
Selon le Code civil, art. 1139, le débiteur est constitué en demeure soit par une sommation ou tout acte équivalent, soit du seul fait de l'échéance du terme lorsque la convention le prévoit expressément. En dehors de ce cas conventionnel, c'est la mise en demeure écrite qui fait basculer le débiteur dans une situation de retard fautif.
Cette formalité n'est pas qu'une simple politesse : elle a des conséquences juridiques directes, notamment sur le point de départ des dommages et intérêts moratoires, comme l'expose la section suivante.
L'art. 1153 du Code civil précise que, dans les obligations qui se bornent au paiement d'une somme d'argent, les dommages et intérêts résultant du retard ne consistent jamais que dans les intérêts fixés par la loi, sans que le créancier ait à justifier d'un quelconque préjudice. Ce même article ajoute, dans sa version issue de la loi du 27 mai 1937, que ces intérêts ne sont dus qu'à compter du jour de la sommation de payer, sauf les cas où la loi les fait courir de plein droit.
La mise en demeure est donc l'acte qui fait courir les intérêts moratoires lorsque le contrat ou la loi ne prévoit pas déjà une exigibilité de plein droit. Il est donc essentiel d'y indiquer une date certaine d'envoi et de réception.
Le même article précise encore que le créancier auquel le retard du débiteur a causé, par sa faute, un préjudice distinct du simple retard peut réclamer des dommages et intérêts complémentaires, indépendants des intérêts moratoires.
Les passages examinés ne fixent pas de délai légal précis que le créancier devrait obligatoirement accorder dans sa mise en demeure avant de saisir le juge. Il convient donc de vérifier, au cas par cas et dans les textes en vigueur, si un délai minimal particulier s'impose selon la nature de la créance, et de retenir à défaut un délai raisonnable, habituellement de l'ordre de quelques jours à quelques semaines selon les usages.
Il est également rappelé que le débiteur ne peut être contraint d'exécuter un paiement partiel d'une dette même divisible, ainsi que le prévoit l'art. 1244 du Code civil ; les juges disposent néanmoins de la faculté, avec grande réserve, d'accorder des délais modérés de paiement.
À défaut de paiement dans le délai imparti, le créancier conserve la possibilité de saisir la juridiction compétente afin d'obtenir un titre exécutoire, notamment par la voie d'une procédure tendant à faire ordonner le paiement de la créance.
Les passages consultés ne détaillent pas les modalités procédurales de cette phase judiciaire (juridiction compétente, formulaire, délais de recours) ; il convient de vérifier ces éléments dans les textes de procédure civile actuellement en vigueur avant d'engager toute démarche.
[Nom / Raison sociale du créancier] [Adresse complète] [Téléphone / e-mail] [Nom du débiteur] [Adresse complète] Fait à [Localité], le [Date] Objet : Mise en demeure de payer – Lettre recommandée avec accusé de réception Madame, Monsieur, Par la présente, je vous mets en demeure de me régler la somme de [Montant en euros], correspondant à [description précise de la créance : facture n°..., contrat du..., prestation du...], demeurée impayée à ce jour malgré son exigibilité au [date d'exigibilité]. Je vous rappelle qu'en application de l'article 1153 du Code civil, les intérêts moratoires courent à compter de la date de la présente sommation de payer, sans préjudice d'éventuels dommages et intérêts distincts en cas de préjudice supplémentaire résultant de votre retard. Je vous demande donc de bien vouloir procéder au règlement intégral de cette somme, augmentée des intérêts moratoires au taux légal, dans un délai de [nombre de jours à préciser et vérifier selon les circonstances] jours à compter de la réception de la présente lettre, par virement sur le compte suivant : IBAN : [IBAN] BIC : [BIC] Titulaire : [Nom du titulaire] À défaut de règlement dans ce délai, je me verrai contraint(e) de saisir la juridiction compétente afin d'obtenir un titre exécutoire pour le recouvrement de cette créance, augmentée des intérêts, frais et dépens. Je reste néanmoins disposé(e) à trouver une solution amiable et vous invite à me contacter dans les meilleurs délais. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. [Signature] [Nom du créancier ou de son mandataire]
Remplacez tous les éléments entre crochets par les informations propres à votre dossier et vérifiez, avant l'envoi, le délai de paiement à accorder ainsi que le taux d'intérêt légal en vigueur ; envoyez la lettre par recommandé avec accusé de réception pour disposer d'une preuve de la date de sommation.
L'article 1139 du Code civil admet la mise en demeure par sommation ou par tout acte équivalent ; en pratique, une lettre recommandée avec accusé de réception est vivement recommandée afin de prouver la date certaine de la sommation, notamment pour le calcul des intérêts moratoires.
En application de l'article 1153 du Code civil, les intérêts moratoires ne sont dus, sauf disposition légale contraire les faisant courir de plein droit, qu'à compter du jour de la sommation de payer adressée au débiteur.
Les textes examinés ne fixent pas de délai précis à observer avant toute action judiciaire ; il est recommandé de prévoir un délai raisonnable et de vérifier, selon la nature de la créance, si une règle particulière impose un délai minimal spécifique.
À défaut de paiement dans le délai imparti, le créancier peut saisir la juridiction compétente afin d'obtenir un titre exécutoire permettant de poursuivre le recouvrement forcé de la créance.
Ce modèle repose sur les textes Luxembourg du corpus Europaius. Vérifiez la version en vigueur avant utilisation ; ceci ne constitue pas un conseil juridique. Conseils juridiques · Europaius LU