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Indemnité de départ au Luxembourg : conditions et calcul

Vous venez d'être licencié avec préavis après plusieurs années dans la même entreprise, et vous voulez savoir si vous avez droit à une indemnité de départ, à combien elle s'élève et quand elle doit être payée. Au Luxembourg, le salarié en contrat à durée indéterminée licencié par l'employeur, sans que ce soit pour motif grave, a droit à une indemnité de départ dès cinq années d'ancienneté continue, dont le montant minimal va d'un mois de salaire à cinq ans jusqu'à douze mois à trente ans (article L. 124-7 du Code du travail). Le salarié qui démissionne pour motif grave imputable à l'employeur y a droit aussi, si le Tribunal du travail juge sa démission justifiée. L'employeur de moins de vingt salariés peut toutefois remplacer l'indemnité par une prolongation du préavis.

Cette fiche s'adresse aux salariés du secteur privé et aux employeurs. Elle précise les conditions d'ouverture, les seuils d'ancienneté, la base de calcul sur les douze derniers mois de salaire brut, l'option ouverte aux petites entreprises, le cumul avec l'indemnité compensatoire de préavis et les dommages et intérêts pour licenciement abusif, le traitement fiscal et social, le délai pour agir et la procédure devant le Tribunal du travail en cas de non-paiement. Elle rappelle aussi ce que l'indemnité n'est pas : elle n'indemnise pas un licenciement abusif et ne se confond ni avec le préavis ni avec le solde de tout compte.

Travail – indemnité de départ

L'essentiel en bref

Délai
L'ancienneté est appréciée à la date d'expiration du délai de préavis, même en cas de dispense de travail (article L. 124-7 (1)).
Domaine du droit
Travail – indemnité de départ
Étapes
Mise à jour
03/11/2026

Délai

L'ancienneté est appréciée à la date d'expiration du délai de préavis, même en cas de dispense de travail (article L. 124-7 (1)). Les seuils sont de cinq, dix, quinze, vingt, vingt-cinq et trente années de services continus auprès du même employeur. L'indemnité est due à la fin du contrat, avec le solde de tout compte ; l'action en paiement se prescrit par trois ans (article L. 221-2). L'employeur de moins de vingt salariés qui opte pour la prolongation du préavis doit le faire dans la lettre de licenciement (article L. 124-7 (2)). Préavis légal : deux mois jusqu'à cinq ans d'ancienneté, quatre mois de cinq à dix ans, six mois à partir de dix ans (article L. 124-3).

Que faire

  1. Vérifiez que vous êtes dans un cas d'ouverture. L'indemnité de départ est due au salarié en contrat à durée indéterminée licencié par l'employeur sans que ce dernier y soit autorisé par l'article L. 124-10, c'est-à-dire sans motif grave, et au salarié qui résilie lui-même le contrat pour motif grave procédant du fait ou de la faute de l'employeur, lorsque la juridiction du travail juge la résiliation justifiée (article L. 124-7 (1)). Elle n'est pas due en cas de démission ordinaire, de rupture d'un commun accord sauf clause contraire, de fin de contrat à durée déterminée, de licenciement pour faute grave reconnu fondé, ni de cessation de plein droit du contrat (pension de vieillesse, invalidité). En cas de cessation des affaires pour décès, incapacité ou faillite de l'employeur, un régime propre s'applique (article L. 125-1).
  2. Calculez votre ancienneté de services continus. Comptez les années de services continus auprès du même employeur, à la date d'expiration du délai de préavis, même si vous êtes dispensé de travailler (article L. 124-7 (1)). Les contrats à durée déterminée successifs transformés en contrat à durée indéterminée, les périodes de maladie, de congé parental ou de congé de maternité ne rompent pas la continuité ; le transfert d'entreprise maintient l'ancienneté chez le nouvel employeur (articles L. 127-1 et suivants). Le préavis est de deux mois pour moins de cinq ans, quatre mois de cinq à moins de dix ans, six mois à partir de dix ans (article L. 124-3) : si le préavis vous fait franchir un seuil, l'indemnité correspondante est due. Exemple : licencié après quatre ans et dix mois avec un préavis de deux mois, vous atteignez cinq ans et avez droit à un mois.
  3. Appliquez le barème légal minimal. L'indemnité ne peut être inférieure à un mois de salaire après cinq ans d'ancienneté, deux mois après dix ans, trois mois après quinze ans, six mois après vingt ans, neuf mois après vingt-cinq ans et douze mois après trente ans (article L. 124-7 (1)). Ce sont des minima : la convention collective, le contrat de travail ou un plan social peuvent prévoir davantage. Vérifiez la convention collective applicable à votre secteur et les usages de l'entreprise, ainsi que les éventuels accords conclus avec la délégation du personnel en cas de licenciement collectif.
  4. Déterminez la base de calcul. L'indemnité est calculée sur la base des salaires bruts effectivement versés pour les douze derniers mois qui précèdent immédiatement celui de la notification de la résiliation (article L. 124-7 (3)). Sont compris les indemnités pécuniaires de maladie, les primes et suppléments courants ; sont exclus les salaires pour heures supplémentaires, les gratifications et les indemnités pour frais accessoires. Divisez le total par douze pour obtenir le salaire mensuel de référence, puis multipliez par le nombre de mois du barème. Demandez à l'employeur le détail du calcul et comparez-le avec vos fiches de salaire.
  5. Employeur de moins de vingt salariés : vérifiez l'option prise. L'employeur qui occupe moins de vingt salariés peut opter, dans la lettre de licenciement, soit pour le versement de l'indemnité, soit pour la prolongation des délais de préavis, portés à cinq mois pour cinq ans d'ancienneté, huit mois pour dix ans, neuf mois pour quinze ans, douze mois pour vingt ans, quinze mois pour vingt-cinq ans et dix-huit mois pour trente ans (article L. 124-7 (2)). L'option doit figurer dans la lettre de licenciement elle-même ; à défaut, l'indemnité est due. Pendant le préavis prolongé, le salaire reste intégralement dû et vous pouvez être dispensé de travailler (article L. 124-9).
  6. Distinguez l'indemnité de départ des autres sommes. L'indemnité de départ ne se confond pas avec la réparation du licenciement abusif (article L. 124-7 (1)) : si le licenciement est jugé abusif, vous obtenez en plus des dommages et intérêts (article L. 124-12). Elle ne se confond pas non plus avec l'indemnité compensatoire de préavis, due lorsque l'employeur résilie sans respecter le préavis (article L. 124-6), ni avec le solde des congés non pris, le prorata de gratification ou le salaire du préavis. Le salarié qui a demandé et obtenu la préretraite ne peut prétendre à l'indemnité compensatoire de préavis (article L. 124-6), mais l'indemnité de départ suit ses propres règles. Vérifiez chaque ligne du solde de tout compte.
  7. Réclamez le paiement et, à défaut, saisissez le Tribunal du travail. L'indemnité est payable à la fin du contrat avec le solde de tout compte. Si elle manque ou est sous-évaluée, adressez à l'employeur une lettre recommandée avec le calcul détaillé et un délai de paiement. Sans règlement, déposez une requête sur papier libre au greffe du Tribunal du travail compétent pour le lieu de travail (articles 144 et 145 du Nouveau Code de procédure civile), procédure gratuite et sans avocat obligatoire ; le jugement portant sur des salaires et indemnités échus est exécutoire par provision (article 148). L'action se prescrit par trois ans (article L. 221-2). Pour la démission pour motif grave, l'indemnité n'est acquise qu'avec le jugement reconnaissant la résiliation justifiée : introduisez la demande dans la même requête.
  8. Anticipez les conséquences fiscales et sociales. L'indemnité de départ légale est en principe exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans les limites prévues par la législation fiscale, la partie conventionnelle ou contractuelle qui la dépasse pouvant être exonérée dans une limite plafonnée ; renseignez-vous auprès de l'Administration des contributions directes avant de négocier une transaction. L'indemnité ne retarde pas l'ouverture du droit à l'indemnité de chômage, qui prend cours à l'expiration de la relation de travail à condition de vous inscrire à l'ADEM le jour même (article L. 521-8). Si vous négociez une transaction, distinguez dans l'écrit l'indemnité légale, l'indemnité transactionnelle et les sommes salariales.

Points de vigilance

Base juridique

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art. L. 124-7 – Ce texte consolidé du Code du Travail définit les dispositions d'ordre public applicables aux salariés au Luxembourg et encadre les relations…
art. L. 124-3 – Ce texte consolidé du Code du Travail définit les dispositions d'ordre public applicables aux salariés au Luxembourg et encadre les relations…
art. L. 124-12 – Ce texte consolidé du Code du Travail définit les dispositions d'ordre public applicables aux salariés au Luxembourg et encadre les relations…
art. L. 125-1 – Ce texte consolidé du Code du Travail définit les dispositions d'ordre public applicables aux salariés au Luxembourg et encadre les relations…
art. 144 – Ce texte est une version consolidée du Nouveau Code de procédure civile, qui vise à rendre le droit plus transparent et accessible.

Questions fréquentes

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À partir de quelle ancienneté l'indemnité de départ est-elle due ?

À partir de cinq années de services continus auprès du même employeur, appréciées à la date d'expiration du préavis (article L. 124-7 du Code du travail). Minima légaux : un mois de salaire à cinq ans, deux mois à dix ans, trois mois à quinze ans, six mois à vingt ans, neuf mois à vingt-cinq ans, douze mois à trente ans. La convention collective peut prévoir plus.

Comment est calculé le montant ?

Sur la base des salaires bruts effectivement versés pendant les douze mois précédant celui de la notification du licenciement, divisés par douze pour obtenir le mois de référence (article L. 124-7 (3)). Les indemnités de maladie, primes et suppléments courants sont inclus ; les heures supplémentaires, gratifications et remboursements de frais sont exclus. Le mois de référence est multiplié par le nombre de mois du barème.

Ai-je droit à l'indemnité si je démissionne ?

Non en cas de démission ordinaire. Oui si vous résiliez le contrat avec effet immédiat pour motif grave procédant du fait ou de la faute de l'employeur et que le Tribunal du travail juge cette résiliation justifiée (article L. 124-7 (1)) : salaires impayés de façon persistante, harcèlement, modification unilatérale grave du contrat. Constituez le dossier avant de démissionner.

Un licenciement pour faute grave fait-il perdre l'indemnité ?

Oui, le salarié licencié pour motif grave ne peut pas faire valoir le droit à l'indemnité de départ (article L. 124-10 (1)). Mais si le Tribunal du travail juge que la faute grave n'est pas établie, le licenciement est abusif et vous récupérez l'indemnité de départ, l'indemnité compensatoire de préavis et des dommages et intérêts. Contestez dans les trois mois.

Mon employeur a moins de vingt salariés : peut-il refuser de payer ?

Il peut, dans la lettre de licenciement, remplacer l'indemnité par une prolongation du préavis : cinq mois à cinq ans d'ancienneté, huit mois à dix ans, neuf mois à quinze ans, douze mois à vingt ans, quinze mois à vingt-cinq ans, dix-huit mois à trente ans (article L. 124-7 (2)). L'option doit être écrite dans la lettre de licenciement ; à défaut, l'indemnité est due.

L'indemnité de départ se cumule-t-elle avec les dommages et intérêts ?

Oui. L'indemnité de départ ne se confond pas avec la réparation visée à l'article L. 124-12 (article L. 124-7 (1)) : si le licenciement est jugé abusif, vous percevez l'indemnité de départ, l'indemnité compensatoire de préavis le cas échéant et des dommages et intérêts pour le préjudice matériel et moral. Chaque somme obéit à ses propres conditions.

Quand l'indemnité doit-elle être payée ?

À la fin du contrat, c'est-à-dire à l'expiration du préavis, avec le solde de tout compte. Un retard ouvre droit aux intérêts légaux à partir de la mise en demeure. L'action en paiement des rémunérations et indemnités se prescrit par trois ans (article L. 221-2) et se porte devant le Tribunal du travail par requête gratuite.

L'indemnité est-elle imposable ?

L'indemnité de départ légale bénéficie en principe d'une exonération d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales ; les indemnités conventionnelles ou transactionnelles qui la dépassent sont exonérées dans une limite plafonnée fixée par la législation fiscale. Les règles et plafonds évoluent : vérifiez auprès de l'Administration des contributions directes avant de conclure une transaction.

L'indemnité retarde-t-elle le chômage ?

Non. Le droit à l'indemnité de chômage complet prend cours à l'expiration de la relation de travail, préavis compris, à condition de vous inscrire comme demandeur d'emploi à l'ADEM le jour même et d'introduire la demande dans les quatre semaines (article L. 521-8). L'indemnité de départ n'est pas déduite de l'indemnité de chômage.

Les périodes de maladie ou de congé parental comptent-elles dans l'ancienneté ?

Oui. L'ancienneté se calcule en services continus auprès du même employeur ; les suspensions du contrat pour maladie, maternité ou congé parental n'interrompent pas la continuité. En cas de transfert d'entreprise, l'ancienneté acquise chez le cédant est maintenue auprès du repreneur. Seule une rupture du contrat suivie d'un nouveau contrat fait repartir le compte, sauf clause contraire.

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