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Préavis et indemnité de rupture : le calcul en Belgique

Votre employeur vous licencie : soit vous continuez à travailler pendant un délai de préavis, soit il met fin au contrat immédiatement et vous verse une indemnité compensatoire de préavis. Dans les deux cas, la durée dépend de votre ancienneté et se lit dans le tableau légal du statut unique, applicable depuis le 1er janvier 2014 aux ouvriers comme aux employés (loi du 26 décembre 2013, articles 37/1 et suivants de la loi du 3 juillet 1978).

Cette fiche explique comment déterminer votre ancienneté, lire le tableau, appliquer le calcul en deux parties si votre contrat a commencé avant 2014, puis chiffrer l'indemnité : rémunération en cours et avantages acquis en vertu du contrat (voiture de société, chèques-repas, assurance groupe, bonus), pécule de vacances et prime de fin d'année compris. Elle couvre aussi les règles plus récentes : préavis long converti pour un tiers en mesures d'employabilité, outplacement obligatoire, contre-préavis lorsque vous trouvez un nouvel emploi, et cumul possible avec l'indemnité pour licenciement manifestement déraisonnable de la CCT n° 109. Le résultat visé : vérifier le décompte de sortie de votre employeur et, s'il est trop bas, réclamer le solde devant le tribunal du travail dans le délai d'un an.

Travail – fin du contrat

L'essentiel en bref

Délai

Le délai de préavis prend cours le lundi qui suit la semaine pendant laquelle il a été notifié. Une lettre recommandée produit ses effets le troisième jour ouvrable après son envoi ; un exploit d'huissier, le jour de sa signification. L'indemnité compensatoire de préavis est exigible dès la rupture et produit des intérêts de plein droit. Pour réclamer un complément d'indemnité, vous disposez d'un an après la fin du contrat (article 15 de la loi du 3 juillet 1978). Si l'outplacement ne vous est pas proposé, réagissez rapidement par écrit, car le droit est soumis à des délais de demande courts, de quelques semaines à quelques mois selon le régime.

Que faire

  1. Calculez votre ancienneté au début du préavis.

    L'ancienneté est la période pendant laquelle vous êtes resté sans interruption au service de la même entreprise, calculée au moment où le préavis prend cours. Les absences pour maladie, vacances ou chômage temporaire ne l'interrompent pas. Comptent aussi : les contrats à durée déterminée successifs sans interruption significative, et l'occupation comme intérimaire dans la même fonction juste avant l'engagement, à concurrence d'un an maximum.

    Reprenez votre premier contrat, vos contrats intérimaires et votre compte individuel. Une ancienneté sous-estimée de quelques mois peut faire perdre une ou plusieurs semaines de préavis, surtout lorsque vous êtes juste avant un palier (par exemple 4 ans et 11 mois au lieu de 5 ans).

  2. Lisez le tableau du préavis donné par l'employeur.

    Depuis le statut unique, la durée est la même pour ouvriers et employés. Elle augmente d'abord par paliers de quelques semaines (en principe 1 semaine sous trois mois, puis 3, 4, 5 semaines jusqu'à six mois, 6 semaines de six à neuf mois, 7 semaines jusqu'à un an, 8 à 11 semaines la deuxième année), puis : 12 semaines entre deux et trois ans, 13 semaines entre trois et quatre ans, 15 semaines entre quatre et cinq ans.

    À partir de cinq ans, on ajoute trois semaines par année entamée (18 semaines entre cinq et six ans, 21 semaines entre six et sept ans…), puis deux semaines à la vingtième année (62 semaines) et une semaine par année au-delà. Exemple : 7 ans et 4 mois d'ancienneté donnent 24 semaines.

  3. Contrat commencé avant 2014 : appliquez le calcul en deux parties.

    Si votre contrat à durée indéterminée a commencé avant le 1er janvier 2014, le préavis est l'addition de deux parties. La première correspond à l'ancienneté acquise au 31 décembre 2013, calculée selon les anciennes règles (pour un employé, en principe trois mois par période de cinq ans entamée ; pour un ouvrier, les délais légaux ou sectoriels en vigueur à l'époque). La seconde correspond à l'ancienneté acquise depuis le 1er janvier 2014, calculée avec le nouveau tableau.

    Ce régime transitoire s'applique même si le contrat a ensuite été modifié (fonction, statut, temps de travail). Il ne s'applique pas à un contrat à durée indéterminée commencé en 2014 ou après, même s'il faisait suite à des contrats à durée déterminée. Pour les anciens ouvriers devenus employés après 2013, la question est actuellement débattue devant la Cour constitutionnelle.

  4. Contrôlez la notification et le point de départ du préavis.

    L'employeur doit notifier le préavis par lettre recommandée ou par exploit d'huissier, en indiquant le début et la durée ; à défaut, le préavis est nul et vous avez droit à l'indemnité compensatoire. Le préavis commence le lundi qui suit la semaine de la notification.

    Pendant un préavis donné par l'employeur, certaines suspensions arrêtent le délai : vacances annuelles, incapacité de travail, chômage temporaire, petit chômage. Il est prolongé d'autant. Vous avez aussi droit à des absences rémunérées pour chercher un emploi (une journée ou deux demi-journées par semaine pendant les 26 dernières semaines). Si vous trouvez un nouvel emploi, vous pouvez donner un contre-préavis réduit : 1 à 4 semaines selon l'ancienneté, 4 semaines au-delà d'un an.

  5. Déterminez la rémunération annuelle de référence.

    L'indemnité compensatoire est égale à la rémunération en cours correspondant à la durée du préavis, augmentée des avantages acquis en vertu du contrat (article 39 de la loi du 3 juillet 1978). On part du salaire mensuel brut actuel × 12, auquel on ajoute la prime de fin d'année, le double pécule de vacances (92 % du salaire mensuel pour un employé), la part patronale des chèques-repas, les éco-chèques, les primes d'assurance groupe et d'hospitalisation, et la valeur de l'usage privé de la voiture de société et du téléphone.

    Les éléments variables (commissions, bonus) se calculent sur la moyenne des douze derniers mois, mais seulement s'il s'agit d'un droit acquis : un bonus discrétionnaire versé une seule fois n'est pas forcément pris en compte. Les avantages hypothétiques, comme des réductions chez des tiers jamais utilisées, ne comptent pas.

  6. Calculez l'indemnité compensatoire de préavis.

    Formule : rémunération annuelle de référence ÷ 52 × nombre de semaines de préavis. Exemple : employé avec 3 500 € bruts par mois et 7 ans et 4 mois d'ancienneté. 3 500 × 13,92 = 48 720 €, plus 3 000 € d'avantages annuels (voiture, chèques-repas, assurance groupe) = 51 720 €. Une semaine vaut 51 720 ÷ 52 = 994,62 €. Pour 24 semaines : 23 870,88 € bruts.

    Si l'employeur vous laisse prester une partie du préavis puis vous libère, l'indemnité ne couvre que la partie restant à courir. L'indemnité supporte les cotisations sociales personnelles (13,07 %) et un précompte calculé, en principe, au taux moyen de l'année précédente. Pendant la période couverte, vous ne percevez pas d'allocations de chômage.

  7. Préavis d'au moins 30 semaines : mesures d'employabilité et outplacement.

    Lorsque le préavis atteint 30 semaines, il est converti en un ensemble de deux parties : deux tiers (au minimum 26 semaines) de préavis ou d'indemnité classique, et un tiers consacré à des mesures d'employabilité financées par les cotisations patronales. Vous devez vous rendre disponible pour ces mesures (formation, accompagnement).

    Dans ce cas, l'employeur doit aussi proposer un outplacement de 60 heures (procédure de reclassement professionnel) et quatre semaines de préavis, ou d'indemnité, y sont imputées. Si l'employeur ne le propose pas dans les 15 jours de la fin du contrat, mettez-le en demeure par écrit. Refuser l'outplacement proposé expose à une sanction de chômage et peut coûter les quatre semaines déduites.

  8. Moins de 30 semaines : vérifiez le droit à l'outplacement à 45 ans.

    Si votre préavis est inférieur à 30 semaines, vous pouvez bénéficier d'un outplacement si vous avez au moins 45 ans et un an d'ancienneté ininterrompue, selon la CCT n° 82. Sauf motif grave, l'employeur doit vous le proposer ; s'il ne le fait pas, demandez-le par écrit dans le délai prévu, faute de quoi le droit se perd.

    Cet outplacement ne réduit pas l'indemnité. Il est utile en pratique : il donne accès à un consultant, à un bilan de compétences et à des formations pendant plusieurs mois. Il est aussi pris en compte par l'ONEM, le FOREM, Actiris ou le VDAB lors du contrôle de votre disponibilité active sur le marché de l'emploi.

  9. Comparez avec le décompte et réclamez le solde.

    Demandez à l'employeur ou au secrétariat social le détail du calcul : ancienneté retenue, nombre de semaines, rémunération annuelle de référence poste par poste. Comparez avec votre propre calcul. Ajoutez, s'il y a lieu, l'indemnité pour licenciement manifestement déraisonnable de la CCT n° 109 (3 à 17 semaines), qui se cumule avec l'indemnité de préavis.

    En cas d'écart, envoyez une mise en demeure par recommandé, puis, sans réponse, saisissez le tribunal du travail du lieu de travail par requête contradictoire ou citation d'huissier (droit de mise au rôle de 165 € en principe). Le délai est d'un an après la fin du contrat. Votre syndicat ou le bureau d'aide juridique de votre arrondissement peut vous assister.

Points de vigilance

Base juridique

4
art. 37, art. 67 – Cette loi vise à établir un statut unique entre les ouvriers et les employés, principalement en harmonisant les règles concernant les délais de…
Cette loi modifie les règles concernant les horaires de travail des travailleurs à temps partiel à horaire variable et introduit de nouvelles…

Décisions de justice liées

4
Article 39 de la loi du 3 juillet 1978 : une rémunération variable payée dans les douze mois précédant le congé n'est pas automatiquement une rémunération en cours ; un bonus non acquis pour l'avenir peut être exclu de la base de l'indemnité.
Base de l'indemnité compensatoire : des réductions chez des prestataires tiers ne sont des avantages acquis que si le travailleur prouve y avoir eu recours, et leur valeur ne se calcule pas sur le coût patronal global.
Le régime transitoire (art. 67 du statut unique) s'applique à tout contrat à durée indéterminée ayant pris cours avant le 1er janvier 2014, même modifié ensuite, mais pas à un contrat commencé après, même précédé de contrats à durée déterminée.
Question préjudicielle à la Cour constitutionnelle sur la conformité des articles 67 à 69 du statut unique pour les ouvriers devenus employés après le 31 décembre 2013 (première tranche du préavis).

Questions fréquentes

10
Combien de semaines de préavis pour 10 ans d'ancienneté en Belgique ?

Pour un contrat commencé depuis le 1er janvier 2014, 10 ans d'ancienneté donnent 33 semaines lorsque c'est l'employeur qui licencie. Comme ce préavis dépasse 30 semaines, un tiers est converti en mesures d'employabilité et l'outplacement de 60 heures s'applique. Pour un contrat plus ancien, le calcul se fait en deux parties.

Comment calculer une semaine de salaire pour l'indemnité de rupture ?

Prenez la rémunération annuelle brute de référence : salaire mensuel × 12, prime de fin d'année, double pécule de vacances et avantages contractuels (voiture, chèques-repas, assurance groupe). Divisez par 52. Multipliez ensuite par le nombre de semaines de préavis non prestées.

La voiture de société est-elle comprise dans l'indemnité ?

Oui, si vous pouviez l'utiliser à des fins privées. On retient en général la valeur réelle de l'usage privé, que les juges évaluent souvent à partir de l'avantage de toute nature fiscal ou d'un montant mensuel forfaitaire. L'usage strictement professionnel n'est pas un avantage.

Mon employeur peut-il me faire prester tout le préavis ?

Oui. L'employeur choisit entre un préavis presté et une indemnité. Il peut aussi combiner : vous faire prester une partie puis vous libérer en payant le solde. Pendant le préavis presté, vous avez droit à des absences rémunérées pour chercher un emploi.

Je suis malade pendant mon préavis, que se passe-t-il ?

Si le préavis a été donné par l'employeur, l'incapacité de travail suspend le préavis, qui est prolongé d'autant. L'employeur peut toutefois mettre fin au contrat pendant l'incapacité en payant une indemnité correspondant au solde, après déduction du salaire garanti déjà payé.

Je trouve un autre emploi pendant mon préavis, dois-je rester ?

Non. Vous pouvez donner un contre-préavis réduit : 1 semaine sous trois mois d'ancienneté, 2 semaines entre trois et six mois, 3 semaines entre six mois et un an, 4 semaines au-delà. Notifiez-le par écrit, en respectant les mêmes formes que la démission.

L'indemnité de rupture est-elle imposée ?

Oui. Elle supporte les cotisations ONSS personnelles de 13,07 % et un précompte professionnel. Elle est en principe imposée distinctement, au taux moyen d'imposition de la dernière année d'activité normale, ce qui la soumet souvent à un taux plus faible que le salaire ordinaire.

Puis-je toucher le chômage si je reçois une indemnité de préavis ?

Pas pour la période couverte par l'indemnité : l'ONEM considère que vous êtes encore rémunéré pendant ces semaines. Inscrivez-vous néanmoins tout de suite comme demandeur d'emploi et faites votre demande auprès de votre organisme de paiement pour que les allocations démarrent à la fin de la période couverte.

Les règles s'appliquent-elles aussi au secteur public ?

Le tableau du statut unique s'applique aux contractuels du secteur public engagés sous contrat de travail. Les agents statutaires (nommés) relèvent de leur statut administratif et ne reçoivent pas d'indemnité de préavis au sens de la loi du 3 juillet 1978.

Qu'est-ce que l'outplacement et est-il obligatoire ?

C'est un accompagnement par un bureau spécialisé pour retrouver un emploi. L'employeur doit le proposer lorsque le préavis atteint 30 semaines, ou si vous avez 45 ans et un an d'ancienneté. Vous devez en principe l'accepter : un refus peut être sanctionné par l'ONEM.

Guide juridique – fiches pratiques

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Analyser mon document →Guide juridiqueModèles de contratsPage d'accueil du pays

Mise à jour: · Sources: Loi du 26 décembre 2013 concernant l'introduction d'un statut unique entre ouvriers et employés (art. 37/1 à 37/11 et 39 de la loi du 3 juillet 1978, régime transitoire art. 67 à 69), Loi du 3 octobre 2022 portant des dispositions diverses relatives au travail (préavis d'au moins 30 semaines et mesures d'employabilité), Arrêté royal du 9 mars 2014 rendant obligatoire la CCT n° 109 concernant la motivation du licenciement, Code civil, art. 5.240 – Intérêts moratoires, ejustice.just.fgov.be, EUR-Lex

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