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Saisie administrative à tiers détenteur : contester

La saisie administrative à tiers détenteur (SATD) est l'outil par lequel un comptable public (service des impôts des particuliers, trésorerie amendes, trésorerie d'un hôpital ou d'une commune) se fait payer directement par la personne qui détient de l'argent pour le compte du débiteur : la banque, l'employeur, la caisse de retraite, un locataire ou un client. Depuis le 1er janvier 2019, elle remplace l'avis à tiers détenteur, l'opposition à tiers détenteur et l'opposition administrative. Elle sert au recouvrement des impôts, des amendes, des titres de recettes des collectivités locales et des hôpitaux, et plus largement de toutes les créances confiées à un comptable public (article L262 du Livre des procédures fiscales).

Contrairement à une saisie ordinaire, la SATD ne passe ni par un juge ni par un commissaire de justice : le comptable l'adresse lui-même au tiers et au débiteur. Elle emporte attribution immédiate des sommes saisies. Le débiteur garde pourtant des protections réelles : solde bancaire insaisissable, quotité saisissable du salaire, frais bancaires plafonnés, et surtout un recours préalable obligatoire de deux mois auprès de l'administration, puis devant le juge de l'exécution ou le juge de l'impôt. Ce guide explique comment lire l'avis de saisie, ce que la banque doit vous laisser, quoi contester, auprès de qui et dans quels délais.

Recouvrement · saisie administrative à tiers détenteur (LPF)

L'essentiel en bref

Délai
La contestation d'une saisie administrative à tiers détenteur doit être adressée à l'administration dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'acte, sous peine d'irrecevabilité (article R*281-3-1 du Livre des…
Domaine du droit
Recouvrement · saisie administrative à tiers détenteur (LPF)
Étapes
Jurisprudence
4
Mise à jour
03/11/2026

Délai

La contestation d'une saisie administrative à tiers détenteur doit être adressée à l'administration dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'acte, sous peine d'irrecevabilité (article R*281-3-1 du Livre des procédures fiscales). L'administration dispose ensuite de deux mois pour répondre (article R*281-4). En cas de rejet ou de silence, vous avez de nouveau deux mois, à compter de la décision ou de l'expiration du délai de réponse, pour saisir le juge compétent ; le juge ne peut pas être saisi avant. Côté banque, les sommes sont bloquées pendant quinze jours ouvrables, puis versées au comptable ; le tiers saisi doit payer dans les trente jours de la réception de la saisie.

Que faire

  1. Identifiez l'acte reçu et la créance poursuivie. L'avis de saisie administrative à tiers détenteur vous est notifié en même temps qu'au tiers (banque, employeur, organisme de retraite). Il indique le comptable public qui poursuit, la nature de la dette (impôt sur le revenu, taxe foncière, amende forfaitaire majorée, facture de cantine ou d'hôpital transformée en titre de recettes), le montant et le tiers saisi. Une seule SATD peut regrouper plusieurs créances de nature différente. L'exemplaire qui vous est destiné doit mentionner les délais et voies de recours, sous peine de nullité (article L262 du Livre des procédures fiscales). Notez la date de réception : elle fait courir le délai de deux mois pour contester.
  2. Vérifiez que la saisie a été précédée des actes obligatoires. Pour les impôts gérés par la DGFiP, le comptable doit vous avoir adressé une mise en demeure de payer avant le premier acte de poursuite donnant lieu à frais (article L257-0 A du Livre des procédures fiscales) ; lorsque cette mise en demeure mentionne des sanctions fiscales, aucune poursuite ne peut être engagée avant trente jours. Pour une amende, la SATD intervient en principe après l'amende forfaitaire majorée ou la condamnation devenue définitive. Pour une collectivité locale ou un hôpital, elle repose sur un titre de recettes exécutoire. Rassemblez l'avis d'imposition, les relances, la mise en demeure et l'avis d'amende : leur absence ou leur irrégularité est un argument de forme.
  3. Contrôlez ce que la banque doit vous laisser. Lorsque la SATD vise un compte bancaire, la banque déclare le solde au jour de la saisie et bloque les fonds pendant quinze jours ouvrables (article L162-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Elle doit laisser à votre disposition, sans demande de votre part, le solde bancaire insaisissable, égal au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule (articles L162-2 et R162-2 du même code). Si la saisie porte sur moins de 2 000 euros, seule cette somme est bloquée et le reste du compte reste disponible (décret n° 2018-1353 du 28 décembre 2018). Les prestations sociales insaisissables virées sur le compte (RSA, prestations familiales) restent également protégées, sur justification.
  4. Vérifiez les frais bancaires prélevés. La banque peut facturer des frais pour traiter la SATD, mais ceux-ci ne peuvent pas dépasser 10 % du montant dû au Trésor public, dans la limite de 100 euros toutes taxes comprises (article L262, 5, du Livre des procédures fiscales et décret n° 2018-1118 du 10 décembre 2018). Ce plafond vaut pour chaque SATD. Si vous constatez des frais supérieurs, ou des frais prélevés alors que la saisie n'a rien rapporté, écrivez à votre conseiller puis au service réclamations de la banque en citant ces textes. À défaut de réponse dans les deux mois, saisissez le médiateur bancaire, gratuit, dont les coordonnées figurent sur vos relevés.
  5. Si la saisie vise votre salaire ou votre pension, faites appliquer le barème. L'employeur ou la caisse destinataire d'une SATD ne peut retenir que la fraction saisissable de la rémunération calculée selon le barème des articles L3252-2 et R3252-2 du Code du travail, majorée pour chaque personne à charge. Une somme égale au RSA pour une personne seule doit toujours vous rester. Transmettez à l'employeur les justificatifs de vos personnes à charge. Sur la paie, la SATD prend souvent la forme d'une retenue mensuelle jusqu'à apurement de la dette. Une contestation portant sur le caractère insaisissable des sommes prélevées relève du juge de l'exécution, comme l'a jugé la Cour de cassation.
  6. Déterminez ce que vous pouvez contester et devant qui. La contestation de la SATD ne permet pas de discuter le bien-fondé de la dette (le montant de l'impôt, la réalité de l'infraction) : celui-ci se conteste par une réclamation d'assiette ou un recours contre le titre. Elle peut porter sur la régularité en la forme de l'acte et, sauf pour les amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, le montant restant dû compte tenu des paiements effectués et l'exigibilité de la somme (article L281 du Livre des procédures fiscales). Le juge compétent ensuite est le juge de l'exécution pour la forme et pour les créances non fiscales locales, le juge de l'impôt pour les créances fiscales.
  7. Adressez une contestation écrite dans les deux mois. La demande, appuyée de toutes les justifications utiles, est adressée au directeur départemental ou régional des finances publiques du département où la poursuite a été décidée (article R*281-1 du Livre des procédures fiscales), par lettre recommandée avec accusé de réception ou par la messagerie de votre espace impots.gouv.fr. Exposez précisément les moyens et joignez toutes les pièces : devant le juge, vous ne pourrez produire ni pièces ni faits nouveaux (article R*281-5). La Cour de cassation admet qu'une contestation envoyée par erreur à la trésorerie qui poursuit, au lieu du directeur compétent, vaut recours préalable, l'administration devant la transmettre.
  8. Saisissez le juge après la réponse ou le silence de l'administration. L'administration a deux mois pour statuer. Si elle rejette votre demande ou ne répond pas, vous disposez de deux mois, à peine de forclusion, pour saisir le juge (article R*281-4) : juge de l'exécution du tribunal judiciaire, qui statue selon la procédure à jour fixe, ou tribunal administratif ou judiciaire compétent en matière d'impôt. Saisir le juge directement, sans recours préalable, rend la demande irrecevable, y compris pour une SATD délivrée par la trésorerie d'un hôpital ou d'une commune. Le juge de l'exécution peut ordonner la mainlevée et condamner l'administration à restituer les sommes saisies à tort.
  9. Pour une amende, utilisez les recours propres au droit pénal. L'article L281 exclut, pour les amendes et condamnations pécuniaires, la contestation de l'obligation au paiement devant l'administration. Si vous n'avez jamais reçu l'avis de contravention, formez une réclamation contre l'amende forfaitaire majorée auprès de l'officier du ministère public (article 530 du Code de procédure pénale) : elle annule le titre exécutoire. Pour une amende prononcée par un tribunal, les difficultés d'exécution relèvent de la juridiction pénale qui l'a prononcée, comme l'a rappelé la Cour de cassation en 2026. Seule la régularité formelle de la SATD se discute selon l'article L281.
  10. Négociez en parallèle un échéancier ou un sursis. La contestation ne suspend pas automatiquement la saisie. Si la dette est fondée mais que vous ne pouvez pas la payer d'un coup, contactez le comptable (service des impôts des particuliers, trésorerie amendes ou trésorerie hospitalière) pour obtenir un plan de règlement ; la mainlevée peut être accordée une fois l'échéancier accepté. Si vous contestez un impôt, demandez expressément le sursis de paiement dans votre réclamation (article L277 du Livre des procédures fiscales), en constituant des garanties au-delà du seuil réglementaire. En cas de difficultés durables, une demande de remise gracieuse des pénalités ou un dossier de surendettement peuvent être envisagés.

Points de vigilance

Base juridique

8

Décisions de justice liées

4
Une contestation d'une SATD adressée par erreur à la trésorerie qui poursuit, et non au directeur départemental des finances publiques compétent, constitue un recours préalable valable, l'administration incompétente devant la transmettre (article L114-2 du Code des relations entre le public et l'administration).
La contestation d'une SATD délivrée pour une créance d'un établissement public de santé doit être précédée d'un recours auprès de l'administration avant la saisine du juge de l'exécution, qu'elle porte sur la forme ou sur l'obligation au paiement, le montant ou l'exigibilité ; à défaut, elle est irrecevable.
Refus de transmettre une QPC visant l'article L281 du LPF : le débiteur poursuivi pour une amende ou condamnation pécuniaire prononcée par une juridiction répressive peut contester son obligation au paiement devant cette juridiction.
La contestation relative au caractère insaisissable des sommes appréhendées au titre d'un avis à tiers détenteur (ancêtre de la SATD) relève de la compétence du juge de l'exécution.

Questions fréquentes

10
Qu'est-ce qu'une SATD ?

La saisie administrative à tiers détenteur est une saisie que le comptable public notifie directement à votre banque, votre employeur ou toute personne qui vous doit de l'argent, pour recouvrer un impôt, une amende ou une créance publique. Elle ne nécessite ni jugement ni commissaire de justice et emporte attribution immédiate des sommes saisies au Trésor, dans la limite du montant réclamé.

Comment contester une saisie administrative à tiers détenteur ?

Adressez, dans les deux mois de la notification, une demande écrite et motivée au directeur départemental des finances publiques du département où la poursuite a été décidée, avec toutes vos pièces. L'administration a deux mois pour répondre. En cas de rejet ou de silence, vous avez deux mois pour saisir le juge de l'exécution ou le juge de l'impôt, selon l'objet de la contestation.

Quelle somme la banque doit-elle me laisser en cas de SATD ?

La banque doit laisser automatiquement à votre disposition une somme égale au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule, dans la limite du solde créditeur. Ce montant est revalorisé chaque 1er avril. Si la saisie porte sur moins de 2 000 euros, seule la somme réclamée est bloquée et le reste du compte demeure utilisable.

Combien la banque peut-elle facturer pour une SATD ?

Les frais bancaires liés à une saisie administrative à tiers détenteur sont plafonnés à 10 % du montant dû au Trésor public, sans pouvoir dépasser 100 euros toutes taxes comprises. Au-delà, demandez le remboursement à votre banque puis, si nécessaire, au médiateur bancaire.

Une SATD peut-elle porter sur mon salaire ?

Oui. L'employeur destinataire d'une SATD retient chaque mois la fraction saisissable de votre rémunération selon le barème du Code du travail, majoré pour chaque personne à charge, et la verse au comptable public. Une somme égale au RSA pour une personne seule doit toujours vous rester. Signalez vos personnes à charge à votre employeur avec justificatifs.

Puis-je contester le montant de l'impôt dans ma contestation de SATD ?

Non. La contestation de la SATD ne peut pas remettre en cause le bien-fondé de l'impôt. Pour contester l'impôt lui-même, présentez une réclamation contentieuse au service des impôts, en demandant si besoin le sursis de paiement. La contestation de la SATD vise seulement la forme de l'acte, les paiements déjà faits, l'exigibilité ou l'obligation de payer.

SATD pour une amende : que faire ?

Si vous n'avez jamais reçu l'avis de contravention ou l'avis d'amende forfaitaire majorée, formez une réclamation auprès de l'officier du ministère public indiqué sur l'avis : elle annule le titre. Pour une amende prononcée par un tribunal, la contestation de l'obligation de payer relève de cette juridiction. La SATD elle-même ne se conteste devant l'administration que pour sa régularité formelle.

Que faire si j'envoie ma contestation au mauvais service ?

La Cour de cassation a jugé en 2026 qu'une contestation adressée par erreur à la trésorerie qui poursuit, au lieu du directeur départemental des finances publiques, vaut recours préalable valable, l'administration devant la transmettre au service compétent. Envoyez-la néanmoins au bon destinataire pour éviter tout débat et gardez la preuve de la date d'envoi.

La contestation suspend-elle la saisie ?

Non, pas automatiquement. La banque ou l'employeur verse les fonds au comptable à l'issue des délais légaux. Pour éviter de nouveaux prélèvements, demandez au comptable un échéancier ou, si vous contestez l'impôt lui-même, le sursis de paiement dans votre réclamation. Le juge pourra ordonner la restitution si la saisie est annulée.

Quelle différence entre SATD et avis à tiers détenteur ?

Depuis le 1er janvier 2019, la saisie administrative à tiers détenteur remplace l'avis à tiers détenteur, l'opposition à tiers détenteur et l'opposition administrative. Le mécanisme est le même : le comptable public saisit directement les sommes détenues par un tiers. La jurisprudence rendue sur l'avis à tiers détenteur reste largement transposable à la SATD.

Guide juridique – fiches pratiques

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Recouvrement · injonction de payer (Code de procédure civile)
Recouvrement · saisies et exécution forcée (CPCE)
Recouvrement · prescription des créances (Code civil)
Recouvrement · surendettement (Code de la consommation)
Recouvrement · cautionnement (Code civil)
Recouvrement · lettre de change (Code de commerce)

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Mise à jour: · Sources: Article L262 du Livre des procédures fiscales – Saisie administrative à tiers détenteur, Article L281 du Livre des procédures fiscales – Contestations relatives au recouvrement, Article R*281-1 du Livre des procédures fiscales – Autorité saisie de la contestation, Article R*281-3-1 du Livre des procédures fiscales – Délai de deux mois pour contester, legifrance.gouv.fr, EUR-Lex

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