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Alcool au volant : taux, sanctions et retrait de permis

Un contrôle d'haleine positif lors d'une opération BOB, après un accident ou à la sortie d'une fête peut avoir des conséquences très différentes selon le taux mesuré : une simple perception immédiate et une interdiction de conduire de quelques heures, ou une citation devant le tribunal de police avec une amende pénale élevée, une déchéance du droit de conduire, des examens de réintégration et l'obligation de rouler avec un éthylotest antidémarrage. En Belgique, la limite générale est de 0,5 gramme d'alcool par litre de sang (0,22 milligramme par litre d'air alvéolaire expiré) ; elle est abaissée à 0,2 gramme pour les conducteurs professionnels (camions, bus, transport de personnes). À partir de 0,8 gramme, l'infraction devient un délit jugé par le tribunal de police, et à partir de 1,8 gramme ou en cas de récidive, l'éthylotest antidémarrage devient en principe obligatoire. Cette fiche explique ce qui se passe au moment du contrôle, quels sont vos droits (seconde analyse, prise de sang), comment récupérer votre permis après un retrait immédiat, comment se préparer à l'audience au tribunal de police, et pourquoi la récidive dans les trois ans change tout.

Circulation – alcool et drogues

L'essentiel en bref

Délai
Le retrait immédiat du permis de conduire dure en principe quinze jours ; il peut être prolongé par le tribunal de police, et vous pouvez demander la restitution anticipée par requête au procureur du Roi. La récidive se calcule…
Domaine du droit
Circulation – alcool et drogues
Étapes
Jurisprudence
4
Mise à jour
03/11/2026

Délai

Le retrait immédiat du permis de conduire dure en principe quinze jours ; il peut être prolongé par le tribunal de police, et vous pouvez demander la restitution anticipée par requête au procureur du Roi.

La récidive se calcule sur trois ans : une nouvelle condamnation pour conduite sous influence d'alcool dans les trois ans d'un jugement antérieur définitif entraîne des peines doublées, une déchéance d'au moins trois mois avec examens de réintégration et, si les taux dépassaient chaque fois 1,2 gramme par litre de sang, l'éthylotest antidémarrage obligatoire. Une proposition de perception immédiate doit être payée dans le délai indiqué ; un ordre de paiement peut être contesté devant le tribunal de police dans les trente jours de sa réception. Une interdiction temporaire de conduire de trois ou six heures est imposée sur place dès 0,22 mg/l d'air expiré.

Que faire

  1. Connaissez les seuils qui s'appliquent à vous.

    Pour la plupart des conducteurs, conduire avec au moins 0,5 g d'alcool par litre de sang (0,22 mg/l d'air alvéolaire expiré) est une infraction ; entre 0,5 et 0,8 g/l, elle est en principe réglée par une perception immédiate ou un ordre de paiement. À partir de 0,8 g/l (0,35 mg/l), l'infraction devient un délit poursuivi devant le tribunal de police, comme l'état d'ivresse et le refus de se soumettre au test.

    Pour les conducteurs de véhicules nécessitant un permis C1, C, C+E, D1, D ou D+E, et pour ceux qui transportent des personnes avec un véhicule soumis aux mêmes exigences médicales (taxis, ambulances, transport scolaire), la limite est de 0,2 g/l (0,09 mg/l) depuis la loi du 9 mars 2014. La règle vaut aussi en dehors des heures de travail lorsque vous conduisez un tel véhicule.

  2. Sachez ce qui se passe lors du contrôle.

    La police peut vous soumettre à un test de l'haleine sans aucun indice, lors d'un contrôle préventif. Si le test est positif, une analyse de l'haleine avec un éthylomètre homologué donne le taux officiel. Vous pouvez demander une seconde analyse ; en cas de différence, c'est le résultat le plus favorable qui est retenu dans les limites prévues par la loi. Si l'analyse de l'haleine est impossible, un prélèvement sanguin par un médecin peut être imposé.

    Refuser le test ou l'analyse sans motif légitime est puni des mêmes peines qu'une conduite avec 0,8 g/l ou plus, et peut entraîner un retrait immédiat. Dès 0,22 mg/l, une interdiction de conduire de trois heures est imposée, de six heures au-delà de 0,35 mg/l ; vous devez faire venir un conducteur sobre ou laisser le véhicule, à vos frais s'il doit être enlevé. Pour les drogues, le test salivaire suivi d'une analyse de salive ou de sang suit un régime proche.

  3. Réglez la perception immédiate pour un taux modéré.

    Entre 0,5 et 0,8 g/l (0,22 à 0,35 mg/l), et sans circonstance aggravante (accident, récidive, autre infraction grave), la police vous propose généralement une perception immédiate de plusieurs centaines d'euros. Le montant dépend du taux et est fixé par arrêté royal ; il figure sur le document remis ou envoyé. Le paiement dans le délai éteint l'action publique : pas d'audience, pas de condamnation au casier judiciaire.

    Si vous ne payez pas, le procureur du Roi peut vous envoyer un ordre de paiement majoré, que vous pouvez contester dans les trente jours devant le tribunal de police, ou vous citer directement. Les conducteurs sans domicile en Belgique doivent consigner la somme sur place, à défaut de quoi le véhicule peut être retenu.

  4. Récupérez votre permis après un retrait immédiat.

    Dès 0,8 g/l, en cas d'ivresse, de refus du test ou d'accident grave, le procureur du Roi ou un officier de police judiciaire peut ordonner le retrait immédiat du permis pour quinze jours. Vous recevez un document indiquant la date et le lieu où le permis peut être récupéré, en principe au greffe ou au commissariat désigné. Conduire pendant ce retrait est un délit.

    Vous pouvez demander la restitution anticipée par une requête écrite et motivée au procureur du Roi (besoin professionnel, distance du domicile, absence d'antécédents). Le parquet peut aussi demander au tribunal de police de prolonger le retrait. Préparez dès ce moment votre dossier pour l'audience : preuve d'emploi nécessitant le permis, attestation de suivi d'un programme de sensibilisation ou d'un accompagnement en addictologie.

  5. Préparez l'audience devant le tribunal de police.

    Vous êtes cité par le parquet devant le tribunal de police du lieu de l'infraction. À partir de 0,8 g/l, la loi prévoit une amende pénale, multipliée par les décimes additionnels, qui se chiffre en milliers d'euros, et une déchéance du droit de conduire de huit jours à cinq ans ou à titre définitif. Le juge peut subordonner la réintégration à des examens théorique, pratique, médical et psychologique, ou à une formation.

    Vous pouvez vous défendre seul ou avec un avocat. Demandez la copie du dossier au greffe et vérifiez l'homologation de l'éthylomètre et le respect de la procédure. Le juge peut accorder la suspension du prononcé ou le sursis, une peine de travail, ou exécuter la déchéance uniquement le week-end. Le jugement peut être frappé d'appel devant le tribunal correctionnel dans les trente jours de son prononcé.

  6. Anticipez l'éthylotest antidémarrage.

    Depuis le 1er juillet 2018, si la condamnation porte sur un taux d'au moins 1,8 g/l (0,78 mg/l), le juge limite la validité du permis aux véhicules équipés d'un éthylotest antidémarrage, sauf à motiver expressément sa décision de ne pas le faire. En cas de récidive dans les trois ans avec, chaque fois, au moins 1,2 g/l (0,50 mg/l), la mesure est obligatoire pour au moins un an (Cass., 18 octobre 2023).

    Vous suivez alors un programme d'encadrement auprès d'un organisme agréé ; l'appareil est installé dans votre véhicule et ses données sont téléchargées périodiquement. Le coût de l'installation et du programme est en principe à votre charge et représente un budget important. Conduire un véhicule non équipé ou ne pas respecter le programme est puni d'emprisonnement et d'amende. Pendant la période d'antidémarrage, la déchéance ne peut pas être exécutée le week-end seulement (Cass., 4 septembre 2024).

  7. Mesurez les conséquences de la récidive.

    Si vous êtes à nouveau condamné pour conduite sous influence dans les trois ans d'un jugement antérieur définitif, les peines sont lourdement aggravées : emprisonnement possible, amende doublée, déchéance d'au moins trois mois et réintégration subordonnée aux quatre examens. Une troisième condamnation dans les trois ans porte la déchéance minimale à six mois, puis neuf mois.

    La récidive qui déclenche l'antidémarrage obligatoire et celle qui rend la déchéance obligatoire sont deux mécanismes distincts (Cass., 3 mars 2021). Notez la date à laquelle votre précédent jugement est devenu définitif : c'est elle qui fait courir le délai de trois ans.

  8. Gérez les conséquences civiles et d'assurance.

    En cas d'accident sous influence, l'assureur responsabilité civile auto indemnise les victimes, mais il peut exercer un recours contre vous pour récupérer tout ou partie des sommes payées, dans les limites prévues par le contrat-type. Votre propre assurance omnium peut refuser de couvrir vos dégâts. Le juge pénal statue aussi sur les demandes des victimes constituées parties civiles.

    Si votre employeur exige le permis, une déchéance peut menacer votre emploi ; signalez la situation au juge pour qu'il en tienne compte (exécution le week-end, sursis partiel, peine de travail). Pour les frais de défense, vérifiez votre assurance protection juridique, qui exclut souvent les infractions d'alcool, et, en cas de revenus modestes, adressez-vous au bureau d'aide juridique de l'arrondissement.

Points de vigilance

Base juridique

5

Décisions de justice liées

4
L'éthylotest antidémarrage est obligatoire en cas de récidive dans les trois ans avec des taux d'au moins 1,2 g/l, même si l'antécédent a été commis avant l'entrée en vigueur de la loi du 6 mars 2018.
Application dans le temps de l'article 37/1 (entré en vigueur le 1er juillet 2018) : position ensuite abandonnée par l'arrêt du 18 octobre 2023.
Le juge ne peut pas ordonner l'exécution de la déchéance le week-end lorsqu'il limite le permis aux véhicules équipés d'un éthylotest antidémarrage (art. 38, § 2bis).
La récidive qui fonde l'éthylotest antidémarrage obligatoire (art. 36 et 37/1) est distincte de celle de l'article 38, § 6, relative à la déchéance du droit de conduire.

Questions fréquentes

10
Combien de verres peut-on boire avant de prendre le volant ?

Il n'existe pas de règle fiable : le taux dépend du poids, du sexe, de l'alimentation, de la fatigue et du rythme de consommation. Un ou deux verres peuvent suffire à atteindre 0,5 g/l pour certaines personnes. Pour les conducteurs professionnels, la limite de 0,2 g/l est atteinte avec un seul verre. La seule solution sûre est de ne pas boire ou de désigner un BOB.

Que risque-t-on avec 0,6 g/l lors d'un premier contrôle ?

En principe, une perception immédiate de plusieurs centaines d'euros et une interdiction de conduire de trois heures sur place. Si vous payez dans le délai, l'affaire s'arrête là, sans passage devant le juge. Le montant exact est fixé par arrêté royal et figure sur le document remis. En cas d'accident ou d'autres infractions, le parquet peut toutefois vous citer devant le tribunal de police.

À partir de quel taux perd-on son permis immédiatement ?

Le retrait immédiat pour quinze jours est en pratique ordonné à partir de 0,8 g/l (0,35 mg/l d'air expiré), en cas d'ivresse, de refus du test ou d'accident grave. La décision appartient au procureur du Roi ou à un officier de police judiciaire. Vous pouvez demander la restitution anticipée par requête motivée au procureur du Roi.

Puis-je demander une prise de sang au lieu de l'éthylomètre ?

Vous pouvez demander une seconde analyse de l'haleine, et le résultat le plus favorable est retenu dans les limites légales. Le prélèvement sanguin est imposé lorsque l'analyse de l'haleine est impossible, par exemple pour raison médicale. Demander une prise de sang uniquement pour gagner du temps ne fera pas disparaître l'alcool du dossier.

L'éthylotest antidémarrage est-il obligatoire dès la première infraction ?

Il l'est en principe dès la première condamnation si le taux atteint 1,8 g/l (0,78 mg/l) : le juge doit l'imposer, sauf s'il motive expressément sa décision de ne pas le faire. En dessous de ce taux, il peut l'imposer librement. En récidive dans les trois ans avec au moins 1,2 g/l à chaque fois, il est obligatoire pour au moins un an.

Qui paie l'éthylotest antidémarrage ?

En principe le conducteur condamné : installation, location de l'appareil, lectures périodiques et programme d'encadrement par un organisme agréé. Le coût total est important et doit être anticipé. La loi permet de réduire la part à charge du condamné dans certaines conditions ; renseignez-vous auprès de l'organisme agréé et faites valoir votre situation financière devant le juge.

Je suis chauffeur de bus. Que risque mon emploi ?

Vous êtes soumis à la limite de 0,2 g/l. Une déchéance du droit de conduire empêche d'exercer votre métier pendant sa durée. Expliquez votre situation au juge, documents à l'appui : il peut prononcer une déchéance partiellement avec sursis, une peine de travail ou, hors cas d'antidémarrage, une exécution le week-end. L'employeur peut aussi tirer des conséquences disciplinaires du comportement.

Mon assurance couvre-t-elle un accident sous alcool ?

L'assurance responsabilité civile auto indemnise les victimes, car c'est obligatoire. Elle peut ensuite se retourner contre vous pour récupérer tout ou partie des montants payés, dans les limites prévues par la réglementation. Votre omnium peut refuser de couvrir vos propres dégâts. Lisez les exclusions de votre contrat et contactez votre courtier dès l'accident.

Combien de temps une condamnation pour alcool reste-t-elle prise en compte pour la récidive ?

Trois ans à compter du jour où le jugement précédent est devenu définitif. Une nouvelle condamnation pour alcool au volant dans ce délai aggrave les peines, rend la déchéance d'au moins trois mois obligatoire avec examens de réintégration et peut entraîner l'antidémarrage obligatoire. La condamnation reste par ailleurs inscrite au casier judiciaire selon les règles ordinaires.

Les mêmes règles s'appliquent-elles aux drogues ?

Le régime est proche mais distinct : la police procède à un test salivaire, puis à une analyse de salive ou à une prise de sang. Pour les drogues, il n'y a pas de seuil toléré comparable à 0,5 g/l : la présence d'une substance au-dessus des seuils techniques suffit. L'infraction est jugée par le tribunal de police, avec amende, déchéance et examens de réintégration.

Guide juridique – fiches pratiques

6
Circulation – infractions routières
Dettes – recours contre une condamnation à payer
Logement – bail de résidence principale
Dettes – saisies et exécution forcée

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Mise à jour: · Sources: Loi du 9 mars 2014 modifiant la loi relative à la police de la circulation routière (seuil de 0,2 g/l pour les conducteurs professionnels, retrait immédiat), Loi du 6 mars 2018 relative à l'amélioration de la sécurité routière (art. 37/1, éthylotest antidémarrage ; art. 38, § 6, récidive), Loi du 12 juillet 2009 modifiant la loi relative à la police de la circulation routière en ce qui concerne le recours à l'éthylotest antidémarrage, Arrêté royal du 26 novembre 2010 relatif à l'installation de l'éthylotest antidémarrage et au programme d'encadrement, ejustice.just.fgov.be, EUR-Lex

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