cette pratique puissent être évalués de façon fiable dans les mêmes conditions que les autres mammographies de dépistage. La seconde lecture a pour unique objectif de vérifier qu'il n'y a pas d'anomalie suspecte sur la mammographie et que les clichés sont techniquement suffisants. Elle n'a pas pour objectif de vérifier l'échographie ni la conduite à tenir proposée. Les procédures de suivi seront identiques à celles engagées pour une image mammographique : suivi de type BI-RADS ACR 3 si l'image échographique requiert une surveillance, suivi de la prise en charge et des résultats histologiques si l'image échographique fait indiquer un prélèvement. En dehors des cas de cancers diagnostiqués, conformément au référentiel national de l'INCa, toute personne dont le suivi est incomplet ou inconnu fera l'objet d'une nouvelle invitation dans le souci de ne pas la priver d'une nouvelle proposition de dépistage. C. - Mammographie suspecte après première ou deuxième lecture Que le résultat suspect (mammographie et/ou clinique) après bilan de diagnostic soit obtenu après première ou deuxième lecture, les procédures de suivi sont identiques. Si un an après la mammographie et après des relances auprès de la personne et de son médecin, aucune information sur les examens complémentaires et la prise en charge médicale n'est renseignée, la personne est considérée comme « perdue de vue ». Si le résultat de la mammographie de diagnostic est BI-RADS ACR 3, le CRCDC organise le retour d'information par les radiologues en priorité. Les radiologues peuvent, pour transmettre les résultats au CRCDC, utiliser la fiche du bilan de diagnostic différé qui figure dans le référentiel national de l'Institut national du cancer. Le CRCDC doit insister auprès des radiologues pour obtenir la remontée de ces données de suivi (si la personne est encore sous surveillance, si la surveillance a été arrêtée pour pathologie bénigne ou cancer, si le radiologue n'a pas considéré la surveillance comme nécessaire ou si la personne a refusé la surveillance ou ne s'est pas présentée ou si aucune information n'est disponible). A échéance du délai prévu dans le référentiel de l'INCa, en l'absence de retour de la fiche de bilan différé ou de tout autre document permettant le recueil complet du suivi, le CRCDC envoie au radiologue premier lecteur un courrier accompagné de la fiche de bilan de diagnostic différé et, en l'absence de retour, une demande d'information à la personne et à son (ses) médecin(s). En cas d'échec, une relance sera adressée à la personne et/ou au médecin. Une mammographie complète et bilatérale de dépistage doit être faite 24 mois après la précédente mammographie complète : - soit au terme de la surveillance semestrielle de l'image BI-RADS ACR 3 ; - soit de manière systématique si la surveillance conseillée n'a pas été pratiquée. Toutes les personnes dont la mammographie a été classée BI-RADS ACR 3 seront maintenues dans le dépistage organisé 24 mois après, en dehors des cancers diagnostiqués. Les rares cas BI-RADS ACR 3 pour lesquels, en raison d'un contexte particulier, un prélèvement a été conseillé, relèvent du même suivi que les BI-RADS ACR 4 ou 5. Si le prélèvement montre un résultat bénin contributif, la mammographie étant reclassée BI-RADS ACR 1 ou 2, la personne sera maintenue dans le dépistage organisé, une mammographie complète et bilatérale devant être réalisée 24 mois après la précédente mammographie de dépistage. Si le résultat de la mammographie est BI-RADS ACR 4 ou 5, ou si un examen clinique anormal a révélé une lésion suspecte après bilan, en l'absence de nouvelles dans le délai prévu dans le référentiel de l'INCa, le CRCDC envoie un courrier à la personne et à son médecin, de façon à connaître le résultat et les modalités de prise en charge, et à s'adresser éventuellement aux praticiens qui assurent cette prise en charge. En l'absence de prise en charge, un contact personnalisé doit être entrepris auprès de la personne et du médecin. En cas de non-réponse à cette relance le CRCDC sollicitera à nouveau le(
  3. s)médecin(
  4. s)adéquat(
  5. s)et fera parallèlement une demande aux laboratoires d'anatomocytopathologie. Les anatomopathologistes, dont la participation au dépistage était un pré-requis à la mise en place des programmes, doivent contribuer au recueil des données concernant les personnes dépistées. Si le résultat de la mammographie est BI-RADS ACR 0 après seconde lecture, en l'absence de retour de la fiche et/ou des résultats du bilan différé dans les délais prévus dans le référentiel de l'INCa, le CRCDC : - contacte le radiologue premier lecteur (par courrier ou téléphone). Le CRCDC devra insister sur l'importance du retour de ces résultats ; - adresse une relance à la personne et/ou au médecin traitant. Si nécessaire, une deuxième relance sera effectuée un mois plus tard. Un contact personnalisé (communication téléphonique avec la personne et/ou le médecin) doit être recherché. En l'absence de résultat au terme de cette démarche, on doit considérer qu'il s'agit d'un refus de pratiquer les examens complémentaires recommandés. La procédure est similaire à celle engagée en cas de refus du bilan de diagnostic immédiat. D. - Mammographie positive en première lecture Il s'agit des cas sans deuxième lecture. La mammographie a été classée par le premier lecteur : - BI-RADS ACR 3,4 ou 5 ; - BI-RADS ACR 1 ou 2 avec examen clinique anormal et bilan diagnostique immédiat confirmant la nécessité d'une surveillance rapprochée, d'un avis spécialisé ou d'un prélèvement. La personne a reçu directement les clichés et le compte-rendu ; une conduite à tenir a été préconisée en concertation avec ses médecins. Le radiologue premier lecteur en a informé le CRCDC. Le CRCDC engage une procédure de suivi pour recueillir, auprès de la personne, de son médecin et des praticiens intervenus dans le diagnostic ou le traitement, les éléments nécessaires à l'évaluation. Le radiologue transmet, à chaque fois qu'il en a connaissance, les informations sur les explorations complémentaires réalisées et le diagnostic final au CRCDC. E. - Mammographie positive en seconde lecture La détection d'une anomalie à explorer ou suspecte d'être un cancer par le deuxième lecteur implique la réalisation d'un bilan. La classification BI-RADS ACR 0 (demande de bilan de diagnostic différé) sera utilisée dans la plupart des cas par le second lecteur en l'absence de bilan de diagnostic. Le deuxième lecteur ne peut pas classer BI-RADS ACR 3 et prendre la décision d'une surveillance sans bilan (profil et agrandissements pour les micro-calcifications, échographie pour les masses). Si le résultat de la seconde lecture est discordant et que le second lecteur signale une anomalie à explorer ou suspecte d'être un cancer, le second lecteur l'indique sur la fiche d'interprétation. Dans la conclusion, il propose des examens complémentaires ou une conduite à tenir. Il devra expliciter clairement et localiser sur le schéma l'anomalie, afin que le radiologue qui fera le bilan de diagnostic différé ne fasse pas de faux négatif par erreur de localisation. Cependant, dans les cas où un bilan de diagnostic complet a déjà été pratiqué par le premier lecteur et jugé négatif, un avis discordant du deuxième lecteur peut se traduire, si ce bilan est jugé suffisant, par la demande d'un avis spécialisé après classement en ACR 3-4 ou 5. Il n'appartient pas au deuxième lecteur de demander une échographie pour des seins denses sans anomalie visible, si le premier lecteur n'a pas jugé utile de la pratiquer. Le second lecteur ne fait pas de compte-rendu mais remplit la fiche d'interprétation. Le CRCDC envoie au radiologue premier lecteur la mammographie avec son propre compte-rendu, qu'il pourra compléter en fonction des résultats de son bilan de diagnostic, et copie de la fiche d'interprétation complétée. Le CRCDC envoie dans les plus brefs délais au(
  6. x)médecin(
  7. s)généralistes ou gynécologues une lettre l'informant qu'une anomalie a été vue en seconde lecture, qui nécessite des examens complémentaires, et que le radiologue premier lecteur va recevoir les mammographies et la fiche explicative. Il adresse également à la personne, 24 ou 48 heures après le médecin, une lettre l'invitant à revenir chez le radiologue premier lecteur pour réaliser des examens complémentaires, en n'oubliant pas de rapporter les mammographies précédentes si elle en possède. Le radiologue lui donnera un rendez-vous dans les meilleurs délais, il lui est recommandé d'appeler la personne pour lui proposer ce rendez-vous à sa convenance. Au cas où la personne déciderait de se rendre chez un autre radiologue, elle récupérera auprès du premier lecteur la mammographie, le compte-rendu éventuellement complété et la fiche d'interprétation. Dans tous les cas, le radiologue fait les examens complémentaires, qui seront facturés selon les modalités habituelles de prise en charge des actes médicaux. Il remplit une fiche de bilan de diagnostic différé, précisant les données des examens complémentaires avec leur conclusion, le classement définitif (BI-RADS ACR 1 à 5) et la conduite à tenir préconisée. La fiche d'interprétation ainsi complétée devra être transmise au CRCDC, avec éventuellement un film mettant en évidence l'anomalie si celle-ci est confirmée. Dans ce cas, le CRCDC engage une procédure de suivi, et recueille auprès du médecin traitant le résultat de la biopsie le cas échéant et le diagnostic final. Le radiologue transmet, à chaque fois qu'il en a connaissance, les informations sur les explorations complémentaires réalisées et le diagnostic final au CRCDC. Le radiologue est responsable des résultats du bilan qu'il a pratiqué. Il fait un compte-rendu sur lequel il précise ses conclusions, et oriente la personne en conséquence en concertation avec son ou ses médecins. Il envoie une copie de ce compte-rendu définitif au CRCDC en même temps que la fiche de bilan de diagnostic différé. Les clichés ne reviennent pas à nouveau vers le CRCDC et ne sont pas revus en seconde lecture, y compris si le bilan de diagnostic innocente l'image vue en seconde lecture. Le CRCDC doit s'assurer que la personne a fait les examens recommandés. Le(les) médecin(
  8. s)de la personne, le cas échéant la sage-femme à l'origine de la mammographie de dépistage, reçoi(ven)t du radiologue les résultats de la mammographie et des examens complémentaires, les commente(
  9. nt)à la personne, l'oriente(
  10. nt)pour une prise en charge ou un suivi en cas d'anomalie confirmée. Il transmet, le cas échéant, les informations sur les explorations complémentaires réalisées et le diagnostic final au CRCDC. Il sera sollicité par le CRCDC dans le cadre des procédures de suivi. Si la personne n'a pas désigné de médecin, le CRCDC prévenu par le biais de la fiche d'interprétation de l'absence de médecin, est responsable de la notification du résultat et doit vérifier que la personne reçoit bien les résultats et qu'elle a contacté le radiologue premier lecteur si une anomalie a été détectée en seconde lecture. Le médecin coordonnateur doit inciter la personne à contacter le radiologue premier lecteur et/ ou un médecin. En cas de refus, ces cas devant rester exceptionnels, c'est le radiologue premier lecteur qui remet les résultats et devra veiller à l'entrée de la personne dans un parcours de soins et à son suivi. Le radiologue premier lecteur et la personne elle-même recevront les courriers édités dans le cadre de la procédure de suivi. F. - Cas particulier des mammographies BI-RADS ACR 3 après bilan de diagnostic (immédiat ou différé) Si le résultat du bilan de diagnostic est BI-RADS ACR 3, le CRCDC organise le retour d'information, si possible directement par les radiologues. Il est conseillé aux radiologues, pour transmettre les résultats de chaque contrôle effectué dans le cadre de la surveillance rapprochée semestrielle au CRCDC, d'utiliser la fiche du bilan de diagnostic différé définie dans le référentiel. Le radiologue transmet, à chaque fois qu'il en a connaissance, les informations sur les examens effectués dans le cadre de ce suivi. A échéance d'un délai d'un an, en l'absence de retour de la fiche de bilan différé ou de tout autre document permettant le recueil complet du suivi, le radiologue premier lecteur recevra du CRCDC un courrier de demande d'information. En l'absence de retour, un courrier sera adressé par le CRCDC à la personne et à son (ses) médecin(s). Une mammographie complète et bilatérale de dépistage doit être faite 24 mois après la précédente mammographie complète : - soit au terme de la surveillance de l'image BI-RADS ACR 3 ; - soit de manière systématique si la surveillance conseillée n'a pas été réalisée. Toutes les personnes dont la mammographie a été classée BI-RADS ACR 3 seront maintenues dans le dépistage organisé et seront invitées 24 mois après, en dehors des cancers diagnostiqués. G. - Clichés techniquement insuffisants Si le second lecteur estime qu'un ou plusieurs clichés sont techniquement insuffisants (CTI) au point de gêner la détection d'une anomalie (clichés flous, densité optique inadéquate, glande mammaire insuffisamment dégagée), il doit demander qu'un ou des clichés soient refaits afin d'interpréter les mammographies dans de meilleures conditions techniques. Pour prendre cette décision, il met en balance une possible perte de chance pour la personne liée à la qualité insuffisante des clichés avec les effets délétères d'une nouvelle convocation. Le second lecteur fait figurer sur la fiche d'interprétation tous les renseignements nécessaires pour que le premier lecteur puisse faire le correctif. Le premier lecteur doit transmettre au CRCDC la mammographie complétée, ainsi que les films initialement jugés insuffisants, pour une nouvelle seconde lecture. Ces cas doivent être peu nombreux (< 1 % des dépistages réalisés), car ils sont générateurs d'angoisse et de perte de confiance. La décision de re-convoquer une personne à la suite d'un CTI peut faire l'objet d'un consensus de seconds lecteurs chaque fois que cela est possible. Après un avis « CTI », un courrier est adressé par le CRCDC immédiatement au radiologue premier lecteur avec les clichés et la personne est également avertie par courrier. Le radiologue s'engage à refaire les clichés jugés techniquement insuffisants en seconde lecture. La personne est informée par le CRCDC qu'elle doit effectuer de nouveaux clichés, il lui est recommandé de les faire réaliser dans le même centre de radiologie afin que ces clichés ne lui soient pas facturés. Le radiologue premier lecteur est également prévenu afin qu'il propose à la personne un nouveau rendez-vous dans les meilleurs délais. Il reçoit les mammographies et la fiche d'interprétation. Il n'est pas nécessaire d'informer le médecin de la personne si les clichés sont refaits dans des délais corrects. Si le premier lecteur se refuse à pratiquer les clichés demandés, estimant que ce n'est pas nécessaire, il doit en informer par écrit le CRCDC. Il en prend l'entière responsabilité en cas de faux négatif. Si la personne ne fait pas réaliser les clichés demandés, le CRCDC doit en être informé afin de contacter la personne et son ou ses médecins. En l'absence de nouvelle dans le délai prévu par le référentiel de l'INCa, une relance précisant que les clichés doivent être refaits avant six mois sera effectuée par le CRCDC auprès du radiologue premier lecteur (un contact téléphonique est recommandé) puis auprès de la personne, son médecin étant averti par courrier. VI. - Assurance qualité du programme de dépistage organisé au niveau régional (en complément de la seconde lecture) A. - Contrôle de qualité des installations de mammographie Les installations de mammographie entrent dans le champ des dispositifs médicaux soumis au contrôle de qualité défini par décret, qu'elles soient ou non utilisées pour le dépistage organisé du cancer du sein. Les modalités du contrôle de ces installations, qui est à la fois interne et externe, sont fixées par le directeur général de l'ANSM. Le contrôle externe doit être réalisé semestriellement par des organismes accrédités à cet effet par le comité français d'accréditation ou par tout autre organisme d'accréditation signataire d'un accord de reconnaissance multilatéral pris dans le cadre de la coordination européenne des organismes d'accréditation. Le radiologue a libre choix de l'organisme de contrôle. Le coût du contrôle externe est à sa charge. A l'issue de chaque contrôle externe, l'organisme de contrôle remet au radiologue une attestation authentifiant la réalisation du contrôle : - dans le cas où l'installation ne présente pas de non-conformité grave, l'attestation mentionne l'absence de non-conformité grave. Il appartient au radiologue de communiquer sans délai au CRCDC copie de cette attestation après chaque contrôle semestriel (le rapport complet du contrôle de qualité n'a pas à être transmis au CRCDC). Dans le cas où l'exploitant ne s'acquitte pas de cette obligation, le CRCDC doit se faire communiquer l'attestation. Si le CRCDC n'obtient pas cette attestation, la structure le signale à l'ANSM, sans préjudice des dispositions prises en matière d'exclusion du dépistage ; - dans le cas où l'installation présente au moins une non-conformité grave, le radiologue doit cesser l'exploitation de l'équipement mis en cause. L'organisme de contrôle signale sans délai cette non-conformité à l'ANSM qui en avertit le CRCDC dès réception du signalement. Après remise en conformité, l'organisme de contrôle de qualité externe délivre au radiologue une nouvelle attestation mentionnant la levée des non-conformités. Il appartient au radiologue de communiquer au CRCDC cette attestation. Il appartient à l'ANSM d'informer les CRCDC des décisions de police sanitaire prises à l'encontre des installations qui ne peuvent être remises en conformité. B. - Retour d'information des CRCDC aux radiologues Le CRCDC adressera au moins une fois par an à chaque radiologue, les résultats de son activité pour l'année précédente écoulée dans le cadre du dépistage organisé. Ces résultats sont présentés de manière comparée aux statistiques globales des autres radiologues du département. La remise des résultats individuels se fait dans le respect des règles de déontologie professionnelle et de confidentialité. Les écarts importants, soit entre radiologues d'un même département, soit pour l'ensemble du département et par rapport aux valeurs seuil données à titre indicatif, doivent faire l'objet d'une réflexion au cours des réunions des radiologues ou du département. Ces réunions sont organisées par le CRCDC au moins une fois par an dans le cadre des comités ou conseils scientifiques des CRCDC ; les radiologues se doivent d'y participer. Le retour comprend a minima (au global et pour le radiologue) : 1. Radiologues premiers lecteurs (L1) (
  11. i)Dépistage. - nombre total de lectures ; - nombre d'examens cliniques des seins : normaux, anormaux, non faits ou non renseignés ; - nombre de mammographies « BI-RADS ACR 1-2 » ; - nombre de mammographies « BI-RADS ACR 0-3-4-5 » ; - taux de mammographies positives avant bilan de diagnostic immédiat rapportées au nombre de personnes dépistées ; - délai moyen d'envoi des mammographies au CRCDC ; - pourcentage d'incidences complémentaires réalisées rapportées au nombre de personnes dépistées. (
  12. ii)Diagnostic. Nombre et nature des bilans immédiats dont : - nombre et nature des bilans immédiats pour motif radiologique ; - nombre et nature des bilans immédiats pour motif clinique ; - nombre et nature des bilans immédiats pour motif radiologique et clinique ; - taux de bilans immédiats réalisés rapportés au nombre de personnes dépistées. (iii) Résultats des bilans immédiats. - nombre de bilans avec résultats « BI-RADS ACR 1-2 » ; - nombre de bilans avec résultats « BI-RADS ACR 3 » ; - nombre de bilans avec résultats « BI-RADS ACR 4-5 » ; - taux de mammographies positives après bilan immédiat rapportées au nombre de personnes dépistées. (
  13. iv)Suivi des personnes ayant un dépistage positif en première lecture. - nombre de prélèvements percutanés (micro-biopsies, macro-biopsies) ; - nombre de biopsies chirurgicales ; - nombre d'examens autres (à préciser : cytologies, IRM…) ; - nombre de cancers détectés par le radiologue premier lecteur. (
  14. v)Deuxième lecture (L2) : résultats des deuxièmes lectures destinés aux premiers lecteurs. - nombre ou pourcentage de clichés techniquement insuffisants (CTI) ; - nombre ou pourcentage de mammographies « BI-RADS ACR 1-2 » en L1 et L2 ; - nombre ou pourcentage de mammographies « BI-RADS ACR 1-2 » en L1 et « BI-RADS ACR 0-3-4-5 » en L2 ; - nombre de cancers détectés par le second lecteur ; - nombre de cancers détectés par le second lecteur après bilan de diagnostic immédiat du premier lecteur négatif. (
  15. vi)Echographie des seins sans anomalie clinique ni mammographique. Nombre d'échographies quand mammographie « BI-RADS ACR 1-2 » et ECS normaux dont : - nombre d'échographies avec densité mammaire élevée ; - nombre d'échographies anormales ; - nombre d'échographies anormales pour lesquelles la mammographie n'est pas passée en seconde lecture. (vii) Mises en surveillance et réorientations. Nombre de personnes mises en surveillance dont : - mises en surveillance suite à un bilan « BI-RADS ACR 3 » ; - mises en surveillance sans bilan de diagnostic ; - mises en surveillance suite à une échographie anormale isolée. Nombre de personnes réorientées après l'invitation du fait de leurs antécédents (inéligibilité). 2. Retour d'information pour les radiologues seconds lecteurs (
  16. i)Deuxièmes lectures. - nombre de deuxièmes lectures ; - nombre de mammographies « BI-RADS ACR 1-2 » ; - nombre de mammographies « BI-RADS ACR 0-3-4-5 » dont : - nombre de deuxièmes lectures positives alors que le bilan diagnostic immédiat du premier lecteur est négatif ; - taux de mammographies positives avant bilan différé rapportées aux nombre de personnes dépistées ; - nombre de clichés techniquement insuffisants. (
  17. ii)Résultats des bilans diagnostics différés. - nombre de bilans effectués ; - nombre de bilans avec résultats « BI-RADS ACR 1-2 » ; - nombre de bilans avec résultats « BI-RADS ACR 3 » ; - nombre de bilans avec résultats « BI-RADS ACR 4-5 » ; - taux de mammographies positives

🔗 Vers la source officielle

Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.