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Europaius

Kurz gesagt

Dieses Gesetz regelt die Veröffentlichung von Berichten über den Zustand der Landwirtschaft, die Einberufung von Versammlungen zur Festlegung von Wegenutzungsgebühren und die Organisation von Prüfungen für das Medizinal-Kollegium. Es enthält auch Bekanntmachungen über einen Versicherungsagenten, eine Sparkasse und Enteignungsverfahren.

Was es regelt

  • Die Veröffentlichung von allgemeinen Berichten über den Zustand der Landwirtschaft.
  • Die Einberufung von Kantonalversammlungen zur Beratung über die Verwendung der Einnahmen aus den Wege-Steuerrollen.
  • Die Abhaltung von Generalversammlungen und Prüfungen des Medizinal-Kollegiums.
  • Die Genehmigung von Versicherungsagenten und die Ausstellung von Duplikaten für verlorene Sparbücher.

Wen es betrifft

  • Die Ackerbau-Commission und die Regierung.
  • Die Abgeordneten der Gemeinden, die die Kantonal-Versammlungen bilden, und die Districts-Commissäre.
  • Personen, die sich zu Prüfungen des Medizinal-Kollegiums anmelden möchten.
  • Herr J. Federspiel, Schullehrer zu Lintgen, als Unter-Agent der Versicherungs-Gesellschaft «Les Propriétaires réunis».
  • Inhaber von Sparbüchern der Sparkasse.
  • Georges Schintgen, Théodore Müller und Marie Schintgen, die von Enteignungsverfahren betroffen sind.

Eckpunkte

  • Die allgemeinen Berichte über den Zustand des Ackerbaues für die Jahre 1858, 1859 und 1860 werden in das «Memorial» eingerückt.
  • Die Kantonal-Versammlungen sollen in der ersten Hälfte des Monats Oktober 1861 zusammentreten, um Vorschläge für die Verwendung des Ertrages der Wege-Steuerrollen von 1862 zu machen.
  • Die zweite General-Versammlung des Medizinal-Collegiums für das laufende Jahr findet am 21. Oktober 1861, um 9 Uhr Morgens statt.
  • Personen, die sich zu Prüfungen anmelden wollen, müssen ihre Papiere mindestens acht Tage vorher an die General-Direction des Innern und der Justiz senden.
  • Ein Duplikat des Sparbuchs Nr. 436 wurde ausgestellt, und das ursprüngliche Sparbuch wird für wertlos erklärt.
  • Enteignungsverfahren für Grundstücke in Walferdingen betreffen Georges Schintgen, Théodore Müller und Marie Schintgen, wobei Entschädigungen zwischen 50 und 80 Franken pro Ar angeboten werden.
Texte de loi
Texte de loi

383 Memorial MEMORIAL des DU Großherzogthums Luxemburg. GRAND-DUCHÉ DELUXEMBOURG. Zweiter Theil. SECONDE PARTIE. Oeffentliche Acte verschiedener Art und nichtamtliche Mittheilungen. N°.

  1. Donnerstag, 26 September
  2. ACTES PUBLICS DIVERS ET PUBLICATIONS NON OFFICIELLES JEUDI, 26 septembre
  3. Beschluß betreffend die Veröffentlichung der Berichte der Ackerbau-Commission Arrêté concernant la publication des rapports de la Commission d'agriculture. Der Staatsminister, Präsident der Regierung; Nach Einsicht des allglemeinen Berichtes über den Zustand des Ackerbaues für jedes der Jahre 1858, 1859 und 1860; Nach Einsicht des Art. 12 des Königl.-Großh. Beschlusses vom
  4. November 1857; LE MINISTRE D'ÉTAT, PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ; Beschließt: Einziger Artikel. Die drei obenerwähnten allgemeinen Berichte werden in's «Memorial» eingerückt. *) Luxemburg den
  5. Juli
  6. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Baron V. de Tornaco. Bekatnntmachung. — C a n t o n a l Versammlungen in Betreff der Gemeindewege. In Vollziehung des Art. 13 des Gesetzes vom
  7. Juli 1844 ersuche ich die Abgeordneten der resp. Gemeinden, so die Cantonal-Versammlungen bilden, in der ersten Hälfte des Monats October *) Diese Berichte bilden Beilage zu dieser Nr. II. Vu le rapport général sur la situation de l'agriculture pour chacune des années 1858, 1859 et 1860; Vu l'art. 12 de l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857 ; Arrête : Article unique. Les trois rapports généraux susmentionnés seront insérés au Mémorial, *) Luxembourg, le 30 juillet
  8. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Baron V, DE TORNACO. Avis. — Assemblées cantonales en matière de chemins vicinaux. Aux termes de l'art. 13 de la loi du 12 juillet 1844, j'invite les assemblées cantonales, composées des délégués des communes respectives, à se réunir dans la première quinzaine du pro*) Ces rapports forment annexe au présent N°. 42 384 d. J., auf die Berufung der Districts-Commissäre, an den Cantons Hauptorten sich zu dem Zwecke zu versammeln, Vorschläge über die Verwendung des Ertrages der Wege-Steuerrollen von 1862 zu machen. Luxemburg den
  9. September
  10. Der General-Director des Innern und der Justiz, M. Jonas. chain mois d'octobre, sur la convocation de MM. les commissaires de district, aux chefs-lieux des cantons, à l'effet de faire leurs propositions pour l'emploi du produit des rôles d'impositions en matière de chemins vicinaux de l'exercice
  11. Luxembourg, le 24 septembre
  12. Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M. JONAS. Bekanntmachung — MedicinalEollegium. Die zweite General-Versammlung des Medicinal-Collegiums für das laufende Jahr wird am
  13. October d. J., um 9 Uhr Morgens Statt finden. La seconde assemblée générale du collége médical pour l'année courante aura lieu le 21 octobre prochain, à 9 heures du matin. Die Personen welche sich im Laufe dieser Session zu den Prüfungen anmelden wollen, sind ersucht, ihre Papiere wenigstens acht Tage vorher an die General-Direction des Innern und der Justiz gelangen zu lassen, damit ihre Zulassung keinen Verzug leidet. Les personnes qui pendant celte session voudraient se présenter aux examens, sont priées de faire parvenir leurs pièces au moins huit jours d'avance à la Direction-générale de l'intérieur et de la justice, afin que leur admission ne souffre aucun retard. Luxemburg den
  14. September,
  15. Der General-Director des Innern und der Justiz, M. Jonas. Avis. — Collège médical. Luxembourg, le 24 septembre
  16. Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M . JONAS. Bekanntmachung. — Versicherungs- Agent. Avis. — Agent d'assurance. Herr J. Federspiel, Schullehrer zu Lintgen, ist als Unter-Agent der Versicherungs-Gesellschaft «Les Propriétaires réunis » genehmigt worden. Le sieur J. Federspiel, instituteur à Lintgen, a été agréé comme sous-agent de la Compagnie d'assurance « Les Propriétaires réunis. » Luxemburg den
  17. September
  18. Der General-Director der Finanzen, Ulveling. Bekanntmachung — Sparkasse. I n Vollziehung des Art. 32 des Reglements vom
  19. Februar 1859 wird hiermit zur öffentlichen Kenntniß gebracht, daß auf Ersuchen des Luxembourg, le 23 septembre
  20. Le Directeur-général des finances, ULVELING. Avis. — Caisse d'épargne. En exécution de l'art. 32 du règlement du 17 février 1859, il est porté à la connaissance du public que sur la demande du titulaire du livret 585 Titulars des Livrets N r . vier hundert sechs und N° quatre cent trente-six

(436), et par suite de sa dreißig
(436)und i n Folge der Erklärung, besagtes déclaration d'avoir perdu ce livret, il lui en a été Livret verloren zu haben, demselben ein Duplicat remis un duplicata. davon behändigt worden ist. Das ursprüngliche Livret wird demzufolge für werlhlos erklärt. Luxemburg den
  1. September
  2. Par conséquent le livret primitif n'aura plus aucune valeur. Luxembourg, le 22 septembre
  3. Nichtamtliche Mittheilungen. — PUBLICATIONS NON OFFICIELLES. PUBLICATION fuite conformément nu § 5 de l'art. 24 de la loi du 17 décembre 1859 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique. Il conste d'un exploit de l'huissier Wenger en date du 19 septembre 1861, enregistré, Qu'à la requête de l'État du Grand-Duché de Luxembourg, poursuites et diligences de la Société royale grand-ducale des chemins de fer Guillaume-Luxembourg, établie et domiciliée à Luxembourg, rue Guillaume n° 1, lesquels requérants font élection de domicile à l'effet de l'inscription ci-après, en l'étude de Me Léon Wurth, avocat-avoué, domicilié à Luxembourg, lequel est chargé d'occuper et se constitue pour eux, Et en vertu d'une ordonnance rendue sur requête par M . le juge Bourg, en remplacement de M. le Président du tribunal d'arrondissement de Luxembourg, en date du 18 septembre 1861, exécutoire sur minute et avant l'enregistrement, desquelles requête et ordonnance copie a été signifiée en tête dudit exploit, Assignation a été donnée a 1° Georges Schintgen, cultivateur, demeurant a Heisdorf; 2° Théodore Müller, et 3° son épouse Marie Schintgen, laboureurs, demeurant ensemble à Walferdange, A comparaître vendredi, 27 septembre 1861, à neuf heures du matin, à l'audience des vacations du tribunal d'arrondissement susdit, siégeant au palais de justice a Luxembourg, à l'effet de voir régler conformément à la loi les indemnités dues aux défendeurs du chef de l'expropriation pour cause d'utilité publique, des parcelles spécifiées ci-après, figurées au plan parcellaire annexé à l'arrêté de M. le Ministre d'État, en date du 2 avril 1861, situées sur le territoire de la commune de Walferdange et appartenant respectivement aux assignés, voir fixer aux sommes ci-dessous détaillées les indemnités provisoires dues de ce chef aux défendeurs et voir dire que moyennant consignation préalable de ces sommes, la compagnie requérante est autorisée à se mettre provisoirement, au nom de l'État, en possession desdites parcelles, à savoir : I. Propriété du défendeur Georges Schintgen : N° 8 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de trois aces 80 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « in den Steinerstücken », entre Muller Théodore et Lentz Martin, section B ,N°230 du cadastre. 386 N° 44 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de cinq ares 22 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit «hinter Walferdingen », entre Mœtz Jean et ledit Müller, section B, N° 109 du cadastre. N° 16 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de trois ares 90 centiares, ensemble les parties restant à droite et a gauche de la voie, d'une contenance de trois ares 57 centiares et respectivement trois ares 30 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit « hinter Walferdingen », entre ledit Muller et Lamesch Guillaume, section B , N° 111 du cadastre. N° 90 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de un are 45 centiares, ensemble la partie restant à gauche de la voie et celle à emprendre pour la construction d'un chemin latéral, d'une contenance de deux ares 30 centiares et respectivement 16 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit « in Strachen », entre Lambert Urbain et Kintzelé Henri, section A , N° 178 du cadastre. N° 112 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de dix-sept ares 30 centiares, ensemble les parties restant à droite et à gauche de la voie, d'une contenance de 70 centiares et respectivement cinq ares 50 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit « in Dörchen », entre Huiler Nicolas et un inconnu, section A, N° 221/113 du cadastre. II. Propriété du défendeur Théodore Müller. N° 42 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de 73 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « hinter Walferdingen », entre Madame Lagravière et l'école de Walferdange, section B, N° 84 du cadastre.
  4. Propriété de la défenderesse Marie Schinlgen, épouse Muller. N° 7 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de 28 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « In den Steinerstücker », entre Schintgen Georges et les héritiers Lentz, section B, N° 229 du cadastre. N° 17 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de huit ares 28 centiares, ensemble la partie restant à droite de la voie, d'une contenance de un are 50 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit «hinter Walferdingen», entre Georges Schintgen des deux côtés, section B, N° 110 du cadastre. N° 107 du plan: Une parcelle de terre labourable d'une contenance de trois ares 94 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « in Strachen», entre Bofferding Nicolas et Fonck Jean, section A, N° 196 du cadastre. Et que signification a été faite aux défendeurs que la Compagnie Guillaume-Luxembourg leur offre du chef des emprises en question les indemnités suivantes : I . Au défendeur Georges Schintgen : 1) Pour le N° 8 du plan, une indemnité de 50 francs par are, faisant pour les 3 ares 80 centiares a emprendre 190 francs; 2) Pour le N° 14 du plan, une indemnité de 75 francs par are, faisant pour les 5 ares 22 centres à emprendre 391 francs 50 centimes; 387 3) Pour le N° 16 du plan, une indemnité de 75 francs par are, faisant pour les 10 ares 77 centiares à emprendre 807 francs 75 centimes; 4) Pour le N° 90 du plan, une indemnité de 72 francs par are, faisant pour les 3 ares 91 centiares à emprendre 281 francs 52 centimes ; 5) Pour le N° 112 du plan, une indemnité de 70 francs par are, faisant pour les 23 ares 50 centiares à emprendre 1645 francs; II. Au défendeur Théodore Muller : Pour le N° 42 du plan, une indemnité de 80 francs par are, faisant pour les 73 centiares à emprendre 58 francs 40 centimes ; III. A la défenderesse Marie Schintgen, épouse Muller : 1) Pour le N° 7 du plan, une indemnité de 50 francs par are, faisant pour les 28 centiares à emprendre 14 francs; 2) Pour le N° 15 du plan, une indemnité de 75 francs par are, faisant pour les 9 ares 78 centiares à emprendre 733 francs 50 centimes; 3) Pour le N° 107 du plan, une indemnité de 72 francs par are, faisant pour les 3 ares 94 centiares à emprendre 283 francs 68 centimes. Pour extrait conforme, L'avocat-avoué des poursuivant l'expropriation, Léon WURTH. 588 Marktpreise. — 2te Hälfte des Monats Juli
  5. Mercuriales. — 2 e quinzaine du mois de juillet
  6. Weiten. — Froment Mengkorn. — Méteil Roggen. — Seigle Gerste. — Orge fr. ct. fr. ct. fr. Hectolitre 24 10 2 4 25 id. id. id. Echternach. Preise. Prix Mersch. Remich. Ettelbruck. DES DENREES. Poids et mesures. Wiltz. NATURE Mittel- PRIX MOYENS des denrées vendues sur les marchés de Diekirch. der Lebensmittel. Mittel-Preise der verkauften Lebensmittel auf den Märkten von Maße und Gewichte. Luxembourg. Bezeichnung moyens. ct. fr. ct. fr. ct. fr. et. fr. ct. fr. ct. 25 50 22 75 17 15 23 50 22 50 14 90 8 5 21 36 24 84 23 6 5 11 85 50 24 50 22 17 13 18 27 67 87 50 22 17 14 25 21 75 17 8 14 06 7 13 7 24 50 25 7 n 75 7 85 7 33 7 4 66 4 6 25 4 50 4 31 5 50 55 55 48 52 42 45 44 40 43 60 1 35 70 21 Gelchälte Gerste. - Orge mondé... Spelz. — Épeautre Buchweizen.— Sarrazin Hafer. — Avoine Erbsen. — Pois Linsen. — Lentilles Erdapfel. — Pommes de terre... id. id. id. id. id. id. id. 13 75 7 46 24 75 4 Weizen-Mehl. — Farine de froment . . . . 1 kilogr. Mengkorn-Mehl. — Fa- rine de méteil. . . id. Roggen-Mehl. —Farine de seigle... Butter. — Beurre Heu. — Foin Stroh. — Paille id. id. 100 Ml. id. 1 75 1 6 26 6 30 Stère. 1 50 Buchenholz. — Bois de hêtre ... Eichenholz. — Bois de chêne ... id. 1 8 35 65 90 35 80 1 69 7 13 6 40 8 65 10 35 10 8 50 8 1 72 1 8 4 60 1 17 589 Marktpreise. — 1te Hälfte des Monats August
  7. Mercuriales. — 1re quinzaine du mois d'août 1861, Echternach. Preise. Prix Mersch. Remich. Ettelbruck. DES DENRÉES. Poids et mesures. Wiltz. NATURE Mittel- PRIX MOYENS des denrées vendues sur les marchés de Diekirch. der Lebensmittel. Luxembourg. Bezeichnung Mittel-Preise der verkauften Lebensmittel auf den Märkten von Maße und Gewichte. fr. ct. fr. ct. fr. ct. fr. ct. fr. 68 24 82 22 22 25 23 22 ct. fr. 36 23 50 20 ct fr. 17 22 60 21 17 14 80 24 22 25 17 50 14 75 10 68 8 7 31 4 Weizen. — Froment Hectolitre 23 21 id. Mensskorn. — Méteil id. Roggen. — Seigle id. Gerste. — Orge Geschälte Gerste. -Orge mondé... id. id. Spelz. — Epeautre id. Buchweizen. — Sarrazin 7 id. Haler. — Avoine id. Erbsen. — Pois id. Linsen. — Lentilles Erdapfel. — Pommes 4 de terre... id. Weizen-Mehl. — Farine de froment . . . . 1 kilogr. Mengkorn-Mehl. —Faid. rine de méteil. . . Roggen-Mehl. —Farine de s e i g l e . . . id. 1 id. Butter. — Beurre 100 kil. 6 Heu. — Foin id. Stroh. — Paille Buchenholz. — Bois de hêtre ... Stère. 11 Eichenholz. — Bois de id. chêne... 91 14 6 75 5 80 50 1 18 ct. 80 23 21 17 13 34 64 50 31 8 14 7 50 21 13 5 4 60 28 80 5 6 78 3 78 80 88 48 48 50 42 48 40 40 42 80 1 35 78 1 30 98 1 04 1 8 80 ff, fr. 80 6 moyens. 8 Luxemburg. — Druck von V . Bück. 62 68 1 70 1 6 8 10 32 80 50 06 RAPPORT GÉNÉRAL présenté par la Commission d'agriculture SUR LA DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG EN
  8. La nécessité de l'institution d'un corps chargé de représenter les intérêts de l'agriculture dans un pays q u i , comme le Grand-Duché de Luxembourg, est essentiellement agricole, a été reconnue depuis longtemps. En instituant, par arrêté du 28 juin 1818, une commission d'agriculture, l'ancienne administration des Pays-Bas a donc satisfait à un besoin réel, en même temps qu'elle a introduit chez nous une institution qui fonctionnait depuis plus ou moins longtemps dans les pays environnants. Les événements politiques de 1830 vinrent, il est vrai, paralyser les efforts de cette commission, et même la laisser sans attribution ; mais il n'est pas moins vrai que les services qu'elle avait rendus pendant toute la durée de son existence, toute de dévouement, provoquèrent sa réorganisation, dès que le pays put en quelque sorte jouir de l'autonomie qui lui était dévolue depuis
  9. L'ordonnance royale grand-ducale du 19 juillet 1843 décréta donc la reconstitution de la commission d'agriculture, et vint ainsi de nouveau reconnaître la nécessité des services que ce corps était appelé à rendre au pays. Cette commission fonctionna depuis lors jusqu'en 1854, époque à laquelle un règlement du 17 janvier de la même année, sur l'exercice de ses fonctions, vint déterminer plus spécialement ses attributions. C'est en tenant compte de ce règlement et des besoins de l'époque, que la commission d'agriculture du Grand-Duché de Luxembourg fut organisée de nouveau par l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857, et qu'elle fut reconstituée par disposition souveraine du 5 mai 1858, n° 374, portant nomination des membres de ce nouveau collége. Installé le 24 juin suivant, c'est de ce jour que date son entrée en fonctions et par suite le commencement de la mise en exécution de l'arrêté organique prévisé du 28 novembre
  10. A partir de cette installation jusqu'au 31 décembre 1858, la commission d'agriculture s'est réunie extraordinairement les 24 et 25 juin, les 27 et 28 septembre, et ordinairement, le 28 décembre
  11. Les travaux auxquels elle s'est livrée en cette occasion font l'objet du présent rapport, lequel donnera également les renseignements prescrits par l'art. 12, 2° alinéa, de l'arrêté royal grandducal prévisé du 28 novembre
  12. De plus, comme ce rapport est destiné à servir de base à l'appréciation de la situation agricole du Grand-Duché, il contiendra, en absence d'une statistique agricole officielle, différents détails Annexe au Mémorial
  13. IIe partie. a 2 généraux, indispensables à l'entente du sujet, et sur lesquels il ne sera revenu dans les travaux subséquents, que chaque fois qu'il y aura été apporté des compléments ou des mutations d'une importance majeure. CHAPITRE 1er. Administration agricole. §. 1er. Commission d'agriculture. La commission d'agriculture, telle qu'elle a été nommée par arrêté royal grand-ducal du 5 mai 1858, n° 374, se compose de M . Jos. PESCATORE, vice-président de la Cour supérieure de justice et propriétaire à Luxembourg, président; MM. DE COLNET-D'HUART, professeur de sciences naturelles et propriétaire à Luxembourg ; DELAPORTE, propriétaire à Weiler, canton de Clervaux; FABER, Ch., directeur de l'école d'agriculture de l'État à Echternach; FALLIS, bourgmestre et propriétaire à Heiderscheid; membres. GLODEN, propriétaire-viticulteur à Remerschen ; RISCH, agriculteur à Cap ; SERVAIS, Jos., propriétaire-agriculteur à Mersch; TSCHIDERER, négociant et propriétaire à Diekirch; Dr DE WACQUANT, propriétaire à Fœtz ; KNEPPER, vétérinaire du Gouvernement à Mersch, vétérinaire provisoire. KOLTZ, garde-général des forêts à Mersch, secrétaire provisoire. L'ordre de sortie de ces membres a été déterminé, pour les six premières années, par la voie du sort, conformément à l'arrêté du 28 novembre dernier. En suite de cette opération MM. De Colnet-d'Huart, Fallis et Delaporte composent la 1re série de sortie; MM. Faber, Tschiderer et de Wacquant appartiennent à la seconde, tandis que MM. Gloden, Risch et Servais font partie de la 3e série de sortie. §.
  14. Comité permanent de la commission d'agriculture. Le comité permanent institué par l'art. 16 de l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857, et qui a à s'occuper pendant l'intervalle des réunions, des affaires courantes, a été, après désignation par la commission même, composé comme suit : M. Jos. Pescatore, président de la commission d'agriculture, président; MM. de Colnet-d'Huart, Knepper, vétérinaire, membres ; et Koltz, secrétaire. Ce comité s'est réuni une seule fois, les réunions fréquentes de la commission ne lui ayant pas laissé beaucoup d'affaires à traiter. §.
  15. Districts agricoles. Le district suivant a été assigné, conformément à l'art. 13 de l'arrêté organique du 28 novembre 1857, à chaque membre de la commission d'agriculture, à l'effet d'y remplir spécialement les attributions conférées au collége entier. 3 Canton de Capellen, à M . Risch, de Cap ; de Clervaux, et les communes de Alscheid, Eschweiler, Gœsdorf, Oberwampach, Wiltz, Wilwerwiltz et Winseler du canton de Wiltz, à M. Delaporte, de Weiler; de Diekirch, à M. Tschiderer, de Diekirch; d'Echternach, à M . Ch. Faber, d'Echternach; d'Esch-sur-l'Alzette, à M . de Wacquant, de Fœtz; de Grevenmacher, voir Remich; de Luxembourg, à M. de Colnet-d'Huart, de Luxembourg; de Mersch, à M . Servais, de Mersch ; de Redange, et les communes de Boulaide, Esch-sur-Sûre, Harlange, Heiderscheid, Mecher et Neunhausen du canton de Wiltz, à M . Fallis, de Heiderscheid; de Remich et Grevenmacher, à M . Gloden, de Remerschen ; Wiltz, voir Clervaux et Redange. Cette circonscription fait l'objet de l'arrêté de M. le Ministre d'État, Président du Gouvernement, du 28 octobre 1858, n° 3568—40/
  16. §.
  17. Comices agricoles. L'art. 19 de l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857, prévoit l'organisation par les soins des membres de la commission d'agriculture et des vétérinaires, de comices cantonaux d'agriculture. La commission d'agriculture s'est occupée dès sa première réunion de cette organisation, qui, parce qu'elle dépend de différentes questions d'argent et de temps, qu'il est impossible de résoudre pour le moment, a toutefois dû être ajournée. Elle a par conséquent laissé à ses membres le temps d'examiner à loisir les dispositions qu'il s'agirait d'arrêter à ce sujet. §.
  18. Budget agricole. — Encouragements à l'agriculture. Au budget de l'État de l'exercice 1858 figurent dans l'intérêt de l'agriculture les sommes suivantes; 1,000 10,000 2,400 1,000 5° Primes dans l'intérêt de l'amélioration des races d'animaux domestiques. 9,000 6° Crédit pour primes aux petits cultivateurs ardennais, pour emploi de la chaux. 4,000 20,000 7° Achat d'animaux reproducteurs étrangers pour l'amélioration des races. 2,000 8° Encouragements aux communes pour boisement de terres vagues, etc. 4,000 9° Subsides pour drainage et irrigation. 10° Autres subsides, etc. 2,300 1° Commission d'agriculture 2° École agricole 3° Traitements des vétérinaires 4° Frais de voyages de ces derniers, etc. Total 55,700 soit 28 fr. 56 par 100 habitants. En Prusse, cette proportion est de 13 .
  19. L'emploi de ces crédits pour autant qu'ils sont destinés à des encouragements directs à l'agriculture, a fait l'objet des délibérations de la commission d'agriculture. La fixation des bases à adopter à cette fin a toutefois dû être subordonnée à l'organisation des comices, et remise jusque là. 4 CHAPITRE II. Etendue du d o m a i n e a g r i c o l e . §.
  20. L'étendue du territoire du Grand-Duché, telle qu'elle résulte de ses limites actuelles, a été déterminée lors de la révision du cadastre, commencée en 1842 et terminée en
  21. Elle se trouve TERRES CANTONS. JARDINS. VIGNES. LABOURABLES. TERRAINS plantés TERRES D'ARBRES SARTABLES. h. a. c. h. a. c. fruitiers. h. a. c. h. a. c. h. a. c. Capellen 9731 07 70 292 91 76 781 80 47 Clervaux 8424 95 02 177 44 91 13197 50 51 Diekirch 10576 19 88 302 82 69 30 41 42 202 39 94 3587 84 65 Echternach 9469 42 37 227 48 04 5 99 75 52 84 63 31 96 80 Esch-sur-l'Alzette 13629 80 48 395 10 13 Grevenmacher 11698 32 08 272 03 90 332 56 73 88 81 54 Luxembourg 12033 57 41 593 49 02 Mersch 10438 12 60 315 84 05 Redange 10097 80 38 270 97 30 Remich 7365 30 47 273 96 36 Wiltz 6256 83 34 213 77 23 Total en 1855 109721 41 73 3335 85 39 831 55 55 672 85 38 27878 25 02 — 108814 00 76 3288 67 45 837 06 80 681 98 28 28087 88 50 907 40 97 47 17 94 5 51 35 9 12 90 209 63 48 en 1849 Différence en plus en moins. 3 40 40 35 67 77 96 4375 72 79 462 22 65 328 79 27 5822 21 44 5 indiquée la première fois par genre de culture, dans l'exposé de la situation administrative du pays en
  22. Une deuxième publication dans laquelle il a été tenu compte des mutations survenues jusqu'alors a eu lieu en
  23. L'état suivant, par contre, contient les changements survenus jusqu'à l'année 1856, et n'a encore été ni publié ni complété ou rectifié depuis lors. BROUSTERRES PRAIRIES. VAINES HAIES SAILLES. SUPERFICIE ÉTENDUE À ÉCORCES. BATIE. TOTALE. h. a. c. h. a. c. h. a. c. BOIS. et PATURES. h. a. c. h. a. c. 2943 55 80 148 14 54 5415 19 77 23 60 65 80 63 55 19426 94 24 2969 22 40 291 52 32 3651 32 48 3363 27 13 284 80 18 77 98 03 32337 92 98 1794 07 24 286 82 56 5057 64 04 3746 53 40 299 93 56 91 66 76 25976 36 14 1201 31 39 695 29 23 6340 11 68 38 98 14 68 87 90 18127 30 93 4037 67 03 484 37 60 5057 73 27 20 88 25 94 11 91 23719 08 67 1501 07 34 668 12 39 5917 94 87 28 04 33 77 34 98 20584 28 16 189 93 45 771 13 95 310 45 59 186 46 57 223 96 40 7953 61 83 15 00 23 130 52 21 h. a. c. 2193 20 79 2018 67 47 2984 97 14 642 05 80 2594 43 02 673 04 29 45 68 53 83 00 21 21892 53 25 4694 52 87 3251 52 88 128 46 10 91 31 70 26205 76 75 3062 16 62 16 65 86 62 68 68 12400 32 28 3405 18 63 10029 70 29 202 52 61 80 44 37 28829 07 43 58192 66 39 21063 97 99 1104 59 44 933 60 30 252612 36 17 252283 45 18 21183 01 10 1094 64 51 9 94 93 32 77 46 167 78 70 23112 75 34 7478 89 19 24779 65 42 4256 24 70 58034 36 25 24746 87 96 4423 03 40 h. a. c. 158 30 14 119 03 11 324 90 98 6 Comparées entr'elles, on trouve que les différentes natures de cultures, telles qu'elles sont portées à l'état qui précède, sont à la contenance totale du Grand-Duché dans les proportions suivantes : Terres labourables … 43 4 3 % 1 31% Jardins… 0 32% Vignes… Vergers … 0 25% Terres sartables… 11 0 3 % 9 79% Prairies… Terres vaines et pâtures… 1 6 8 % Bois et terres boisées… 31 30% Broussailles… 0 422% Superficie bâtie… 0 37% Les terres arables des pays qui nous environnent, sont à la superficie totale comme suit : France (Moselle)… 58 40% 53 05% Belgique… 45 00% Prusse… de sorte que le Grand-Duché est moins avantagé sous ce rapport, lorsque le chiffre de comparaison se borne aux terres labourables proprement dites. Toutefois, lorsqu'on y ajoute les terres sartables, qui paraissent d'ailleurs être comprises dans les chiffres de la statistique étrangère, nous arrivons à la proportion respectable de 58 16% Les prairies, pâtures et jardins réunis sont à l'étendue du territoire dans la proportion suivante : Prusse… 17 16% Belgique… 15 84% Grand-Duché … 12 4 1 % France (Moselle)… 10 80% Ce dernier est donc encore ici, dans une position moins avantageuse que ses voisins. Et comme en 1849 il y avait 23 h. 69 de prairies par 100 h. de terres labourables, et qu'en 1855 cette proportion n'était plus que de 22 h . 58, i l s'ensuit que notre contenance en prairies tend à diminuer tous les jours, attendu qu'elle ne progresse pas dans la même proportion que l'augmentation des terres mises en culture. Quant aux terrains boisés, nous trouvons le rapport suivant à la superficie totale : Grand-Duché… 31 30% France (Moselle)… 23 40% 22 02% Prusse… 18 66% Belgique… Sous ce rapport nous ne sommes dépassés dans toute l'Allemagne que par la Hesse Électorale par… 40 04% le Grand-Duché de Hesse… 33 05% le Grand-Duché de Bade… 32 55% Le Wurtemberg vient après nous avec une proportion de… 31 02% Dans l'appréciation des résultats ci-dessus, il y a toutefois lieu de ne pas perdre de vue que la 7 production ne peut pas exclusivement être estimée d'après elle; la qualité du sol doit encore dans l'espèce être portée en ligne de compte, surtout pour les terres arables, dont la production augmente de plus, suivant l'intensivité de la culture à laquelle elles sont soumises. Ces données, malheureusement trop négligées dans la statistique, nous manquent également, et si nous y appelons l'attention, c'est pour faire ressortir le mérite relatif de spéculations q u i , comme au cas présent, sont basées sur des facteurs aussi peu concluants que ceux que l'on a admis jusqu'ici. §.
  24. Le chiffre de la population exerçant une influence majeure sur la pratique et le développement de l'agriculture d'une contrée, i l doit donc nécessairement entrer en ligne de compte dans son appréciation. D'après le recensement fait au 31 décembre 1857, le Grand-Duché compte 195,028 habitants. La superficie suivante peut donc être rapportée à 100 habitants : h. a. c. Totalité du domaine agricole… 129 00 00 Terres arables… 56 00 00 Jardins… 1 71 00 Vignes… 00 42 61 Vergers… 00 34 50 Terres sartables… 14 21 00 Prairies… 12 70 00 2 18 00 Terres vaines et pâtures… Terres boisées… 40 50 00 Par contre la population spécifique s'élevait par 100 hectares: En Belgique… 147 habitants. Dans le Grand-Duché… 77 5 La France… 67 La Prusse… 66 19 La superficie assignée à un habitant du Grand-Duché, comparée à celle dévolue dans les pays qui nous environnent, ne donne d'ailleurs non plus la mesure exacte de la production et de la consommation agricole dans ces pays, que pour autant que le rapport de la contenance mise en parallèle sera identique et comme quantité et comme qualité. Rapportée aux 38,500 ménages du pays, la contenance totale cultivée du Grand-Duché donne 6 h. 56 de terres par feu. 8 §.
  25. Le domaine agricole du Grand-Duché est distribué de la manière suivante : NOMBRE DE PROPRIÉTAIRES POSSÉDANT CANTONS. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… moins de 10 h. ou plus, 20 h. ou plus, 50 hectares mais moins 10 hectares. mais moins ou plus. de
  26. de
  27. 5264 5408 5827 4180 7453 5426 8069 3933 5327 6789 5644 166 370 207 112 240 137 171 125 275 87 253 104 258 156 85 154 124 90 97 180 37 216 41 95 94 63 36 64 57 75 78 22 104 63320 2143 1501 729 67,693 Ces chiffres comparés au résultat d'un recensement analogue fait en Belgique, présentent le résultat suivant: Grand-Duché. — Belgique. Exploitation au-dessous de 10 hectares…
  28. 52% 91 99% 4 64% — de 10 h . à 20 — … 3 17% — de 20 h . à 50 — … 2 22% 2 44% 0 91% — de 50 h . et au-dessus… 1 09% Le nombre total des propriétaires étant de 67,693, il résulte que le lot moyen de chaque détenteur de terre est de 3 h.
  29. Cette superficie bien exiguë déjà, n'est pas en un seul tenant, elle est généralement morcelée en un grand nombre de parcelles, disséminées sur tout le finage et à des distances plus ou moins grandes. Le tableau suivant est destiné à donner une idée de ce parcellage : 9 Nombre de parcelles. Moyenne en hectares. 58912 62959 053634 46293 83861 252107 56882 37605 64429 82014 59511 0 32 0 49 0 48 0 39 0 28 0 08 0 41 0 58 0 40 0 14 0 48 669587 Total… Moyenne générale du Grand-Duché… Moyenne générale en France (Moselle) 0 26 0 25 CANTONS. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… Ces moyennes ne présenteraient à la première vue pas encore celles atteintes dans différents pays, où la population massée est, comme chez nous, sous le régime de la disposition libre de la propriété, telle qu'elle résulte du Code civil; mais si l'on considère le nombre de nos grandes propriétés foncières, forestières et autres, on comprendra facilement combien cet état de choses porte des entraves à l'établissement d'un bon assolement, à l'économie de la culture par la diminution des frais généraux, aux travaux d'assainissement du sol, à l'emploi des machines, et en général à l'introduction de tous les perfectionnements apportés à la culture du sol, et qui doivent en amener la culture intensive. De ce qui précède, il résulte que les propriétés d'un seul tenant doivent être rares dans le pays. Ces dernières forment alors ordinairement des corps de fermes isolées des villages, dans quel cas ils appartiennent très souvent à des propriétaires qui font valoir par fermier. Nous allons en fournir le relevé : Fermes exploitées, par les propriétaires… 45 — louées à des cultivateurs indigènes… 75 — — belges… 40 — — français… 8 4 — — — allemands… 172 De sorte que pour 100 fermes, il y en a d'exploitées par des propriétaires… 26; par des fermiers… 74 Il est à remarquer, à l'occasion de ces chiffres, que ce sont ordinairement les propriétaires des fermes les moins importantes qui se livrent à leur culture, et que la grande majorité des grands propriétaires afferment leurs domaines ruraux. Annexe au Mémorial
  30. IIe partie. b 10 Ces domaines sont eux-mêmes, ainsi qu'il résulte des chiffres d'autre part, exploités par deux classes de cultivateurs, soit indigènes et étrangers. On compte pour 100 fermes : Fermiers indigènes… 58 0; — étrangers… 41
  31. Ces derniers cultivent en général les domaines les plus étendus. CHAPITRE III. Produits agricoles. §
  32. §
  33. Le Grand-Duché présente une variation de culture, telle qu'il y a peu de pays de son étendue qui puissent lui être comparés sous ce rapport. Cette variété est d'ailleurs en relation avec la diversité de la composition géologique de son sol accidenté et montagneux et avec la multiplicité des expositions qui en résultent. La partie méridionale, sur les bords de la Moselle, depuis Schengen jusqu'à Wasserbillig, sur une étendue d'environ 50 kilomètres, est couverte de vignes et d'arbres fruitiers. Cette contrée offre l'aspect le plus riant pendant six mois de l'année. Sur les bords de la partie inférieure de la Sûre et par exception encore ailleurs, on se livre également à la double culture de la vigne et des arbres fruitiers, mais avec beaucoup moins de succès que sur les bords de la Moselle. Dans les autres parties du Grand-Duché, surtout dans celle appelée bon pays, on s'occupe principalement de la culture des céréales. On y rencontre aussi le trèfle, les pommes de terre et le colza. En Ardenne, il existe des contrées où l'éducation du bétail, à laquelle on se livre d'ailleurs dans tout le pays, est la principale branche d'industrie. Mais la distinction existant, sous le rapport agricole, entre les deux parties du Grand-Duché, devient de jour en jour moins marquante. Les tableaux suivants sur le produit de la récolte de 1858 et qui contiennent également des données sur les plantes cultivées chez nous, viennent, semble-t-il, à l'appui de cette assertion. §
  34. Etat de la récolte en
  35. A ) CÉRÉALES ET FARINEUX. La culture des variétés d'été de froment et de seigle n'est qu'exceptionnelle; l'orge d'hiver, ou escourgeon, se rencontre plus souvent, mais pas encore en quantité suffisante pour pouvoir faire l'objet d'une rubrique spéciale. Aussi ces variétés ont-elles été comprises en une seule colonne. Il résulte du tableau qui va suivre, que la récolte du froment, du seigle, du méteil, de l'épeautre a dépassé la moyenne ordinaire, et que sa qualité a été bonne. Il n'en a pas été de même de celle de l'avoine, du trémis et du sarrasin, qui présente un déficit sur le rendement ordinaire et dont la qualité est en général médiocre. L'orge d'hiver a, par contre, donné un bon résultat, tandis que l'orge d'été a partagé le sort des autres marsages et ne s'est distinguée ni par le rendement ni par la qualité. Ces résultats sont dûs, pour ces derniers, en grande partie à l'absence d'humidité et à la température élevée du mois de juin, et ensuite à la pluie qui est survenue après la coupe des avoines et des orges. Quant à la récolte des durs grains, elle aurait été plus abondante, si le manque d'humidité et les chaleurs caniculaires de l'été n'étaient venus détruire les bons effets produits par la température exceptionnelle de l'automne et d'une partie du printemps. En effet, les semailles avaient bien supporté l'hiver, dont la douceur avait même favorisé la végétation à tel point, que les blés, qui 11 d'ordinaire ne tallent qu'en mars, avril ou m a i , l'étaient déjà en janvier. Il est vrai que février et mars furent exceptionnellement secs et rigoureux, mais cela n'empêcha pas le froment d'être en fleurs le 1er juin et de continuer à se développer sous l'influence des quelques pluies chaudes survenues en juillet. L a sécheresse anormale de l'année 1858 a également exercé une influence fâcheuse sur le rendement en paille, d'ailleurs constaté par le résumé suivant : Rendement Rendement Déficit moyen moyen en 1858 ordinaire par hect. par hectare. par hectare. Froment… Seigle… Avoine… Orge… Kos 2,200 2,400 1,400 1,000 K os . 1,700 2,000 . 800 1,000 Kos. 500 400 600 Quant au rendement en grains, par hectare, il fait l'objet de l'état récapitulatif suivant : 12 FROMENT. CANTONS. SEIGLE. MÉTEIL. Rendement Rendement Qualité. Rendement Qualité. Qualité. moyen en 1858 19 1 9 . 4 m o y e n n e . 18 19 11.7 moyenne. 1 3 . 7 12.1 id. 13.7 1 2 . 1 moyenne 13.7 12.3 bonne. 15.3 16.4 bonne. 14.6 15.3 bonne. Echternach… 11.1 10.3 id. 13.2 14 14 moyenne Esch-sur-l'Alzette… 13.7 15.9 id. 15.3 14.7 bonne. 14.3 21.7 bonne. Grevenmacher… 10.5 10.5 id. 12.5 14.4 id. 15 15 id. Luxembourg… 14 16 id. 13 13.6 id. 15 17.3 id. Mersch… 13.8 19 id. 13.3 14.3 id. 13.8 14 id. Redange… 14.4 1 5 . 2 moyenne. 17 17.8 id. 17.6 18.7 id. Remich… 13.1 13 bonne. 15 id. 15.7 15.3 id. Wiltz… 13.2 1 1 . 5 moyenne. 1 7 . 2 16.5 id. 15.6 14.3 id. 13.4 bonne. bonne. 15.2 moyen en 1858 Capellen… Hectolitres 1 6 . 5 18.2 Clervaux… 13.2 Diekirch… Rendement — moyen… de 1858… Différence dépassant la moyenne. — au-dessous de la moy. bonne. 15.6 moyen m o y e n n e . 14 15 en 1858 bonne. bonne. 13.9 15.3 16.9 5 3 1.7 13 ORGE. ÉPEAUTRE. Rendement Rendement Qualité Qualité Qualité en 1858 en 1858 moyen en 1858 2 4 . 6 2 0 . 6 moy. 26 23.5 moy. 27 23 bonne. 37.5 35 10 moy. 6.5 6.4 moy. id. moyen bonne. 11.5 id. 18.4 15 id. 10 id. 18.6 1 7 . 2 id. 1 3 . 9 11.5 id. 1 6 . 2 15.5 id. 18 id. 18.2 12.4 id. 26 16 bonne. 1 3 . 1 14.3 bonne. 1 7 . 3 1 5 . 6 id. 1 4 . 4
  36. 9 id. id. 19.4 13 id. 19.5 14.6 id. 28 20 moy. 22 21.6 id. 16.6 15.2 id. 21 22 id. id. 4 3 . 4 12.4 id. 16 15 id. 47.6 1 7 . 1 id. id. 20 15.5 id. 19.3 19 id. 17.7 18.2 id. 16 id. 17 18 17 bonne. 1 3 . 6 1 3 . 2 10 8 moy. 18 12 16.5 16.5 bonne. 163 30 30 moy. 1 6 . 5 17.5 moy. 13 15 id. 15.3 15 16.6 18.3 bonne. 20 11.2 17.5 19.8 15.3 bonne. 24 1 5 . 4 13.7 moy. 17.5 Rendement moyen 13 bonne SARRASIN. en 1858 moyen 17.3 Rendement Rendement Qualité Qualité en moyen 1858 TREMIS (orge e t avoine). AVOINE. moy. 16.9 12 19.9 16.2 id. 19.4 moy. 11.5 id. 19 moy. 17.2 14.7 16.6 14.9 2.2 2.8 2.3 2 1 9 . 1 bonne. 21 18 14 Les céréales portées au tableau qui précède, ne sont pas cultivées dans toutes les localités du pays; c'est pourquoi nous donnons le tableau suivant d'après lequel on pourra juger de l'importance de la culture de l'une ou de l'autre des plantes chez nous. Total… Nomb. de communes où l'on cultive 3 14 112 101 25 12 114 1 2 1 126 4 122 4 10 1 Sarrasin. 1 1 2 5 Trémis. 1 10 11 10 5 12 5 14 2 10 10 12 Avoine. 1 5 Orge. 2 Épeautre. Méteil. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… Seigle. CANTONS. Froment. Nombre de communes où il n'a pas été cultivé en 1858 du 2 4 2 6 1 12 5 5 1 2 12 8 11 2 5 10 1 2 124 42 84 62 64 2 1 1 1 2 L'épeautre peut donc être considérée comme une culture exceptionnelle, et il est probable qu'elle conservera ce rang secondaire aussi longtemps qu'on se bornera à cultiver l'engrain. Dans la zône ardennaise du Luxembourg belge, l'assolement de l'épeautre est substitué avantageusement au seigle ; mais on y cultive le grand épeautre. Son introduction dans la culture du Nord du pays semble donc pouvoir être essayée avec fruit. B) LÉGUMINEUSES. Les légumineuses sont généralement cultivées pour les besoins de la ferme. C'est pourquoi elles n'entrent que dans une faible proportion dans la culture en grand, et qu'on s'en tient le plus souvent aux variétés communes. On fait, il est vrai, des vesces d'hiver, mais tout exceptionnellement et alors aussi, comme pour la variété commune, dans l'intention de les consommer en vert, la graine n'étant le plus souvent récoltée que pour les besoins de l'exploitation. Pour l'année 1858, le produit des légumineuses a été compromis par le temps sec et froid, même très-froid pour la saison, qui régna en mai et qui entrava la germination régulière, tandis que les pluies automnales en empêchèrent la rentrée dans des conditions favorables. Aussi la grande majorité des rapports présentés sont-ils d'accord sur le faible rendement et la mauvaise qualité de ces plantes. 15 Le rendement en paille a également laissé à désirer, d'après les chiffres qui nous sont parvenus et dont nous donnons ci-après la moyenne : RENDEMENT Féveroles… Vesces… MOYEN. 2000 4100 en
  37. 500 1500 DÉFICIT. 1500 2600 Quant aux fanes de pois, que l'on recherche également pour fourrage, nous regrettons de ne posséder aucuns renseignements à leur égard. On recherche également comme fourrage un mélange cultivé dans certaines localités pour être fourragé en vert, et dans la composition duquel il entre des pois, féveroles, vesces, etc., et sur lequel nous reviendrons plus tard. 16 CANTONS. Capellen HARICOTS. POIS. RENDEMENT LENTILLES. RENDEMENT moyen. en
  38. RENDEMENT moyen. en
  39. 18.6 16.7 moyen. 24 FÉVEROLES. RENDEMENT VESCES. RENDEMENT id. 6.2 mauv. 11.5
  40. 4.4 id.
  41. mauv.
  42. 68 id. 6.6 mauv.
  43. 12.3
  44. moyen. 20.3 19.3 moyen. 2 5 . 1 5.1 6.7 id. id. id.
  45. mauv. 24.5 moyen. moyen. en
  46. 14.5
  47. id. 6.1 moyen. en
  48. 13.9
  49. 12.8 5.5 mauvaise. 20.3 id. 11.5 id. 3.4 Diekirch 5.6 24.7 25.5 21.6 bonne. 15.8 id. Echternach 4.2 5.4 12.1 16.4 id. 14.1 15.6 mauv. id. Esch-sur-l'Alzette 3.7 id. 13.3 9.1 id. 10.7 id. 7.9 id. 9.2
  50. 17.7 17.7 10.2 id. 6.5 bonne. 16.3 17.5 moyen. 11.5 11.2 bonne.
  51. 15.8 Grevenmacher id.
  52. id. 13.7 id. id. 13.8 10.5
  53. 8.3
  54. 13.9 7.4 mauv. id. 5.1 11.1 11.4 moyen. 12.8 12.7 bonne.
  55. 9.1 10.6 Luxembourg 16.3 16.3
  56. 7.7 4.7 bonne. 7.1 bonne. 5.7 bonne. mauv. 11.2 12.8 4.7 mauv. id. 15.9 6.4 8.4
  57. mauv. mauv. 5.2 8.9 14.1 8.6 5.3 9.5
  58. id. QUALITÉ. 8.7 QUALITÉ. 12.4 Mersch 11.5 bonne. 11.5 7.6 mauv. id. QUALITÉ. 16.1 12.3 mauv. Redange
  59. moyen.
  60. moyen. 13.9 7.3 mauv. Remich 7.3 1,5 13,4 9.8 bonne. 10.8 Wiltz en
  61. 14.9 — — Différence au-dessus de la moyenne — au-dessous moyen. en
  62. 19.4 17.4 moyenne. QUALITÉ. Rendement m o y e n . Clervaux QUALITÉ. 17 Ainsi que nous l'avons fait remarquer ci-dessus, les haricots, pois, lentilles, féveroles et vesces ne sont pas d'une culture générale. La culture des haricots et des lentilles tend même à diminuer, tandis que celle des vesces et surtout des féveroles prend de jour en jour un plus grand développement. L'état ci-après est destiné à donner un aperçu des contrées qui s'adonnent le plus spécialement à la production de ces denrées. 3 5 3 9 2 1 1 1 6 9 vesces. 5 féveroles. 3 3 11 2 6 lentilles. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette. Grevenmacher Luxembourg. Mersch Redange Remich Wiltz pois. CANTONS. haricots Nombre de communes où il n'a pas été cultivé en 1858 de 8 9 6 1 2 1 6 2 12 2 12 7 11 6 1 2 5 4 4 5 3 6 2 11 1 2 1 1 8 24 53 61 19 Total 51 Nombre de communes 102 73 65 75 107 où Ton cultive Il est à remarquer que dans ce tableau ne sont pas comprises les communes ayant moins de un hectare de champ emblavé de chacune de ces plantes et que toutes les plantations jardinières y ont été omises. C. PLANTES RACINES. De toutes les plantes appartenant à cette rubrique, la pomme de terre est le plus généralement cultivée. Vient ensuite la betterave, puis le navet, la carotte, le turneps et le topinambour. Ces dernières plantes ne sont toutefois pas encore introduites dans la grande culture, et si en 1858 il a été fait beaucoup de navet, c'était dans l'espoir de combler le déficit résultant du manque de fourrage. Quant aux turneps, ils sont surtout cultivés en Ardenne ; il en est de même du topinambour qui se propage de plus en plus dans l'agriculture de cette région, et qui y acquerrait bientôt une grande importance, s'il ne se reproduisait pas aussi opiniâtrement et ne contrariait ainsi les récoltes suivantes. En général la récolte de pommes de terre a été abondante et a produit des tubercules de qualité excellente. Les autres racines ont parfaitement réussi. Leur rendement moyen par hectare est indiqué ci-après, à l'exception de celui du turneps qui a été de 26,600 k., et celui des carottes et du topinambour, sur lequel il n'a été fourni aucun renseignement. c Annexes au Mémorial
  63. II. partie. 18 POMMES DE TERRE. BETTERAVES. NAVETS, RENDEMENT Hectol. 125 ordinaire. 81.3 Hectol. 125
  64. id. id. bonne. 30000 18687.5 32120 27965 K° ordinaire. 40000 30000 18737.5 30120 26830 K°
  65. id. id. id. bonne. 4980 3672.3 6350 9000 6125 moyenne. 25000 26830 15845 5680 3800 6350 7000 26830 id. id. moyenne. bonne. id. 3007.5 moyenne, 25000 bonne. mauvaise moyenne. RENDEMENT Capellen 99.5 118.5 id. 40000 9400 id. 16721 7665 id. RENDEMENT Clervaux 113.2 242 id. 12942.2 28051 id. 8000 5910 CANTONS. Diekirch 129.6 280.1 id. 28370 8827 id. 4565 id. Qualité. Echternach 150 155 id. 17295 10714 id. 3100 Qualité. Esch-sur-l'Alzette 170.8 157.2 id. 11587 14566 2500 Qualité. Grevenmacher 132 103 id. 14782 id.
  66. Luxembourg 90.4 157 id. 8616.6 ordinaire. Mersch 127 182 10134 bonne. Redange 105 id. 10026.1 moyenne. Remich 123.5 10340.3 117.5 id. Wiltz 20533 314.2 30305 150.4 26.8 9772 id. 123.6 de 1858 Rendement moyen — — Différence au-dessus de la moyenne — au-dessous 19 Pour les navets, les renseignements ci-dessus s'appliquent à leur récolte intercalée. Nous résumons dans le tableau qui va suivre, le nombre de communes de chaque canton dans lesquelles on s'est adonné, en 1858, à la culture des plantes racines. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette. Grevenmacher Luxembourg Mersch Redange Remich Wiltz 2 4 1 1 2 1 6 navets. betteraves. de terre. CANTONS. pommes Nombre de communes où il n'a pas été cultivé, en 1858, de 6 10 8 6 10 3 9 5 10 3 11 17 81 Total Nombre de communes où 45 109 126 l'on cultive Dans cet état ne sont pas compris les produits cultivés dans les jardins ou les communes dont l'emblave était inférieure à 1 hectare. E ) PLANTES INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES. La culture des plantes industrielles et commerciales n'est que d'une importance relative chez nous, et son extension est déterminée par le prix plus ou moins élevé des autres produits agricoles, et la possibilité qu'elle donne de procurer au cultivateur un produit supérieur sur la même surface de terrain, emblavée en céréales. Aussi sont-elles cultivées sur une assez large échelle, lorsque comme aujourd'hui les prix de ces derniers sont trop peu élevés. On rencontre parmi les plantes oléagineuses : 1° Le colza,surtout la variété d'hiver, dans la partie sud du pays; 2° la navette, généralement celle d'été dans les trois cantons nord ; 3° la caméline, un peu partout, surtout dans les terres trop pauvres en engrais pour la production des colzas. 4° le pavot ou œillette, dans les jardins de quelques cultivateurs, et généralement pour la consommation. Comme plantes textiles, nous produisons : 1° Le chanvre d'abord, qu'on ne cultive ordinairement que pour les besoins domestiques, et 20 2° le lin, semé également dans le même but, et ayant une prépondérance marquée sur le chanvre, dans les cultures des cantons de Clervaux et de Wiltz. Quant aux plantes commerciales proprement dites, on trouve : 1° Le houblon, dans les environs de Colmar, d'Ettelbruck et d'Echternach, mais en faible quantité ; 2° le tabac, dans les environs d'Echternach et de Pétange, mais plutôt comme culture d'essai. Les houblonnières donnèrent une récolte ordinaire et un produit de bonne qualité, tandis que le rendement en tabac a été médiocre. Il en a été de même de la caméline et du pavot, qui ne produisirent qu'une demi-récolte. Mais la faîne qui était assez abondante a fourni un appoint très heureux en huile de table et comme luminaire. Une quatrième catégorie de produits agricoles destinés plus spécialement au commerce sont la betterave à sucre et la graine de trèfle; La betterave à sucre a été rarement cultivée jusqu'ici et cela encore comme racine fourragère; c'est seulement depuis quelques années qu'elle trouve un emploi industriel, dans deux fabriques de sirop établies dans le district de Diekirch. Son rendement a été compris dans l'état C. Quant au trèfle pour semence, il fait depuis une vingtaine d'années l'objet d'un commerce très étendu avec l'étranger. Outre les spéculateurs indigènes, trois commerçants français et deux marchands de la Belgique entretiennent de nombreux courtiers dans le pays, de sorte que ce commerce chanceux est très bien organisé. Aussi, les transactions en cet article sont-elles très animées, et ont pour résultat d'encourager le cultivateur à produire de la graine. Nous fournissons à l'étranger de la semence de Trèfle rouge (triennal), — blanc, — hybride. Minette (trèfle fou). Luzerne, Sainfoin. Mais le rendement de l'année 1858 s'est traduit par un déficit considérable, ces fourrages artificiels ayant beaucoup souffert des fortes chaleurs et du manque de pluie. Par contre, ce produit n'a rien laissé à désirer sous le rapport de la qualité, ainsi qu'il conste d'ailleurs du relevé suivant : RENDEMENT Qualité. Trèfle rouge (ou de trois ans) — blanc — hybride Minette (trèfle fou) Luzerne Sainfoin k° bonne. id. id. moyenne. bonne. hect. id. Année ordinaire. en
  67. 620 620 400 600 900 21 225 225 100 400 950 30 DIFFÉRENCE en plus. en moins. 395 395 300 200 50 9 21 On a semé en 1858 une quantité relativement considérable de trèfle incarnat, mais il parait que la semence en a été tirée de l'étranger. On a fait cette année de la semence de trèfle dans les communes suivantes : NOMBRE des communes. CANTONS. Capellen. . Clervaux. . Diekirch. . Echternach. . Esch-sur-l'Alzette. . Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch. . Redange. . Remich. . . . . . . . . . . . Wiltz. . . Total des communes où l'on a fait de la semence de trèfle — l'on n'a pas fait — 5 8 4 7 7 6 10 6 10 4 10 77 49 126 Quant aux plantes oléagineuses et textiles de grande culture, le tableau ci-après donnera le résultat de la récolte par hectare : 22 CANTONS. COLZA D ' H I V E R . NAVETTE D'ÉTÉ. Qualité. id. Qualité. CHANVRE. en 1858 Rendement moyen LIN. en 1858 Rendement moyen Qualité. 295 id. id. mauvaise 117.7 id. moyenne. 445 209 347.7 577.6 517 id. 364 5.7 mauvaise 361.3 207.6 6.2 K°. K°. K°. H. K°. 5.7 moyenne. 627.5 592.5 bonne. 358 358 en 1858 Rendement moyen Rendement en 1858 Qualité. moyen H. 8.3 . H. . H. Capellen. moyenne. 6.4 . 11.5 id. id. 332.6 127.6 mauvaise 300 669 bonne. 12.5 10.3 moyenne. 357 id. 6 . . 19.9 19.4 9 Clervaux. . 245 514.1 189.6 moyenne. 20 id. . 17.9 24 id. 9.2 moyenne. 20 5 380.9 270.3 id. 270 230 id. id. id. mauvaise 604.3 18 308.9 1069.3 moyenne. 276.2 353.3 . 17.5 id. id. Echternach. Diekirch. . . . 13.7 12.2 12 Esch-sur-l'Alzette. . 14 id. 665.7 282 52 Grevenmacher. id. 10 id. 10 621.3 id. 575 . 15.2 15 id. 13.1 14 id. id. 250 . 15.5 14.5 . 19.1 19.5 . 500 id. id. 10 mauvaise 398.6 370 10 . 12 id. . . . 10 Luxembourg. Mersch. Redange. Remich. moyenne. 377.5 id. bonne. 342.5 239.7 moyenne. 448.3 452.2 3.9 142.8 234.7 251.2 106 10 2 9.9 id. 7 moyenne. 11.9 bonne. 9.7 1 13.9 9 Wiltz. . . en
  68. . . Rendement moyen. . . 14.9 — — Différence au-dessus de la moyenne — au-dessous 23 Enfin un dernier état donnera finalement une idée de la répartition dans les communes de la culture de nos principales plantes industrielles. Nombre des communes où l'on a cultivé en 1858 CANTONS. Colza d'hiver. Capellen. . Clervaux. . Diekirch. . Echternach. . Esch-sur-l'Alzette. . Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch. . Redange. . Remich. . Wiltz. . . . . . . . . . . . . Total. . . Nombre de communes où il n'a pas été cultivé Navette Chanvre. d'été. Lin. 5 9 11 8 5 5 7 9 6 3 3 2 9 4 3 1 1 2 2 6 1 5 10 9 13 8 11 8 12 10 11 9 10 10 5 9 6 6 10 10 8 10 69 36 114 89 57 90 12 37 10 E . PLANTES FOURRAGÈRES. La production fourragère du pays n'est pas limitées aux seuls terrains laissés en nature de prairies ou de pâturages. On y cultive aussi sur les terres arables des trèfles, de la minette, de la luzerne et du sainfoin, et autres plantes entrant dans la composition des prairies artificielles. Leur rendement en fourrage tant pour la première que pour la seconde coupe a été pour les unes comme pour les autres peu satisfaisant, et cela par suite du manque de pluie et des grandes chaleurs que nous avons déjà signalé à plusieurs reprises. Les pluies des mois d'août et de septembre sont toutefois venues quelque peu en aide à la seconde coupe des prairies, de sorte que le regain a été plus abondant de moitié qu'en 1857, mais cette augmentation était loin d'être suffisante pour couvrir le déficit constaté de toute part sur la récolte des substances servant ordinairement à l'alimentation du bétail. Aussi les cultivateurs cherchaient-ils à y suppléer par des cultures intercalaires, telles que celle du navet, du seigle pour être fourragé en vert; ils semèrent aussi d'autres plantes dans le même but, comme p. ex. le trèfle incarnat ou farouche, la navette, la moutarde, le maïs, le sorgho etc.; mais les résultats ne répondirent pas toujours à leur attente. Ces suppléments de fourrage, par cela même qu'ils étaient extraordinaires et qu'ils furent abandonnés dès que la cause qui les provoqua, vint à cesser, ne peuvent être compris dans le tableau suivant, donnant le résultat des principales cultures fourragères les plus en usage dans le Grand-Duché. 24 CANTONS. Rendemt. REGAIN. PRAIRIES NATURELLES. FOIN. Rendemt. en Qualité. 1858 LUZERNE (fourr. sec) SAINFOIN (fourr. sec) PRAIRIES ARTIFICIELLES. TRÈFLE (fourrage sec). en Qualité. 1858 Rendemt. Rendemt. en Qualité. 1858 Rendemt. en Qualité. 1858 Capellen. . . . 3233 1903 id. 1200 400 moyen. 2602 581 . 2739 1529 moyenne 1261 d°. 1500 480 id. 4392 1835 mauv. 3310 1587 moyen. 4915 2365 moyen. 3500 1660 mauv. 6600 5377 bonne. id. id. id. . 3264 1429 1616 615 id. 4120 2295 id. id. 4166 3500 bonne. 4100 2900 bonne. 4598 2746 mauv. 6275 5666 3539 1745 moyen. 5500 4500 bonne. 6250 5100 id. id. id. id. 2978 1537 4840 2320 1452 875 id. id. . 2879 1150 moyen. 1252 850 3223 1507 bonne. 4775 1084 bonne. 6150 5331 3320 2655 4800 2302 moyen.. id. 1290 723 moyen. 3628 907 3611 1050 mauv. Esch-sur-l'Alzette. 4414 1820 id. 2016 1052 . id. 39921476 moyen. 1269 425 id. 2551 1386 moyen. Mersch. . . 3097 1892 mauv. Redange. 33621831 bonne. 1497 935 . id. . . Différ. au-dessus delamoyenne. — au-dessous — 1761 781 1930 1685 1318 moyen. moyen. 4946 moyen. 4438 moyen. 1465 Rendement moyen 3399 moyen. 3368 3628 2753 — en 1858 1638 1438 681 Wiltz. . id. Grevenmacher. . . 3071 1207 id. 4066 1875 K°. K°. K°. K°. K°. K°. 729 bonne. 3562 1488 moyen. 5000 5000 bonne. 2000 2000 moyen. Clervaux. 1764 403 mauv. en Qualité. 1858 rdinaire. o Luxembourg. . . 3952 2611 3143 944 mauv. id. K°. ordinaire. Remich. Echternach. . 3293 1166 K°. ordinaire. . ordinaire. Diekirch. . ordinaire. 25 Sous la rubrique trèfle, se trouve le rendement du trèfle rouge seul, attendu que les autres variétés sont destinées à être pâturées en vert, et qu'on n'en fait de foin que lorsqu'on les cultive pour semence. Quant au trèfle incarnat, il a été en 1858 cultivé en plus forte proportion que les années antérieures. Le motif en est que son produit affouragé en vert, est destiné à suppléer au trèfle ordinaire à un moment de l'année où les autres fourrages font défaut. Son rendement moyen a été de 17,230 k. par hectare. Il reste maintenant à indiquer l'étendue de la culture des différents fourrages. Celle des prairies est déjà fixée par le cadastre, mais il n'en est pas de même du regain, qui ne se fait que dans les meilleures prairies, soit le plus souvent sur une superficie relativement restreinte, ainsi qu'il résulte suffisamment du relevé suivant : Superficie de regain récolté en
  69. CANTONS. Capellen. . . Clervaux. . Diekirch. . Echternach. . Esch-sur-l'Alzette. . Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch. . Redange. . Remich. . Wiltz. . h. . . . . . . . . . . 1416 123 510 271 3406 175 1289 1078 565 209 316 9358 D'après ces résultats, la moyenne du rendement serait : en foin, en regain, 13,710,470 84,127,220 dans une année ordinaire : k° 6,382,798 40,589,640 en 1858 : 7,327,672 43,537,580 Différence en moins Quant aux autres fourrages artificiels, ils sont cultivés dans le nombre de communes suivant : Annexes au Mémorial
  70. II. partie. d 26 Nombre de communes où l'on a cultivé en 1858 des CANTONS. Trèfles. Luzernes. Sainfoins. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… 10 10 13 8 11 9 13 11 13 10 13 1 2 7 4 4 8 4 10 5 7 7 4 3 7 7 9 5 8 Total… Communes q u i ne c u l t i vèrent pas… 121 50 52 5 76 74 126 126 126 Le trèfle incarnat a été cultivé dans 5 communes, tandis que des fourrages mélangés ou warals (féveroles, vesces et pois) l'ont été dans 13 communes. Nous devons forcément négliger bon nombre d'autres plantes servant à l'alimentation du bétail, sur lesquelles nous possédons peu ou point de renseignements, ainsi que la valeur du pâturage ; d'abord des terres réservées à cette fin, ensuite des prairies a l'automne, des trèflières, etc., et autres fourrages d'embouches, toutes ressources dont les cultivateurs se sont empressés de retirer le plus de fruit possible, et qui ont été un supplément recherché à la provision relativement minime destinée à l'alimentation du bétail. F ) PLANTES POTAGÈRES. — LÉGUMES. Dans le Grand-Duché, les jardins ont de l'importance, d'abord par les légumes qu'ils fournissent pour l'alimentation de la famille du cultivateur, et ensuite par la circonstance qu'ils produisent une certaine quantité de plantes destinées à l'alimentation du bétail. Sous ce dernier rapport nommément, une bonne partie de leur surface est réservée à la culture de la betterave et de la carotte, qui dans la grande majorité de nos exploitations rurales, ne se rencontrent malheureusement qu'en cet endroit. Il en est de même du chanvre et du lin, sur le rendement desquels il a déjà été référé ci-avant. Quant à celui des légumes, l'année 1858 ne lui a pas été des plus favorables. Les salades ont monté trop vite en graine, les fèves et les pois se sont desséchés avant le temps ou ont été attaqués de la rouille et de la grise. Les haricots par contre donnèrent davantage, mais les choux et surtout les cabus servant à la fabrication importante de la choucroute, ne donnèrent qu'une demirécolte. Il en a été généralement de même des autres légumes, dont la qualité laissait toutefois peu à désirer. 27 G) ARBRES FRUITIERS. Les arbres fruitiers se rencontrent dans les jardins, où l'on cultive généralement les espèces de choix pour la table, et dans les vergers et les champs, où l'on produit les fruits à cidre et à eaude-vie. Dans l'un et l'autre endroit, les fruits ont été d'excellente qualité en 1858, et beaucoup de variétés de choix, mais peu fertiles, ont donné des fruits excellents sous tous les rapports. Les poires ont surtout été remarquables quant à ce, mais les quetsches laissaient quelque peu à désirer. Le rendement en fruits rouges — fraises, framboises, groseilles, cerises —, a été abondant; il en a été de même des noisettes, noix, pommes et de plusieurs espèces de prunes. Les quetsches et les poires ont été moins abondantes, mais sous le rapport de la quantité, leur produit a toujours encore été assez satisfaisant, à en juger par la circonstance que, y compris les cerises, i l en a été distillé 40,725 hectolitres, outre les quantités relativement considérables converties en pruneaux, fruits séchés etc., et fabriqués tant pour l'exportation que pour les besoins du ménage. H) VIGNES. La vigne considérée comme plante fruitière, se trouve rangée à la place qui lui est assignée ici, et non parmi les cultures industrielles où elle pourrait figurer également. Son rendement a été abondant en 1858; les vendanges se sont bien faites, et la récolte en a été de bonne qualité, sans pourtant égaler celle du crû de
  71. Les vendanges produisirent : Canton de Diekirch… Echternach… Grevenmacher. Mersch… Remich… Produit en 1858… 1857… Excédant sur 1857… hect. 942 661 27,318 14 44,458 73,395 70,850 2,545 54 litres. 80 70 40 40 84 00 84 Cette récolte aurait encore été plus abondante, si la vigne n'avait été atteinte de la défoliation (Sang). Cette affection, qui commença dans les vignobles près de Schengen, s'étendit plus tard dans les environs et sévit avec le plus d'intensité aux alentours d'Ehnen et de Wormeldange. Les vignes entre Wasserbillig et Grevenmacher furent, par contre, épargnées ou à peu près. La pyrale occasionna également des dégâts assez appréciables dans certains vignobles. Les causes de l'un et de l'autre de ces ravages sont restées inconnues. I) BOIS. — HAIES A ÉCORCES. La détermination du rendement de bois en 1858 dépend de l'accroissement pris par le corps ligneux pendant cette période. Il n'y a pas de motif d'admettre que cet accroissement n'ait pas atteint la moyenne des autres années, c.-à-d. de 6 stères pour les forêts communales et de 5 stères pour les bois des particuliers, par hectare. Quoiqu'il soit reconnu que pour obtenir un revenu soutenu des bois, la quantité exploitée ne peut dépasser le taux de l'accroissement annuel, il peut être admis avec quelque vraisemblance, que vu les hauts prix tant du bois de bûche que de construc- 28 tion, on ne s'en est pas toujours tenu à cette règle conservatrice. Il se pourrait donc bien qu'il y ait eu des anticipations sur l'accroissement normal et que le présent ait joui prématurément des ressources de l'avenir. Cette manière d'agir trouvera peut-être sa justification sous le rapport financier, mais n'en sera pas moins regrettable sous d'autres rapports. Le produit des haies à écorces s'est également bien placé; i l s'en est fait une grande exportation vers l'Allemagne, où noire tan est fort recherché. En France et en Belgique il trouve également un placement facile, de sorte que c'est une marchandise d'une défaite facile, parce qu'elle trouve un débouché tant à l'intérieur qu'à l'étranger, Ce haut prix des produits forestiers fait que les propriétés boisées acquièrent une grande valeur. Aussi les boisements deviennent-ils plus nombreux. Il est toutefois a regretter que la température extraordinaire de l'année qui nous occupe ait fortement compromis les plantations et les semis faits au printemps. Le manque de litière et de fourrages a, dans bien des cas, nécessité l'emploi des feuilles mortes et des herbages se trouvant dans les bois, de sorte que sous ce rapport encore ces derniers ont eu à souffrir de l'enlèvement des matières d'une nécessité majeure à leur bonne conservation. Ce sacrifice était toutefois justifié par les circonstances exceptionnelles et difficiles que l'agriculture avait à traverser, et l'on s'en consolera volontiers, si l'usage de cette faculté reste borné à ces circonstances exceptionnelles, J ) PLANTATION DE ROUTES. Les plantations de routes, outre les avantages qu'elles peuvent présenter pour la sûreté de la circulation, sont destinées a devenir une source de grands revenus pour l'État. Sous ces rapports, elles méritent toute attention ; mais ces avantages ne semblent pas pouvoir être exclusivement acquis au détriment des propriétaires riverains. Des soins intelligents, le choix des essences, le mode de leur plantation, de leur élagage et leur aménagement, peuvent rendre la servitude légale qui nous occupe, moins onéreuse et moins nuisible à la production agricole des terrains qui en sont grevés. Dans les dernières années on a étudié la question, et il en est résulté que l'on n'emploie plus les peupliers à nos plantations d'alignement. On a de même continué à exploiter en 1858 les peupliers des premières plantations faites dans le pays, et ainsi fait droit à des réclamations équitables. Toutefois les plantations plus jeunes ne tomberont pas de si tôt sous la cognée et continueront encore longtemps à importuner le cultivateur par les rejets que leurs racines traçantes projettent dans les champs cultivés. Il est vrai que ces racines peuvent être recherchées et extraites dans les champs mêmes; mais les travaux que ces recherches nécessitent sont toujours dispendieux, surtout dans les champs plus élevés que le corps de la route. Aussi la commission d'agriculture s'était-elle empressée à appuyer auprès du Gouvernement la proposition d'un de ses membres, d'accorder aux riverains la permission d'extraire les racines drageonnantes dans le fossé de la route même. Nous regrettons que l'administration des travaux publics n'ait pas pu satisfaire à cette demande. K) ABEILLES. La température n'a pas été défavorable aux abeilles; mais la pénurie du rendement en trèfle, ou pour mieux dire, l'irrégularité et le peu d'abondance de sa floraison , ont dans certaines parties du pays nui à la quantité de leur produit. Quant à la qualité, elle a été très satisfaisante. 29 L'état suivant résume les renseignements fournis à leur égard. CANTONNEMENT. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch s. Sûre… Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch… Redange… Remich… Wiltz… Nombre de Nombre communes où il de ruches. n'y a pas de ruches. 675 991 853 690 1210 736 641 812 1105 377 1343 9435 1 1 3 4 2 11 Chaque ruche donne en moyenne un revenu annuel en cire de 0,80 k° et en miel de 7,40 kos soit pour l'année 1858, en cire 7548 kos et en miel 69819 kos. Ce miel représente, à raison de 1 fr. 54 le k°, prix moyen d'alors, la somme de 107,511 fr. et. Le tout sans compter la cire et l a valeur du croît, §
  72. Prix moyen des grains et fourrages pendant l'année
  73. L'état ci-après, indiquant les prix moyens, par mois, des grains et autres denrées agricoles vendus sur les marchés régulateurs du Grand-Duché pendant l'année 1858, a été dressé d'après les mercuriales publiées par le Gouvernement, pour les marchés hebdomadaires de Luxembourg, Diekirch, Wiltz, Ettelbruck, Echternach, Remich et Mersch. Ces prix sont, pour les céréales, déterminés pour un hectolitre. Le poids de cette unité de capacité varie d'une commune à l'autre, selon que le sol est argileux, sablonnneux ou mélangé, et même selon les années. L'hectolitre de froment de 1re qualité pèse généralement de 75 a 78 kos, — seigle — — 72 à 75 — l'orge — — 50 à 53 — l'avoine — — 45 à 48 — pommes de terre — 65 à 80 30 MOIS. Janvier… —… Février… —… Mars… Avril… — Mai… … Juin… Juillet… — Août… … Septembre… _… Octobre… … Novembre… — Décembre… 2e. 1re. 2e. 1re. 2e. 1re. e … 2 . 1re 2e. 1re. 2e. 1re. … 2e. 1re. 2e. 1re. 2e. 1re 2e. 1re. … 2e. 1re. 2e. en
  74. Prix moyen en
  75. — en moins Différence en p l u s . — Quinzaines. hect. hect. 4 45 4 90 4 76 4 77 4 77 4 77 4 77 4 93 4 95 4 93 5 02 5 43 620 6 25 6 90 7 25 8 7 70 6 6 6 6 6 75 6 85 1 92 1 83 1 82 1 85 1 85 1 91 1 96 2 01 2 02 1 88 1 86 1 85 1 74 1 77 1 80 1 86 1 86 1 90 1 85 1 82 1 94 2 02 1 99 2 01 100 kil. 100 kil. 1 kilog. 9 9 17 8 95 8 99 9 40 9 49 9 12 9 92 10 10 9 67 9 67 9 75 9 73 9 75 9 68 9 67 9 67 9 67 9 75 9 75 9 81 9 87 9 75 4 83 4 83 5 5 5 17 5 17 4 83 5 62 5 62 5 62 5 37 5 37 5 50 5 50 5 37 5 31 5 50 5 25" 5 25 5 50 5 50 5 50 5 50 5 50 hêtre. stère. 58 chêne. Bois de hect. 8 80 8 87 8 30 8 63 8 58 8 45 8 02 8 77 8 95 8 82 9 93 10 97 14 11 25 11 50 13 50 14 25 13 50 9 9 9 50 9 50 9 50 9 50 5 32 hect. hect. 4 08 4 05 3 79 3 97 3 58 3 56 3 40 3 10 2 96 3 01 2 95 3 01 3 89 4 29 3 99 3 56 3 25 2 81 2 67 2 47 2 55 2 60 2 62 2 65 9 58 4 74 hect. hect. 13 51 13 38 13 26 13 29 13 03 13 28 13 25 12 59 12 81 12 83 13 12 12 94 34 13 37 11 50 11 11 50 10 50 11 50 11 50 11 75 12 11 62 11 1 89 8 82 8 33 8 75 8 83 9 17 8 75 8 67 8 75 7 87 7 87 8 42 8 8 10 50 10 50 10 62 10 50 9 12 7 75 7 50 7 83 8 16 8 50 S 17 7 91 13 97 14 14 20 14 09 13 85 13 58 13 53 13 48 13 40 13 16 13 50 15 04 19 39 17 37 16 31 15 16 14 68 14 62 14 58 14 59 14 58 14 44 14 06 13 82 5 76 6 40 6 43 6 35 6 33 6 37 6 58 6 77 6 96 7 34 7 52 7 68 8 23 10 07 9 75 9 72 9 57 8 23 7 82 7 94 7 87 7 82 7 83 7 39 7 55 11 79 12 01 12 05 12 21 11 95 11 52 11 45 11 45 11 15 11 11 11 25 11 81 14 81 14 65 13 84 12 12 12 48 12 30 12 04 12 00 12 10 12 14 11 45 11 37 10 04 10 28 10 41 10 55 10 52 10 23 10 33 10 48 10 07 10 06 10 03 10 18 10 91 12 60 12 94 12 83 12 90 12 50 11 99 11 54 11 57 12 56 12 25 12 41 11 04 15 47 15 25 15 23 15 01 15 01 14 89 14 86 14 70 14 55 14 36 14 80 16 51 20 33 18 84 18 04 17 19 16 79 16 67 16 68 16 30 16 44 16 18 15 73 15 51 3 24 1 88 12 44 4 72 76 8 69 14 55 9 13 01 7 69 12 13 5 20 1 04 11 30 16 05 14 62 91 15 29 20 51 22 1 96 Pommes de. terre. Avoine. 11 64 17 03 3 32 Pois. 7 47 22 51 5 96 Sarrasin. Orge. 2 75 5 90 Seigle. 2 95 5 46 Méteil. Froment Foin. Paille. Beurre. 31 CHAPITRE IV. Améliorations agricoles. §
  76. Les améliorations réalisées dans les derniers temps par notre agriculture sont nombreuses et continuent de fixer l'attention de nos cultivateurs. Elles ont été provoquées, d'une part, par la protection qui lui est accordée par le Gouvernement et par les nombreux encouragements dont elle a été l'objet, tant de la part de ce dernier que de celle des sociétés agricoles existant dans le GdDuché. D'autre part, l'augmentation de la population et la nécessité qui en résulte d'augmenter la production et par suite la fertilité de la terre, y a contribué pour une forte proportion ; tandis que la construction de nombreuses voies de communications, facilitant le placement des produits aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, et leur assurant un placement facile, rémunérateur, n'y est pas étrangère. Suivre ces améliorations dans toutes ses phases, dépasserait les limites du présent travail. Aussi nous bornerons-nous à y résumer les progrès se rapportant à l'exercice 1858, auquel il est plus spécialement destiné. §
  77. Procédés nouveaux. L'extension que reçoit la culture des plantes racines et industrielles, l'emploi d'instruments perfectionnés , provoque la préparation plus soignée du sol et l'exécution répétée de façons de nettoiement et de cultures. Les avantages qui en résultent, décident à en faire l'application à d'autres emblaves, et c'est ainsi que le hersage des trèllières et des luzernières au printemps s'est, dans les derniers temps, étendu aux céréales d'hiver et y a produit d'excellents résultats; i l en a été de même du roulage des durs grains. Les déchaumages ont pris une nouvelle extension depuis l'introduction d'une charrue spéciale, du Skim-pflug, construit à la Weilerbach. Les assolements continuent aussi à être dirigés d'après de meilleurs principes, mais il reste encore beaucoup à faire sous ce rapport. On suit encore trop souvent l'assolement triennal; mais la faute n'en peut pas toujours être attribuée exclusivement au cultivateur, ainsi que nous nous réservons de le démontrer ultérieurement. Enfin le plâtrage des prairies humides a été essayé dans le canton de Diekirch ; les résultats ont été très satisfaisants, non seulement pour la quantité de foin, mais encore pour la qualité. A la ferme de l'école agricole de l'État, le plâtrage a aussi été appliqué avec succès au colza, pour la destruction des pucerons. La dose a été d'un hectolitre par hectare, §
  78. Irrigations. La pratique des irrigations, facilitée depuis la publication de la loi du 26 décembre 1853, tend à prendre de l'extension, mais le progrès est très lent à se produire sous ce rapport, quoique les irrigations soient tous les jours plus goûtées, mieux dirigées, et qu'elles se fassent avec beaucoup de soins, mais pas toujours avec l'intelligence voulue. Probablement que ce service recevrait plus d'impulsion, s'il se trouvait dans le pays des personnes aptes à diriger et à exécuter des travaux de ce genre, et si les propriétaires s'entendaient pour supporter en commun les dépenses générales que nécessiterait souvent un système général d'irrigation bien entendu et possible en toute saison. 32 Toutefois l'année 1858 s'est distinguée, sous le rapport de l'importance des travaux d'irrigation exécutés, ainsi que le prouve le résumé suivant : CANTONS. PRAIRIES IRRIGABLES anciennes perfections nouvelles établies hect. hect. Capellen Clervaux. Diekirch Echternach. Esch s. Alz. Grevenmacher. Luxembourg. Mersch. Redange Remich Wiltz 11 1 20 41 250 45 190 364 7 1 28 2 21 12 70 25 2 1 8 Total. 1055 177 125 8 §
  79. Drainage. L'assainissement des sols humides, leur dessèchement au moyen de conduits souterrains, est pratiqué depuis longtemps ; car si d'un côté il a été reconnu que l'eau est favorable à la végétation des plantes, et que par suite on cherche à la leur procurer par l'irrigation, i l a été, de l'autre, constaté que l'humidité stagnante, en excès dans le sol, nuit aux végétaux, par cela qu'elle empêche la circulation de l'air, le réchauffement de la terre et l'assimilation des principes nutritifs qu'ils en retirent. Ces travaux ont eu lieu dans le principe à l'aide de pierraille, de fagots. Voilà environ dix ans qu'on les exécute avec des tuyaux en poterie, d'après le système inventé et perfectionné en Angleterre. Trois fabriques fournissent les tuyaux nécessaires à cette fin et travaillent de plus pour l'exportation. Ce sont : 1° la fabrique établie sur le Domaine privé aux usines royales de Berg, travaillant avec une presse à double effet de Whitehead ; 2° la fabrique du D r Mayrisch au Wolperterhof près d'Echternach, se servant également d'une presse du même système ; 3° la fabrique du sr Keller-Steichen de Bergem (canton d'Esch-sur-l'Alz.), activant une presse de Willams, perfectionnée par Jordans, appartenant à l'Etat. Cette presse, qui a été prêtée successivement à MM, Kintzelé de Heisdorf, Keyl de Strassen, Mayrisch de Wolperterhof et Ritter de Grevenmacher, a propagé d'une manière avantageuse la fabrication des tuyaux et a, par suite, mis les cultivateurs dans la possibilité d'exécuter des travaux de drainage d'après la nouvelle méthode. Les améliorations de ce genre, exécutées dans le pays, sont détaillées au tableau ci-après. 33 Nombre DRAINAGES EXÉCUTÉS de communes où il a été jusqu'au 31 déc. 1857 en 1858 exécuté des travaux avec avec avec avec d'assainissepierres. tuyaux. tuyaux. pierres. ment. CANTONS. hect. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette Grevenmacher Luxembourg Mersch Redange Remich Wiltz 24 2 3 6 11 3 3 4 3 7 3 1 2 29 Total hect. 4 hect. 13 4 3 2.50 75 hect. 2 10 3 3 1 3.50 14.20 13 5 8 3.50 2.25 10.35 3 7 47.75 32.60 3.30 1 5 79.00 hect. 1.50 7 14.50 Les travaux exécutés en 1858 ont donc été relativement très-importants et ont dépassé de beaucoup ceux des années antérieures. Parmi les drainages entrepris alors, ceux faits sur la ferme attachée à l'école agricole de l'État ont été exécutés sur la plus grande superficie. Le résultat y obtenu a été des plus satisfaisants; il a clairement prouvé que le drainage est non seulement utile dans les terres humides, et durant les années pluvieuses, mais bien encore qu'il rafraîchit durant la sécheresse. Nous terminerons en ajoutant la communication qui nous a été faite, que dans le canton de Diekirch on n'emploie presque plus de tuyaux de drainage; ils sont remplacés par des pierres, qui sont très-abondantes, coûtent moins cher et donnent de meilleurs résultats. §
  80. Engrais. — Amendements. A) ENGRAIS D'ÉTABLE. — FUMIER. La production de l'engrais de ferme est très-importante, surtout parce que le cultivateur tient généralement à ce que son bétail soit tenu proprement, et qu'à cette fin il renouvelle très-souvent la litière. Mais cet engrais perd beaucoup en qualité et en quantité par suite de sa conservation irrationnelle et de son emploi vicieux. Dans les derniers temps, on a fait quelques progrès sous ce rapport, et on rencontre assez souvent des places a fumier mieux aménagées qu'autrefois. Des réservoirs pour recevoir les déjections liquides des animaux, sont encore moins rares que ces dernières, et témoignent de l'importance que l'on accorde a la bonne conservation des engrais produits dans l'exploitation. Ces réservoirs ne sont toutefois encore répandus que dans quelques parties du pays, ainsi qu'il résulte du relevé qui va suivre : e Annexes au Mémorial
  81. II. partie. 34 CANTONS. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette Grevenmacher Luxembourg Mersch Redange Remich Wiltz Nombre de Nombre de Nombre communes où communes où il se trouve il ne se trouve de citernes. des citernes. pas de citerne. 4 2 6 9 19 17 5 4 5 6 13 6 5 3 2 9 4 7 3 2 5 7 7 11 14 27 11 63 434 31 31 40 7 55 71 694 Il y a donc encore bien des cultivateurs qui ne comprennent pas la perte qu'ils font en laissant échapper la partie la plus soluble de leurs engrais. Cette perte est tellement considérable qu'un membre de la commission d'agriculture estime que sa valeur dépasse de beaucoup la somme des contributions que le cultivateur et le journalier paient à l'État. B ) ENGRAIS COMMERCIAUX. Les engrais commerciaux sont d'un usage restreint dans le pays, et leur emploi est peu répandu parce que le cultivateur est de l'avis que la meilleure fumure provient d'une bonne écurie de bœufs ou de vaches, et qu'il ne peut pas encore toujours se rendre compte des avantages qui peuvent en résulter. En 1858 on a employé la quantité de guano suivante : 100 kilogr. Cantons. 200 Capellen 1500 Diekirch 1000 Echternach 1000 Grevenmacher 2 Luxembourg Mersch 1100 300 Redange 300 Wiltz 5502 L'engrais Hillel a été employé par deux ou trois cultivateurs du canton d'Echternach, mais en quantité minime. A l'école agricole de l'État il en a été appliqué 1000 kil. avec succès. L'engrais Lyon qui a été colporté dans le pays en automne 1857, et qui alors a obtenu on certain débit, a également été essayé, mais sans succès. 35 La poudre d'os, qui se fabriquait dans le temps au Brameschhof, commune de Kehlen, a reçu aussi quelqu'application. Il en a été employé dans le canton de Kil. 1300 500 200 200 Capellen Clervaux Grevenmacher Luxembourg soit kil. 2200 C) AMENDEMENTS. Les amendements les plus en usage sont la chaux et le plâtre; le premier est surtout d'une grande valeur pour la culture de nos Ardennes. En 1858 on a employé en moyenne les quantités suivantes de calcaire : CHAUX. CANTONS. Communes où elle n'est elle este pas employé . employée. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette Grevenmacher Luxembourg Mersch Redange Remich Wiltz PLATRE. 2 11 8 7 3 7 5 9 3 3 6 7 6 10 3 13 8 5 2 7 74 52 Communes où Hectolitres. il n'est il est pas employé. employé. Hectolitres. 8 3 2 8 1281 9 6 5 2 1180 4 3 5 6 7 1590 2135 15129 11 8 7 4 6 75869 74 52 11742 2000 16820 1230 840 10500 450 4910 7170 10190 630 6 6 6 3 800 990 756 1170 762 766 312 Il ne doit pas être perdu de vue que l'État accorde des primes aux petits cultivateurs des Ardennes, afin de leur faciliter l'achat de la chaux nécessaire à la culture de leurs terres. La marne n'a été employée que très-exceptionnellement; ainsi dans 1 commune. le canton de Clervaux dans id. id. de Diekirch dans 2 id. id. de Mersch dans 3 3 id. id. de Redange dans 1 id. id. de Remich dans 36 Les cendres de bois sont recherchées particulièrement pour être employées en couverture sur les prairies. Les quantités qui ont servi à cette fin en 1858 sont tellement minimes qu'elles ne méritent pas d'être renseignées. I l en est de même de la suie de cheminée, qui sert au même usage que les cendres. §.
  82. Cultures nouvelles. L'introduction d'une plante nouvelle ou inconnue dans la pratique culturale d'une contrée est provoquée par de nombreux essais couronnés de succès. Ou bien, elle est le résultat d'un besoin du moment, provoqué par le manque d'une plante jusqu'alors cultivée; ainsi, pour remédier au déficit de produit qui en résulte. Dans le premier cas sa propagation présente la chance d'être assurée, dans l'autre par contre, elle est le plus souvent la cause de déceptions, parfois très-onéreuses. Il suffira pour le prouver de rappeler toutes les succédanées prônées, pour remplacer la pomme de terre, depuis qu'elle est atteinte de la maladie, et dont aucune n'a pu se maintenir jusqu'ici. Le désir d'atténuer ce que le manque de fourrage avait de désespérant pour le cultivateur, provoqua aussi naturellement la recommandation des plantes paraissant les plus propres à y porter remède, mais le succès n'a pas toujours répondu aux espérances que l'on avait fait naître. Ceci provient de ce qu'il n'a pas toujours été observé qu'une campagne était insuffisante pour décider en connaissance de cause sur la valeur d'une plante, surtout lorsqu'elle était cultivée dans des conditions exceptionnelles. Le jugement porté peut alors être en quelque sorte justifié comme étant basé sur la bonne foi et le désir d'être utile ; le seul reproche à faire est qu'on s'est trop pressé à conclure. Cette excuse n'existe toutefois plus lorsque la spéculation s'empare de ces résultats, les groupe avec art et cherche ainsi à démontrer l'utilité de la nouvelle introduction, en même temps que son infaillibilité pour remédier à la pénurie du moment; attendu que nous nous trouvons alors en présence d'un bon à tirer sur la détresse du cultivateur. L'année 1858, comme bon nombre de ses précédentes, a vu plus d'une manœuvre de ce genre. Voici au surplus les renseignements obtenus sur les cultures nouvelles tentées en
  83. A . CÉRÉALES. Il a été, à différentes époques, introduit de nouvelles céréales, mais peu se sont maintenues dans la grande culture, si ce n'est dans des cas exceptionnels, et alors qu'une variété se prête tout particulièrement à une culture exceptionnelle. C'est ainsi que le froment barbu s'est répandu dans les terres fortes de Haagen, Nospelt, parce qu'il s'y déchausse moins que le froment ordinaire. Dans la région nord du pays par contre, la culture du blé de mars tend de plus en plus à se substituer au seigle. Son rendement a été assez satisfaisant, mais pourtant pas aussi avantageux que le froment d'hiver. Le froment Hickling a aussi, toute chose égale d'ailleurs, mieux supporté la pénurie d'eau et l'excès de chaleur que le froment ordinaire du pays. Des résultats de ce genre expliquent souvent la propagation d'une variété connue depuis longtemps dans une contrée et qui est, comme dans l'espèce, inconnue dans l'autre. C'est d'ailleurs à ce titre que nous signalons celles qui précèdent. En fait de nouveautés proprement dites la ferme expérimentale jointe à l'école agricole de l'État 37 à Echternach a ensemencé 20 variétés d'orge et 20 variétés d'avoine. Le résultat de ces cultures sera publié après que les essais auront été renouvelés. B . PLANTES RACINES. Au même établissement, i l a été planté 30 variétés de pommes de terre; les résultats de cette culture seront publiés ultérieurement; toutefois on peut déjà dire que la pomme de terre dite «Rio frio d'Ockel» promet bien ; elle a donné, toute chose égale d'ailleurs, un rendement bien supérieur à celui fourni par les autres variétés, qu'elle surpasse également de beaucoup en qualité. Cette même ferme a entr'autres ensemencé, afin d'en faire l'essai, des graines de la betterave à sucre de Magdebourg, de la carotte rouge d'Alteringham. Ces plantes ont bien réussi ; il en est de même de deux variétés de betteraves les plus recherchées en Belgique et en Allemagne par l'industrie sucrière, qui ont été communiquées à l'établissement par M. Cam. van Vlissingen, dont le rendement a été satisfaisant eu égard à leur plantation tardive. L'analyse chimique faite à l'école d'Echternach par MM. van Vlissingen, Faber et Namur, de ces racines, a accusé la richesse saccharine suivante : Betteraves de Belgique 10%; — de Magdebourg 15%. C . PLANTES INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES. Une plante oléagineuse sur la valeur et la nouveauté de laquelle on est loin d'être d'accord, a fait l'objet de recommandations très-chaleureuses, surtout de la part des cultivateurs de la Bohême. Nous voulons parler du Bivitz, qui a également été ensemencé à titre d'essai, à l'école agricole; sa mise en terre a eu lieu fin de septembre dans un seigle déchaumé ; la récolte a pu en être faite au commencement de juin, au moins trois semaines avant celle du colza. Deux ares ont donné 40 litres d'une graine bien conformée, quoique d'un volume moindre que celle du colza. Le rendement peut donc être dit satisfaisant. M. Chapelle d'Eisembourg a cultivé l'Awell, autre plante oléagineuse, également recommandée, mais pour les terres trop pauvres pour porter du colza. Le produit en a également été satisfaisant. Le chanvre de Piémont, dit par erreur chanvre géant (nom qui appartient à une variété de la Chine), est cultivé depuis quelques années dans la partie sud du pays, où sa culture prend tous les jours plus d'extension. Cette variété supporte mieux les terres sablonneuses que l'ancienne, donne plus de filasse, mais ne donné de la graine que dans les années exceptionnellement chaudes, comme l'était
  84. On doit donc le plus souvent faire venir sa provision de graines de l'étranger. D . PLANTES FOURRAGÈRES. Parmi les plantes fourragères nouvellement introduites dans la culture du pays, en faveur de la pénurie de fourrage déjà constatée, nous trouvons d'abord le sorgho à sucre, qui a été l'objet d'une culture fort étendue, sur laquelle nous avons recueilli les renseignements suivants : Canton de Capellen. Cultivé dans les environs de Kehlen, sur jachère dans des terres légères bien préparées, le sorgho n'a donné que des plantes de quelques centimètres de haut, que l'on a retournées parce que les frais de la récolte auraient surpassé sa valeur. Canton de Clervaux, aucun rapport. 38 Canton de Diekirch. Comme fourrage le sorgho nous paraît pouvoir donner un bon résultat, surtout pendant les années de sécheresse, comme celle qui vient de se passer; mais si on veut l'employer à la distillation, je crois qu'il ne renferme pas assez de substances sucrées sous notre climat. Celui qui a été semé cette année, n'a pas pu être distillé, parce qu'il s'est gâté avant que le propriétaire ait pu obtenir l'autorisation nécessaire à cette fin. Echternach. Le sorgho pour fourrage vert a été ensemencé à titre d'essai et à des intervalles divers. Son rendement a été insignifiant. Esch-sur-l'Alzette. Le sorgho n'a fourni qu'une entière déception. Grevenmacher. Le rendement en sorgho est très-insatisfaisant. Luxembourg. Cultivé dans les jardins, dans des terres bien meubles et très-riches, le rendement a été satisfaisant, mais n'a pas dépassé celui du maïs. Chez M. Pescatore à Steinsel il a donné de la semence, et la paille récoltée a servi d'abri aux arbres fruitiers. Mersch. A Bofferdange, M. Jos. Pescatore a emblavé une superficie de 42 ares en sorgho. Terre forte, bien préparée, rendement nul. Les premières gelées blanches Le détruisirent complètement. Redange. Pas signalé. Remich. Voir Grevenmacher. Wiltz. Comme Redange. Le sainfoin à deux coupes, dit sainfoin géant, sainfoin grande graine, très-répandu en Picardie, est une variété du sainfoin ordinaire, qui a été introduite vers 1854 dans le Grand-Duché; elle se distingue de la variété ordinaire par ses tiges plus développées, plus vigoureuses, fournissant toujours une excellente seconde coupe, lorsqu'on la cultive sur des terres de bonne qualité. Ce fourrage qui se répand tous les jours davantage, a donné un produit assez satisfaisant, en égard aux chances défavorables de la saison. Ainsi que nous avons eu l'occasion de le dire, le trèfle incarnat tant de fois recommandé et tant de fois abandonné a été cultivé cette année dans des contrées qui n'avaient jamais encore vu cette plante. Comme elle y a donné une coupe abondante, elle prend une certaine extension. Il en est de même du trèfle hybride, qui commence à se propager dans la zône ardennaise, parce qu'ainsi que le dit le rapport sur le district agricole de Redange « cette légumineuse vient plus facilement et paraît plus rustique que les autres trèfles; les opinions sont toutefois encore divisées quant à la valeur du fourrage; dans tous les cas i l y a avantage d'en semer aussi longtemps que la graine en viendra au prix élevé de 40 à 60 fr. le double décalitre, comme cela se voit depuis plusieurs années. Une dernière plante recommandée comme fourrage mais surtout comme engrais vert, le lupin jaune, continue à être cultivé avec des alternatives de succès et de revers, ainsi qu'il résulte des renseignements suivants, tels qu'ils ont été, en majeure partie du moins et comme pour le sorgho, communiqués par les membres de la commission d'agriculture des ressorts indiquées : Echternach. Le lupin jaune a été ensemencé à l'école agricole à titre d'essai et à des intervalles divers. Le rendement en a été médiocre. Grevenmacher. Le lupin a donné de très-bons résultats comme engrais enfoui en vert ; mais les animaux l'ont refusé comme fourrage. Luxembourg. Le lupin a été cultivé sur plusieurs défrichements, notamment dans les sables stériles du Waldhof. Le résultat a été remarquable. Il en a été de même dans le canton de Mersch, sur les hauteurs près de Blachette. 39 Redange. La culture du lupin est trop récente pour que l'on puisse rien préjuger sur ses résultats. Remich. Les résultats de cette culture sont inconnus. Quant aux autres variétés du lupin, notamment la bleue, elle est cultivée depuis longtemps dans nos jardins comme succédanée à la fève de Moka, sous le nom de café sauvage. §.
  85. Instruments d'agriculture. L'introduction dans la pratique d'instruments agricoles perfectionnés et de machines destinées à économiser la main-d'œuvre, l'abandon des anciens outils existants ou leur perfectionnement a été pendant longtemps l'apanage exclusif de nos agriculteurs d'élite. Les résultats qu'ils obtinrent avec les nouveaux engins engagèrent il est vrai la routine à les employer également ; mais ce qui en hâta l'introduction dans bon nombre de petites et de grandes exploitations, c'était la nécessité de suppléer à l'insuffisance de bras, dont on se plaint et avec raison, et de profiter de l'économie qu'ils procurent. La construction d'instruments à des prix relativement minimes et les perfectionnements apportés, dans les dernières années, dans la mécanique agricole, y ont également contribué. Aussi les rapports sont-ils unanimes pour signaler les progrès réalisés sous ce rapport, et si l'on entend des plaintes, c'est que les artisans capables de réparer et d'entretenir les instruments nouveaux sont encore très-rares dans certaines parties du Grand-Duché. Ceci n'empêche toutefois pas que l'ancienne charrue du pays disparaît de plus en plus, et doit céder la place aux araires et aux charrues de moderne construction. Les hache-pailles, les couperacines, les moulins à concasser deviennent tous les jours moins rares; mais les machines qui se sont multipliées avec le plus de rapidité sont sans contredit les batteuses mécaniques. Il y a à peine 20 ans que la première de ces machines a été introduite dans le Grand-Duché, et aujourd'hui nous en comptons le nombre suivant : MACHINES A BATTRE Communes où il CANTONS. à à n'y en a à pas. bras. 2 9 3 29 33 160 52 101 32 38 60 8 4 5 4 6 2 1 2 2 566 33 2 mues y en a. manége. par l'eau. vapeur. 8 Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… 2 11 8 11 8 14 11 12 6 8 1 4 5 5 2 8 17 1 6 7 8 17 3 28 99 27 102 1 1 1 2 1 6 53 703 40 En fait de machines nouvelles, il a été inventé dans le canton de Diekirch un nouveau système de hache-paille, qui promet beaucoup, parce qu'il débite une grande quantité de travail, en peu de temps et sans beaucoup de force, et qu'il coupe la paille à telle longueur qu'on la désire. Il nous est promis un rapport ultérieur sur cet instrument, sur lequel nous reviendrons alors. Disons à cette occasion, que le hache-paille Richmond et Chandler, fabriqué par MM. Servais frères de Weilerbach, s'est acquis une grande faveur depuis l'année dernière, époque à laquelle cet excellent instrument a été plus spécialement connu dans le Grand-Duché. A l'école agricole de l'État on a employé à plusieurs reprises la moissonneuse de Dray, provenant de la même fabrique. Desservie par trois chevaux et deux hommes, cette machine a fauché 59 ares de seigle dru et épais en une heure de temps. I l a fallu en outre cinq personnes pour ramasser les andains au fur et à mesure de l'abattage et déblayer la voie. L'année 1858 nous a apporté une autre innovation méritant d'être signalée. La direction des usines royales de Berg a mis, ainsi qu'elle le fait depuis plusieurs années pour ses batteuses-locomobiles, la faucheuse-moissonneuse Manny, qu'elle construit, à la disposition des cultivateurs du pays. Cette manière d'exciter à la propagation des machines nouvelles ou peu connues est signalée à l'attention de nos cultivateurs, comme digne d'imitation. CHAPITRE V . Industries agricoles. Les matières premières employées par toutes les industries proviennent toutes du sol, ou sont extraites de ses produits, de sorte qu'elles se trouvent en général en relations plus ou moins intimes avec l'agriculture. Il ne peut toutefois être question ici que des industries qui sont forcément annexées à la culture de la terre, ou qui sont considérées comme son complément indispensable. Nous possédons chez nous peu d'institutions de ce genre et encore il n'y en a que deux, la distillerie et la brasserie, qui aient une certaine importance. En effet la fabrication du sucre de betterave et de la fécule est inconnue chez nous, tandis que le rouissage du lin ne fait l'objet que d'une exploitation, pour la consommation locale. Il y a encore bien la fabrication du syrop de betterave, que nous avons déjà eu l'occasion de signaler ; mais elle est restreinte à deux établissements de récente création. Le séchage des fruits pour l'exportation ne se fait que dans un seul établissement. D'après ce que nous en savons, les produits qu'elle fabrique trouvent un placement facile sur les marchés étrangers, de sorte qu'elle ne peut pas toujours suffire à la demande. Il existe également une fabrique de chicoré à café, mais elle va chercher à l'étranger la plus grande partie des matières premières qu'elle emploie. Les distilleries sont considérées chez nous comme des auxiliaires essentiels de toute exploitation rurale, un peu importante. Elles sont généralement entretenues en vue de la production d'une bonne nourriture pour les animaux de la ferme, ou sont annexées à la culture de la vigne. Le relevé des matières distillées dans le Grand-Duché pendant l'année 1858, par les 1807 distilleries qui étaient alors en activité, et que nous donnons ci-après, en séparant les établissements agricoles des autres, démontrera d'ailleurs l'importance des premières sous ce rapport. 41 PRODUITS AGRICOLES distillés dans des distilleries Grains hect. Pommes de terre Fruits à pépins, fruits à baies de toutes espèces, marcs de fruits à pépins, lies de vin Marcs de raisins Vin, cidre, poiré et fruits à noyaux agricoles. autres. 1601844 64 926 28 30892 71 865 95 Autres matières. 40725 56 14797 75 6326 72 Ainsi qu'il résulte de l'état ci-dessus, nos distillateurs ne se sont plus occupés cette année de la distillation de la betterave. La cause en est que cette industrie n'a pour ainsi dire été essayée jusqu'ici que dans nos petites distilleries agricoles. Nos distillateurs autodidactes n'ont non seulement pas réalisé de bénéfices, mais encore essuyé des pertes. Ces motifs nous ont engagés à demander la remise des droits qu'ils pourraient encore devoir de ce chef au trésor. Cette proposition a été adoptée ainsi qu'il résulte d'une décision du 9 novembre 1858, n° 4154—72/
  86. Quant aux brasseries, qui fonctionnèrent au nombre de 35, elles payèrent l'accise sur 926,023 ½ kil. d'orge et autres céréales employées à la fabrication de la bière. — Les résidus de cette fabrication sont retournés à l'agriculture et ont produit une grande quantité de nourriture très-recherchée des engraisseurs. Les huileries finalement, dont la majeure partie ne sont organisées que pour la préparation de la consommation, ont aussi fourni leur contingent de tourteaux à l'alimentation du bétail. CHAPITRE V I . Animaux domestiques. §.
  87. Recensement des bestiaux. L'État suivant présente le résultat du recensement des bestiaux fait dans le Grand-Duché dans le courant de juillet 1858, comparé à celui de la même opération exécutée durant la même période de 1857 : Annexe au Mémorial
  88. IIe partie. f 42 NOMBRE DE CHEVAUX NOMBRE DES BÊTES A Poulains de six mois au-dessous jusqu'à trois ans. de six mois. de trois ans et au-dessus. de trois ans. et au-dessus. de trois mois jusqu'à trois ans. Hongres. Entiers. Juments. Hongres. Entiers. Juments. Taureaux. Vaches. Bœufs. Taureaux. Vaches. Bœufs. Capellen 51 1251 613 175 233 59 125 115 72 4702 113 256 1690 90 Clervaux 4 481 107 20 75 14 35 61 90 4554 1633 372 2623 855 Diekirch 18 531 437 43 33 15 22 31 70 3809 897 180 1479 360 Echternach 22 539 339 49 53 9 43 23 23 2660 387 86 975 237 Esch-sur-l'AIzette 101 1803 874 227 367 72 171 130 68 5284 65 229 1979 133 97 99 29 59 46 43 3375 156 97 1401 205 Entiers. Juments. CANTONS. Grevenmacher 53 831 526 Luxembourg 62 1132 870 110 138 52 72 72 52 5394 88 181 1202 96 Mersch 29 767 563 78 90 32 54 59 69 3495 156 129 1300 171 Redange 30 1077 501 142 282 91 118 144 120 4720 575 510 2796 439 Remich 30 672 453 73 62 26 31 31 37 2898 67 51 908 42 Vianden 2 96 77 1 7 2 3 5 25 728 184 9 359 54 Wiltz 8 553 261 42 70 24 35 64 114 4369 1043 265 1987 329 Total général en 1858 410 9733 5621 1057 1509 425 768 781 783 45988 5364 2365 18699 3016 en 1857 505 9491 5741 1035 1359 378 750 763 885 46260 6193 2871 21681 4089 150 47 18 18 — en moins. 22 242 Différence en plus 95 120 102 272 729 506 1989 1073 43 au-dessus de trois mois. Destinées à l'élève. Béliers. Moutons. Brebis. Agneaux. NOMBRE des 88 397 21 369 405 79 67 961 2411 1425 184 1041 72 2331 5429 3287 82 1634 2400 2562 1 117 443 43 1108 1704 1068 65 810 2416 1561 14 82 423 27 835 1034 429 33 590 1760 1295 3 115 485 23 2261 237 188 55 1277 3097 2026 3 107 362 74 948 1186 325 54 670 2950 1105 128 294 17 808 321 106 61 859 2731 133 513 38 1544 1390 600 68 452 172 921 62 2276 3149 2112 120 64 367 9 56 292 51 5 74 11 1019 1101 63 694 58 2704 4058 1258 6014 1094 8018 Boucs. 16 1525 22 1090 64 2 853 60 18 1 929 64 1543 6 1 813 39 1944 655 6 1 1014 31 1053 2416 1743 2 1466 55 30 721 2478 1153 5 806 44 652 9 154 442 245 1 243 4 2977 59 1152 2692 2475 3 1616 29 455 16259 20306 11854 703 10333 27738 17798 62 10 3 11748 471 614 19079 23562 12655 678 10065 22990 16590 50 1 2 11457 396 1208 12 9 1 75 25 164 2004 159 2820 3256 781 268 4748 Mulets. 521 A nous. 43 Anes. 872 verrats. truies. au Chèvres. destinés à la reproduction. Anesses. DES BÊTES A LAINE. Destinées à la boucherie. au-dessous de trois mois. dessous de trois mois. NOMBRE DES PORCS NOMBRE Destinés à l'engraissement. CORNES. 1 1 1 1 1 3 291 44 Il résulte de ce tableau que nous comptions : Chevaux Bêtes à cornes — ovines Races porcines — asines Mulets Races caprines Nombre d'animaux domestiques recencés Différence pour l'année 1858 en
  89. en
  90. en plus. en moins. 20022 90098 55910 50323 65 2 11853 20304 83487 48894 57572 72 3 12219 282 6249 7 1 366 6611 7016 La diminution constatée du nombre des bêtes à cornes provient dit manque de fourrage; elle n'est par conséquent qu'accidentelle. Quant à celle des têtes de la race ovine, elle n'est pas tout-àfait dans ce cas; depuis plusieurs années leur nombre tend à décroître par suite de la mise en culture des pâturages, du défrichement des bruyères et de la restriction de la jachère pure. Comparés aux pays qui nous entourent, nous trouvons les chiffres suivants, quant a la proportion de nos animaux domestiques, réduites par tête de gros bétail : Prusse. Nombre de têtes par 100 h. de terres cultivées
  91. — Nombre de têtes par 1000 hab. 413 93 400 Belgique. France (Moselle). 80 556 62 607 Grand-Duché. §.
  92. Amélioration des races. Ainsi qu'il résulte des chiffres qui précèdent, notre bétail est nombreux, et nous soutenons non sans avantage la concurrence avec nos voisins. Mais la quantité ne peut pas seule entrer en ligne de compte ; dans son appréciation il y a encore la; qualité à considérer. Sous ce rapport nous avons encore bien des améliorations à signaler. Pour les chevaux comme pour les bêtes à cornes, on ne peut plus reconnaître de race bien déterminée, dominant dans la généralité des cantons. Le pays se trouve sous le rapport des races de ces deux espèces d'animaux domestiques à une époque de transition, inhérente aux progrès de l'agriculture. Les anciennes races sont profondément changées, modifiées d'un côté par de nombreuses introductions et par des croisements répétés, et de l'autre par des changements opérés dans les systèmes de culture. Nos relations commerciales n'y sont non plus pas étrangères, et exercent dans l'espèce une influence incontestable. Il en est de même des règlements du 28 décembre 1849, pour l'amélioration de nos races d'animaux domestiques. Et quoique les membres de la commission d'agriculture, aussi bien que les vétérinaires du Gouvernement, soient unanimes dans leur rapport pour se plaindre de ce que ces règlements ne sont pas assez convenablement exécutés,. ils sont cependant également d'accord pour admettre qu'il y a en fait d'amélioration des races des progrès bien réels, dûs en grande partie à ces mêmes règlements. 45 Ces règlements ont toutefois donné lieu de la part de quelques membres de la commission d'agriculture et de quelques vétérinaires à des observations et même à des propositions formelles et raisonnées, qui feront l'objet de délibérations ultérieures. A la négligence apportée dans l'exécution des règlements en vigueur, quelques-uns ajoutent comme s'opposant au progrès, la circonstance que le commerce, les étrangers viennent nous enlever à des prix de plus en plus élevés nos meilleurs reproducteurs et les élèves autorisant les plus belles espérances. Nous n'y voyons toutefois qu'un mal passager et apparent, qui prouve d'ailleurs la haute valeur qu'on accorde à nos produits, et qui ne manquera pas de stimuler les éléveurs luxembourgeois, en même temps qu'en définitive il exercera une influence favorable sur notre production animale. Si depuis longtemps les étrangers n'allaient pas prendre à des prix exorbitants et disproportionnés des reproducteurs en Angleterre, il est certain qu'on n'y trouverait aujourd'hui pas une si grande quantité de ces animaux d'élite. L'argent, le bénéfice, rémunérateur non seulement des capitaux mis en jeu, mais encore de l'intelligence et des labeurs engagés, voilà le nerf le plus stimulant de l'agriculture comme de tous les commerces. Les races ovine et porcine revêtent des caractères plus uniformes et plus stables. Aussi les croisements opérés pour ces deux espèces, pour la première surtout, se réduisent presqu'à rien. Quant aux propositions faites pour l'amélioration de nos races d'animaux domestiques, elles sont de plusieurs espèces. D'abord, l'un des vétérinaires entendus propose comme moyen général et fondamental d'améliorer les bestiaux dans le Grand-Duché, de supprimer la vaine pâture. Il paraît que l'administration du pays est aussi de cet avis, attendu qu'elle s'occupe d'un projet de loi concernant l'abolition de cette servitude. Ensuite viennent les croisements, au sujet desquels les avis ne sont plus d'accord. On ne s'en étonnera pas, lorsqu'on voit l'un de ces hommes de l'art avancer que la race des chevaux de la province de Namur est le produit du croisement de la race du Perche (? !) avec celle du Hainaut; qu'un autre dit que le croisement est tout à l'avantage de notre race chevaline et que la race normande a beaucoup d'analogie avec l'ardennaise; enfin qu'un troisième préconise le croisement de la race bovine hollandaise avec la race de Birkenfeld etc. Il n'y a qu'un point où les opinions restent unanimes : C'est d'améliorer les races par elles-mêmes, par des soins et une nourriture plus convenable et plus appropriée. Parmi les introductions faites dans les derniers temps, on signale surtout la race bovine des Pays-Bas, qui est propagée et estimée dans tous les cantons : tous les rapports en disent du bien. L'un d'eux donne également des renseignements sur la race du Glâne, prônée il y a quelques années, et qui d'après lui se perd et cela avec raison. §
  93. Service de la monte. A) RACE CHEVALINE. L'admission des étalons a la monte pour l'année 1858, telle qu'elle est prévue par le règlement du 29 décembre 1849, a été faite dans tous les districts du Grand-Duché. Il a été décidé sur les étalons présentés alors dans le 46 district de Grevenmacher id. de Diekirch… id. de Mersch… id. de Luxembourg… Admis. Rejetés. 11 17 9 27 13 6 9 31 64 59 123 Les motifs de ces rejets sont : DISTRICT DE TOTAL. GrevenMersch. Luxembourg. macher. Diekirch. Mauvaise conformation… Mauvais trotteur, billardé, panard, harpeur… Mauvais pied… Usure… Trop jeune… 4 4 3 17 28 7 2 2 5 12 1 1 26 3 1 1 8 31 59 1 13 7 Quant aux étalons admis, le nombre est inférieur de 13 à celui reçu en 1857, et de 17 en moins qu'en
  94. Ce nombre réellement insuffisant n'est pas en proportion avec notre richesse en juments poulinières. Aussi les plaintes ont-elles été unanimes à ce sujet et ont-elles provoqué des études tant pour y remédier, que pour parer à un autre inconvénient, également ruineux pour notre production chevaline. Nous voulons parler du système de roulage des étalons. La commission d'agriculture s'est occupée dès sa première session extraordinaire de cette importante question et a chargé son comité, auquel elle adjoint à cette fin M . Servais de Mersch, de préparer un projet à ce sujet. — Ce projet tenant compte des observations faites à l'égard des inconvénients signalés ci-dessus, fut soumis aux délibérations de ce collége dans sa seconde session extraordinaire et il fut adopté après quelques modifications. Toute son économie était basée sur le placement d'étalons en demeure fixe dans des ressorts déterminés et allouait de forts subsides et des primes importantes aux détenteurs de ces chevaux, de races déterminées. Ces propositions ayant été adoptées, pour recevoir leur exécution dès l'année 1859, le rapport de cette année aura plus spécialement à s'occuper de sa mise en exécution. 47 B . RACES BOVINE ET PORCINE. Le règlement du 28 décembre 1849, tel qu'il a été modifié par l'arrêté du 26 octobre 1853, prévoit le mode de réception des mâles des races bovine et porcine, servant à la saillie des animaux d'autrui. Les différents rapports qui nous sont parvenus de la part tant de membres de notre collége que des vétérinaires du Gouvernement sont toutefois unanimes pour signaler la non-exécution de ces règlements. Les commissions d'examen de ces animaux ne fonctionnent pas du tout, ou si elles s'acquittent de leur mission, elles le font le plus souvent avec une telle indulgence, que tous les animaux présentés sont admis à la monte sans exception. Dans l'un comme dans l'autre cas, les résultats sont également désastreux pour la reproduction. Il est donc urgent d'y mettre ordre, en engageant les autorités chargées de la surveillance de l'exécution du règlement prévisé, à s'acquitter des devoirs qui leur incombent de ce chef. Il y a des communes, où le nombre de taureaux propres à l'amélioration de la race est suffisant ; dans d'autres les bons reproducteurs sont rares et il y a même des communes où il ne s'en trouve pas du tout. Dans ces deux derniers cas les communes pourraient facilement s'aider en encourageant la tenue de taureaux communaux, tels qu'ils sont prévus par le règlement prérappelé. Avec un peu de bonne volonté et quelques sacrifices elles parviendraient ainsi à organiser le service de la monte, pour le plus grand profit des habitants en particulier et de la production en général. La création de subsides sur la caisse de l'État, afin d'aider les communes dans les efforts qu'elles pourraient faire à cet égard, mérite d'ailleurs d'être soumise à un examen ultérieur. Les mêmes abus existent à l'égard des reproducteurs de la race porcine, de sorte que ce qui a été dit au sujet des taureaux, mérite de leur être appliqué. Voici d'ailleurs le relevé des mâles des deux races admis pour l'année 1858 : RACE PORCINE. RACE BOVINE. Nombre de taureaux CANTONS. admis. Capellen… Clervaux… Diekirch … Echternach… Esch-s.-l'Alz. Grevenmacher Luxembourg. Mersch Redange… Remich… Wiltz… 24 74 44 32 68 44 38 26 50 21 72 493 rejetés. Communes où il n'y a pas de taureaux admis. 17 7 2 1 28 1 2 18 11 1 85 3 les commissions ne fonctionnent pas. 2 2 Nombre de verrats admis. 13 52 27 17 33 26 21 10 23 17 36 275 rejetés. Communes où il n'y a pas de verrats admis. les commissions ne fonctionnent pas. 4 1 1 5 1 6 13 2 3 2 1 2 2 15 2 48 e e Les mâles portés à la 3 et à la 7 colonnes de l'état avaient été admis par les commissions locales d'examen et déclarés ensuite impropres à la reproduction par les vétérinaires. En comparant les chiffres ci-dessus au nombre de femelles aptes à la reproduction, constatées par le recensement, on constatera facilement que presque dans tous les cantons le nombre des mâles admis est relativement trop faible, et qu'il reste encore, ainsi qu'il a été dit plus haut, beaucoup à faire sous ce rapport. §.
  95. Concours pour l'amélioration des races. A) RACE CHEVALINE. Lors de l'admission des étalons à la monte, il est établi un concours entre les reproducteurs produits à cette occasion. En 1858, on a distribué en primes pour tout le Grand-Duché : Primes : allouées. distribuées. 250 prime… 250 150 150 75 1re 2e — … 3e — … 1re 2e 3e 1re 2e 3e 1re 2e 3e — — —… —… le district de L u x e m b o u r g : prime… 250 … 150 75 … 250 150 75 le district de D i e k i r c h : prime… 250 150 75 250 150 75 le district de Grevenmacher : p r i m e … 250 — … 150 75 —… 1re 2e 3e — … le district de Mersch : prime… 250 —… 150 75 Soit en tout … f r . 2375 250 150 75 250 150 75 2300 49 Il a été alors aussi distribué en primes aux meilleures juments poulinières présentées Primes allouées et accordées : District de Grevenmacher, 1re prime 2e — — Diekirch, — Mersch, — Luxembourg, 1re 2e 1re 2e — — — — 1re 2e — — 100 75 100 75 100 75 100 75 700 A ce concours ont pris part le nombre de juments ci-après ; District de — — Grevenmacher… Diekirch… Mersch… Luxembourg… 4 juments. 7 — 6 — 7 — 24 B ) RACES BOVINE ET PORCINE. Les concours institués dans chaque canton pour distribuer des primes aux taureaux reproducteurs, aux génisses, aux verrats et aux truies, eurent le résultat suivant : Annexes au Mémorial
  96. II. partie. 9 50 Esch-s.-l'Alz. Esch-s.-l'Alz. 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 30 50 40 7 13 3 12 Grevenmacher Grevenmacher Luxembourg. Luxembourg. Mersch… Mersch… Redange… Bettborn… Remich… Remich… Wiltz… Wiltz… Il avait été alloué 10 5 4 12 1 1 8 5 1 2 3 32 |33 taux. Echternach… 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 nombre Echternach. 7 truies. taux. Ettelbruck… 7 verrats. nombre Diekirch… 4 génisses. 1 2 30 25 1 2 18 12 1 2 30 25 1 2 18 12 1 2 30 25 1 2 18 12 1 30 1 2 18 12 1 2 30 25 1 2 18 12 1 2 30 25 1 2 18 12 1 2 18 12 30 25 1 2 18 12 30 25 1 2 18 12 1 2 18 12 30 25 1 2 18 12 470 580 22 22 330 330 taux. Clervaux… 9 taureaux. nombre Clervaux… taux. Windhof… nombre Capellen… truies. a été t e n u . verrats. concours génisses. CANTONS. Primes accordées en 1858 a u x Nombre présenté de taureaux. L i e u où le 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 40 30 20 40 30 20 40 30 20 40 30 20 40 30 20 40 30 20 40 1 2 40 30 1 2 40 30 20 40 30 20 40 30 20 1 2 50 40 30 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 1290 1320 30 33 920 990 17 22 51 CHAPITRE VII. Service vétérinaire. — État sanitaire du bétail. §.
  97. Service vétérinaire. Le Grand-Duché comptait en 1858 dix vétérinaires;diplômés, dont huit de la première classe et deux de la seconde. Cinq de ces hommes de l'art étaient alors chargés des fonctions de vétérinaire de Gouvernement et exerçaient ainsi les attributions attachées à ces emplois rétribués. L'étendue du ressort leur assigné, la multiplicité des devoirs leur imposés, ainsi que l'importance des services que les vétérinaires sont appelés à rendre à nos nombreux éleveurs, démontrent la nécessité de la création de nouveaux districts sanitaires. La commission d'agriculture, dans l'intention d'y remédier et répondant d'ailleurs dans ce cas aux intentions du Gouvernement, s'empressa de faire des propositions pour la fixation des districts dans l'étendue desquels les vétérinaires auront à exercer leur surveillance, eu égard aux besoins et à la facilité des cultivateurs et abstraction faite du nombre actuel des praticiens en fonction. Elle a été par conséquent de l'avis 1° qu'il y a lieu de nommer un vétérinaire du Gouvernement par canton administratif, sans que cependant sa résidence puisse être restreinte au chef-lieu; 2° qu'en attendant le retour de plusieurs jeunes gens, qui se livrent actuellement à l'étude de la médecine vétérinaire à l'étranger, i l y avait lieu de répartir dès maintenant le service sanitaire du bétail entre les titulaires de 1re classe exerçant actuellement dans le pays. Ces propositions furent adoptées, et d'après l'arrêté de M. le Ministre d'État, Président du Gouvernement, du 5 juillet 1858 n° 2338 42/58, les ressorts vétérinaires se composeront pour l'année 1858 de la manière suivante : M. Eichhorn, vétérinaire du Gouvernement pour le canton de Grevenmacher, à la résidence de ce lieu, chargé en même temps de l'intérim dans le canton de Remich. M. Bivort, vétérinaire du Gouvernement pour le canton d'Esch-sur-l'Alzette, résidant au cheflieu, et provisoirement pour le canton de Capellen, M. Haagen, vétérinaire du Gouvernement pour le canton d'Echternach, à la résidence de ce lieu, desservant provisoirement le canton de Diekirch. M. Knepper, vétérinaire du Gouvernement pour le canton et de résidence à Mersch, chargé de l'intérim du canton de Redange. M. Peltier, vétérinaire du Gouvernement pour le canton de Clervaux, à la résidence de Hosingen, remplissant provisoirement les mêmes fonctions pour le canton de Wiltz. §
  98. État sanitaire du bétail. Depuis bon nombre d'années l'état sanitaire du bétail laisse peu à désirer dans le Grand-Duché. L'année 1858 n'a pas fait d'exception à cet égard, car il résulte de l'ensemble des rapports des vétérinaires que pendant cette période il n'a existé dans le pays aucune maladie épizootique, ni même enzootique, et que l'état de santé du bétail était très-satisfaisant. Les maladies contagieuses ou réputées telles étaient rares aussi. Il n'y a eu que la morve qui ait tant soit peu attiré l'attention. Un cas d'hydrophobie s'est présenté dans le district agricole d'Echternach ; M. le membre de la commission d'agriculture de ce ressort s'est empressé de faire prendre les mesures nécessaires afin d'empêcher les accidents que cette terrible maladie occasionne. 52 CHAPITRE VIII. Commerce des chevaux et des bestiaux. Foires et marchés. 5 9 1 2 2 13 14 1 3 2 2 15 1 1 1 1 2 2 2 1 1 3 1 2 2 1 2 2 9 8 14 16 1 2 1 1 2 1 1 1 1 1 1 2 1 12 1 9 1 1 1 1 1 2 13 TOTAL. 2 3 1 Décembre. 1 1 1 2 9 1 Novembre. 1 1 1 1 Octobre. Septembre. 1 1 1 1 1 1 1 1 2 2 2 1 Août. 1 1 2 1 1 1 1 1 3 1 1 Juillet. 1 2 3 1 1 Juin. Avril. 2 1 1 1 1 Mai. Mars. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… Février. CANTONS. Janvier. Les cultivateurs de la région nord du pays s'occupent plus généralement que ceux des autres parties du Grand-Duché de l'élève du cheval. Ces derniers achètent assez souvent leurs chevaux à l'état de poulain, principalement en Belgique, et les revendent à l'étranger à l'âge de cinq à six ans, alors qu'ils sont entièrement développés. Ce commerce est une des branches de l'industrie agricole qui donnaient de tout temps le plus de bénéfices à nos producteurs. Autrefois ils plaçaient leur produit presqu'exclusivement en France. Aujourd'hui que l'exportation vers ce dernier pays s'est ralentie, elle a été remplacée par un débouché très-considérable vers l'Allemagne. Nos chevaux sont surtout recherchés par les marchands du Wurtemberg et du Grand-Duché de Bade. En résumé, le commerce de chevaux de toute espèce a été fort animé en 1858, et les cultivateurs ont placé leurs produits à des prix fort avantageux. Il en a été généralement ainsi des bêtes à cornes et surtout des bœufs qui étaient surtout recherchés par les marchands belges. Un contingent non moins considérable a été placé en France. Les bêtes à laine dont on en achète beaucoup de maigres dans l'Eiffel et au Hundsrück, sont engraissées chez nous et exportées en France et en Belgique. Les transactions ont été également très-actives. Quant aux porcs, ce sont surtout les gorets de deux à trois mois qui sont recherchés par les nombreux marchands allemands et français qui parcourent notre pays pour se les procurer. La vente en a été aussi très-coulante à des prix assez élevés. Nous regrettons ne pouvoir donner les chiffres de nos exportations et de nos importations, ni des détails plus précis sur les transactions faites à l'occasion des 135 foires qui se tiennent dans le pays, et qui se répartissent de la manière suivante : 5 2 19 9 22 1 13 4 7 1 14 11 10 11 1 19 7 135 53 Nous possédons de plus des marchés hebdomadaires à Luxembourg… Diekirch… Echternach… Ettelbruck… Grevenmacher… Larochette… Mersch… Remich… Wiltz… 2 par semaine. 1 id. 1 id. 1 id 1 id. 1 id. 1 id. 1 id. 1 id. 11 D'après l'art. 15 de l'instruction arrêtée par résolution ministérielle du 12 mai 1859, les vétérinaires peuvent être chargés de visiter les foires sous le rapport sanitaire. Sur l'avis de la commission d'agriculture, il leur eu a été fait, par arrêté du 17 janvier 1859, une obligation, de sorte qu'a partir de la, il nous sera possible de donner des renseignements à leur égard, ainsi que sur les transactions qui s'y font. CHAPITRE IX. Enseignement agricole. L'utilité de l'enseignement agricole a été reconnue par la création par l'État d'un établissement spécial établi à Echternach. Si nous en parlons ici, ce n'est donc pas dans le but de la démontrer, mais bien dans celui de rechercher les moyens les plus propres à le propager et à le populariser. À cette fin nous voudrions voir établir l'enseignement agricole à tous les degrés, notamment dans les écoles primaires de la campagne, afin d'y préparer la jeune génération à s'initier progressivement aux saines pratiques de la science agricole. Une proposition dans ce sens a été faite lors de la deuxième réunion de la commission d'agriculture; elle insistait sur la nécessité d'imprimer une tendance plus spécialement agricole à l'instruction primaire dans les écoles rurales du pays et d'en écarter, pour autant que possible, toutes les matières qui ne seraient pas d'une utilité pratique reconnue pour l'avenir du futur habitant de la campagne. L'introduction de livres de lecture formant un cours complet et gradué, s'occupant principalement d'agriculture, paraissait surtout désirable. A cette fin il a été proposé de mettre la rédaction de tels manuels au concours et d'accorder des prix aux livres qui seraient admis par une commission nommée à cet effet. On commençerait d'abord par la langue allemande et on se bornerait pour le moment à deux manuels, le premier à mettre entre les mains des petits enfants, indiquerait les noms des outils les plus simples et les diverses parties dont ils se composent. Le second, à mettre entre les mains dés plus grands, contiendrait des préceptes agricoles. Deux livres analogues aux précédents, mais s'occupant plus particulièrement de jardinage, des soins à donner à la laitrie et au ménage etc., seraient mis entre les mains des petites filles. L'enseignement de l'arithmétique devrait également recevoir plus d'extension et être plus spécialement agricole; les problèmes auraient, pour autant que possible, trait à l'agriculture, et seraient surtout à rattacher aux usages locaux. 54 Enfin il y aurait lieu de proposer l'introduction de la tenue des livres dans les écoles et d'en dém o n t r e r l'importance. Ces propositions ont été admises à l'unanimité, mais il résulte d'une dépêche de M. le Ministre d'État, Président du Gouvernement, du 16 novembre 1858 n° 4097—73/58, que le comité permanent de la commission d'instruction s'est prononcé contre leur adoption. CHAPITRE X. Objets divers. §
  99. Evénements calamiteux, sinistres. — Animaux nuisibles, etc. Nous n'avons rien d'extraordinaire à signaler ici. Les plantes n'ont souffert d'aucune affection qui mérite d'être signalée. Les insectes nuisibles n'ont non plus pas prélevé un contingent extraordinaire sur le produit de récolte, de sorte que sous ces deux rapports il n'y a pas eu à se plaindre. Les souris ont fait à l'automne d'assez grandes ravages dans les prairies sèches, les bois et les terres à proximité de ces dernières ; elles se sont jetées pendant l'hiver dans les meules et les granges et y ont également laissé des traces de leur passage. Mais ces ravages ne méritent pas d'être comp a r é s aux déprédations que ces rongeurs causent dans d'autres pays, où ils se sont multipliés hors mesure. Quant aux événements calamiteux, la grèle et les orages n'ont occasionné aucune perte au cultivateur. Nous désirerions pouvoir en dire autant des incendies, qui ont été très-nombreux et ont d é t r u i t une grande quantité de récoltes remisées et de matériel d'exploitation. Il est vrai que la sécheresse a été pour beaucoup dans les causes de ces

Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.